Langue française

  • Samuel Riba est l'éditeur talentueux d'un catalogue exigeant. Néanmoins, incapable de faire face à l'émergence des nouveaux médias et de concurrencer la vogue du roman gothique, il vient de faire faillite. Il sombre alors dans la dépression et le désoeuvrement. Pour y remédier, il entreprend un voyage à Dublin. L'accompagnent quelques amis écrivains avec qui il entend créer une sorte de confrérie littéraire. Cette visite de la capitale irlandaise à l'heure du Bloomsday se double d'une déambulation dans l'oeuvre de Joyce, qui conduira notre protagoniste - bien malgré lui - jusqu'au seuil d'un mystérieux pub.
    En explorant les facettes de ce personnage complexe - sous lequel se cache peut-être bien son alter ego -, Enrique Vila-Matas interroge la notion d'identité, de sujet, et décrit le cheminement qui a mené la littérature contemporaine d'une épiphanie (Joyce) à l'aphasie (Beckett).

  • Dans son rapport sur le futur du travail The Future of Jobs, le Forum économique mondial définit la capacité à faire face à des problèmes complexes comme la première compétence-clé dans le monde du travail de demain. Enfin, une dernière étude : celle menée par Accenture, qui montre que 80 % des dirigeants d'entreprise reconnaissent que s'ils avaient les compétences pour faire face à la complexité, ils pourraient rapidement faire face aux changements du marché.
    Pour penser dans un monde complexe, Ousama Bouis propose aux dirigeants, aux leaders, aux managers, d'adopter dix changements. Ces changements sont de deux ordres : d'une part, des changements dans la façon de penser ; d'autre part, des changements dans la façon de parler. Et quelle étroite relation entre les deux !

  • Cet ouvrage raconte, pour la première fois sous une forme synthétique, l'histoire de Tahiti et des îles de la Société depuis l'arrivée des hommes jusqu'à nos jours. Résumer plus de mille ans d'histoire du peuple tahitien en un simple volume était un défi qu'un groupe d'enseignants-chercheurs et de chargés de cours de l'Université de la Polynésie française a décidé de relever. Chacun d'eux étant un spécialiste reconnu dans sa discipline, cette synthèse actualise les connaissances sur le passé, lointain comme proche, en fonction des recherches les plus récentes. Ce livre n'est cependant pas destiné aux seuls étudiants ; il s'adresse, en fait, à un large public, tous ceux que la Polynésie intéresse et concerne. Ce regard rétrospectif les aidera à mieux comprendre la société actuelle dans toute sa complexité. Ouvrage publié en partenariat avec l'Université de la Polynésie française et la Maison des sciences de l'Homme du Pacifique.

  • A l'occasion de son 80e anniversaire, Edgar Morin s'entretient dans son ancien lycée Jacques-Decourt avec des élèves de première et de terminale. Une manière pertinente et extraordinaire de faire aborder les grands thèmes de réflexions contemporains par des jeunes passionnés... Passionnant !

  • Le Drame de Freud

    Xavier Saint-Martin

    Eh bien oui, Freud encore. Parce qu'il a fondé, n'en déplaise à ses détracteurs, une des révolutions intellectuelles et morales du XXème siècle : celle qui s'attachait à comprendre les lois de fonctionnement de l'appareil psychique. Un appareil donc, une machine, comme l'avait souligné Lacan.
    Hélas, sa quête était vaine, impossible, et le présent essai tente de montrer en quoi sa méthode ne pouvait pas venir à bout de la complexité de son sujet.
    Drame de Freud, donc, mais non pas tragédie. Car il reste de son oeuvre - et de celles de ses successeurs - tout ce que les spécialistes qui se penchent, chacun dans son domaine, sur la complexité de l'humain, gagneraient à comprendre, sinon à admettre.

  • Titre évocateur, « Béatitudes » rappelle le Sermon sur la Montagne au cours duquel Jésus décrit les vertus des citoyens du Royaume des Cieux. Dans sa version des temps modernes, Herménégilde Chiasson propose un inventaire des gestes de tous « ceux » et « celles » qui « assurément sont en route pour le ciel ». La liste se déploie doucement, prend de l'ampleur, s'intensifie :



    ceux qui enlèvent leur manteau, exposant leur corps

    en vue d'en faire une marchandise périmée et négociable,

    ceux qui relèvent leurs manches,

    celles qui reprennent leur souffle,

    celles qui fixent un point autrement loin dans le vide,

    celles qui n'en finissent plus de revenir du même voyage

    interminable et décevant,

    celles qui referment à tout jamais, une autre fois, une

    dernière fois, pour toujours, des boîtes de souvenirs pénibles,

    celles qui savent et qui ne diront jamais rien,

    ceux qui ont su et qui n'ont rien fait,

    ceux qui règlent leurs comptes et qui n'en peuvent plus

    de grelotter sous le coup d'un frisson continuel,

    celles qui chantent à tue-tête dans la tempête,



    Les « ceux » et « celles » de « Béatitudes » ne vont pas sans rappeler les « Lui » et « Elle » du recueil Conversations, qui a valu à l'auteur le prix du Gouverneur général en 1999. Parlant de cette oeuvre, le critique littéraire David Lonergan la décrivait comme « un véritable livre de chevet qu'il faut lire avec parcimonie, lentement, pour en saisir toutes les nuances. » Exhortation qui s'applique également à « Béatitudes ».

  • Nous avançons dans un monde nouveau, celui des complexités. Par l'effet du nombre croissant des humains, des limites qui les contraignent, de la multiplication de leurs ambitions et de leurs projets, des facultés prodigieuses dont les dotent les nouvelles techniques. Un monde d'interdépendances. Systémique. Animé et rendu totalement présent à soi-même par des réseaux de communication, d'information et de solidarité. Mû par des enchaînements, voulus tout autant qu'imposés, qui créent de la complexité opérant sur la complexité, et développent des instruments complexes. Ce monde-là est-il gouvernable ? Beaucoup en doutent. Nombreux sont ceux qu'angoissent l'accroissement du nombre des acteurs, les différenciations culturelles, l'extension des bureaucraties, les grandes institutions anonymisantes, les pokers nucléaires et les menaces écologiques. Ce sont ces phénomènes qu'il faut en effet élucider en démontant les relations qui constituent nos sociétés, afin de déterminer la nature et le jeu des combinaisons qui en procèdent. Une idée se dégage : la complexité est, généralement, un progrès, ou la contrepartie inévitable d'un progrès. L'auteur a écrit il y a quinze ans : « Vive la société de consommation ». Il proclamerait volontiers aujourd'hui : « Vive la complexité ! »... Non sans être conscient des réformes immenses à accomplir pour la maîtriser, ce qui le conduit à rechercher les voies et les conditions d'un meilleur management de notre monde. Par « des actions de l'intelligence », aux points où doit s'exercer la gouvernance : dans l'entreprise, dans la ville, au niveau de la nation, à l'échelle des systèmes mondiaux de la monnaie et du développement concerté. Mais les Français sont-ils en mesure d'assumer la complexité et d'en tirer parti ? On peut craindre que non. Trois esprits (à découvrir dans le livre !..) habitent leur histoire et leur culture, et inspirent leurs comportements sociétaux. Ils ne paraissent pas être propices. Bien appliqués, ils peuvent pourtant être utilisés comme des forces de changement.

  • En l'honneur de Jean-Louis Le Moigne, quoi de plus naturel que l'édition de Mélanges traduisant la gratitude de ceux qui ont eu la chance de le fréquenter et l'hommage scientifique qu'il mérite ? La nature interdisciplinaire de l'oeuvre du spécialiste français de la systémique, comme sa disponibilité permanente pour l'échange intellectuel et la délibération collective, se prêtent à merveille à ce genre d'exercice : en témoigne d'abord le large spectre de disciplines, anciennes ou plus récentes, que couvrent les contributions réunies dans le présent volume.

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