• L'endométriose est une maladie complexe, qui engendre souvent beaucoup d'errance médicale et une mauvaise gestion des douleurs : il se passe en moyenne cinq ans entre le début des symptômes et le diagnostic. Cette pathologie, qui se développe pendant les règles, touche pourtant une femme sur dix.Le docteur François-Xavier Aubriot, spécialiste de l'endométriose et de la fertilité, et Violaine Chatal, spécialisée en santé et médecine douce, vous donnent les clés pour comprendre le fonctionnement de cette maladie et pour mieux la vivre au quotidien (gestion de la douleur, alimentation, fertilité...).Associant rigueur scientifique et approche bienveillante et empathique, les auteurs abordent le sujet sans tabou. De nombreux cas cliniques et témoignages complètent le livre, apportant aux explications médicales un regard humain et pratique sur cette maladie.

  • Le handicap force la philosophie à repenser ce qu'est un homme. Platon demandait « si la vie valait la peine d'être vécue avec un corps en loques et en ruines ». Il nous parlait ainsi d'une société qui n'était pas prête à envisager la situation de handicap. Mais la philosophie n'est pas un savoir mort. C'est une pratique sans cesse à réactiver. Bertrand Quentin ne se contente pas de donner la parole aux grands philosophes de l'histoire, il se risque à proposer de nouveaux concepts (« l'empathie égocentrée », les « compensations inopportunes », etc.) et à poser des questions gênantes : la personne qui ne pense pas est-elle un humain ? La médecine a-t-elle à résoudre les problèmes posés par le handicap ? Pourquoi avons-nous davantage peur de la ressemblance avec la personne handicapée que de sa différence ?

  • Race, origine, souche... Autant de notions piégées qui font aujourd'hui retour, tant dans les discours politiques que dans les travaux scientifiques, mettant parfois radicalement en tension notre espace public. Ce livre propose, à travers un parcours qui embrasse une grande variété de champs entre le xviie et le milieu du xixe siècle, depuis les généalogies nobiliaires ou les textes théologiques jusqu'à l'histoire naturelle et la médecine, en passant par les pratiques d'élevage, de revenir sur l'histoire complexe de ces notions, la manière dont elles furent intégrées à des savoirs hétérogènes et mobilisées dans des dispositifs de pouvoir très divers.Il ne s'agit pourtant pas d'une histoire générale de l'idée de race, encore moins d'une histoire globale du racisme. Son parti pris est d'interroger systématiquement les rapports entre la question de la race et celle, moins connue mais décisive, de la dégénérescence, c'est-à-dire de l'altération ou de l'écart par rapport aux qualités d'origine. Ce choix conduit à souligner l'importance, pour l'histoire du racisme, d'un racisme de l'altération, qui saisit les différences entre hommes moins sous le mode de l'altérité radicale, en contestant l'unité de l'espèce humaine et en absolutisant les différences, qu'en les réduisant à des versions altérées, dégradées ou attardées, de soi-même et de l'identité humaine, qu'il conviendrait de régénérer, corriger ou perfectionner.Si ce livre perturbe parfois certaines dichotomies à l'oeuvre dans l'historiographie du racisme, il vise aussi à montrer combien une histoire manichéenne masque la profondeur à laquelle est inscrite la notion de race, y compris dans les savoirs les plus contemporains; et combien plus polymorphe et malheureusement plus diffus est le racisme, entendu comme un ensemble de techniques de domination fondées sur la race. Il ne s'agit pas ici de dire où le racisme n'est pas mais bien là où on peut le trouver aussi: dans l'affirmation de l'unité de l'espèce, dans un certain humanisme universaliste ou dans le libéralisme politique. Il n'y loge ni à titre de reste ni à titre de trahison ou de contradiction: il y a ses logiques propres. Ce sont ces logiques que l'ouvrage s'efforce d'explorer.Claude-Olivier Doron, ancien élève de l'École Normale Supérieure (Ulm), est maître de conférences en histoire et philosophie des sciences à l'Université Paris Diderot.

  • Un jour, un médecin annonce « au père » qu'il pourrait être atteint d'une terrible maladie, suggère en même temps de rendre visite à un spécialiste, invite à se faire aider, dit aussi : « je vous bouscule ». Bouscule, c'est le mot qui convient, pourtant encore faible, lorsque dans tous les autres prononcés retentissent soudain l'urgence et la gravité. Leur sonorité nouvelle culbute David et son père. Les oublis ou absences du « vieux » sont désormais appelés maladie d'Alzheimer. Ainsi nommés, pointés, ils s'alourdissent et font chavirer, basculer leur vie. L'auteur, Karin Pierre-Ryembault, raconte cette évolution, cette révolution en choisissant de mêler les évènements tragiques et heureux, passés, présents et à venir, comme une délicate attention envers le lecteur et ses personnages. Karin accorde des petites notes de bonheur, de légèreté comme des souffles, des respirations pour une ode à la vie et à l'amour à travers celles du malheur, du désespoir, de la solitude, passant par celles du courage.

    L'auteur


    «Karin Pierre-Ryembault, 44 ans, est mariée et a deux enfants. Elle est originaire de Namur (Belgique) et a grandi dans les Ardennes françaises. Depuis une quinzaine d'années, elle vit avec sa famille en Franche-Comté. Elle raffole de ses paysages dont elle a publié un livre-photos. Biologiste de formation, elle est actuellement à la fois enseignante en Sciences dans un collège et assistante médicale en milieu hospitalier. Impressionnée par les derniers mois de vie chaotique de son propre grand-père, atteint par la maladie d'Alzheimer, elle s'en est inspirée pour rédiger un récit fictif, à la fois pour réaliser un vieux rêve d'écriture et pour espérer aider, le temps d'une lecture, ceux qui consacrent une énergie inaltérable à leur proche malade, parfois au détriment de leur existence propre.

  • Il a fallu beaucoup de temps, malgré les observations des premiers contagionistes au xviiie siècle, malgré les intuitions de Villemin et d'autres médecins au xixe siècle, malgré les découvertes de Koch en 1882 et malgré tous les progrès de la bactériologie au tournant du xxe siècle, avant que la tuberculose en vienne à être reconnue pour ce qu'elle est, une maladie infectieuse et contagieuse.
    Cet ouvrage montre combien les croyances ont balisé l'histoire de cette maladie du xviiie jusqu'au xxe siècle, et combien certaines s'enracinent loin dans le temps.
    Même au xxe siècle, les résistances à la théorie de la contagion ont été variées et tenaces.
    Dans cette histoire de la tuberculose au Québec, l'auteur relate l'évolution des représentations de cette maladie et des façons dont la médecine et les autorités publiques y ont fait face.

  • Aloïs

    Sismographe

    La mort est un assassin. Aujourd'hui, nous sommes le 13 mars et je vis un deuil à moitié consommé. La femme que j'aime, la femme qui m'a élevée de coeur et d'esprit se vide de tout son sens. La maladie d'Alzheimer gangrène son visage et je ne peux que regarder ce qui est en train de se passer. Incapable de l'aider. Comme la plupart des gens, j'ai découvert cette maladie par hasard. Avant on en parle peu, on sait juste que ça parle vaguement d'un problème de mémoire, sans se douter une seule seconde des méandres dans lesquels elle va nous mener. Me voilà face à elle maintenant, découvrant l'envers du décor, les facettes d'un terrorisme intérieur qui ne laissera rien. Une curée qui annihile toute envie de croire en Dieu.

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