• Truffée de dialogues truculents, l'écriture pleine de vivacité de ce roman plante à la perfection ses personnages. Nino, dix-neuf ans, raconte ses galères pour survivre sans argent à Paris. Amoureux de Lale, il voit son couple menacé par la pauvreté, contre laquelle il essaie coûte que coûte de lutter sans perdre sa volonté de vivre. C'est une vie de débrouille ponctuée de fêtes, celle d'une jeunesse qui cumule les petits boulots et les trafics en tout genre. Les réflexions et observations pleines d'acuité de Nino sur ce qui l'entoure esquissent le portrait d'une génération qui tente de trouver sa place dans un monde où il n'y en a plus, d'envisager un avenir. Contre l'accablement, la fureur de vivre anime les personnages de cette fresque nocturne mouvementée, fidèle à notre époque.

    Simon Johannin a grandi dans l'Hérault. À 17 ans, il suit des études de cinéma à l'Université de Montpellier, qu'il déserte rapidement. Il travaille en intérim puis vend des jouets, avant d'intégrer l'atelier d'espace urbain de La Cambre à Bruxelles, de 2013 à 2016. Son premier roman L'Été des charognes paraît en 2017. Quant à Nino dans la nuit, il résulte d'une collaboration avec Capucine Spineux, cerveau de la désertion initiale et de la route suivie depuis par les deux.

  • Samuel Riba est l'éditeur talentueux d'un catalogue exigeant. Néanmoins, incapable de faire face à l'émergence des nouveaux médias et de concurrencer la vogue du roman gothique, il vient de faire faillite. Il sombre alors dans la dépression et le désoeuvrement. Pour y remédier, il entreprend un voyage à Dublin. L'accompagnent quelques amis écrivains avec qui il entend créer une sorte de confrérie littéraire. Cette visite de la capitale irlandaise à l'heure du Bloomsday se double d'une déambulation dans l'oeuvre de Joyce, qui conduira notre protagoniste - bien malgré lui - jusqu'au seuil d'un mystérieux pub.
    En explorant les facettes de ce personnage complexe - sous lequel se cache peut-être bien son alter ego -, Enrique Vila-Matas interroge la notion d'identité, de sujet, et décrit le cheminement qui a mené la littérature contemporaine d'une épiphanie (Joyce) à l'aphasie (Beckett).

  • Les Petrov raconte quelques jours dans la vie d'une famille ordinaire en Russie post-soviétique. Souffrant d'une grippe intense, Petrov est entraîné par un ami dans une longue déambulation alcoolisée, à la lisière entre le rêve et la réalité. Progressivement, les souvenirs d'enfance de Petrov ressurgissent et se confondent avec le présent.Si au premier regard le couple Petrov ne se distingue guère, la face cachée de leur vie a de quoi étonner. Le mécanicien Petrov dessine des BD et croise régulièrement la route d'un homme étrange. La bibliothécaire Petrova passe son temps à assassiner des hommes ayant fait du tort à d'autres femmes.Le succès critique et populaire des Petrov est dû à la prose imagée, décalée, drôle et très vivante de Salnikov. Adapté au cinéma par Kirill Serebrennikov.

    Alexei Salnikov (1978) est un jeune auteur russe, d'Ekaterinbourg, dans la région de l'Oural.Les Petrov est son premier roman qui a rapidement connu un énorme succès auprès du public et des critiques. Depuis, le livre est devenu la révélation de l'année, valant à l'auteur le prix littéraire « Le Nez » et une nomination au prix « Bestseller national » en 2018. Les droits cinématographiques et les droits d'adaptation théâtrale du roman ont été vendus.

  • «Le livre caché de Lisbonne» propose, à la suite d'une résidence d'écriture, dix-sept promenades dans une ville vécue comme un vaste atelier d'écriture, ponctuées par des citations d'écrivains, dont plusieurs portugais. Louise Warren, en prolongeant ses essais récents, y trouve une nouvelle formulation de son esthétique, une expérience intime, mais toujours ouverte à l'autre. Un regard très personnel se porte sur les «azulejos», sur l'architecture, sur le Tage, sur les ruines, entre autres. Les images représentant des espaces fermés, des fenêtres closes ou envahies par la végétation permettent d'imaginer ce livre caché qui, peu à peu, au rythme de la lumière et de la chaleur, se révèle à la lecture, laisse son empreinte dans l'imaginaire.

  • Les auteurs de cet essai explorent certains chemins qu'ouvre la déambulation littéraire comme processus de création et de lecture du poème, notamment pour les étudiants. Cette démarche permet au professeur d'échapper à la grille de lecture traditionnelle pour expérimenter le poème comme un territoire, avec ses marques et ses failles, où engager sa sensibilité.

  • Racines et fictions est un recueil de poésie en vers et en prose, le quatrième de l'auteur Hector Ruiz. L'écriture de ce livre prend sa source dans une démarche de déambulation littéraire. Plus précisément, le poète est allé, chaque semaine pendant 10 mois, explorer quelques quartiers de la ville de Montréal. Ces dérives de plusieurs heures et kilomètres ont donné lieu à une multitude de notes et de photos. Il en découle, dans le recueil, des histoires de marche, entrecroisées de fragments de mémoire qu'a révélé le tracé du corps en mouvement. Dans ce parcours poétique, entre les branches, dans les trous, la fiction a pris racine et des racines ont trouvé forme.

  • Les rosemonteries, odyssée urbaine délirante, est un voyage intérieur en plein coeur d'une société en mutation.

  • «Ces jours où mon esprit traînait parmi les êtres de plâtre, les animaux et les figures de la mort. » Et si Florence, la ville italienne, célèbre pour son architecture et ses oeuvres d'art, était cette escale bouleversante où découvrir les chemins d'une initiation à la mort et à la vie? Aller jusqu'au bout du bleu forme le récit de ce recueil comme une tentative de toucher l'infini. Une subjectivité concrète s'avance, confrontée aux beautés et à la ruine, dans la blancheur d'un soleil qui contraste avec la profondeur d'une nuit bleue pétrole où nichent les poèmes aiguisés au néant de Florence, jusqu'au bout du bleu. Tourmentée par des visions, appelée par l'ouverture créée par l'art, mais pourtant « petite parmi les pierres », c'est bien le voyage d'une poète qui s'anime; une utopie dans sa nudité, à travers la marche jusqu'à l'envol dans un espace sans limites.

  • Les lieux nous engendrent autant que nos père et mère. Ils donnent naissance à nos façons d'être et de parler, de vivre, d'aimer, même de mourir. Trois Grands Enfants explorent dans ses recoins les plus secrets la forêt montmorencienne, dans l'arrière-pays de Beauport, leur « port d'attache », dont ils se détachent petit à petit pour épouser le grand large que les bois incarnent avec leurs défis et leurs dangers. Ils y découvrent qu'ils ne sont pas encore nés : ils s'accoucheront dans la douleur et dans la joie, sortant peu à peu de leur longue incubation grâce à la puissance de la Poésie, langue première des bêtes et des plantes qui composent le peuple des forêts, cette grand partition de la vie à l'état brut qu'ils interprètent jusqu'à la dissonance et au charivari. Entre fable et poème, mémoire et essai, Port de terre met en oeuvre toutes les ressources du langage pour raviver le grand big bang qui nous ré-enfante à chaque instant.

  • «Désert et renard du désert» évoque un déplacement stratégique. C'est en effet un mouvement corporel et langagier qui cherche une façon d'habiter et de dire le monde.
    L'écriture de ce livre est traversée par une triple préoccupation : De quelle manière la pratique du poème s'inscrit-elle dans le contexte socio-historique ? De quelle manière le poème rend-t-il compte de l'incessante quête d'amour de l'homme ? Enfin, comment, devant la voix du poème, le poète est-il renvoyé en dehors de lui-même ?

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