• L'espoir

    André Malraux

    Le livre de Malraux reflète fidèlement le désarroi, les promiscuités et les atrocités d'une révolution ; mais il en exprime aussi la conscience, le sens, le mouvement souterrain. Et c'est parce qu'il ne cache rien des horreurs et des niaiseries de la guerre civile, qu'il charge son titre d'une valeur singulière. Voici les fautes, voici les sots, les mercenaires, les guerriers, voici le doute qui prend le plus résolu quand, à l'instant de mourir, il sent que son corps était beau ; mais voici cette attente, cet appel, cette recherche, on ne sait au juste de quoi, de quelque chose qui efface le passé, d'une communion plus intime dans le danger, la lutte, la souffrance, d'une patrie, d'une gestation, d'une justification par le sacrifice ; - l'espoir.

  • « Le Mal de Montano est une sorte d'ovni littéraire fascinant, rempli d'humour et d'un désespoir très pince-sans-rire. De transformations en disparitions, l'auteur parle d'un univers où l'extérieur finit par être phagocyté [...] par cette imagination contre laquelle, dit le narrateur, on ne peut pas lutter. Une planète étrange et instable, où le temps ne passe plus du tout comme dans le monde ordinaire et où les mots prennent une dimension formidable, deviennent aussi palpables qu'une table ou qu'une chaise.» (Raphaëlle Rérolle, Le Monde)

    « Avec un humour terrifiant et une intelligence électrique, Enrique Vila-Matas joue avec les mots en musicien du verbe. Il utilise tous les rythmes, toutes les harmonies, toutes les modifications mélodiques possibles. Tant d'inventivité, tant de fougue laissent pantois. » (Gérard de Cortanze, Le Magazine littéraire)

  • Vilnius Lancastre, jeune cinéaste barcelonais au faux air de Bob Dylan, considère l'indolence absolue comme une forme d'art. Il entreprend néanmoins le projet de constituer des Archives de l'échec en général. Avec son amie Débora, il ambitionne de réaliser la biographie fictive de son père, le célèbre écrivain Juan Lancastre, mort dans des circonstances mystérieuses...

    OEuvre la plus romanesque d'Enrique Vila-Matas, Air de Dylan - hommage à Marcel Duchamp et son Air de Paris - offre une nouvelle forme d'exploration de notre époque, avec en toile de fond l'ombre de Scott Fitzgerald et l'âge d'or d'Hollywood.


    « Jamais je ne m'étais autant laissé porter par le roman. Il m'est arrivé de me surprendre moi-même ! » Enrique Vila-Matas

  • Dans la Barcelone de l'après-guerre civile, le jeune Ringo arpente les rues du quartier de Gracia, observe le quotidien de ses voisins depuis le bistrot de la señora Paquita et s'efforce de percer le mystère qui entoure les activités de son père. Au fil de ses rêveries s'esquisse l'Espagne franquiste, traversée d'interdits et de secrets.
    « Juan Marsé est le plus grand écrivain espagnol vivant. » António Lobo Antunes
    « A travers Ringo, Juan Marsé raconte aussi, comme jamais, son propre parcours. Et de ses phrases ciselées comme ces bijoux auxquels travaille l'apprenti, le vrai, superbement, se fait fiction. » Fabienne Pascaud, Télérama
    « On ne peut réduire Calligraphie des rêves à une unique intrigue: dans le Torrente de las flores, dans le bar Rosales, dans l'esprit vagabond de Mingo, les histoires se croisent, s'enchevêtrent, s'imaginenet toujours nimbées de flou, flottant entre l'imaginaire et la réalité. [...] Marsé a écrit le roman d'une ville et d'une époque - Barcelone, 1948 -, sa Comédie humaine, et le roman d'un adolescent, avec ses rêves, ses ambitions, , ses déceptions, ses illusions perdues. » Christophe Mercier, Le Figaro

  • Au petit matin, dans un bar d'un quartier populaire de Barcelone, Epi Dalmau tue son ami Tanveer à coups de marteau. Puis s'enfuit sans un mot retrouver Tiffany Brisette, la femme pour laquelle il a commis l'irréparable. Témoin de la scène, le frère aîné d'Epi, Álex, va tâcher de lui sauver la mise en faisant porter le chapeau à quelqu'un d'autre. Mais quel secours un ancien toxicomane schizophrène est-il capable d'apporter ? Soudain trop tard est le récit d'une journée où tout a brutalement basculé, où les rumeurs naissent à chaque coin de rue, où les petites gens se veulent acteurs de la tragédie. C'est aussi le portrait d'une Barcelone durement touchée par la crise et le désenchantement, à travers celui de ses habitants, toutes générations et origines confondues.

  • 1912 : c'est dans une Barcelone misérable, corrompue et impitoyable que l'auteur met en scène un fait réel - celui de la "vampire" Enriqueta Marti Ripolles. La ville offre un cadre idéal aux méfaits de cette maquerelle sanguinaire qui volait des enfants pour les offrir aux dépravés de la haute société ou les tuer pour sa propre "consommation".

  • Agnès, psychiatre, a grandi au sein d'une famille dans laquelle les " Rapides " régnaient au détriment des " Lents ". Chez les Bach, tout était classé, mesuré. Ainsi, le " Temps de qualité " (lire, écouter de la musique, discuter) s'opposait au " Temps bon marché " (faire du sport, jouer, aller aux toilettes), tout comme il existait une frontière entre les " gens intéressants " et les autres. Elle était rapide, sa soeur était rapide, son père rapide, sa grand-mère rapide... Ceux qui étaient lents finissaient toujours par le payer. Âgée de 48 ans, Agnès n'a jamais cessé de vivre sous la pression de cette perception temporelle anormalement accélérée et éprouve chaque jour davantage la nostalgie des rares moments d'ennui qu'elle a pu connaître dans son enfance. Consciente de souffrir d'une forme avancée de " maladie du Temps ", elle qui croyait tout savoir et tout comprendre, doit désormais admettre qu'elle est passée à côté de tout ou presque... Juxtaposant ses souvenirs de petite fille, d'adolescente et de femme - dans une narration où récit à la première et à la troisième personne se répondent -, Agnès se lance dans un parcours du combattant pour tenter d'échapper à la tyrannie de cette course éperdue contre le temps, et laisser s'épanouir sa véritable vocation de " Lente ".

  • Qu'il s'agisse de la jeune Ana, bien décidée à déterrer les vieux secrets de famille, de Trini, la perruquière qui tient tête à une diva décatie, ou de la petite Patricia, qui dévoile malgré elle les mensonges de sa mère, tous les personnages qui traversent ce recueil se trouvent mis en échec, contraints de changer leurs manières de voir et de faire. C'est en effet à leur instant critique que Berta Marsé les capte, en ce point de basculement où les mots proférés et les secrets dévoilés risquent de chambouler les relations et les êtres.
    Suscitant volontiers le trouble et le rire, Berta Marsé déploie un style très personnel et fait ainsi une entrée remarquée sur la scène littéraire espagnole.

  • Juan Goytisolo rencontre Jean Genet en 1955. Dès lors, il ne perdra plus de vue l'auteur du Notre-Dame-des-Fleurs (1944) ni son oeuvre, même si Genet avait l'habitude de disparaître du jour au lendemain. Dans son travail d'écriture, Goytisolo revint à plusieurs reprises sur l'étonnante figure que fut son ami. En rassemblant les quatre grands essais qu'il lui a consacrés, Goytisolo construit à sa manière, très proche et très sensible, une biographie et une réhabilitation du poète incompris dans sa dernière oeuvre. Dans un premier récit (publié par El País en 2009), il raconte l'étape juvénile de l'auteur du Journal du voleur, lorsqu'il partageait la vie de la pègre barcelonaise dans le Barrio Chino et que, pour subsister, il se livra, quelques mois durant, au vol et à la prostitution. Dans « Le territoire du poète » (chap. III de Les Royaumes déchirés, Fayard, 1988), il fait un portrait délibérément fragmentaire de Genet à partir de la relation zigzaguante qu'il a entretenue avec lui jusqu'à la fin de années 70. Quand il apprend qu'il est atteint d'un cancer, Genet réduit le cercle de ses amis parisiens et se consacre à la rédaction du livre qui deviendra son chef-d'oeuvre : Un Captif amoureux. C'est à ce livre très attaqué que le fameux texte de Goytisolo « Genet et les Palestiniens : ambigüité politique et radicalité poétique » est consacré. « Le poète enterré à Larache » (La Forêt de l'écriture, Fayard, 1997) donne une nouvelle définition de la « sainteté » du chantre du vol, de la trahison et de l'homosexualité. Vient enfin quelques lettres que Genet avait adressées à Juan.

  • Christof, Christophe, Christopher et Christofol sont frères mais ne le savent pas. Ils sont nés d'un même père et de quatre mères différentes. Ils vivent à Franfort, Paris, Londres et Barcelone. Leur père, Gabriel, les a abandonnés lorsqu'ils étaient petits et n'a plus jamais entendu parler d'eux. Vingt années passent. Et puis un jour, le secret est levé et les quatre frères se rencontrent pour la première fois. Ensemble, ils décident de partir à la recherche de leur père, pour pouvoir, enfin, mettre des mots sur leur histoire.
     Pourquoi les a-t-il abandonnés ? Pourquoi portent-ils tous les quatre le même prénom ? 
    Pas à pas, ils vont reconstruire la vie d'un homme fascinant et romanesque, adoré des femmes, qui sillonnait les routes dans un camion de déménagement tandis que l'Espagne pliait sous le joug du franquisme. 
    Traduit du catalan par Edmond Raillard

  • Qu'est-il arrivé à Bárbara Molina ?
    À quinze ans, la jeune fille disparaît du domicile familial. Ce qui avait tout l'air d'une fugue pour la police tourne au drame lorsqu'elle passe un coup de fil désespéré à sa mère. C'est la dernière fois que ses parents entendront parler d'elle. Pas de corps, pas d'indices : quatre ans après, le mystère reste entier. Mais Bárbara est vivante et, avec elle, son terrible secret...

  • Deux petites filles de trois et quatre ans sont enlevées en plein jour ; l'une d'elles est retrouvée morte, atrocement mutilée, l'autre est portée disparue.
    Enceinte jusqu'aux dents, Victoria González, journaliste et détective, reçoit un chèque anonyme de 30 000 euros avec l'ordre d'enquêter sur l'enlèvement, et surtout de retrouver au plus vite la deuxième petite fille.
    Flanquée parfois d'un adjoint accro à la bière brune, Victoria plonge alors au coeur de l'enfer. Elle écume les bas-fonds de Barcelone, du Raval, peuplé de prostituées, d'alcooliques et de tous les immigrés échoués là en attendant l'avenir, jusqu'aux Viviendas Nuevas, cité semi périphérique sinistrée, ghetto de pauvres où tout s'achète et se vend à ciel ouvert, y compris les pires perversions. Entre les toxicos qui divaguent, les clodos passifs, les tueurs à gages sentimentaux, les mères folles, toute la ville semble avoir un penchant pour l'horreur et personne ne sera sauvé. Victoria elle-même a bien du mal à échapper à ses vieux démons, à son passé de petite frappe bourrée d'addictions. Seul moyen de se calmer les nerfs : la haine systématique contre d'innocents petits animaux domestiques.
    Féroce et sans concession, Cristina Fallarás nous entraîne bien loin du Barrio Gótico et de la Sagrada Família : ici la famille est un précipité de haine et les décors sont sordides, on est à l'envers de la ville. Une écriture coup de poing qui n'épargne personne.

    Ce livre a reçu le prix international du roman noir L'H Confidencial 2011, ainsi que le prix Dashiell Hammett 2012.

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