• La salle de bal

    Anna Hope

    Lors de l'hiver 1911, l'asile d'aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, accueille une nouvelle pensionnaire : Ella, qui a brisé une vitre de la filature dans laquelle elle travaillait depuis l'enfance. Si elle espère d'abord être rapidement libérée, elle finit par s'habituer à la routine de l'institution. Hommes et femmes travaillent et vivent chacun de leur côté : les hommes cultivent la terre tandis que les femmes accomplissent leurs tâches à l'intérieur. Ils sont néanmoins réunis chaque vendredi dans une somptueuse salle de bal. Ella y retrouvera John, un « mélancolique irlandais». Tous deux danseront, toujours plus fébriles et plus épris.
    À la tête de l'orchestre, le docteur Fuller observe ses patients valser.
    Séduit par l'eugénisme et par le projet de loi sur le Contrôle des faibles d'esprit, Fuller a de grands projets pour guérir les malades. Projets qui pourraient avoir des conséquences désastreuses pour Ella et John.

  • " je sais, vous m'avez demandé de parler des femmes et du roman.
    Quel rapport, allez-vous me dire, existe-t-il entre ce sujet et une "chambre à soi" ?, interroge virginia woolf en ouverture d'une conférence sur le féminisme qu'elle dispensa aux étudiantes de l'université de cambridge. avec une irritation voilée d'ironie, virginia woolf rappelle dans ce délicieux pamphlet comment, jusqu'à une époque toute récente, les femmes ont été savamment placées sous la dépendance spirituelle et économique des hommes et, par voie de conséquence, réduites au silence.
    Il manquait à celles qui étaient douées pour affirmer leur génie de quoi vivre, du temps et une chambre à soi. "

  • En amour, comme en tout, rien n'a changé depuis le 19eme siècle de Lady Jane. Si la fougueuse Marianne s'abandonne à une passion qui menace de lui brûler les ailes, la sage Elinor prend le risque de perdre l'amour à force de tempérance. Raison et sentiments : impossible équation ? Les deux jeunes femmes devront apprendre de leurs vacillements. Pour le meilleur et pour le pire.

  • Pour les Anglaises du XIXe siècle, hors du mariage, point de salut ! Romanesques en diable, les démêlés de la caustique Elizabeth Bennett et du vaniteux Mr Darcy n'ont pas pris une ride ! Mais, il faut parfois savoir renoncer à son orgueil. Et accepter la tombée des masques pour voir clair dans la nuit. Un classique universel, drôle et émouvant.

  • Collection « Classiques » dirigée par Michel Zink et Michel Jarrety Oscar Wilde Le Portrait de Dorian Gray «Au centre de la pièce, fixé à un chevalet droit, se dressait le portrait en pied d'un jeune homme d'une extraordinaire beauté physique, devant lequel, à peu de distance, se tenait assis le peintre lui-même, Basil Hallward, celui dont, il y a quelques années, la disparition soudaine a, sur le moment, tant ému le public et donné lieu à d'étranges conjectures.» Or Dorian Gray, jeune dandy séducteur et mondain, a fait ce voeu insensé : garder toujours l'éclat de sa beauté, tandis que le visage peint sur la toile assumerait le fardeau de ses passions et de ses péchés. Et de fait, seul vieillit le portrait où se peint l'âme noire de Dorian qui, bien plus tard, dira au peintre : «Chacun de nous porte en soi le ciel et l'enfer.» Et ce livre lui-même est double : il nous conduit dans un Londres lugubre et louche, noyé dans le brouillard et les vapeurs d'opium, mais nous ouvre également la comédie de salon des beaux quartiers. Lorsqu'il parut, en 1890, il fut considéré comme immoral. Mais sa singularité, bien plutôt, est d'être un roman réaliste, tout ensemble, et un roman d'esthète - fascinants, l'un et l'autre, d'une étrangeté qui touche au fantastique.

    Nouvelle traduction de Vladimir Volkoff.
    Edition présentée et annotée par Jean-Pierre Naugrette.

  • Jane Eyre

    Charlotte Brontë

    Découvrez Jane Eyre, le livre de Charlotte Brontë. D?où vient que nous revenions toujours à Jane Eyre avec le même attrait ? Avec le sentiment d?y trouver le romanesque porté à un degré de perfection ? Sans doute, le roman offre un concentré de ce que le genre peut offrir : l?histoire d?une formation, l?affrontement d?un être solitaire avec sa destinée, la passion, la peur, le mystère. Il répond à ce qu?attendait Stevenson de toute fiction digne de ce nom : la lecture en est absorbante et voluptueuse. Absorbante, son intrigue habilement machinée tient en haleine le lecteur au point que l?éditeur, dit-on, lorsqu?il reçut le manuscrit, ne put en interrompre la lecture. Voluptueuse aussi, cette « romance » qui noue inextricablement la passion et la peur. On dirait presque que Stevenson pense à Jane Eyre lorsqu?il évoque (dans l?essai consacré à l?art de la fiction) le souvenir envoûtant d?un livre qu?il a lu dans l?enfance : « il était question, nous dit-il, d?une haute et sombre demeure, la nuit, et de gens montant à tâtons un escalier seulement éclairé par une lumière venant de la porte ouverte d?une chambre ». Dès sa parution, en 1847, le roman a connu un immense succès. Même la reine Victoria le mentionne plusieurs fois dans ses notes de lectures L?excès est au coeur de la poétique du roman. Il opère une synthèse entre une forme de réalisme sombre, à la Dickens, le christianisme, son sens du mal, ses grands symboles, et le romantisme, héritier du courant gothique, cette « exploration littéraire des avenues de la mort » . Le personnage de Rochester est au carrefour de toutes ces influences : figure complexe de Satan, de Don Juan, de pécheur. La plus grande réussite de Charlotte Brontë est probablement d?avoir tiré d?elle-même, de cette soif qui « apprend l?eau », selon le mot d?Emily Dickinson, cette inoubliable figure de cavalier sombre, de maître hautain - ce parfait Adam.

  • Emily Brontë Les Hauts de Hurle-Vent Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l'ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s'approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu'au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste.
    Ce roman anglais, le plus célèbre du XIXe siècle à nos jours, a été écrit par une jeune fille qui vivait avec ses soeurs au milieu des landes de bruyère. Elle ne connut jamais cette passion violente ni cette haine destructrice. Elle imagina tout, même le fantôme de la femme aimée revenant tourmenter l'orgueilleux qui l'a tuée.

    Edition de Raymond Las Vergnas, avec une préface de Michel Mohrt.
    Traduction de Frédéric Delebecque.

  • Orpheline de mère, seule avec un père âgé en mauvaise santé, Emma Woodhouse, vingt et un ans, ressent une certaine solitude lorsque son ancienne gouvernante et amie quitte le domaine de Hartfield. Pour se distraire, la jeune femme s'improvise alors entremetteuse et décide de marier Harriet Smith, sa protégée, qu'elle destine au vicaire de Highbury. Mais son inexpérience des coeurs et des êtres, ainsi que celle de ses propres émotions amoureuses - qu'elle sait à peine comprendre ou interpréter - la mèneront de surprises en désillusions. Ses stratégies et ses manigances n'apportant pas, de toute évidence, les résultats escomptés, Emma apprendra à ses dépens que l'amour et les sentiments ne se commandent pas...
    Publié anonymement en 1816, Emma, roman brillant devenu un classique de la littérature anglaise, dépeint avec humour et une grande finesse psychologique le petit monde provincial dans lequel Jane Austen elle a elle-même passé toute sa vie.

  • Persuasion

    Jane Austen

    Lorsque Anne Elliot et Frederick Wentworth se rencontrent, ils tombent amoureux et se fiancent secrètement. Mais la marraine de la jeune femme le considérant peu convenable, la persuade de mettre fin à cette union. Après avoir fait fortune dans la Marine, Wentworth, devenu capitaine, revient en Angleterre et croise à nouveau Anne après des années de silence. Le temps, les non-dits et les incompréhensions auront-ils raison de leurs coeurs ? Publié après la mort de Jane Austen, Persuasion est son dernier roman achevé. Abordant le thème de la « seconde chance » en amour, il est considéré comme le plus abouti et le plus mature de tous.

  • Par sa gaucherie, ses rêveries naïves et son engouement pour les vieux châteaux, Catherine Morland semble loin des modèles de vertu. Mais si cette jeune Bovary délicatement british n'a rien d'une héroïne, c'est que Jane Austen s'amuse ! Et nous emporte, d'une plume malicieuse, d'un bout à l'autre du plus moderne des romans austeniens.

  • Gulliver débarque, bien malgré lui sur l'île des Liliputiens. C'est un géant dans un monde de nains. Et si les nains ont peur de cette invasion, ils trouvent rapidement le moyen de se défendre. Puis, Gulliver se retrouve chez les Brobdingnag, un peuple de géants où lui-même n'est qu'un nain. Là encore, son intelligence ne sera pas de trop pour lui laisser la vie sauve.

  • En ce début du XIXe siècle où la bonne société anglaise découvre les bienfaits des bains de mer, les Parker se sont mis en tête de faire de la paisible bourgade de Sanditon une station balnéaire à la mode. Invitée dans leur magnifique villa, la jeune Charlotte Heywood va découvrir un monde où, en dépit des apparences « très comme il faut », se déchaînent les intrigues et les passions. Autour de la tyrannique lady Denham et de sa pupille Clara gravitent les demoiselles Beaufort, le ténébreux Henry Brudenall et l'étincelant Sidney Parker, peut-être le véritable meneur de jeu d'une folle ronde des sentiments. Observatrice avisée, Charlotte saura-t-elle demeurer spectatrice ? Le coeur ne va-t-il pas bouleverser les plans de la raison ? À sa mort en 1817, Jane Austen laissait cette oeuvre inachevée. Une romancière d'aujourd'hui a relevé le défi de lui donner un prolongement. Un exercice mené à bien dans la plus remarquable fidélité, avec autant de tact que de brio.

  • Recueillie son oncle, il lui faut faire bonne figure. Entre frustrations et vexations, que sera-t-elle prête à sacrifier pour être acceptée dans le monde enjôleur de ses cousins ? Roman d'apprentissage précurseur, Mansfield Park est le plus surprenant des romans de Jane Austen.

  • Orphelin depuis l'enfance, William Crimsworth sait qu'il ne peut compter que sur lui même, Victime du caractère irascible de son frère ainé, Edward, refusant l'aide que ses oncles ne lui accordent qu'avec mépris, il s'exile en Belgique.
    Professeur à Bruxelles dans une école de garçons, William dont les qualités sont vite remarquées, se voit proposer d'enseigner l'anglais dans un pensionnat pour demoiselles dirigé par Mme Reuter. Mais alors qu'il s'éprend de Mrs Frances Henri, orpheline et étrangère comme lui, il apprend un beau matin que la jeune fille a changé d'établissement...

  • «Alors que vers la fin du XVIIe siècle le roman noir semait ses naïves terreurs dans les foyers anglais, Jane Austen, née en 1775 et qui écrit depuis l'âge de douze ans, ne s'intéresse ni à l'histoire ni à la politique ni aux fantômes. Elle n'a de goût que pour la vie - la vie telle qu'un oeil acéré peut en surprendre les manèges dans un salon, voire une salle de bal où les jeunes gens dansent, tandis que leurs parents évaluent rentes et dots. [...] Dans ce chef-d'oeuvre, qu'elle a remanié en 1815, Jane Austen, sans doute l'un des esprits les plus implacablement satiriques de toute la littérature, traite sa protagoniste non comme une créature de chair et d'os, à l'instar de tous les romanciers, mais bel et bien comme une héroïne de roman égarée au milieu de conjonctures qui, par rapport aux habitudes du genre, la rabaissent aux yeux du lecteur.
    Et c'est avec une allégresse féroce que Jane Austen nous la montre se comportant, à la moindre occasion, en référence à son livre de chevet, Les Mystères d'Udolphe d'Ann Radcliffe, publiés en 1794, juste avant qu'elle ne commence elle-même L'Abbaye de Northanger.
    Ainsi parodiait-elle le roman gothique et ses candides lecteurs, promis aux mêmes déboires que Don Quichotte intoxiqué par les ouvrages à la gloire de la chevalerie. Et ainsi, du même coup, annonçait-elle et énonçait-elle l'idée qui serait plus tard au coeur de la modernité, et selon laquelle la vie finit toujours par imiter l'art.»

  • Scintillation

    John Burnside

    Des adolescents disparaissent mais ici ça n'a aucune importance. Ici, c'est l'Intraville, lieu de pluie et de brouillard où les vapeurs toxiques des usines embrument les esprits et dégradent les corps. Malgré ce marasme, Leonard, 14 ans, a soif de vivre. Brillant et passionné, il dévore les livres, aime les filles et affectionne les virées entre amis. Dans les limbes, l'espoir scintille.

  • Les pages recueillies par Patrick Reumaux se succèdent comme celles d'un herbier. Les courts épisodes décrits laissent libre cours au passage des saisons, au vol des cormorans et des albatros, aux rapines des renards et aux jeux carnivores des belettes et des hermines. Ils ont pour décor le Somerset, où Llewelyn Powys passa toute son enfance.
    Chaque fleur est nommée par son nom et dépeinte avec une précision affectueuse. Le paysage prend, sous sa plume, une vivacité de couleurs et de formes. Llewelyn Powys invite à la contemplation de l'éphémère en s'arrêtant sur des détails, en nous contant ce que le crépuscule et l'aube cachent au regard. Il livre des impressions, comparables aux Rêveries du promeneur solitaire de Rousseau, qui laissent à la nature, dans toute sa dimension poétique et métaphysique, le soin de nous émerveiller.

  • L'ouvrage offre des entrées aux problématiques essentielles de la civilisation américaine à la fois sous l'angle de l'histoire et sous celui de la société et des institutions.
    L'étudiant pourra s'orienter précisément dans l'ouvrage en se référant à ces problématiques expliquées et définies. Il pourra ainsi aborder les commentaires de documents et les dissertations enrichi de ces réflexions.
    Des compléments en ligne offrent des exercices d'évaluation de vos connaissances.

  • Virginia Woolf a écrit tout au long de sa carrière de très nombreux articles littéraires, essentiellement pour le Times Literary Supplement, qui font d'elle un des plus importants et des plus brillants critiques du XXe siècle. Le choix des trente-cinq essais que nous proposons ici porte sur des écrivains anglais, américains et russes (James, Conrad, Hardy, Melville, Tourgueniev, Tchékhov, Tolstoï, Dostoïevski.) et s'y ajoutent des études générales sur les caractères nationaux de leurs littératures, sur l'art de la fiction,et, ce qui est sans doute encore plus symptomatique, sur l'art de la lecture, car, autant qu'une esthétique de la fiction,Virginia Woolf esquisse une esthétique de la lecture, selon laquelle une grande part de l'existence d'un livre tient à la capacité du lecteur de le faire sien, d'en faire « un livre à soi ».

  • Parce que le toujours jeune Lord Ickenham a porté son haut de forme de travers, Sir Raymond Barnstable, grand avocat aux ambitions politiques, écrit, pour fustiger la jeunesse, un roman sardonique et audacieux intitulé Cocktail Time. Mais, prudemment, il le publie sous un pseudonyme. Il fait cadeau de ses droits d'auteur et de l'honneur d'avoir écrit le livre à son neveu Cosmo sans savoir que ce dernier est sous la coupe d'un escroc nommé Oily qui le fait chanter en menaçant de révéler à ses électeurs qui est l'auteur de ce livre à scandale.

  • Paru en 1887, « Le Crime de Lord Arthur Savile » est à la fois l'une des nouvelles les plus extravagantes d'Oscar Wilde et une satire féroce de la noblesse victorienne. Il est complété par deux autres nouvelles beaucoup plus courtes parues la même année : « Le Sphinx sans Secret » et « Le Millionnaire modèle ». Trois bijoux de légèreté parfaitement représentatifs de l'oeuvre de l'un des plus célèbres écrivains irlandais.

  • L'île de Rügen, en mer Baltique, au large de la Poméranie : falaises de craie, forêts de hêtres et de pins, étangs et lacs, stations balnéaires sans prétention. C'est là qu'Elizabeth quittant mari et enfants, a décidé de passer quelques jours en compagnie de sa fidèle femme chambre, Gertrud, avec sa victoria, son cocher, ses peignoirs et son carton à chapeaux. Mais sa solitude est bien troublée par la rencontre est bien vite troublée par la rencontre de l'insupportable épouse d'un évêque anglais toutefois accompagnée de son fils « charmant de sa personne »-mais aussi d'une cousine depuis longtemps perdue de vue, dont la v est fort troublée.
    Décidément les îles ne sont pas toujours des havres de calme propices à la solitude. Ainsi ce livre qui avait pour ambition d'être un petit guide de voyage, devient vite un récit plein de rebondissements qui témoignent du sens de l'ironie ainsi que de l'humour tendre et lucide qui sont la marque d'Elizabeth von Arn Cousine de la romancière Katherine Mansfield, Elizabeth von Arnim (1866-1941) May » Annette Beauchamp en Australie. Elle reçoit une éducation européenne avant d'entamer un grand tour à travers l'Europe, au cours duquel elle rencontre le comte Henning August von Arnim un aristocrate prussien, cousin du poète romantique Achim von Arnim. Après quelques années passées à Berlin, elle découvre le domaine familial de Nassenheide et décide de s'y installer.
    En 1898, elle publie anonymement son premier ouvrage, Elizabeth et son jardin allemand événement littéraire de la fin du siècle. À la mort de son époux, elle s'installe en Suisse et entretient pendant un temps une liaison tapageuse avec l'écrivain H. G. Wells avant un malheureux avec Lord John Russel.

  • Relatifs à sa mort (accident, suicide, voire crime ?) font planer sur le couple, qui s'est installé à la campagne, dans la grande maison où eut lieu le drame, une ombre noire que ni l'un ni l'autre ne parviendront à chasser. Après avoir lu Vera, Bertrand Russell, alors beau-frère d'Elizabeth von Arnim, avoua : "J'ai donné à mes enfants un conseil de prudence : n'épousez jamais une romancière."

  • Cette anthologie d'essais de Virginia Woolf, pour la plupart inédits en français, veut briser l'icône d'une femme douloureuse, pionnière du féminisme, engagée dans une littérature d'avant-garde que sa fin tragique - elle se suicide en 1941 - contribua à propager.
    Les textes que les traductrices ont retenus et traduits ont été écrits entre 1905 et 1929. Il s'agit de billets, de comptes rendus de lecture, d'essais, précédés par une Lettre ouverte au titre évocateur : Le projet de loi sur les plumes d'oiseaux. Chacun d'eux projette un regard comique ou décalé sur le monde de son temps. Très jeune, elle devient experte en détournement des codes et écrit des comptes rendus qui confinent à l'absurde (cf. Du pantalon, 1905). Elle se moque, en vérité, du métier de critique et de la profession de journaliste qu'elle pratique pour gagner de l'argent mais qu'elle tire toujours plus du côté de l'essai littéraire destiné à un lecteur idéal qui lit pour son propre plaisir. Le rire, parce qu'il tord les traits et les textes, joue un rôle essentiel dans son appropriation de l'essai comme genre réservé, avant elle, à l'autorité de la gente masculine. La valeur du rire (1905), titre de l'un des essais traduits, court dans toute l'oeuvre de Virginia Woolf ; le rire est dérision, élan vital, protection contre l'esprit de sérieux, or pur par opposition à l'humour qui n'est que fausse monnaie. De texte en texte, les colorations du rire vont de l'ironie la plus subtile au retournement carnavalesque des valeurs.

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