• Le soldat oublié

    Guy Sajer

    Guy Sajer n'a pas dix-sept ans quand, en juillet 1942, il endosse l'uniforme de la Wehrmacht. Il est français par son père, allemand par sa mère ; il habite alors l'Alsace.
    A cause de son jeune âge, il n'est pas affecté à une unité combattante, mais dans le train des équipages. Dès novembre, l'hiver s'abat sur la plaine russe ; le froid, la neige, les partisans rendent la progression des convois extrêmement difficile : jamais l'unité de Sajer n'atteindra Stalingrad qu'elle devait ravitailler ; la VIe Armée aura capitulé avant. Mais Sajer sait déjà que la guerre n'est pas une partie de plaisir, que survivre dans l'hiver russe est déjà un combat. Et pourtant, ce premier hiver, il n'a pas vraiment fait la guerre.
    La vraie guerre, celle du combattant de première ligne, il la découvre lors-qu'il est versé dans la division "Gross Deutschland", division d'élite, avec laquelle, à partir de l'été 1943, il va se trouver engagé dans les plus grandes batailles du front d'Ukraine, quand la Wehrmacht plie sous l'offensive russe. De Koursk à Kharkov, de jour comme de nuit, dans la boue, la neige, quand le thermomètre marque -40°, sous le martèlement terrifiant de l'artillerie russe, face aux vagues d'assaut d'un adversaire désormais puissamment armé et qui ne se soucie pas des pertes, les hommes de la "Gross Deutschland", portés toujours aux endroits les plus exposés, toujours en première ligne, combattant à un contre vingt, connaissent l'enfer. La bataille de Bielgorod, le passage du Dniepr (la Bérésina à l'échelle de la Seconde Guerre mondiale) constituent, vécus au niveau du simple soldat, deux des plus hauts moments de ce récit d'Apocalypse. Plus tard, quand le front allemand s'est désagrégé, quand l'immense armée reflue, aux-combats réguliers s'ajoutera la lutte contre les partisans, plus sauvage et plus impitoyable. Plus tard encore, c'est la retraite des derniers survivants de la division d'élite à travers la Roumanie et les Carpathes jusqu'en Pologne. Dans l'hiver 1944-1945, Sajer et ses camarades sont lancés dans les combats désespérés que les Allemands livrent en Prusse-Orientale pour interdire l'entrée du Vaterland aux Russes. C'est encore Memel, où l'horreur atteint à son comble, et Dantzig, au milieu de l'exode des populations allemandes de l'Est. Enfin, malade, épuisé. Sajer sera fait prisonnier par les Anglais dans le Hanovre...
    Si ce récit de la guerre en Russie ne ressemble à aucun autre, s'il surpasse en vérité, en horreur et en grandeur tout ce qui a été écrit, ce n'est pas seulement parce que l'auteur a réellement vécu tout ce qu'il rapporte, ce n'est pas seulement parce que, sous sa plume, les mots froid, faim, fièvre, sang et peur prennent l'accent et la force terrible de la réalité, c'est aussi parce que Sajer sait voir et faire voir dans le détail avec une puissance de trait vraiment extraordinaire. Alors, le lecteur ne peut douter que tout ce qui est rapporté là est vrai, vrai au détail près ; il sait de science certaine qu'il n'y a pas là de "littérature", pas de morceaux de bravoure - mais que c'était ainsi : ainsi dans le courage et ainsi dans la peur, ainsi dans la misère et ainsi dans l'horreur.

  • Mémoires

    Erich Von Manstein

    " Un document de premier ordre qui enchantait le grand historien militaire britannique que fut Liddell Hart. " Le Figaro HistoireLes Mémoires du maréchal von Manstein comptent parmi les documents les plus importants sur la Seconde Guerre mondiale. Véritable pompier du Führer, Manstein est partout entre 1940 et 1943 : en Pologne, en France et bien sûr en Union Soviétique.
    Il raconte les querelles stratégiques, la mise au pas du haut commandement militaire par Hitler, le quotidien des soldats et ses propres faits de gloire. Mais Manstein cherche aussi à dédouaner la Wehrmacht des crimes perpétrés sous le nazisme, notamment à l'Est. C'est sur ce point que les éclaircissements apportés par Pierre Servent, dans sa substantielle présentation, sont particulièrement précieux.
    " Un document de premier ordre qui enchantait le grand historien militaire britannique que fut Liddell Hart. "Le Figaro Histoire

  • Un témoignage de plus sur la Première Guerre mondiale, par ceux qui l'ont vécue au jour le jour, alors que vient de disparaître le dernier poilu ? Non, car celui-ci est unique en son genre : c'est la guerre vue des bureaux de l'arrière, où l'on s'occupe du matériel et de la logistique des mouvements de troupe ; ce qui laisse à l'auteur de ce reportage quasi quotidien - tout au moins pendant trois ans, car la dernière année se passe réellement au front - toute latitude pour observer les faiblesses de l'organisation face à la formidable machinerie allemande, les inepties, parfois criminelles, de la bureaucratie ; mais aussi le comportement des appelés dans toute la diversité de ce gigantesque brassage social, les sourdes inimitiés comme la camaraderie la plus désintéressée, la couardise comme le courage. Beaucoup de temps aussi pour lire les journaux quotidiennement, s'irriter du bourrage de crâne, commenter la stratégie nationale et internationale.
    Écrites au fil de la plume, sans presque aucune rature, par un de ces fils de la IIIe République dont l'école permit à un jeune paysan franc-comtois de devenir un intellectuel profondément patriote et catholique engagé, très proche d'un Péguy, ces 900 pages frappent aussi par la qualité de l'écriture, capable de passer d'une hilarante scène de caserne aux réflexions les plus pénétrantes sur la nature du conflit, aux visions d'avenir, à la méditation sur ses propres conflits intérieurs.
    Saignée, ruinée, la France de 1918 a perdu, par coupable impéritie, la paix de Versailles ; 1940 et son " étrange défaite " trouve là une de ses explications.


    Préface de Jacques Marseille

  • Milieu des années 50. François Mitterrand n'a pas quarante ans et ambitionne déjà les sommets de l'État. Il aimante les femmes, et collectionne les ennuis. Il est au coeur de tous les " scandales " qui défraient la chronique, de l'affaire des fuites en 1954 à l'attentat de l'Observatoire en 1959... Vingt ans après, un de ses amis, un journaliste qui collabora à L'Express et fut de toutes les coulisses, raconte ces années troubles. Des dessous des négociations de Genève au chaudron du 13 mai 1958 à Alger, des plateaux de cinéma hantés par un Mitterrand en quête de starlettes aux dîners chez Lipp, des Conseils des ministres aux déjeuners chez Pierre Lazareff à Louveciennes où défile le Tout-Paris, voici le vrai roman d'une époque où se croisent des personnages bien réels, Mitterrand, Salan, Mendès France, Mauriac, Camus, Françoise Giroud et tant d'autres, flics de l'ombre et agents doubles. À la fois roman historique et polar politique, Un homme à histoires se lit comme on regarde un film, pour notre plus grand bonheur. Écrivain et réalisateur, Patrick Rotman a entre autres publié au Seuil Génération (en collaboration avec Hervé Hamon, 1987-1988) ainsi qu'un roman, L'Âme au poing (2004). Il est l'auteur de nombreux films documentaires : Mitterrand, le roman du pouvoir (avec Jean Lacouture), Été 44, Un Mur à Berlin, notamment, et de scénarios, dont L'Ennemi intime (2007) et La Conquête (2011).

  • Un regard historique et littéraire très précis et précieux sur la famille impériale russe.
    Quand le dernier des Romanov, Nicolas II, accède au pouvoir en 1894, succédant à cinq tsars depuis 1821, l'instabilité politique domine en France, et ce depuis une longue période. C'est ce contraste auquel s'intéresse ici l'historien et romancier Ernest Daudet, frère aîné d'Alphonse. Dévoilant les coulisses du jeu diplomatique grâce à une méthode alliant l'emploi de sources inédites et la vivacité d'un récit parfaitement cohérent, il rappelle les épisodes amicaux et les périodes de refroidissement qui émaillent les rapports entre France et Russie. En donnant vie et parole à des documents et des personnalités situés au coeur des événements et des tractations, Ernest Daudet raconte le cheminement qui a conduit les deux pays à la célèbre Alliance de 1892. Et il livre en même temps une analyse sur les causes profondes de la chute de la dynastie Romanov et sur la genèse des deux Révolutions russes de 1917.
    Ce Règne des Romanov fournit l'un des principaux éclairages sur l'histoire des relations franco-russes.
    Édition établie et présentée par Stéphane Giocanti
    INÉDIT
    Disponible chez 12-21, l'éditeur numérique

  • - 38%

    Les douze années du IIIe Reich vécues de l'intérieur par un jeune aristocrate allemand, envoyé sur le front soviétique à dix-huit ans. Un témoignage sans égal.August von Kageneck, fils d'un aide de camp de Guillaume Il, neveu de von Papen, a revêtu l'uniforme en 1939 - il n'avait pas dix-sept ans - et ne l'a quitté qu'en 1955. Son récit sincère et lucide est l'un des plus remarquables témoignages qu'on puisse lire sur les douze années du IIIe Reich, telles que les a vécues, de l'intérieur, un jeune homme de la vieille noblesse allemande, des ivresses de la victoire à l'humiliation de la défaite.

  • Rescapé

    Sam Pivnik

    Sam Pivnik est un miraculé d´un monde qui n´existe plus. Né en 1926 en Pologne, il est déportéà Auschwitz Birkenau en 1943, où il sera le seul membre de sa famille àéchapper aux chambres à gaz. Porté par une volonté de vivre hors du commun, il travaille successivement au déchargement des trains à leur arrivée au camp (sur la funeste rampe), puis dans la mine de Fürstengrube, avant de connaître les « Marches de la mort » et de survivre au bombardement accidentel du paquebot Cap Arcona par la RAF. À travers son expérience unique de tous ces événements dramatiques, il apporte un témoignage d´exception sur le travail des prisonniers, mais en toile de fond, il fait aussi revivre la vibrante culture juive polonaise balayée par la Seconde Guerre mondiale.

  • Les derniers écrits de Janusz Korczak, bouleversants. Janusz Korczak, pédagogue de notoriété internationale et juif polonais, fonde en 1913 La Maison des orphelins, où il recueille des enfants. En 1939, lorsque l'Allemagne envahit la Pologne, il accompagne " ses " enfants dans le ghetto de Varsovie, refusant de fuir seul et de les abandonner. Pendant tout le temps de la guerre, il mène une lutte de chaque jour afin de trouver et mendier de la nourriture pour tous et leur dispenser de l'amour et de la joie. En 1942, lorsque les enfants sont embarqués pour les chambres à gaz de Treblinka, il les accompagne et meurt avec eux.
    Durant les derniers mois de sa vie, Korczak profita de la nuit pour écrire Journal du ghetto, dans lequel il relate avec une plume acerbe et un humour cinglant le quotidien du ghetto. C'est un témoignage bouleversant d'amour et de dignité.
    Le journal, confié à des amis avant sa déportation, est publié pour la première fois en 1956.

  • Le 22 septembre 1997, au début de la nuit, quelque deux cents hommes armés investissent un quartier de Bentalha, une banlieue éloignée d'Alger. Méthodiquement, ils massacrent plus de 400 personnes, hommes, femmes et enfants. Les cris des victimes et les déflagrations de bombes s'entendent à des kilomètres. Les militaires, eux, prennent position à quelques dizaines de mètres de là avec des blindés et des ambulances, sans intervenir et empêchant même les voisins de porter secours. Ce livre est le témoignage poignant d'un homme, Nesroulah Yous, qui a vécu cette nuit cauchemardesque. À travers son récit, apparaît une tout autre version du drame que celle autorisée par le régime algérien. Ce qui semblait être un acte de folie barbare des groupes islamiques se révèle répondre à une autre cohérence : celle de la manipulation directe de la violence islamiste par les services secrets algériens. Et en faisant le récit de la vie quotidienne à Bentalha depuis le coup d'État de 1992, Nesroulah Yous montre comment ce massacre s'inscrit dans une évolution tragiquement logique, largement occultée par les médias algériens et français. Dans une postface, Salima Mellah et François Gèze replacent ce témoignage en perspective. Ils retracent le rôle joué par les groupes islamistes armés dans la « seconde guerre d'Algérie », qui a fait plus de 150 000 morts. Et ils proposent une synthèse à ce jour inédite de l'ensemble des indices qui laissent supposer l'implication des militaires algériens dans bien des massacres et des actions armées attribuées aux islamistes.

  • En 1942, Hitler décida que le verbatim de deux conférences quotidiennes serait sténographié, et à la suite de nombreuses péripéties, les fragments de ce document inestimable, incinéré contre la volonté du Führer à la veille de la chute du Reich, purent être retrouvés et rassemblés.
    Ainsi se donnent à lire, sur le vif, la pensée, les méthodes de commandement, les réactions d'Adolf Hitler, sa fureur lors de la capitulation de Stalingrad, ses projets pour faire enlever le roi Victor Emmanuel d'Italie, occuper le Vatican...
    Pages étonnantes où retentissent les voix des collaborateurs directs d´Hitler, des principaux chefs de la Wehrmacht (Keitel, von Below, von Kluge, Jodl, Rommel, Guderian...) et des dignitaires du régime (Goering, Himmler...) en train de discuter des moyens d'échapper à l'abîme qu'ils ont eux-mêmes creusé sous leurs pieds.
    Pour une meilleure compréhension de ce texte d´histoire unique, une introduction, une chronologie, une présentation des généraux et un appareil de notes l´accompagnent.

  • Le blocus de Leningrad, 1941. Une lycéenne de seize ans, Léna Moukhina, commence à rédiger son journal intime quelques semaines avant l'invasion nazie et va relater, au quotidien, un des épisodes les plus meurtriers de la Seconde Guerre mondiale. Décrivant de l'intérieur la ville assiégée, la jeune fille évoque les tirs d'artillerie et les bombes, la lutte pour survivre, les tickets de rationnement, la faim obsédante qui la tenaille et la quête désespérée de nourriture, le froid, le désespoir. Très vite, l'horreur s'installe, ses proches décèdent, la laissant seule. Mais elle fait preuve d'une force morale peu commune et son journal semble l'aider à entrer en résistance et à se battre contre la guerre, la mort et la déshumanisation.
    Ce texte est un document rare et l'oeuvre d'un véritable écrivain. Le manuscrit original, remis aux Archives nationales de Saint-Pétersbourg par un inconnu en 1962, a été authentifié par des historiens. Publié en 2011 en Russie, à l'occasion du soixante-dixième anniversaire du blocus de Leningrad, il est salué comme un événement dans la douzaine de pays où ses droits ont été vendus.

  • " Sans honneur, il n'y a pas de véritable courage. Le talent d'un militaire ne peut s'épanouir qu'en défendant la cause juste de la liberté et de la patrie. " - Fidel Castro Dans ce deuxième tome, Fidel Castro révèle, à travers sa foisonnante correspondance et de façon méticuleuse, la suite de la révolution cubaine. Du 6 août 1958, lorsque la guérilla vainquit les troupes de Batista à Las Mercedes, au 1er janvier 1959, quand les tirs cessèrent entre les deux camps, Fidel Castro a adressé quotidiennement de nombreuses lettres aux responsables des troupes rebelles, notamment au Che, à Almeida, à Suñol... Il a aussi lu des communiqués à l'antenne de Radio Rebelle. Ces différents messages témoignent de cinq mois de lutte sans relâche, durant lesquels il assume seul toutes les tâches : organiser les finances, désigner les équipes, donner des ordres aux bataillons, distribuer les armes... Au fil des pages, le lecteur plonge au coeur des événements qui ont conduit les révolutionnaires au triomphe de la liberté.

  • À ses côtés, Joëlle Bourgois devient l'observatrice fervente et passionnée d'un pays qui tente de sortir de l'apartheid. Soucieux d'éviter un bain de sang, Mandela a mis son crédit dans la balance en négociant avec les oppresseurs malgré le désaccord de certains de ses proches, dont sa femme Winnie. Il a perdu son amour, mais soutient son épouse quand elle est poursuivie pour meurtre.
    Rien n'arrête Mandela, lequel, de déception en catastrophe, de soupçon en drame, garde l'oeil rivé sur l'horizon qu'il a découvert en prison : faire en sorte que les peuples désunis de ce pays y vivent ensemble et sur un pied d'égalité. De temps à autre, Mandela s'accorde un répit dans le petit jardin de sa maison à Johannesburg. Assise à ses côtés, Joëlle Bourgois rit de ses plaisanteries, l'écoute parler de ses petits-enfants, des adversaires à séduire ou à réduire.
    Dans le même temps, elle s'efforce de mieux faire comprendre ce qui se passe dans le pays aux visiteurs de France. Ils défilent de plus en plus nombreux : DSK, Fabius, Balladur, Juppé et tant d'autres? Enfin, le miracle a lieu, le 26 avril 1994, et la première visite d'État dans la nouvelle Afrique du Sud est celle de François Mitterrand dont Mandela n'a pas oublié la fidélité à son égard.
    Quand, en 1995, elle quitte ce pays où elle a gagné l'amitié de beaucoup d'écrivains, d'André Brink et Nadine Gordimer à J. M. Coetzee, Joëlle Bourgois sait que cette expérience et sa rencontre avec Mandela ont changé sa propre vie.
    Écrit avec beaucoup de sensibilité, de finesse et de poésie, son livre n'a rien à voir avec le récit classique d'un ambassadeur de retour de mission. C'est un témoignage extrêmement vivant, souvent poignant, sur un des grands hommes de l'histoire contemporaine et son aventure politique hors du commun.

  • Voici le témoignage le plus incroyable jamais écrit sur la vie bouleversante d'un prisonnier de guerre écossais dans un camp de détention japonais durant la Seconde Guerre mondiale.
    Capturé par les Japonais en 1942 durant la bataille de Singapour, Eric Lomax, passionné de train, participe comme prisonnier de guerre à la construction de la " voie ferrée de la mort " entre Bangkok en Thaïlande et Rangoon en Birmanie (la construction de cette ligne de chemin de fer aurait coûté la vie à 250.000 hommes), qui inspirera le célèbre film, Le Pont de la rivière Kwaï.
    Soupçonné d'être un espion qui communique les plans du tracé du train aux Américains, Eric Lomax sera atrocement torturé mais survivra à l'enfer de sa détention.
    Quarante ans plus tard, il rencontrera l'un de ses bourreaux, celui chargé de traduire ses déclarations et trouvera la force de lui pardonner.
    Publié aux États-Unis en 1995, ce livre a été un best-seller mondial, traduit dans une vingtaine de pays.

  • Réunies ici pour la première fois, quinze précieuses lettres écrites du Vél' d'Hiv nous plongent avec une très forte émotion dans la réalité vécue de la déportation.0300 On parle beaucoup et souvent de la rafle du Vel' d´Hiv. Mais à y regarder de plus près, on ne sait pas grand chose. Seuls une photo, quelques documents et des lettres disent la violence de l´arrestation, les conditions dramatiques de l´enfermement, la faim, les maladies, le bruit, les odeurs... À travers eux on a découvert l´enfer du Vél' d´Hiv. Ces lettres, ce sont quelques mots jetés à la hâte sur un bout de papier, remis à des mains complaisantes. Pour plus de 8 000 personnes internées au Vél' d´Hiv, moins de vingt lettres ont été retrouvées.
    Pour la plupart inédites, elles étaient conservées aux archives du Mémorial de la Shoah. Pour la première fois, les voici rassemblées et publiées dans cet ouvrage. Toutes sont clandestines puisque qu´aucune correspondance n´était autorisée.
    Ces lettres sont terrifiantes de vérité, de détails. Mais elles constituent aussi malheureusement seulement le point de départ de l´horreur puisque, à une exception près, toutes les personnes dont nous reproduisons les lettres dans ce volume vont être assassinées dans les camps de la mort. En dehors de ces quelques mots tracés de leur main, il ne reste pas grand-chose d´eux.

  • Journal de guerre

    Benoit Cadieux

    Ce Journal de guerre est un document exceptionnel. C'est la compilation de notes prises sur le terrain, au jour le jour, par un officier d'artillerie qui a participé à la campagne de libération de l'Europe de l'Ouest, de juin 1944 à juillet 1945. Il rend compte de la guerre vécue à hauteur d'homme, en Normandie d'abord où il arrive une semaine après le Débarquement, puis en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne. Il témoigne des combats, des bombardements, il décrit les villes et villages ravagés par la guerre, l'accueil des populations libérées, il raconte ses permissions où il fait du tourisme à Paris ou à Bruxelles. Et, à travers cela, il présente le quotidien moins glorieux des militaires, les campements plus ou moins confortables, les journées harassantes et les loisirs occasionnels. La guerre comme si vous y étiez, avec ses angoisses, ses exaltations, son ennui.

  • D'une Résistance à l'autre couvre la première partie (1916-1962) de la vie de l'auteur. Cette promenade si fertile en événements fait apparaître une cohérence sans faille : la foi et l'engagement se vivent dans l'action, au quotidien. La générosité alliée à une lucidité hors pair ont propulsé notre mémorialiste aux avant-postes de tous les combats pour le respect de l'Homme, pour la défense de l'Esprit, et en ont fait un témoin capital de notre siècle. Ce commentaire de l'article qu'il écrivit dans la fièvre pour célébrer la Libération de Paris donne une idée de la personne et de son livre : « Encore aujourd'hui quand je me relis, je suis plutôt heureux d'avoir, à un moment de ma vie, pu écrire cela. L'orgueil ici n'a rien à faire. Mais la confiance en la vie, oui, est bien ce à quoi, en dépit de tout - et même si notre patience est mise à rude épreuve et si "demain" n'a pas de limite - je reste par-dessus tout attaché. »

  • Ce Dialogue, rédigé à la prison de Clairvaux par deux anciens collaborateurs, est resté à ce jour inédit. Les deux hommes rédigent une vingtaine de " dialogues " où ils s'expriment en totale liberté. Ils parlent de l'histoire de leur engagement, du nationalisme maurrassien au racisme hitlérien. Ils évoquent De Gaulle qu'ils haïssent, Staline qu'ils admirent. Ils passent en revue l'histoire de la littérature, invectivent Sartre, vomissent Genet, s'enthousiasment pour Marcel Aymé et Céline.
    Ces dialogues nous invitent à regarder l'adhésion au nazisme de certains intellectuels français non pas comme un accident de parcours ou une parenthèse, mais comme l'accomplissement de ce qu'ils pensaient et continuaient à penser malgré la défaite de leur camp.

  • Mobilisé le 3 août 1914 et affecté au 18e Régiment d'Artillerie de Campagne, le toulousain Octave Raymond Bouyssou part pour le front Nord en septembre 1915. Début d'un long périple qui le mènera successivement en Artois, Lorraine, Champagne, dans la Somme, à Verdun (à deux reprises !), puis dans l'Aisne et l'Oise.
    Trente huit mois d'un service exemplaire dévolu au transport des munitions et à l'intendance, au cours desquels il rédigera un Journal (qui vient d'être retrouvé) dont les notes aussi pointues que lapidaires restituent la réalité intime de la guerre et du quotidien du soldat.

  • De 1956 à 1962, en Algérie, par obligation légale, sans avoir été sélectionnés et sans avoir bénéficié d´une préparation adaptée à leur mission, deux millions et demi de jeunes Français ont vécu une situation dramatiquement exceptionnelle. La politique dite de « pacification » a en effet amené une génération en armes, prétendument pour ramener l´ordre, à libérer des pulsions de destruction et, pour certains, à devenir des meurtriers.

    Comment des hommes « ordinaires » d´à peine vingt ans, appelés du contingent, en sont venus à commettre l´intolérable ou àêtre les protagonistes passifs d´exactions diverses, allant jusqu´à la torture ou à l´exécution sommaire ?

    Sur la base de lettres et de témoignages saisissants, inédits ou clandestins, Claude Juin, qui fut lui aussi soldat en Algérie et assista à de telles scènes, démonte les mécanismes tortionnaires. Il analyse comment vont naître chez ces hommes, pourtant forgés aux valeurs républicaines des Droits de l´Homme et de l´esprit de la Résistance, un fort sentiment de racisme et une haine viscérale à l´égard de la population musulmane - il observe notamment comment son « copain de régiment » Bernard en est venu à pratiquer régulièrement la torture. Il montre en quoi la soumission aux ordres, la peur, la vengeance, la frustration, l´accomplissement du devoir furent autant de prétextes pour justifier l´intolérable, pour faire taire les « cas de conscience ».
    « Les jeunes soldats, écrit Claude Juin, parce qu´ils vivaient un évènement hors du commun, ont pu devenir cruels, tout en restant des gens ordinaires de la condition humaine. J´ai vécu au milieu d´eux, ils étaient parmi nous. Dans l´abomination, ils demeuraient des hommes. »

  • Libéré grâce à l'intervention d'un haut commandant de la Résistance, Jean-Daniel Fallery rejoint le Maroc où il est formé militairement par les Américains. Malgré son jeune âge - il n'a pas encore 18 ans ! -, on lui confie au mois d'août 1944 le commandement d'une dangereuse mission de sabotage baptisée « Opération Virus », qui favorisera le débarquement des Alliés en Provence.

  • " Le Saint-Simon du IIIe Reich" Diplomate multilingue devenu l'interprète d'Hitler. Paul Otto Schmidt (1899-1970) raconte en témoin privilégié l'ascension et la chute du IIIe Reich ainsi que les principales réunions et rencontres au sommet qui émaillèrent son histoire.
    Excellent observateur, volontiers sarcastique envers ces " fous " qui le gouvernent, le mémorialiste abonde en anecdotes et portraits savoureux des principaux contemporains, à commencer par Hitler lui-même et sa cour : Ribentropp (portrait assassin), Goering et ses enfantillages, Goebbels, Himmler. Mais aussi Mussollini, Ciano, Franco, Daladier (excellent récit de Munich), Pétain, Laval (rencontres de Montoire et Saint-Florentin), Antonescu, Molotov, Pavelic, Horthy...et les autres. Un témoignage vivant, au style enlevé, et ranche avec les autres mémorialistes de l'époque.

  • C'est le jour même de l'ordonnance nazie imposant le port d'un insigne à tous les Juifs que Françoise Siefridt, une étudiante catholique de dix-neuf ans, décide d'arborer une étoile jaune avec l'inscription « papou », pour en dénoncer le caractère barbare et humiliant. Un geste de résistance, à la fois dérisoire et symbolique, qui lui vaut d'être aussitôt arrêtée. De juin à août 1942, au cours de son internement comme « Amie des Juifs » aux camps des Tourelles puis de Drancy, Françoise Siefriedt, consciente de vivre une expérience extraordinaire, a tenu un journal. Un journal sobre et poignant, qui nous rapporte les scènes poignantes dont elle a été témoin, la description d'« un monde qu'elle n'avait jamais imaginé ? et dont le mépris fou de l'humain était inimaginable ».
    Dans sa postface, Cédric Gruat nous fait mieux découvrir l'histoire de ces « résistants aux étoiles », qui furent une centaine en juin 1942. À l'instar de Françoise, une quarantaine furent internés trois mois dans des camps en France, où il durent porter l'étoile et une banderole sur laquelle était inscrit « Amis des Juifs ».

  • Parmi les militaires qui ont fait la guerre, certains, peu nombreux, ont laissé des écrits qui témoignent de cette expérience qui demeure indicible pour la majorité. Ces souvenirs, lettres du front, carnets, journaux intimes et même romans de guerre constituent une précieuse source de documentation, qui a pourtant longtemps été négligée par les historiens. Sébastien Vincent se penche ici sur les écrits laissés par les combattants canadiens-français de la Seconde Guerre mondiale et il en tire un portrait saisissant de la vie militaire, sur terre, sur mer et dans les airs. Ces témoignages restituent pour le lecteur d'aujourd'hui la réalité de la guerre vécue à hauteur d'homme. Ils décrivent les dangers particuliers qu'ont affrontés les fantassins, les marins et les aviateurs, et ils rendent de façon inoubliable les misères de la vie au front, avec la présence quotidienne de la mort, l'horreur des combats, les traumatismes physiques et psychologiques. Ils permettent de mieux saisir les motivations des engagés volontaires, les différences entre l'expérience des officiers et celle des hommes de troupe, notamment quand ils sont faits prisonniers de guerre. Comme le fait remarquer Stéphane Audoin-Rouzeau dans sa préface : "Dès lors, la question qui nous taraude, historiens et non-historiens confondus, a bien trait aux conditions de possibilité de l'épreuve humaine que constitue l'immersion dans l'univers de la guerre. Comment ont-ils pu ? "

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