• L'Ancien Régime n'a pas existé. Ou du moins n'a-t-il existé qu'après coup, aux yeux des Constituants de 1790, qui n'avaient à l'esprit que les dernières vicissitudes du gouvernement.
    En réalité, la monarchie de Louis XVI avait peu à voir avec celle de Louis XII. À travers deux ou trois siècles de bouleversements, le pouvoir avait évolué d'un royaume féodal à l'administration centralisée et autoritaire du XVIIIe siècle.
    Yves-Marie Bercé évoque la nature exacte de ces gouvernements. Il dépasse le court terme de la rupture révolutionnaire et présente la France des rois, ses rites, son système de valeurs, la vie quotidienne et celle de ses institutions, dans leurs constantes évolutions.


  • "Une Maison à Langres... ou Zamet contre Diderot (histoires de réhabilitations)" avec l'édition refondue du livre de Louis-Narcisse Prunel "Sébastien Zamet (1588 - 1655), Évêque - Duc de Langres, Pair de France, sa vie et ses oeuvres, les origines du jansénisme", à l'occasion du quatrième centenaire de l'entrée de Sébastien Zamet dans Langres le samedi 31 octobre 1615.

  • Cet ebook bénéficie d'une mise en page esthétique optimisée pour la lecture numérique.

    Ce texte condamné dés sa publication par le Saint-Siège, marque la rupture de l'abbé de Lamennais avec l'Église romaine. En effet, il développe dans cet ouvrage des idées socialistes et démocratiques du message évangélique et il sera dés lors considéré comme révolutionnaire par ses pairs. Il s'oppose au gallicanisme et, en avance sur son temps, prône la séparation entre l'Église et l'État : « L'Église libre dans un État libre ».

  • Au fil des différentes sessions d'un cycle de journées d'études consacrées par le Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes à l'antiromanisme catholique - Antiromanisme doctrinal et romanité ecclésiale dans le catholicisme posttridentin, Anti-infaillibilisme catholique et romanité ecclésiale aux temps posttridentins, Antiromanisme et critique dans l'historiographie catholique (xvie-xxe siècles) et L'antiromanisme dans l'historiographie ecclésiastique catholique (xvie-xxe siècles) -, le constat s'est imposé d'une présence massive de la culture juridique dans le discours porté par les tenants d'un catholicisme antiromain, qu'ils soient juristes ou non. Le fait n'a rien d'étonnant dans la mesure où l'ecclésiologie catholique s'est toujours placée à l'intersection du droit et de la théologie. Nombre d'auteurs qui ont illustré la tradition de l'antiromanisme catholique et juridictionaliste étaient à la fois juristes et théologiens compétents - ainsi de Paolo Sarpi ou de Marc'Antonio De Dominis, ainsi des grands noms qui ont illustré le fébronianisme et le joséphisme. Ce volume qui rassemble les communications de la cinquième session du cycle propose d'aborder frontalement la question des rapports entretenus entre le droit et l'opposition catholique à la romanité ecclésiale en évoquant les grandes figures de la tradition du catholicisme antiromain qui ont fait au droit une grande place dans leur argumentation, en relevant le rôle des canonistes catholiques qui ont pu faire parfois le choix de s'opposer aux prétentions romaines et en étudiant les grands thèmes où se mêlent étroitement arguments juridico-canoniques et hostilité catholique aux revendications du Saint-Siège - ainsi du conciliarisme, des compétences de l'autorité civile en matières ecclésiastiques, de l'infaillibilité pontificale ou encore du mariage et des empêchements dirimants.

  • La troisième journée d'études consacrée par l'équipe RESEA du LARHRA à l'antiromanisme catholique des temps post-tridentins s'est intéressée à l'expression de sentiments antiromains dans l'historiographie catholique. À l'époque moderne, le développement d'une historiographie ecclésiastique antiromaine au sein du catholicisme a d'emblée été tributaire de deux grands modèles élaborés dans la deuxième moitié du xvie siècle et qui s'inséraient dans le débat entre catholiques et protestants. De 1559 à 1574 paraissent à Bâle les treize centuries de l'Ecclesiastica historia, dites Centuries de Magdebourg. Très imposante, l'oeuvre propose une version luthérienne de l'histoire du christianisme. Après la conclusion du concile de Trente, la papauté s'est rapidement préoccupée de faire répondre aux centuriateurs de Magdebourg. En publiant ses Disputationes de controuersiis christianæ fidei (1586-1593), Robert Bellarmin s'est chargé de réfuter les arguments théologiques que les Centuries de Magdebourg avaient développés, tandis que son collègue Cesare Baronio, plus connu sous le nom latinisé de Baronius, faisait paraître à Rome, entre 1588 et 1607, les douze volumes de ses Annales ecclesiastici, qui se faisaient fort d'anéantir par leur érudition la validité des analyses historiques des protestants. À la fin du xvie siècle, l'historiographie ecclésiastique européenne est clairement le lieu d'affrontements confessionnels dont on va retrouver la trace proprement historiographique jusqu'au xixe siècle. L'écriture de l'histoire devient pour les catholiques un domaine de choix où manifester leur opposition à Rome et aux prétentions ecclésiales et temporelles du Saint-Siège. Les différentes contributions ici réunies permettent de mettre en lumière les racines gallicanes et plus largement régalistes du libéralisme contemporain, sourde transformation par laquelle l'historiographie de l'Église a longtemps été travaillée en France, en Italie et en Allemagne et dont la journée d'études organisée le 24 septembre 2010 a tenté de marquer les grandes étapes et d'illustrer le mouvement pluriséculaire.

  • La romanité est une notion que l'on trouve communément employée dans les analyses historiographiques consacrées au catholicisme d'après le concile de Trente. Force est pourtant de constater encore l'insuffisance, voire l'absence, de caractérisation qui puisse autoriser un usage légitime et véritablement fructueux du concept de romanitas. Le premier, Yves Congar s'était ému d'une lacune dans la réflexion des historiens et avait posé de précieux jalons dans un article paru en 1987 dans la Revue des Sciences Philosophiques et Théologiques. Sa démarche constitue toujours très certainement l'effort le plus sérieux qui ait été fait pour clarifier un débat singulièrement actuel. Au cours de la deuxième moitié du xxe siècle, les travaux d'Alphonse Dupront et de Bruno Neveu ont par ailleurs souligné, sur un plan historiographique, la nécessité d'explorer une notion toujours insuffisamment définie. L'objectif de la journée d'étude organisée à Lyon le 30 novembre 2007 par l'équipe RESEA du LARHRA, UMR-CNRS 5190, consistait à évaluer la fécondité d'une démarche historienne qui tente de préciser le concept de romanité dans ses rapports avec l'antiromanisme doctrinal développé par certaines tendances centrifuges du catholicisme, le gallicanisme au premier rang, mais aussi le jansénisme, le juridictionalisme vénitien, ou encore les sensibilités schismatiques ou critiques catholiques du xxe siècle. Une longue périodisation a été retenue afin de favoriser les échanges entre modernistes et contemporanéistes, mais aussi afin de respecter la cohérence d'une période de l'histoire de l'Église catholique qui court du concile de Trente jusqu'à Vatican II.

  • La Jeunesse étudiante chrétienne, mouvement d'action catholique fondé en 1929, a joué un rôle important dans le renouvellement des élites confessionnelles et la présence chrétienne dans la société française contemporaine. Les communications de Gérard Cholvy, Christophe Roucou, Bernard Giroux et Vincent Soulage et les témoignages de Yves-Marie Hilaire et Catherine Thieuw-Longevialle, donnés à la journée d'étude organisée par le Centre national des Archives de l'Église de France et la Société d'histoire religieuse de la France le 7 décembre 2009, éclairent un parcours jalonné de tensions et de crises. En complément, Bernard Giroux propose un « Dictionnaire biographique des responsables nationaux et des aumôniers de la JEC (1929-1975) » qui constitue un instrument de travail d'une grande richesse.

  • L'antiromanisme catholique s'est tôt préoccupé de fonder historiquement ses revendications politiques et ecclésiologiques et de justifier les critiques qu'il pouvait adresser à l'autorité ecclésiale par l'élaboration d'une historiographie ecclésiastique qui correspondît à ses engagements. Organisée à Lyon le 24 septembre 2010, une journée d'études avait commencé à explorer la question des rapports entre le catholicisme antiromain et la genèse de la tradition historiographique européenne. Le présent ouvrage, qui regroupe les actes d'une seconde journée d'études - la quatrième du cycle consacré par l'équipe RESEA du LARHRA à l'antiromanisme catholique des temps posttridentins - qui s'est déroulée à Munich le 13 septembre 2012, se place dans le prolongement de la précédente session : il était apparu que la question des sources méritait des investigations plus précises, ainsi que le problème du style et celui de l'exploitation des acquis méthodologiques de l'érudition moderne. En particulier, le divorce est devenu de plus en plus visible, à partir de l'âge libéral, entre une historiographie antiromaine soucieuse de méthode critique et sa concurrente romaniste mais, disait-on, méthodologiquement attardée. Les discussions ont montré, au cours du second xixe siècle, avec quelle difficulté l'histoire ecclésiastique, de tradition vénérable, s'est progressivement extraite d'un modèle apologétique pour se plier progressivement aux impératifs d'une méthodologie historiographique critique en voie de définitive consécration. Il semble que les historiens catholiques antiromains aient contribué plus que leurs concurrents respectueux du Saint-Siège, et avant eux, à éloigner l'histoire de l'Église des excès à quoi la conduisait le modèle d'une dissertation édifiante qui finissait par être entrave au récit scientifiquement établi de la geste chrétienne. Les contributeurs de la rencontre munichoise de septembre 2012 ont souhaité éclairer un questionnement dont les alternatives épistémologiques ont sans nul doute contribué à façonner l'historiographie religieuse contemporaine.

  • Antoine Dadine d'Auteserre (1602-1682) est un grand juriste méconnu. Professeur de droit à l'Université de Toulouse, il a laissé une l'oeuvre remarquable. Ami du chancelier Séguier, protégé de Colbert, introduit dans la République des Lettres, il maîtrise l'histoire et le droit de façon érudite. Réputé de son vivant, en France et en Europe, il fut réédité longtemps après sa mort, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Ses oeuvres de droit romain (des leçons sur le Code et le Digeste, un commentaire des Institutes) sont typiques d'un jurisconsulte tenant le ius civile pour le droit commun. Il rédige en outre un Traité des fictions de droit, le premier du genre. Ses oeuvres de droit canonique sont plus originales. À travers ses Dissertations de droit canonique, ses Commentaires sur les décrétales d'innocent III et sur les Clémentines, et son Traité de Défense de la juridiction ecclésiastique, il se démarque fortement du gallicanisme. Luttant tour à tour contre les entreprises des juges séculiers (appels comme d'abus, cas royaux et privilégiés) et les prétentions régaliennes, il se fait le héraut d'un droit pontifical médiéval immédiatement applicable. Par sa grande connaissance de l'Antiquité et des Pères de l'Église, il développe un contre-modèle historique, opposé aux libertés gallicanes. De fait, il dote le souverain pontife d'une plenitudo potestatis sur l'Église et dans l'Église, le rendant maître absolu de la juridiction ecclésiastique.

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