• L'édition automnale de la revue Inter, art actuel propose divers points de vue sur la notion d'apocalypse. Cette apocalypse, nous y touchons presque. Force est de constater que notre temps est devenu une course folle aux conséquences funestes. Nous assistons à l'effondrement précipité de nos systèmes de survie. Cette précipitation est aveugle, pourtant, il nous est donné parfois d'apercevoir comment le tout va finir. Ce sont de tels aperçus qu'Inter a rassemblés dans ce dossier, artistes et poètes proposant une scénographie de la fin. D'ailleurs, est-il possible d'envisager le cataclysme, de nous représenter la fin ? Quelles sont les activités artistiques qui prennent acte de l'impossibilité pour l'humain de concevoir son extinction ? Inter veut envisager des scénarios de la fin pour déplacer notre perspective : quitter l'extériorité qui nous tient à distance des autres, afin de modifier nos rapports à nos semblables et peut-être envisager une rénovation potentielle des humains. L'apocalypse, est-ce un scénario ou une cacophonie mortuaire explosive ?

  • Le récent intérêt de l'histoire de l'art pour le domaine des études animales, de même que la volonté d'esse de contribuer à une prise de conscience et à une transformation des rapports de domination que l'humain entretient avec la nature et le monde du vivant, a incité la revue à observer de plus près ce phénomène, en prenant le parti de l'aborder selon une perspective non anthropocentrique. Le dossier « Autour du vivant » comprends une entrevue avec Giovanni Aloi et des textes d'analyse critique d'Amanda White, Estelle Zhong, Carlos Kong et Marina Roy, entre autres. Ailleurs dans la revue, les portfolios de Céleste Boursier-Mougenont, Miriam Simun, Sasa Spacal, Mirjan Svagelj & Anil Podgornik, Robin Meier et Brian Jungen, ainsi que des comptes rendus portant sur les expositions de Jessica Auer à Montréal, Olafur Eliasson à Shanghai et Srimoyee Mitra à Londres, entre autres.

  • Comment les phénomènes naturels et politiques qui participent à la redéfinition des frontières géographiques traditionnelles se répercutent-ils sur les arts visuels? Ce dossier aborde les multiples regards de la science géopolitique sur les relations transversales de pouvoir et de domination, en observant les forces opposées qui remanient aujourd'hui le paysage mondial. Parmi les sujets explorés par cette thématique : la coexistence nouvelle des frontières physiques et de l'espace virtuel, la géopolitique de la surveillance, le marché de l'art et ses liens avec les paradis fiscaux, les enjeux de la territorialisation et de la marchandisation de la nature, pour ne nommer que ceux-là. Hors dossier, les portfolios de Thomas Kneubühler et Trevor Paglen, Sandro Calvo à la Biennale de La Havane et La pyramide de Samuel Roy-Bois à l'OEil de poisson, entre autres.

  • Le dossier de ce numéro s'intéresse au phénomène de la rénovation que certaines pratiques artistiques abordent, et qui est aussi vécu en marge des activités artistiques par les artistes ou par les lieux de diffusion. Il appert d'abord que nombre d'oeuvres se rattachent au champ de la rénovation par leurs usages comme tel de matériaux et d'outils, mais également en recourant à des dispositifs qui mettent l'accent sur le bâti, la construction, l'élaboration de chantiers ou la mise en chantier de processus. Dans cette perspective, nous nous sommes intéressés à des textes qui analysent des corpus d'oeuvres où, sur le plan réel ou métaphorique, des opérations de (re)construction sont en cause et où il est question de rebâtir.

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