• Samuel Riba est l'éditeur talentueux d'un catalogue exigeant. Néanmoins, incapable de faire face à l'émergence des nouveaux médias et de concurrencer la vogue du roman gothique, il vient de faire faillite. Il sombre alors dans la dépression et le désoeuvrement. Pour y remédier, il entreprend un voyage à Dublin. L'accompagnent quelques amis écrivains avec qui il entend créer une sorte de confrérie littéraire. Cette visite de la capitale irlandaise à l'heure du Bloomsday se double d'une déambulation dans l'oeuvre de Joyce, qui conduira notre protagoniste - bien malgré lui - jusqu'au seuil d'un mystérieux pub.
    En explorant les facettes de ce personnage complexe - sous lequel se cache peut-être bien son alter ego -, Enrique Vila-Matas interroge la notion d'identité, de sujet, et décrit le cheminement qui a mené la littérature contemporaine d'une épiphanie (Joyce) à l'aphasie (Beckett).

  • Eunice immigre au Canada avec son père et sa
    grand-mère. Sa mère ne peut pas les rejoindre
    tout de suite. Eunice va alors ressentir un tel
    manque qu'elle en perdra la parole. Incapable
    de parler, elle vit un blocage total. On va suivre
    Eunice dans son attente, dans son quotidien,
    dans sa tête, dans ses dessins... Jusqu'au jour
    où sa maman revient...

  • « Vous avez une bonne étoile, M. Moreux, vraiment, une bonne étoile ».

    En novembre 2013, Frédéric Moreux fait face à d'importants troubles neurologiques. Après divers tests médicaux et alors que son état empire, le verdict tombe : Accident Vasculaire Cérébral.

    Touché par une aphasie totale, le professeur d'anglais est alors hospitalisé pour une longue période suivie de plusieurs années de rééducation difficile pour réapprendre la parole et l'écriture.

    Dans ce témoignage chronologique poignant, non sans humour, suivez l'enquête et le parcours semé d'embûches d'un homme qui s'est battu contre la maladie pour retrouver la liberté de s'exprimer.

    Cet ouvrage est aussi un hommage à toutes les personnes qui ont accompagné Frédéric tout au long de sa lente reconstruction et un véritable message d'espoir pour tous les malades !

  • «Dans mon lit, tout semble m'assaillir en même temps. Le silence général qui accentue l'enfermement de mon mutisme, les propos de Gus sur la vie. Je réfléchis à ma relation avec mes trois ex-épouses. En donnant les rênes de mon entreprise à mon fils, je ne représente plus un si grand intérêt. Vont-elles continuer à me fréquenter ? La vraie question est pourquoi voudrais-je qu'elles me fréquentent ? Puis, il y a le rendez-vous que j'ai chez l'avocat demain en compagnie de Maryse. Earl est censé nous rejoindre. J'ai l'impression qu'au lever du jour, je ne serai plus moi. Je serai un homme condamné à vivre sans titre. Retraité ne veut pourtant pas dire la fin d'une vie. Pour certains, c'est le début de quelque chose de plus exaltant.»

  • Le langage est une compétence humaine extrêmement complexe dont les orthophonistes observent le fonctionnement dans le quotidien de leurs rencontres avec leurs patients.
    Tout être humain est assujetti au langage, pris dans une dialectique par laquelle il élabore son rapport au monde, à lui-même, aux autres et au langage.
    Toutes les composantes du langage sont régies par la fonction symbolique. La voix, le débit, l'articulation, la conscience phonologique, la compréhension, la mémoire, l'écoute, la lecture, l'écriture, le lexique, la syntaxe sont investis des valeurs conscientes et inconscientes dont le sujet les a chargées.
    Ce cheminement universel et singulier s'articule autour de trois mouvements essentiels, qui en sont les pivots, et qu'on pourrait résumer par trois verbes : se déprendre, s'ancrer, s'animer, auxquels répondent trois substantifs : distance, identité, conciliation qui ont donné les trois groupes de Marqueurs Transversaux.

    Les Marqueurs Transversaux sont des indicateurs du noeud, ou des noeuds, où se situe l'entrave à la parole, sur le plan symbolique. Ce sont aussi des révélateurs positifs de la sensibilité particulière qu'a un individu vis-à-vis de ce phénomène universel qu'est le langage.

    Les Marqueurs Transversaux sont des repères pour observer le rapport d'un sujet au langage, qu'il s'agisse d'un enfant ou d'un adulte, d'une personne en cours d'appropriation du langage, ou que son maniement du langage ne satisfait pas, ou dont l'accès au langage est entravé par quelque cause que ce soit.
    Les Marqueurs Transversaux sont eux-mêmes un outil de langage conçu pour sous-tendre l'observation orthophonique et en rendre compte. Il ne s'agit pas d'un protocole de bilan mais d'une trame à laquelle les cliniciens puissent se référer pour nommer et transmettre ce qui fonde leur pratique quotidienne.
    Ce nouvel outil d'observation du langage poursuit une sorte de pari : charpenter la clinique orthophonique afin qu'elle demeure un parcours singulier vers l'accès à une parole non pas droite mais juste , donner aux professionnels une trame pour témoigner d'une pratique à la fois rigoureuse et subjective , jalonner les chemins de traverses orthophoniques.
    Tous ceux que le langage intéresse s'empareront de ce livre pour y découvrir les formidables créations qu'inventent un orthophoniste et son patient quand ils se rencontrent.

  • En 1891, Freud publie son premier ouvrage sur la nature des troubles liés à la parole qu'on nommait du terme général d'« aphasies ». Il intervient ainsi au coeur d'un débat alors fort vif (près de 2300 publications sur la question en vingt ans). Ses qualités de lecteur critique - qu'on retrouve dans le premier chapitre de L'interprétation du rêve écrit neuf ans plus tard - y sont déjà patentes puisqu'il étudie dans leurs détails les contradictions des conceptions dominantes, non pour en imposer une nouvelle, mais pour dégager la problématique présente dans cette complexité théorico-clinique.
    Ce texte est rangé depuis longtemps dans les oeuvres dites « pré-psychanalytiques » de Freud. Cette vérité chronologique (on date classiquement la naissance de la psychanalyse d'une lettre à Fliess fameuse de 1897) est d'une certaine façon trompeuse dans la mesure où Freud y façonne une théorie de l'« appareil à langage » qu'on retrouvera, dans ses grandes lignes, à tous les moments clefs de ses élaborations ultérieures. Lire cet ouvrage, c'est donc s'ouvrir à certains éléments décisifs du savoir freudien pris ici in statu nascendi, tout en se donnant la possibilité d'apprécier la rigueur de raisonnement que Freud sait appliquer aux indispensables données cliniques, qu'il parcourt inlassablement sans s'en contenter. Jamais réédité pendant un siècle, ce texte a fait l'objet d'une édition critique pour son centenaire en 1992. À cette occasion, Paul Vogel (puis, à son décès, Ingeborg Meyer-Palmedo) a entrepris de passer au peigne fin les nombreuses citations données par Freud aussi bien en allemand qu'en anglais ou en français, les trois langues où s'exprimaient la plupart des auteurs, tout en se souciant de donner ça et là quelques éclaircissements sur des passages devenus par trop allusifs avec le temps. Ceci nous vaut des « notes de l'éditeur » (NDE) qui viennent s'ajouter aux notes de Freud (NF).
    Une première traduction du texte de 1891 avait été donnée en 1983 par les PUF, due à Claude Van Reeth, avec une préface de Roland Khun. La nouvelle traduction proposée par les éditions Épel est due à Fernand Cambon. Elle prend appui sur l'édition critique de 1992, ce qui permet d'y intégrer, non seulement l'appareil critique de cette édition complétée de nouvelles « notes du traducteur » (NDT), mais aussi la remarquable étude de Wolfgang Leuschner, ici en postface, qui jette une vive lumière sur les aspects les plus techniques de l'ouvrage.

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