• Un livre unique, une somme romanesque, un livre dicté en moins de deux mois et qui est le sommet de l'improvisation, un récit sur Bonaparte, Waterloo, l'Italie, un grand ouvrage politique, que dire encore en faveur de ce qu'Italo Calvino appelait 'le plus beau roman du monde'. Une comédie humaine, un itinéraire spirituel, plusieurs histoires d'amour enfermées dans une petite ville d'Italie, avec le passage du temps, le charme de la mémoire, les 'paysages sublimes', le paradoxe d'un héros qui trouve son paradis en prison, toutes les vertus et toutes les lâchetés, il faudrait tout citer. Manqueraient encore la merveilleuse brièveté de la phrase, et le sens de l'humour. Toute la littérature française en un volume.

  • Une édition de référence de Le Rouge et le Noir de Stendhal, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « Madame de Rênal s'appuya sur son bras, et avec tant d'abandon que sa joue sentit la chaleur de celle de Julien.
    Les nuits de ces deux êtres furent bien différentes. Madame de Rênal était exaltée par les transports de la volupté morale la plus élevée. Une jeune fille coquette qui aime de bonne heure s'accoutume au trouble de l'amour ; quand elle arrive à l'âge de la vraie passion, le charme de la nouveauté manque. Comme madame de Rênal n'avait jamais lu de romans, toutes les nuances de son bonheur étaient neuves pour elle. Aucune triste vérité ne venait la glacer, pas même le spectre de l'avenir. Elle se vit aussi heureuse dans dix ans qu'elle l'était en ce moment. L'idée même de la vertu et de la fidélité jurée à M. de Rênal, qui l'avait agitée quelques jours auparavant, se présenta en vain, on la renvoya comme un hôte importun. Jamais je n'accorderai rien à Julien, se dit madame de Rênal, nous vivrons à l'avenir comme nous vivons depuis un mois. Ce sera un ami. » (Extrait du chapitre VIII.)

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Stendhal. À l'automne 1838, Stendhal songe à tirer de la jeunesse d'Alexandre Farnèse une chronique italienne à laquelle il donne bientôt les dimensions d'un roman. Ce sera "La Chartreuse de Parme", son second chef-d'oeuvre, qu'il rédige en deux mois, en une sorte d'improvisation passionnée. On peut préférer le dramatique serré du "Rouge et le Noir" au romanesque abandonné de "La Chartreuse de Parme". Mais il est évident que "La Chartreuse" nous livre Stendhal tout entier: tout ce qu'un homme a pensé et aimé se rassemble ici en une vision définitive où se dessinent toutes les pentes de la rêverie, tous les sillages du coeur. Plus encore qu'un roman, "La Chartreuse de Parme" est une confession poétique. La rigueur du style, les analyses psychologiques, les considérations philosophiques, tout est transfiguré dans le bonheur d'une vision lyrique qui atteint dans les meilleures pages à la pureté rythmique d'un chant. Livre inspiré moins parce que l'auteur est ici au sommet de ses dons d'écrivain que parce qu'il a enfin ouvert la porte par où peuvent s'engouffrer tous ses souvenirs et ses rêves, tout son idéal d'art et de vie: l'énergie, l'aventure, la passion, la gloire, l'amour, l'Italie,...



  • De l'amour

    Stendhal

    « Ce livre, écrivait Stendhal à un ami, est une monographie de la maladie nommée Amour. C'est un traité de médecine morale. » Cette maladie, Stendhal, toute sa vie, en a fait ses délices favorites. La définir, la comprendre, en repérer les symptômes, en analyser les phénomènes déclencheurs - dont la célèbre cristallisation -, en redire les paradoxales jouissances, tel est l'objet de ce « livre d'idéologie ». Né d'un drame intime, il est à la fois la somme des expériences d'Henri Beyle, amoureux éconduit de la froide Matilde, et, par les nombreuses anecdotes et les brèves nouvelles italiennes qui l'émaillent, la préfiguration des romans à venir.
    OEuvre fétiche, luxuriante et subtile, De l'amour (1822) dresse la carte du Tendre selon Stendhal.

  • Chroniques italiennes

    Stendhal

    Le mélodrame nous a montré si souvent les brigands italiens du seizième siècle, et tant de gens en ont parlé sans les connaître, que nous en avons maintenant les idées les plus fausses. On peut dire en général que ces brigands furent l'opposition contre les gouvernements atroces qui, en Italie, succédèrent aux républiques du moyen âge. Le nouveau tyran fut d'ordinaire le citoyen le plus riche de la défunte république, et, pour séduire le bas peuple, il ornait la ville d'églises magnifiques et de beaux tableaux.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • « Rome, Naples et Florence » est un récit de voyage de Stendhal écrit en 1817, puis revu en 1818 et en 1826. Stendhal y relate les impressions de son voyage en Italie sur une période s'étendant de Septembre 1816 à Octobre 1817. Le titre, choisi par son éditeur, est un peu trompeur : loin de se concentrer exclusivement sur Rome, Naples et Florence, c'est un long voyage à travers une vingtaine de villes, autant de campagnes et de régions, ou plutôt d'États, de cités ou de royaumes, qui peignent une Italie pré-garibaldienne encore morcelée, comme à l'époque du Moyen Âge. Les considérations sur la peinture, l'art, son utilité, la musique et l'opéra, la société, les femmes, leurs moeurs, les Italiens, leurs dialectes et langues, la Scala, le Teatro San Carlo, Rossini, Solliva, Cimarosa, etc. émaillent ce livre, le plus beau voyage en Italie jamais écrit.

  • BnF collection ebooks - "De Paris, en traversant le plus vilain pays du monde que les nigauds appellent la belle France, nous sommes venus à Bâle, de Bâle au Simplon..."

  • Le roman réaliste est le roman-feuilleton de la société démocratique engendrée par la Révolution française. Lui-même genre démocratique, il fait entendre le pluralisme des discours libéraux, socialistes, chrétiens, monarchistes... Cette prose est politique : elle ne représente pas le réel, elle questionne les discours de son temps sur le réel. À travers le destin des personnages, depuis le jeune homme cherchant sa place jusqu'aux comparses figurant les invisibles de la société, la fiction réaliste pointe les pathologies d'une démocratie qui n'arrive pas à faire cohabiter la liberté, l'égalité et la fraternité. Balzac, Stendhal, Flaubert, Hugo, Zola portent ces interrogations dans des récits qui débordent leurs opinions d'individus en une pensée romanesque qui résonne fortement aujourd'hui.

    Philippe Hamon est professeur émérite et ancien vice-président d'Université de Paris III; Il est spécialiste de la théorie littéraire et auteur d'essais sur la poétique du récit, sur l'esthétique, la stylistique et le contexte culturel et inter-sémiotique de l'écriture réaliste et naturaliste au dix-neuvième siècle. Ses articles sur la description, le personnage, le réalisme ("un discours contraint") ont marqué les études littéraires, tout comme ses livres (Texte et idéologie).

  • Vanina Vanini

    Stendhal

    Un bal, en Italie. La beauté de Vanina Vanini, fi lle du prince don Asdrubale, éblouit les convives et fait chavirer les coeurs des hauts dignitaires. Pourtant, quand Livio Savelli, le plus brillant d'entre eux, tente de la conquérir, elle s'exaspère.
    Seul un jeune carbonaro, audacieusement échappé de prison et recherché par la police, la laisse rêveuse. Lorsque, quelques jours plus tard, elle découvre qu'il est protégé par son père, Vanina Vanini lui propose son aide. Amoureuse, la jeune femme est désormais prête à tout pour protéger son amant.
    Le Coffre et le Revenant, Le Philtre et Mina de Vanghel mettent en scène des femmes « fatales » : déguisements, tromperies,
    machinations... Il n'est pire stratège, dit-on, que la femme amoureuse !

  • Ce volume propose un panorama aussi complet que possible du rapport de Barthes au XIXe siècle : à sa littérature principalement, à sa musique aussi, à sa philosophie (Nietzsche) parfois à son histoire et à ses historiens, à commencer par Michelet. Si, dans le titre, le pluriel s'est imposé, c'est parce que ces rapports furent multiples. Tout au long de sa carrière de critique, Roland Barthes a pu changer d'interprétation globale sur le XIXe siècle. Siècle amical pour lui lors de l'adolescence, plutôt mal vu au temps de la « nouvelle critique » structuraliste, il rentre en grâce à partir de S/Z et des Fragments du discours amoureux, et plus encore dans les derniers séminaires sous les auspices du romantisme allemand.

    José Luiz Diaz est professeur de littérature française. Maître de conférences à l'UFR sciences des textes et documents de l'Université Denis Diderot-Paris VII. Secrétaire général et responsable des colloques de la Société des études romantiques et dix-neuviémistes.

    Ancienne élève de l'Ecole normale supérieure et de l'Institut d'études politiques de Paris, Mathilde Labbé est Docteure en littérature française. Elle est Maîtresse de conférences à l'université de Nantes.

  • À la fin du XVIe siècle, Elena, abbesse d'un couvent cistercien de la cité de Castro, près de Rome, entretient une relation clandestine avec son évêque. De cette liaison secrète naît un enfant. Dès que la nouvelle se répand, les deux amants sont arrêtés et un procès a lieu. Trois cents ans plus tard, en 1839, cette scandaleuse affaire séduit Stendhal qui s'en inspire pour l'une de ses nouvelles les plus célèbres, L'Abbesse de Castro.

    Fondé sur les actes originaux du procès, retrouvés après plusieurs siècles, cet ouvrage révèle pour la première fois la véritable histoire de l'abbesse. En retraçant pas à pas son tragique destin - celui d'une femme forcée à se cloîtrer pour avoir succombé à un amour interdit -, Lisa Roscioni raconte aussi la naissance d'un mythe littéraire.

  • L'hymne ne désigne pas dans ce livre une forme poétique particulière mais l'ensemble des dispositifs que la modernité a dû abandonner pour se tendre. Le mouvement des essais qui le composent est celui d'une généalogie, moins au sens d'une perspective proprement historique qu'à celui d'une récapitulation faisant la part au caractère dispersé des indices. Les noms qui jalonnent cette recherche  Hlderlin, Büchner, Baudelaire, Leopardi, Stendhal ou, plus près de nous, Benjamin et Mandelstam définissent le réseau de sens où ces indices prennent consistance en se relançant les uns les autres. La Fin de l'hymne a précédemment paru dans la collection « Détroits » en 1991.

  • Le cinéma français d'après-guerre dit « de la Qualité française », longtemps éclipsé dans l'historiographie au profit de la Nouvelle Vague, plaçait au coeur de ses préoccupations la question de l'adaptation : Le Rouge et le Noir de Stendhal, Le Diable au corps de Radiguet ou le Journal d'un curé de campagne de Bernanos se voient notamment transposés à l'écran, et certains écrivains, tels Gide et Malraux, se prennent d'intérêt pour le 7e Art.
    Les études rassemblées ici exploitent des documents d'archives méconnus afin d'offrir un éclairage nouveau sur cette production cinématographique en l'abordant à travers l'activité scénaristique d'auteurs de premier plan (comme le tandem Aurenche et Bost). En comparant les romans ou les pièces de théâtre à leurs variantes scénaristiques et cinématographiques, les contributeurs du volume examinent les fonctions de la référence littéraire, certaines étapes de la création (notamment le découpage technique) ou certains procédés narratifs comme le flash-back ou la mise en abyme. L'oeuvre filmique apparaît alors comme le résultat d'un geste nécessairement collectif, comme l'aboutissement d'un travail d'écriture mouvant dont l'étude nous apprend beaucoup sur le pouvoir respectif des mots, des images et des sons. Le scénario est souvent étudié dans une optique normative ; le voici envisagé comme le lieu des possibles.

  • Dans ce recueil d'entretiens, Jacques Dubois évoque d'abord son milieu familial et social. Dubois a été professeur en Belgique, aux États-Unis, en Suisse, au Québec, à Paris ou à Madagascar. Il a par ailleurs participé à l'aventure du Groupe µ, puis a publié de nombreux ouvrages sur la littérature. Il a dirigé le quotidien La Wallonie, contribué à la naissance de collections dont Espace Nord chez Labor et Points Lettres au Seuil, et a été un des rédacteurs du Manifeste pour la culture wallonne de 1982. Ces activités donnent lieu à des anecdotes succulentes, il est question des hommes et des femmes rencontrés par Dubois au fil du temps : Pierre Bourdieu, Hubert Nyssen ou Brigitte Lahaie ! Avant tout, pour Jacques Dubois la littérature est une raison de vivre et de combattre.

    Jacques Dubois est professeur émérite de l'Université de Liège. Il est l'auteur de L'Institution de la littérature (1978), Le Roman policier ou la modernité (Armand Colin, 1991), Pour Albertine. Proust et le sens du social (Seuil, 1997), Les Romanciers du réel. De Balzac à Simenon (Seuil, 2000), Stendhal (La Découverte, 2007), Figures du désir. Pour une critique amoureuse (Les Impressions nouvelles, 2011). Début 2018, il publiera un Proust au Seuil.

  • Considéré d'habitude comme le « père » de l'anarchisme français, Pierre-Joseph Proudhon entretient un rapport ambivalent avec la création littéraire. Cet essai retrace tout d'abord la relation de Proudhon à la littérature, telle qu'elle apparaît à travers ses ouvrages. Il analyse ensuite les discours tenus dans ses quatre journaux sur les triomphes du roman-feuilleton, visant la conception d'un feuilleton révolutionnaire capable de diffuser auprès du lectorat populaire, par le biais de la fiction, les idées et les théories qui aideront à son affranchissement. Une présentation des romans-feuilletons parus dans les diverses incarnations du journal Le Peuple est suivie par une étude plus approfondie de l'un d'entre eux, le roman Le Mont Saint-Michel, qui narre les aventures d'un groupe de républicains lors du célèbre épisode de la barricade du cloître Saint-Merry, clou tragique de l'insurrection avortée de 1832. Convoquant de nombreux auteurs connus (Michelet, Stendhal, Victor Hugo et Alexandre Dumas père) et oubliés, cette analyse veut offrir une réflexion sur la nature du roman historique et de l'écriture historiographique pendant une période clef pour leur développement.

  • Nous ne pouvons connaître les autres hommes que par leurs gestes, leurs paroles et leurs actes. Depuis deux siècles, le roman ne s'en est plus satisfait, et s'est voué, avec une intensité toujours croissante, à nous montrer la conscience au grand jour. Ce qu'elle a de plus secret, et parfois pour elle-même, vient sous nos yeux dans le moindre récit. Et ce que la Bible réservait à Dieu, sonder les reins et les coeurs, est devenu l'attribut commun des romanciers.
    Quel est le sens de cette transformation radicale ? Comment a-t-elle eu lieu ? Quels chemins a-t-elle suivis, et quelles formes a-t-elle produites ? De quelle compréhension de la conscience est-elle lourde ?
    Ce volume se concentre sur le monologue intérieur, en se tenant au plus près de ses usages variés, conversations intimes des héros de Stendhal, fulgurations décisives de Balzac, « tempêtes sous un crâne » de Victor Hugo. L'exploration se poursuit avec Virginia Woolf (Les Vagues), William Faulkner (Lumière d'août), et Samuel Beckett (L'Innommable).

  • Cet ouvrage s'intéresse à un phénomène capital, quoique méconnu, de l'histoire littéraire du XIXe siècle : la lecture à haute voix en petit comité. De Lamartine à Gide en passant par Stendhal, Hugo, Flaubert, Rimbaud et Mallarmé, tous les écrivains ont essayé leurs oeuvres devant un petit parterre d'amis et de confrères. Maillon oublié de la chaîne du livre, cette phase test est une étape importante, voire déterminante, dans le processus de création littéraire. Un tableau de Théo van Rysselberghe intitulé Une Lecture (1903) forme le point de départ de l'enquête. Pourquoi lit-on ? Que lit-on ? Pour qui lit-on ? L'auteur s'efforce de répondre à toutes ces questions en puisant dans une documentation variée (correspondances, journaux intimes souvenirs littéraires, articles périodiques, etc.). Érudit, l'ouvrage n'a pourtant rien d'académique. Il se présente sous la forme de 80 petits chapitres qui sont autant de pièces du puzzle de la lecture. Une fois n'est pas coutume, l'auteur raconte son enquête en même temps qu'il la mène. Chapitre après chapitre, le lecteur partage ses tâtonnements, ses découvertes, ses échecs - sa satisfaction enfin, quand le phénomène de la lecture littéraire en petit comité est redevenu visible.

    Maître de conférences à l'Université de Paris Ouest, Vincent Laisney est un spécialiste du romantisme français et des sociabilités littéraires au XIXe siècle. Il est l'auteur de trois ouvrages : L'Arsenal romantique (Champion, 2002), L'Âge des cénacles (Fayard, 2013) et Sept Génies (Les Impressions Nouvelles, 2014).

  • Réalités psychiques, les personnages des romans vivent en nous avec plus ou moins d'intensité. À quelques-uns, nous réservons un accueil si particulier que nous aimerions nous introduire dans leur vie et leur univers. C'est bien ce que fait ici l'auteur en donnant vie à quelques figures, en majorité féminines, avec lesquelles il a noué des relations de vive affection. Ce qui l'autorise à leur conférer une autonomie particulière, allant jusqu'à infléchir, au gré d'une interprétation des oeuvres correspondantes, leurs destins.

  • Paul Valéry, « chercheur » impénitent, doit désormais prendre place parmi ceux qui, depuis Wagner, contribuèrent à la rénovation du théâtre. L'analyse des structures dramatiques examinées dans leur « fonctionnement » fut l'une de ses préoccupations constantes et s'insère dans celle de la « Comédie de l'Intellect » en même temps qu'elle l'éclaire. Les notes et les projets des Cahiers témoignent, mieux encore que l'oeuvre publiée, d'un sens aigu du théâtre : le refus de tout ce dont l'avait surchargé une tradition « bourgeoise » - réalisme, « psychologie », cabotinage - s'assortit du désir d'en retrouver la vérité première. Formaliste dans sa méthode - puisqu'elle se fonde sur le « système » inventé par le poète épris de rigueur scientifique, et qu'elle passe par les modèles sans cesse analysés de la musique et de la liturgie, de « l'épure » racinienne et de « l'auto-analyse » wagnérienne -, cette recherche aborde tous les aspects de la dramaturgie, met à nu des relations et des constantes autour desquelles s'organise le « jeu » de la représentation ; elle retrouve à travers elles les données que mettaient à jour, à la même époque, les grands théoriciens de la scène. Elle débouche aussi, nécessairement, sur l'analyse du processus de « fabrication » de l'oeuvre dramatique. Le créateur double ici le théoricien dans la recherche d'un théâtre-cérémonie à caractère expérimental, où la parole serait réduite à sa juste place dans l'équilibre de tous les moyens d'expression. De La Jeune Parque au « IIIe Faust », tout au long d'une carrière que jalonnent de précieuses ébauches, se révèlent les audaces et les timidités de ce « Robinson » de la scène qu'une tendance naturelle portait depuis l'enfance à traduire en formes théâtrales sa vision tragique du Moi. et qui, dans cette activité « latérale », se prend plus volontiers que jamais au pur plaisir de créer, et de se voir créer. Le lecteur trouvera dans cet ouvrage le répertoire de toutes les citations de Paul Valéry théoricien et créateur.

  • Stendhal biographe

    Antoine Guibal

    La contribution stendhalienne au genre biographique se produit à un moment charnière du XIXe siècle, marqué non seulement par le romantisme naissant, mais également par la formation des sciences historiques et l'émergence du métier d'historien. C'est aussi à cette époque que le genre doublement millénaire de la « vie », qui chantait les louanges de personnalités dont la gloire était consacrée par l'histoire et le temps, laisse progressivement place à la biographie, genre ancré dans l'actualité - parfois la plus immédiate - et qui jouit alors d'un grand engouement. D'où cette tension caractéristique des « vies » de Stendhal, écrites à divers moments de sa carrière littéraire, et ce choix éclectique d'hommes illustres : Haydn, qui lui permet d'affi ner sa théorie du Beau dans les arts ; Napoléon, dont la « vie » devient une réponse à un libelle anti-bonapartiste ; Rossini, dont le style vivace et le rejet des règles classiques sert la cause romantique de 1823 ; et Stendhal lui-même, alias Henry Brulard, cet individu « bien inconnu » qui souhaiterait se connaître. De par leurs spécifi cités et leur originalité, ces oeuvres mettent en lumière la plasticité d'un genre qui, en cette période mouvementée, s'avère propice à l'expérimentation et à l'innovation, tant dans le style que dans l'usage qui en est fait.

  • Le romancier portatif

    Nicolas Dickner

    • Alto
    • 1 November 2011

    « Le marteau sert à construire des maisons.
    Le télescope, à observer des objets très éloignés.
    La cuillère, à manger de la soupe.
    Le livre sert à créer des cyborgs. »
    Nicolas Dickner

    Depuis 2006, Nicolas Dickner signe dans les pages de l'hebdomadaire Voir la chronique «Hors champ». Il y traite avec humour et (im)pertinence de l'univers sauvage du livre et disserte sur les moeurs des lecteurs et des auteurs. En tout, un peu plus de 200 chroniques ont été publiées. 52 chroniques «à emporter» ont été sélectionnées pour ce recueil dont les bénéfices sont remis à la Fondation pour l'alphabétisation. Le romancier portatif est le cinquantième titre à paraître aux Éditions Alto qui, rappelons-le, ont vu le jour avec la parution de Nikolski... de Nicolas Dickner.

    Cette initiative a vu le jour grâce à la généreuse contribution des imprimeries Transcontinental, du journal Voir et des collaborateurs d'Alto. Pour chaque livre vendu, 7$ sont remis à la Fondation pour l'alphabétisation. À l'achat de la version électronique (PDF et ePub), réalisée avec le partenariat de De Marque, 5$ sont versés à la Fondation.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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