• Les ménades Nouv.

    Mer Égée, une génération après la chute de Troie.

    Parties se livrer à des rites dionysiaques, trois jeunes filles marginales échappent au raid des pirates venus enlever tous leurs proches. Les apprenties ménades décident alors de tout quitter dans l'espoir de pouvoir libérer les leurs lorsque les pirates les auront vendues comme esclaves.
    Or, ces guerriers originaires de Thèbes s'avèrent avoir un but : poursuivre l'étrange mage échoué sur l'île des trois jeunes filles et qui les a initiées au délire.
    De la prison du minotaure jusqu'aux terres des cyclopes et aux palais marins des naïades, cette quête entreprise par les ménades aux confins de la Méditerranée les mènera à découvrir la véritable nature du mage et la raison de la haine que lui vouent les Thébains, mais surtout à se découvrir elles-mêmes à travers les épreuves, jusqu'à atteindre liberté et connaissance de soi.

    Mystères antiques, paysages méditerranéens, quête d'un groupe de filles, combats et dangers : une fantasy âpre et lumineuse !

  • Les musiques des Caraïbes t.1 : du vaudou au calypso Nouv.

    Bruno Blum explore les rapports entre les musiques caribéennes et états-uniennes, interdépendantes depuis des siècles.

    Il analyse les musiques créoles, le lien entre la musique et les rites, le jazz et blues des Caraïbes. Il revient sur la naissance et le développement des musiques populaires telles que le konpa (Haïti), le calypso (Trinidad), le mambo (Porto Rico) ou le quelbe (îles Vierges).
    C'est aux Caraïbes que la fusion entre les musiques d'Afrique et d'Europe s'est opérée, donnant naissance aux musiques américaines modernes et à une multitude de rythmes et styles dont le blues, le jazz, le rap, le mambo ou le cha-cha.

  • L'Ancien Régime n'a pas existé. Ou du moins n'a-t-il existé qu'après coup, aux yeux des Constituants de 1790, qui n'avaient à l'esprit que les dernières vicissitudes du gouvernement.
    En réalité, la monarchie de Louis XVI avait peu à voir avec celle de Louis XII. À travers deux ou trois siècles de bouleversements, le pouvoir avait évolué d'un royaume féodal à l'administration centralisée et autoritaire du XVIIIe siècle.
    Yves-Marie Bercé évoque la nature exacte de ces gouvernements. Il dépasse le court terme de la rupture révolutionnaire et présente la France des rois, ses rites, son système de valeurs, la vie quotidienne et celle de ses institutions, dans leurs constantes évolutions.

  • « Une religion est un système de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées, croyances et pratiques qui unissent en une même communauté morale, appelée Église, tous ceux qui y adhèrent. Le second élément qui prend ainsi place dans notre définition n'est pas moins essentiel que le premier ; car en montrant que l'idée de religion est inséparable de l'idée d'Église, il fait pressentir que la religion doit être une chose éminemment collective. »
    À partir d'une analyse du totémisme australien défini comme forme élémentaire de la vie religieuse, Durkheim entreprend une étude originale de la religion et met à jour les aspects symboliques de l'intégration sociale par la religion.

  • Sur une île américaine, des familles vivent depuis plusieurs générations en totale autarcie et dans la croyance que le monde a plongé dans le chaos. Elles suivent le culte strict érigé par leurs pères fondateurs et mènent une vie simple, rythmée par les rites de leur foi. Dans cet environnement rigoureux, un groupe de très jeunes filles s'approchent de « l'été de la fructification », la cérémonie qui fera d'elles des femmes.

    L'une d'elles va se révolter, entraînant ses amies dans sa lutte désespérée, confrontant sa communauté à ses mensonges et à ses lourds péchés.

  • Matador

    Quand le torero le plus capé de l'histoire se met en tête de s'attaquer à un nouveau type de victimes... Le mode opératoire de ce tueur en série en devenir est en tout point comparable à celui qu'il pratique au centre de l'arène. Mais cette fois ses proies ne sont plus de braves toros...
    De Cordoue à Madrid en passant par Barcelone, San Sebastian et Bilbao, l'inspecteur-chef El Gordo va devoir affronter un monstre en quête d'absolu qui semble trouver une inspiration diabolique parmi les rites tauromachiques.
    La première aventure d'El Gordo (7 milliards de jurés !), un excellent flic espagnol, un poil anar et amateur de whiskys d'exception, de la trempe du commissaire Brunetti de Donna Leon, de Pepe Carvalho de Montalbán ou de Montalbano de Camilleri.

    Un passionnant roman tournant malicieusement autour de la corrida, de ses aficionados, de ses détracteurs. Passionnant et instructif.

  • De jeunes garçons sont enlevés, puis réapparaissent indemnes, enveloppés d'une couverture de survie. Sylvie, infirmière un peu borderline, est persuadée que le monstre impuni qui l'a terrorisée durant son enfance est l'auteur de ces rapts. Elle pressent l'imminence d'autres drames, d'autres morts. Près du lac où fut retrouvée la première jeune victime, vingt ans auparavant, des cadavres très récents de salamandres et de vipères sacrifiés sont découverts sur un étrange autel, tandis qu'un autre gamin disparaît...
    Un polar qui penche vers le thriller.
    Des dialogues savoureux, des retournements de situations astucieux, une tension psychologique parfaitement maîtrisée.
    Saint-Étienne et les monts du Forez. Un coin riche en histoires de sorcelleries et d'amours chaotiques.

    Un enquêteur séduisant, très télévisuel, commandant de police parisien récemment arrivé dans le département, qui sort de l'ordinaire puisqu'éternellement vêtu d'improbables chemises à jabot. Un cousin de Balthazar (Tomer Sisley, TF1) pourrait-on dire.




  • Préfacé par le Grand Rabbin de France, ce petit livre est né d'une rencontre de l'auteur, prêtre spécialiste de la liturgie, avec la communauté juive de Tours. Il y montre l'influence de la liturgie juive du Temple sur les rites de la messe catholique. Il nous aide ainsi à comprendre et à vivre la messe en héritiers de nos frères ainés dans la foi. Ce "si grand patrimoine commun aux Chrétiens et aux Juifs" n'empêche pas la différenciation entre les deux religions. C'est le propre de l'histoire humaine que chacun trouve son chemin propre. Mais c'est aussi la grandeur de l'homme de savoir trouver les points de convergence et de dépasser les différences afin de trouver l'espérance toujours partagée.

  • Quel est le sens exact de la Messe, de ses différentes étapes ? Avons-nous pleinement conscience de ce que nous vivons quand nous participons à l'Eucharistie ? Saurions-nous l'expliquer à quelqu'un ?
    Le livre du père Pierre Dumoulin offre l'avantage, par sa concision et sa richesse, d'être une excellente clé de lecture, sûre doctrinalement, pour l'approche du mystère de la Messe. Il en explique l'essentiel, à travers rites et symboles.
    Une nouvelle édition augmentée, pour mieux comprendre et aimer le trésor qu'est la sainte Messe.

  • Être franc-maçon, c'est être initié entre autres à un vocabulaire propre à cette institution secrète et en reconnaître les symboles. C'est aussi adhérer à une certaine vision du monde et de la société, s'accorder sur des expressions qui marquent cette communauté de valeurs. D'« équerre » à « hermétisme », de « Jules Ferry » à la « Légende d'Hiram » ou encore « agapes », à travers 100 termes clés regroupés en sept chapitres, ce livre retrace l'histoire de la franc-maçonnerie, précise les modalités de la vie maçonnique, le sens des symboles, l'organisation institutionnelle, les principales valeurs et les enjeux intellectuels qui lient les maçons. Il nous donne à comprendre les fondamentaux d'une institution singulière, plurielle et finalement mal connue. À lire également en Que sais-je ?...
    Histoire de la franc-maçonnerie française, Roger Dachez
    La franc-maçonnerie, Alain Bauer et Roger Dachez

  • La religion romaine ne connaissant ni Révélation ni Livre sacré, l'obligation rituelle constituait le seul élément auquel le pratiquant pouvait s'accrocher. Cet ouvrage, leçon de clôture du professeur John Scheid au Collège de France, retrace l'appréciation difficile de cette particularité religieuse encore partagée par de nombreuses religions du monde actuel, et que les modernes ont mis longtemps à reconnaître. En différenciant religion de l'individu, au sens romantique, et religions polythéistes et ritualistes ignorant le concept moderne de personne, cette réflexion invite plus largement le lecteur à repenser les notions d'individu et de citoyen dans la société romaine.

  • La vie des hommes se nourrit de symboles. Étudier le symbole implique une connaissance de l'invisible et du religieux dans les domaines anthropologique, philosophique et psychologique. Les auteurs présentent les différentes théories du symbole en Occident, de l'Antiquité à nos jours.

  • Betty Mindlin est arrivée en mai 1979 chez les Suruí, le long de la BR-364 qui relie Cuiabá à Porto-Velho, alors qu'ils conservaient encore intactes leurs coutumes et leur système traditionnel.
    Lors de ce premier séjour, elle a rencontré un paradis. On pourrait dire que les habitants du paradis l'ont trouvée à leur goût. Pas un jour où elle ne fut demandée en mariage malgré la protection et la prude affection du chaman Náraxar.
    C'est là, à l'abri des ocas, grandes maisons communautaires, entre les corps invitants de l'intérieur et les fantômes de l'extérieur, enveloppée par un choeur de rires amicaux, entre invites, jalousie, menace, cajoleries et petits travaux de la vie quotidienne, qu'elle apprend tout de ses hôtes et se découvre dans sa vérité de femme blanche et de mère éloignée des siens.

    Au long de sept voyages, elle connaît avec eux la guerre contre les trafiquants de diamants, la modernisation et la découverte du travail salarié...

  • Les Manouches, dont les roulottes et camions sillonnent le Massif central, ne parlent pas de leurs morts. Cette déférence muette procède d'un art plus général du non-dit et de l'absence qui soude la communauté tsigane et l'inscrit dans le monde des Gadjé, le nôtre. Les Manouches ne disent rien d'eux-mêmes. De leurs défunts ils taisent les noms, détruisent les biens et abandonnent les campements aux herbes folles : « L'avènement manouche se fait par la soustraction », souligne l'ethnologue dans ce texte exceptionnel. Seul un intime des « buissonniers », des chasseurs de hérisson, des rempailleurs de chaises et autres ferrailleurs nomades de nos campagnes pouvait procéder à l'ethnographie de ce retrait et de ce silence essentiels, à chaque instant refondateurs de l'identité du groupe dans sa distance aux non-Tsiganes. L'écriture « compréhensive » de Patrick Williams épouse, par son rythme, ses décalages et son inventivité, la complicité subtile du plus apparent et du plus caché, et nous restitue la cassure structurelle qui fait des Manouches ces gens du proche et du lointain, d'ici et d'ailleurs. Ni marginale, ni dominée, ni déviante, leur civilisation n'a cessé de se constituer au sein des sociétés occidentales comme circonstancielle et pure différence. En creux, en contrepoint, en silence. Ce livre plein de finesse, d'émotion et de questions cruciales posées à l'ethnologie nous révèle sous un jour entièrement nouveau l'un de ces « peuples de la solitude » chers à Rimbaud et à Chateaubriand. Alban Bensa

  • La messe, que l'ignorance et la routine ont pu rendre faussement ennuyante, reprend tout son sens dans ce petit livre. Un parcours historique éclairant et décapant permet de comprendre son enracinement dans l'Ancien Testament, puis son évolution au fil des siècles de la chrétienté. Sa nature profonde exprimée dans les Évangiles, celle du don total et toujours renouvelé de la vie de Jésus pour le monde, apparaît alors plus pleinement. L'auteur propose ensuite des pistes pour mieux célébrer. Au premier chef, dans le sillage du pape François, il nous invite à renouer avec la dimension communautaire de l'Eucharistie, qui ne saurait se limiter à une dévotion personnelle. Elle est au contraire un véritable envoi en mission.

    Un texte substantiel et accessible sur une réalité centrale pour les chrétiens
    Une réflexion qui s'inscrit dans l'élan missionnaire donné par le pape François
    Un texte stimulant, qui invite à revisiter certaines pratiques

    Jean-Pierre Joly est prêtre et exerce son ministère dans le diocèse de Saint Jérôme. Animateur de plusieurs groupes bibliques, et est engagé dans les chantiers de l'actualisation de la parole de Dieu et de la pastorale sociale.

  • Vérité, liberté, respect de la vie et de la dignité humaine, beauté... ! Que pense la psychanalyse de ces idéaux fondamentaux qui sont indispensables à l'existence collective au niveau mondial et dont beaucoup se réclament aujourd'hui à juste raison ?
    Depuis Freud, les psychanalystes ont rarement traité la question de peur de tomber dans un certain moralisme. Pourtant, qu'en serait-il de leur propre existence s'ils ne plaçaient pas l'idéal de vérité et une certaine idée de l'homme à l'horizon de leur pratique ?
    S'appuyant sur une approche psychanalytique rigoureuse, axée sur la clinique, cet ouvrage répond à ces questions en démontrant deux faits majeurs trop souvent méconnus. C'est à l'adolescence que le sujet humain se trouve dans les conditions voulues pour reprendre à son compte les idéaux les plus fondamentaux, et il les affirme souvent alors avec une détermination bouleversante. Et ce n'est pas seulement en relation au père comme on le dit souvent. L'adolescent les retrouve d'abord dans un rapport secret et indicible à une mère idéalisée. D'où la force, et aussi les ambiguïtés dont ces idéaux sont porteurs.

  • Nouvelle édition (entièrement recomposée) de ce monumental ouvrage sur le folklore de la France. Ce tome (4-a sur 4) reprend la partie consacrée aux Monuments : depuis la Préhistoire, à travers mégalithes, menhirs, dolmens, tumulus et autres pierres diverses et les cultes qui s'y rapportent, en passant par les monuments antiques, puis par églises, châteaux, rues, villes et les rites ou croyances qui s'y rattachent. On reste toujours surpris de la richesse du folklore recueilli, de sa diversité : on se prend à rêver tout au long des pages de ce livre, classique parmi les classiques du genre.
    Paul Sebillot, né à Matignon (Côtes d'Armor) en 1843 (il meurt en 1918), est une des figures majeures du folklore breton et français dans son ensemble. Auteur de nombreux ouvrages, dont la Littérature orale de la Haute-Bretagne, et surtout auteur de ce vaste Folklore de France, édité en 4 fort volumes entre 1904 et 1907.

  • Dans l'Europe princière des Temps modernes, les funérailles des souverains et des membres de leur famille donnent lieu à des cérémonies fastueuses dont les historiens n'ont que fort récemment mis en valeur le caractère fondamental. Consacré aux rituels funéraires princiers, cet ouvrage rassemble pour la première fois des études de cas collectés dans toute l'Europe chrétienne du XVIe au XVIIIe siècle, ouvrant ainsi la voie à des comparaisons fructueuses. Depuis le XVIe siècle, les rituels funéraires curiaux se conforment à un schéma en trois temps (l'exposition du corps du défunt, le convoi vers le lieu de sépulture, l'office religieux et la mise au tombeau) pouvant varier en fonction des institutions et traditions propres à chaque pays, de la conjoncture politique et religieuse, des rapports de force internes et de la position occupée dans le jeu politique européen. Au XVIIe siècle, ce schéma est bouleversé : le modèle Renaissance, antiquisant, qui privilégie l'exposition et le convoi, est abandonné au profit de pompes funèbres baroques somptueuses à l'intérieur de l'église, où le catafalque - ou castrum doloris - occupe désormais la place centrale. Cette accentuation de la mise en scène et du caractère spectaculaire est étroitement liée à une véritable curialisation des funérailles, transformant une cérémonie originairement de nature politique et dynastique en fait de société

  • Pas de société sans rites, mais dans la nôtre ils sont souvent déchus, sclérosés, folklorisés. Pourtant, là aussi se cache sans doute une réserve de sens. Pour le comprendre il faudrait une pluralité d'approches. Celles retenues dans ce volume, fruit d'une session théologique tenue en mars 1995 à l'École des sciences philosophiques et religieuses des Facultés universitaires Saint-Louis, peuvent y introduire. L'anthropologue voit surgir ce que le rite opère : tisser ou restaurer des liens vitaux. L'exégète mesure la différence des rituels chrétiens, dont la référence inclut essentiellement la mémoire de l'événement libérateur. Le sociologue montre la persistance du champ rituel dans la religiosité dite populaire et le bricolage des « liturgies séculières ». Le théologien souligne la tension entre l'extériorité des rites et la responsabilité personnelle. L'indicatif de l'action rituelle tend vers l'impératif de l'éthique.

  • Sur la place de certains villages forestiers des collines du Sépik occidental (Papouasie-Nouvelle-Guinée), les hommes mettent périodiquement en scène, deux jours et deux nuits durant, un drame rituel sans paroles, où c'est la diversité ordonnée des masques, des peintures corporelles, de la gestuelle et de la musique qui délivre un message codé dont seuls quelques privilégiés comprennent le sens. Sur le fond d'une conception dualiste de l'univers et de la société basée sur la différenciation sexuelle, le rite public de ce culte masculin donne à voir la sexualité fondatrice d'un couple divin, la gestation puis la naissance de deux fils, leur séparation d'avec la mère parturiente et leur quête du sein, enfin leur identification à un père social supplantant le père géniteur. Les dernières minutes sont la condensation d'un scénario oedipien dont l'issue demeure incertaine, tout en évoquant un rite d'initiation dont les novices et leurs guides ne seraient que des acteurs se produisant sur scène. Personnages rituels ultimes et « hommes originels », ces fils totémiques incarnent l'Homme social et la Société elle-même toujours recommencés. Simple réactualisation « folklorique » d'une cosmogonie ? Mythe héroïque joué comme un mystère antique ? Dispositif idéologique propre à garantir la domination masculine ? Expression immédiate de fantasmes oedipiens sans cesse revécus ? Ce livre cherche des réponses en associant une analyse ethnographique rigoureuse aux concepts que la psychanalyse d'inspiration freudienne est à même de proposer à l'ethnologue. A partir d'un cas particulier, il interroge le rapport entre fantasme individuel et symbole religieux, entre atemporalité de l'inconscient et histoire culturelle, entre refoulement et idéologie...

  • On constate aujourd'hui dans les sociétés musulmanes un regain de la pratique du ramadan. Ce regain peut être interprété comme un signe de réislamisation, mais il ne s'agit pas d'un simple retour à une tradition. A travers la permanence du rite, c'est l'évolution de ses formes, le changement de ses modalités, le renouvellement de ses discours, l'exégèse de la foi qui sont à l'oeuvre. Ce qui frappe à la lecture des chapitres de cet ouvrage, c'est l'extrême adaptabilité d'une pratique religieuse qui est tout sauf figée et uniforme. Le ramadan est présenté dans cet ouvrage comme un rituel de changement social, d'innovation culturelle, de politique publique, voire de mobilisation politique. Il est également un temps de négociation entre sphères publique et privée dans le contexte de la globalisation. On peut en voir l'illustration à travers l'utilisation électorale du « mois béni » en Iran ou en Turquie, sa mise à profit par le Parti de l'action démocratique en Bosnie, ou sa manipulation par les tueurs de diverses obédiences en Algérie. Sans oublier les disputes lunaires auxquelles il donne lieu entre les différentes autorités, ni sa visibilité croissante dans les sociétés ouest-européennes. Cette flexibilité du rite s'accompagne de sa polysémie : il est un moment fort d'investissement religieux, politique et économique qui permet la distinction sociale et l'individuation du croyant. Si l'on ajoute que le ramadan est en même temps une fête carnavalesque qui introduit et canalise le désordre et la transgression, on admettra, avec les auteurs de cet ouvrage, qu'on ne peut le considérer simplement comme une norme contraignante. Sous ses auspices, la relation de l'Homme au Dieu créateur va de pair avec la création du monde par l'Homme.

  • La vie, chez les Komo, est conçue comme un écoulement progressif qui, suivant le cours du soleil et celui des rivières de leur territoire, va d'est en ouest et d'amont en aval, et c'est en termes d'ouverture et de fermeture que l'on rend ce qui favorise ou empêche ce mouvement. Tout problème vital est élargi à ces dimensions cosmologiques, mais ne pourra être traité, la vie s'écoulant nécessairement vers la mort, que moyennant une mort sacrificielle qui permettra à la vie de revenir à sa source. Ce renversement dont les ancêtres, origine de la vie, garantissent la possibilité ontologique, est rendu possible, sur le plan logique, grâce à l'emploi successif des couleurs blanche et rouge. Celles-ci assurent la transposition métaphorique entre les diverses oppositions cosmologiques et permettent leur application métonymique aux personnes à traiter. Le rituel initiatique de la circoncision met cette vision du monde en oeuvre d'une façon exceptionnellement riche et complexe, intégrant dans le jeu de ses propres significations, et selon des procédés fort divers, toute la symbolique culturelle. Dans cette mise en oeuvre les principales différenciations sociales sont également données à voir d'une manière privilégiée, du fait de l'intégration de leurs significations dans celles de l'ensemble rituel. Dès lors, le rituel lui-mème est à voir comme une relecture thématique, totalisante et unifiante de la culture dans ses rapports avec les événements concrets de la vie. Bien que construit à partir d'un système de significations qui le déborde, il crée lui-même son signifié et même l'objet de ses activités. Ce dernier n'est donc pas à chercher dans quelque réalité sociale préexistante.

  • Les Touaregs Kel Ferwan nomadisent aux portes de la vieille ville d'Agadez, déplaçant leurs lourdes tentes en nattes de doum. La tente kel ferwan, avec sa base circulaire analogue au cercle de la terre, sa forme sphérique évoquant la voûte céleste, et ses quatre piquets d'angles semblables aux quatre piliers qui, dit-on, soutiennent le ciel aux quatre coins du monde, est censée être une réplique du cosmos. Dieu en donna autrefois le plan aux Touaregs et, depuis, ces tentes toujours reconstruites selon ce modèle immuable et céleste sont transmises de mère en fille. La tente en effet appartient à l'épouse, alors que l'époux, même s'il en est le « maître », n'y est qu'un hôte. Dès qu'il commence à devenir un homme, l'adolescent déserte la tente de sa mère et mène une vie incertaine durant laquelle il partage de précaires abris de nattes avec des compagnons d'âge. Il ne réintègre une tente que lorsqu'il se marie, et un divorce ou le veuvage peut toujours le ramener à la condition précaire de l'adolescent. Cependant, les tentes appartenant à des femmes, et auxquelles toute une symbolique attribue un caractère féminin, se regroupent autour d'hommes puisque chaque campement rassemble un homme, ses fils, son épouse et ses brus. Dans le paradoxe constitué par ces campements d'hommes vivant dans des tentes appartenant à des femmes s'inscrit l'essentiel de la vie sociale touarègue, dont ce livre décrit le déroulement rythmique.

  • Les publications sur le baptême se multiplient en ce moment, reflets de et réponses à un problème pastoral et ecclésial préoccupant, parce que vital, pour l'Église et pour les chrétiens. Le livre que voici vient s'ajouter à ce dossier complexe et difficile en présentant un point de vue plus synthétique : il s'efforce de situer la difficile question pastorale (en gros, celle du baptême généralisé des petits enfants) dans une perspective plus ample, celle d'une réflexion sociologique, exégétique, historique et théologique, qui permet de dégager l'extrême charge de sens que porte le rite baptismal pour l'existence chrétienne et par là même de mesurer les ambiguïtés de la pratique baptismale actuelle et de tracer quelques perspectives d'orientation pastorale. L'ouvrage réunit les contributions présentées à une session théologique tenue en 1982 à l'École des sciences philosophiques et religieuses des Facultés universitaires Saint-Louis.

empty