• Troll Nouv.

    Troll

    Eiríkur Orn Norddahl

    Hans Blær est un troll trans de trente-trois ans.
    Hans Blær a les joues rasées de frais, de faux ongles en gel rose, une poitrine imposante, plus petite que celle de sa mère, et un torse velu, un peu plus que celui de son père. Hans Blær est né hermaphrodite, sa mère a refusé une opération immédiate, et iel s'est choisi le seul prénom épicène de la langue islandaise.
    Très jeune, iel a compris que les adultes n'avaient pas le monopole de la définition de la moralité. Et, un jour, iel s'est retrouvé derrière un écran et a compris qu'iel pouvait dire tout et son contraire, être ellui et tous les autres à la fois. Et, puis, Hans Blær est devenu célèbre, sur Internet, à la radio, à la télé : un·e freak en croisade contre les gauchos et la bien-pensance, un·e kamikaze ultra cultivé prêt à brûler tout sur son passage, un·e incendiaire sans pitié jusqu'au jour où iel fera le pas de trop et devra fuir la police, le public, la presse - la lie, la pègre et la racaille...
    Norddahl nous livre ici un roman explosif, drôlement cruel et cruellement poignant, sur les excès idéologiques des sociétés contemporaines, sur la volatilité anonyme des réseaux sociaux et sur les absurdités morales qui imprègnent nos sphères les plus intimes. L'auteur est un franc-tireur qui semble tirer à l'aveugle sur la foule, mais qui vise entre les yeux des contradictions et de l'hypocrisie sociale du XXIe siècle. Un chef-d'oeuvre qui n'épargne rien ni personne.

  • Laz, jeune étudiante taïwanaise, passe une grande partie de son temps seule à écrire et décoder ses obsessions jusqu'au bout de la nuit. Amoureuse d'une camarade qui s'acharne à lui souffler le chaud et le froid, épuisée de danser sans relâche sur la frontière du désir et de la haine, Laz va chercher du réconfort auprès de sa bande d'amies et d'amis, tous vifs d'esprit, artistes quelque peu moroses, amants autodestructeurs, insoumis et surtout queers.
    Dans son journal, Laz écrit l'urgence de vivre, le désir, les sentiments brûlants... elle parle aussi de crocodiles qui portent des manteaux d'humains ! Les médias les traquent, craignent une épidémie : peuvent-ils se reproduire ? Quand, de leur côté, les crocodiles échangent sur leurs goûts littéraires et musicaux, adorent la glace à la crème, font des courses, prennent des bains...
    Un guide de survie pour les inadaptés de tous bords, pour tous ceux qui s'identifient parfois à un monstre caché dans un manteau humain.
    Qiu Miaojin (1969-1995) est une écrivaine taïwanaise. Diplômée de psychologie, elle exerce la profession de journaliste avant de s'installer à Paris en 1994, où elle suit l'enseignement d'Hélène Cixous dans son Centre d'études féminines de Paris VIII. Sa première nouvelle publiée, « Prisoner », a reçu le prix du Daily News. Parutions posthumes, Notes of a crocodile (roman sur les aventures d'une bande de queers découvrant l'amour, l'amitié et l'art) et Dernières lettres de Montmartre sont rapidement devenues cultes en Asie, faisant de Qiu Miaojin une icône de la contre-culture LGBTI. Elle se donne la mort à Paris, à l'âge de 26 ans.

  • L'idéologie dominante nous enjoint de tolérer l'Autre. Les textes de Christine Delphy nous montrent que celui qui n'est pas un Autre, c'est l'homme, et l'homme blanc.
    C'est sur la base du sexe, de l'orientation sexuelle, de la religion, de la couleur de peau et de la classe que se fait la construction sociale de l'altérité. L'Autre c'est la femme, le pédé, l'Arabe, l'indigène, le pauvre. La république libérale tolère, c'est-à-dire qu'elle tend la main, prenant bien garde à laisser le toléré-dominé suspendu au vide. L'homo est toléré s'il sait rester discret, le musulman est toléré s'il se cache pour prier, la femme est tolérée si ses revendications égalitaires n'empiètent pas sur le salaire et le pouvoir de l'homme, l'oriental est toléré s'il laisse les armées américaines tuer sa famille pour le libérer de la dictature - et libérer sa femme de lui-même par la même occasion. L'injonction à s'intégrer est surtout une sommation à être semblable, à suivre les règles officieuses mais bien réelles de "l'Occident".
    Parité, combats féministes et homosexuels, Afghanistan, Guantanamo, indigènes et société postcoloniale, loi sur le voile : autant de prismes pour analyser les dominations, tant hétérosexistes, racistes, que capitalistes. Ceux et celles qui refusent ces règles, ceux et celles qui se montrent pour ce qu'ils et elles sont, le paient le prix fort, combattant-e-s d'une guerre qui sera longue.

    Écrits dans un style offensif, incisif et souvent drôle, ces textes nous forcent à déplacer notre regard, à mettre en lien des événements toujours cloisonnés, et nous apportent ce supplément d'intelligence qui seul permet de comprendre le monde tel qu'il va.

  • Le silence de la cité Nouv.

    La civilisation humaine est presque détruite et dans la cité souterraine où ils sont enfermés, les scientifiques cherchent une solution aux désastres qui rongent la Terre. Dernier espoir, Elisa, l'une des rares enfants, fruit des expériences génétiques, apprend à connaître son corps et ses facultés d'autoregénération et reprend à son compte le projet des généticiens : réensemencer l'espèce humaine, à l'extérieur de la Cité trop dorée et corruptrice et lui transmettre ses nouveaux pouvoirs.
    Découvrez comment fut fondé le Pays des Mères et comment l'humanité a survécu aux catastrophes.
    Passionnant roman à ne pas rater pour tous les amoureux de SF.

  • Dans l'espace, seuls leurs chants résonnent.

    Les cybersquales sont des vaisseaux de transport vivant utilisés depuis des siècles. Leur nombre pourtant décroit et leur captivité ne permet pas une reproduction efficace. En cause, un collier cybernétique emprisonnant leurs consciences. Mais l'âme des Fenjicks demeure et le chant de la liberté va résonner de nouveau dans la galaxie.
    Entre cyberparasites et créatures exotiques, Le chant des Fenjicks est un roman chorale où chaque protagoniste est le maillon d'une révolution qui les dépasse. Luce Basseterre compose une mélodie silencieuse, violente et douce à la fois, qui vous emportera dans des contrées insoupçonnées.
    Née en 1957 à Toulon, Luce Basseterre a grandi au Canada. Marquée par Star Trek et sa science-fiction positive, l'autrice s'est consacrée à l'écriture sur le tard et malgré une prédilection pour le Space Opera, elle n'hésite pas à s'aventurer à la limite des genres.
    Son précédent roman, La Débusqueuse de mondes a été salué par la critique et a bénéficié d'une sortie chez Livre de poche en 2019.

  • Chantés dans les fêtes en l'honneur des dieux ou lors des banquets, entendus sur les gradins du théâtre ou sur l'agora, contemplés sur les murs des temples et sur les vases à boire, les mythes font partie du quotidien des Grecs. Zeus et les divinités de l'Olympe, Prométhée, Héraclès, OEdipe, Thésée, Hélène, Pandora, Ulysse, en sont quelques figures marquantes. Les récits mythiques, qu'ils soient connus par les textes ou par les images, participent ainsi à la construction de domaines aussi variés de l'expérience grecque que le panthéon polythéiste, les codes alimentaires, les rapports entre les sexes, le regard sur les âges de la vie et sur la mort ou l'histoire des communautés.
    La richesse et le foisonnement des mythes sont suggérés ici dans un choix de thèmes qui peuvent répondre en-core aux questions d'aujourd'hui. Car la mythologie grecque est un univers qui, au-delà du plaisir que procure la découverte d'histoires fascinantes, permet d'entrer pas à pas dans le dédale d'une culture.

  • Dis, c'est quoi le genre ? Nouv.

    Garçon ou fille ? Dès la naissance, chaque individu est classé dans
    un réseau complexe de stéréotypes, de comportements et de discours
    attendus par le système de genre. Mais certains choisissent
    d'en sortir. D'Elliot Page à Caitlyn Jenner ou la politicienne Sarah
    McBride (première femme trans* élue au Sénat américain), les
    coming-out trans* ou non binaires sont de plus en plus médiatisés.
    Plusieurs pays ont aussi introduit une nouvelle case dans les
    documents officiels, pour représenter au mieux leur population.

    Mais que signifie être non binaire, fluide ou trans* ? Comment se
    définit-on comme homme ou comme femme ? Quelle est la différence
    entre sexe et genre ? Autant de questions que ce livre aborde
    afin de comprendre le système de genre, depuis ses manifestations
    les plus visibles jusqu'au fonctionnement de la société elle-même.
    Enjeux de pouvoir, violence symbolique, discriminations, tentons
    ensemble de décrypter un des plus grands questionnements de
    notre époque.

  • Comment offrir aux chercheur-e-s les moyens et les outils permettant de réaliser une histoire mixte de l'Antiquité ? En s'appuyant sur la méthodologie élaborée par le collectif Eurykleia, les articles du dossier explorent les pratiques sociales qui rendent les femmes visibles, mais aussi celles où la présence féminine, quoique réelle, semble plus discrète. Ils mettent l'accent sur le rôle de la modalisation et de la pratique discursive dans les processus d'affichage, de conservation et de transmission du nom des femmes, en éclairant les logiques propres à chaque contexte étudié : lamelles oraculaires de Dodone, décrets honorifiques, fondations sous condition, traités de Cicéron. Les analyses invitent à en finir avec certains préjugés sur les femmes antiques (par exemple, les prétendus « noms de courtisanes ») et proposent une vision renouvelée des relations sociales en Grèce et à Rome.

  • Cinq psychanalystes et une politiste interrogent les théories du genre. Domination masculine et privilège de l'hétérosexualité sont les deux adversaires dont les théories du genre remettent en cause les prétentions. L'expérience du psychanalyste est d'un autre ordre, son objet, l'inconscient, ignore l'égalité et cultive à loisir le « politiquement incorrect ». Les études de genre nourrissent l'espoir politique d'un traitement social à parité entre les sexes et les sexualités. Si la psychanalyse aspire aussi au changement, celui qui permet au moi de l'analysant de gagner un peu de liberté, c'est sans préjuger de ce qui définit le « bien » de chacun. Entre la psychanalyse et les Gender Studies, le débat est aussi nécessaire que complexe, parce que convoquant des plans hétérogènes. L'expérience clinique des homosexualités et des bisexualités est pour ce débat un véritable croisement.

  • Seth nous initie ici à un espace de conscience qu'il nomme « psyché », source de tous les possibles, et qui se manifeste de différentes manières en fonction des choix de chacun.

    Présentation
    Seth se décrit lui-même comme « l'essence de l'énergie d'une personnalité » non incarnée. En tant que tel, il a dicté chaque mot de ce livre à une autrice américaine, Jane Roberts. Afin de nous faire dépasser les croyances qui nous limitent, ce grand pédagogue n'hésite pas à nous secouer, par exemple lorsqu'il affirme, arguments à l'appui : « le fait que l'être humain reconnaisse sa nature bisexuelle est une nécessité pour son avenir ».
    S'adressant à tous ceux qui sont « las des concepts habituels », Seth jette un regard novateur sur le féminin et le masculin, l'amour, les rêves, les hommes préhistoriques, la conscience animale, le bien et le mal, la nature du temps et de l'espace, l'apparition du langage et même celle de la vie.
    Pour autant, ce maître de métaphysique demeure résolument focalisé sur la vie pratique ; il nous propose des jeux et exercices destinés à élargir notre propre conscience, afin de tirer parti des enseignements que nous pouvons recueillir dans des territoires de l'esprit où, contrairement à ce que nous avons longtemps cru, chacun de nous a la possibilité de s'aventurer.
    Publiés en dix-huit langues, les livres dictés par Seth dépassent les huit millions d'exemplaires vendus.

    L'autrice
    Jane Roberts (1929-1984) est née et a vécu dans l'État de New York. Autrice d'une trentaine d'ouvrages (poèmes, nouvelles et essais), elle a, pendant vingt ans, reçu le « matériau » de Seth, ouvrant la voie au phénomène moderne du channeling.

  • Les grands écrivains sont souvent de grands théoriciens. C'est particulièrement vrai en ce qui concerne les questions de genre et de sexualité. Analysant les oeuvres de Proust, Genet et quelques autres, Didier Eribon met en lumière la façon dont les romans sont des espaces où s'affrontent des conceptions antagonistes de la sexualité. Mais si diverses soient-elles, les théories se déploient dans des cadres normatifs. Si les romans mettent en scène des personnages « transgressifs » et des pratiques « déviantes », cela reste inscrit dans un univers où la polarité et la hiérarchie du masculin et du féminin sont rigidement respectées. Les pratiques « subversives » déjouent-elles alors réellement le système du genre ? Ce qui s'écarte de la norme se situe-t-il en dehors de celle-ci ?
    Mobilisant le concept de « verdict », Didier Eribon propose d'orienter le regard vers le niveau des structures. Les pratiques « minoritaires » pourraient bien faire partie du système et contribuer à sa perpétuation plutôt qu'à sa transformation. Dès lors, comment pouvons-nous envisager le changement social et la politique radicale ?

  • Ma vie de Bacha Posh

    Nadia Hashimi

    La famille d'Obayda a subi des déboires et dû s'installer dans la campagne afghane. Mais une tante a une idée pour leur attirer la chance : faire d'Obayda, la plus jeune des quatre filles, une bacha posh, c'est-à-dire l'habiller en garçon. D'abord désemparée de renoncer à ses cheveux longs et à la danse, Obayda - désormais appelée Obayd - devient amie avec Rahim, une bacha posh lui aussi. Et elle va ainsi découvrir la liberté...
    « Un livre remarquable qui offre un aperçu de la vie en Afghanistan et évoque la différence des rôles attribués aux filles et aux garçons à travers le monde. » School Library Journal
    « Des personnages inoubliables. » KidsReads
    « Une histoire bouleversante qui marquera les esprits pour longtemps. » Booklist
    Le premier roman jeunesse de Nadia Hashimi, auteure de La Perle et la Coquille et protégée de Khaled Hosseini (Les Cerfs-volants de Kaboul)

  • Célébrées pour leurs idéaux politiques égalitaires, les cités grecques sont, de fait, des sociétés très hié-rarchisées. Si les inégalités de genre et de fortune y sont anciennes, celle fondée sur le droit naît au VIe siècle avant J.-C., avec l'apparition de statuts personnels. L'essentiel du pouvoir et de la valeur sociale est alors accaparé par une minorité : les hommes citoyens fortunés. Face à eux, les autres groupes sociaux sont placés et pensés en position d'infériorité. Hommes et femmes, citoyens et étrangers, riches et pauvres, libres et esclaves se nourrissent, se logent, s'habillent, s'enterrent, se réunissent ou se distraient selon des modalités différentes. Les pratiques éducatives, les usages matrimoniaux ou le contrôle des naissances sont pensés par les élites comme autant de stratégies de reproduction.
    Mais si l'essentiel de la vie sociale s'organise au bénéfice des plus fortunés, la société n'est pas pour autant inerte. La possibilité de gravir l'échelle sociale existe bel et bien, qu'il s'agisse de s'enrichir ou d'accéder à un statut plus favorable. En cela, la cité est aussi un espace d'opportunités. Cet ouvrage est une invitation à pénétrer au coeur du jeu social qui anime la Grèce antique, cosmopolite, stratifiée et résolument dynamique.

  • Dans les mondes de la culture, les références sont nombreuses au geste artistique, à la vocation, au travail du corps ainsi qu'au désir. Que ce soit dans le travail des professionnels de l'art (comédiens, scénographes, musiciens, danseurs, plasticiens, designers, etc.), dans celui des médiateurs ou dans l'activité des amateurs, le corps - à la fois sexué et genré - occupe une place centrale, y compris lorsqu'il est absent ou recomposé numériquement via les pseudos et avatars. Ces mondes qui se veulent à l'avant-garde sur le plan artistique le sont-ils aussi sur le plan du genre ? Le talent a t-il un sexe, et si oui, est-il le même dans tous les domaines artistiques et culturels ? Comment expliquer les différences de carrière entre femmes et hommes dans des domaines où seuls le talent et la passion individuelle devraient compter ? Cet ouvrage rassemble les contributions d'une trentaine de chercheuses et chercheurs des sciences humaines et sociales, qui apportent des éclairages novateurs issus de secteurs aussi variés que ceux de la musique (jazz, rap, musiques de jeux vidéo, etc.), des arts plastiques, du livre ou encore de la danse et de l'artisanat d'art.

  • La littérature comparée est à entendre comme la science comparative de la littérature, une branche des sciences humaines et sociales qui se propose d'étudier les productions humaines signalées comme oeuvres littéraires, sans que soit définie au préalable quelque frontière, notamment linguistique, que ce soit. Il ne s'agit pas tant de « comparer des littératures » que de questionner la littérature (au sens de collection d'oeuvres) en plaçant chaque oeuvre, ou chaque texte, dans des séries élaborées par le chercheur, qui interrogent la singularité relative de cette oeuvre. Les comparatistes construisent ainsi des espaces où ils se heurtent volontairement à des oeuvres venues de pratiques et de cultures « autres » : l'étranger est leur pierre de touche.
    Cet ouvrage présente un état documenté des orientations actuelles de cette discipline, et suggère quelques perspectives susceptibles de contribuer à un humanisme moderne.
    À lire également en Que sais-je ?...
    Sociologie de la littérature, Paul Aron et Alain Viala
    La traduction, Michaël Oustinoff

  • Mouvement #MeToo, inégalités hommes-femmes... La question du genre nourrit nombre de débats dans la société tout en interrogeant personnellement chacun d'entre nous. Et cependant, le sujet traverse encore timidement la sphère du marketing : les stratégies et les dispositifs marketing ont-ils une influence sur la transmission de stéréotypes de genre ? Dans la société de consommation qui est la nôtre, cette influence est subtile et cependant puissante car elle s'exprime au travers de notre quotidien le plus banal : rayons de magasins de jouets, prospectus de la grande distribution, visuels publicitaires, messages sur des T-shirts...
    Cet ouvrage, écrit par des étudiant(e)s du Master Marketing & Stratégie de l'Université Paris-Dauphine et leurs enseignantes, se propose d'explorer les liens entre marketing et stéréotypes de genre. Partant du constat que, malgré d'incontestables progrès, des différences et des inégalités subsistent entre les hommes et les femmes, les auteur(e)s se sont posé la question du rôle joué par le marketing et la publicité dans la diffusion des stéréotypes de genre.
    Des étudiant(e)s volontaires ont accepté de transformer leur mémoire universitaire en chapitre d'ouvrage. Les chapitres discutent tour à tour des dérives sexistes d'un marketing genré, tout en faisant également le constat d'une prise de conscience des marques et de réels changements de pratiques. Plusieurs secteurs sont ainsi explorés : cosmétique, jouets, littérature, dessins animés, prêt-à-porter, puériculture ou sport.
    Cet ouvrage a pour objectif de sensibiliser les praticien(ne)s, étudiant(e)s, chercheur(se)s ainsi que l'opinion publique dans son ensemble à la question des stéréotypes de genre dès lors qu'ils restreignent les opportunités de l'un ou l'autre des deux sexes.
    Dirigé par Florence Benoit-Moreau et Eva Delacroix, cet ouvrage comprend les contributions de Soraya Achiakh, Meryem Ben Ssi, Florence Benoit-Moreau, Anna-Camille Camacho, Lauréline Chagnot, Kim Charfadi, Constance Chuiton, Charles Cristofari, Eva Delacroix, Nicolas Denecheau, Floriane Drouglazet, Lucie Durand, Alix Galinier Duprat, Louise Goral, Isaure Grandgirard, Hawa Jarrossay, Sarah Lasri, Agathe Lepère, Clotilde Meutelet, Marine Pariente, Vincent Rathelot, Célia Salmon et Juliette Schott.

  • La théorie du genre envahit les manuels scolaires en même temps qu'elle échauffe les esprits. C'est qu'elle bascule dans l'excès inverse de la thèse qu'elle prétend contrer?: le naturalisme, qui résume l'identité sexuelle à l'anatomie. Elle lui substitue une révolte contre la normativité sociétale, qui assignerait une manière codifiée et oppressive de vivre l'identité sexuelle au détriment de l'identité de genre.
    L'expérience psychanalytique déconstruit cette lecture idéologique et restaure une compréhension de l'identité sexuelle dans laquelle la donnée corporelle compose avec les attentes des parents d'avoir un fils ou une fille et l'histoire intime de chaque individu avec son père et sa mère. L'éclairage qui en résulte peut permettre que l'enseignement de la gender theory aux jeunes des lycées ne dérive pas vers un endoctrinement.

  • La philosophe américaine Judith Butler est connue en France pour avoir relancé la problématique féministe à partir d'une relecture des relations de pouvoir chez Michel Foucault. Mais son travail peut aussi être étudié sous l'angle des rapports entre sujet et normes. Comprendre l'action des normes dans la vie humaine et la vie des normes dans les actions humaines, c'est s'engager dans une double réflexion sur le pouvoir de la norme dans la vie et sur le pouvoir de la vie dans les normes. Tel est le centre de la philosophie de J. Butler. D'un côté, la norme a une efficacité pratique particulière dans la régulation des vies et des comportements, d'un autre côté, une norme n'est posée que parce qu'elle peut être contestée par la vie. L'un des enjeux de cette étude est de souligner combien, en posant des questions radicales, J. Butler s'inscrit dans la tradition philosophique d'une "relecture" comparée - ici, Hegel, Freud, Foucault.

  • Les réflexions sur l'espace public, ses usages, ses conceptions au regard de l'approche de genre connaissent depuis 20 ans un élan considérable dans le monde académique. Elles sont également au coeur du débat politique et médiatique. La question de la place de chacun et de chacune, dans l'expression multiple de leurs genres, demeure soumise à des normes de comportements et parfois à un manque de reconnaissance. Les textes analysent, avec leurs approches pluridisciplinaires, la place des femmes en France, en Égypte, en Afrique subsaharienne, au Maroc et au Luxembourg. Parfois acquise, souvent en cours d'acquisition, la liberté des femmes d'être présentes dans l'espace et le débat public, se heurte à des résistances culturelles. Le présent ouvrage montre ainsi que les parcours de reconnaissance et d'expression des femmes demeurent au XXIe siècle, malgré de grandes avancées, un droit non encore pleinement acquis.

  • Au cours des deux dernières décennies, la question de l'orientation sexuelle et des identités de genre est devenue un sujet de débat public dans de nombreux pays africains. En lien avec la montée des violences anti-homosexuelles dans les années 2000, la recherche en sciences sociales s'est attelée à montrer que l'Afrique, soudainement homophobe, fut pendant longtemps un lieu de tolérance pour la diversité sexuelle, à condition qu'elle reste confinée dans l'espace privé. Dans ce contexte, sur la base d'une double enquête ethnographique au Cameroun et en France, Patrick Awondo analyse l'émergence de l'homosexualité comme sujet politique et son expression dans les parcours des « migrants sexuels » africains en France. Cet ouvrage propose ainsi un traitement ethnographique inédit de la naissance d'un militantisme homosexuel en Afrique sub-saharienne postcoloniale et de la construction de l'homosexualité comme question publique dans un contexte plus général d'« ensauvagement » de la société africaine.

  • Cet ouvrage apporte un nouveau regard sur la notion de mobilité des femmes et des hommes d'aujourd'hui. Issu d'observations et de récents travaux de recherche, il montre que la capacité des femmes à être mobiles, à avoir accès aux mêmes ressources que les hommes pour se déplacer, n'est nullement acquise. Les auteures abordent des problématiques diverses mais toutes convergent vers le constat suivant : les usages, les pratiques et les comportements restent encore tributaires du genre. Que l'on soit cadre supérieure en Île-de-France ou employée à domicile dans une autre région française, l'accès aux services urbains et à l'emploi, l'organisation du temps, le sentiment de sécurité marquent de profondes inégalités. À l'heure où les métropoles pensent les nouvelles mobilités de demain, l'ambition de cet ouvrage est d'apporter des éléments de réflexion pour développer des formes de participation et de pédagogie éducatives à la mobilité. Il montre avant tout que la mobilité est un droit à la ville pour les femmes.

  • The Wire débute par une enquête policière sur le trafic de drogue à Baltimore, pour y agréger peu à peu d'autres institutions et espaces (l'activité portuaire, la politique municipale, l'École, la Presse). Au fil des saisons, elle nous dessine un tableau sans concession des effets destructeurs du capitalisme ultralibéral sur cette ancienne ville industrielle devenue emblématique de la dissolution du mythe du « rêve américain ». Si la série se fonde sur une observation minutieuse de la réalité, proche des techniques du journalisme ou de l'enquête sociologique, son impact tient surtout à la manière dont elle parvient à combiner avec brio cette exigence de réalisme et une maîtrise parfaite des rouages de la fiction et du récit audiovisuel. L'humour et la précision des dialogues, les personnages complexes et ambigus, l'esthétique minutieuse et le souffle humaniste de la série permettent à The Wire de séduire les spectateurs tout autant qu'elle les fait réfléchir. En dépit d'un constat apparemment pessimiste sur une situation sociale tragique, la dimension ludique de la série invite ainsi les spectateurs à s'engager activement dans une réflexion sur les enjeux de toute représentation.

  • Depuis la fin des années 1980, le rap est devenu, au Gabon comme dans d'autres États du continent africain, le levier de constructions identitaires, de reconfigurations des rapports au politique et de transformations culturelles majeures. À l'inverse des discours abordant ce genre musical globalisé comme emblème de l'« occidentalisation » ou de l'homogénéisation culturelle, l'appropriation du rap a donné lieu, à Libreville, à des formes variées de réinventions de particularismes et de revendications de la localité, se déclinant dans le registre du genre, du religieux, du rapport à la nation, à l'ethni­cité ou à l'africanité. Née d'une immersion de plus de huit années dans les réseaux du hip-hop gabonais et africain, l'ethnographie multisituée proposée dans cet ouvrage éclaire les entrelacements des pratiques musicales, des dynamiques identitaires et des rapports au pouvoir, en décrivant comment les rappeurs du Gabon se sont progressivement imposés comme des acteurs politiques majeurs d'un régime semi-autoritaire en mutation. Par le biais de l'anthropologie des pratiques musicales, cet ouvrage offre un axe de compréhension novateur à propos de l'histoire politique et culturelle du Gabon, et des scènes musicales qui contribuent à mettre en mouvement les villes africaines contemporaines.

  • Accueillir n'est pas inné : cela s'apprend, s'organise et se manage. Notion pivot des bibliothèques, la fonction accueil est souvent réduite aux transactions de documents ou fondue dans le terme de médiation. L'ambition de ce volume est de renouveler l'approche de l'accueil en proposant un projet de professionnalisation de l'accueil, porté collectivement, au service des publics. Conseils, démarche utilisateur, certification, intelligence collective, hospitalité, usure... comment impulser une dynamique d'accueil au sein des équipes ? Comment développer les compétences relationnelles des bibliothécaires ? Comment accompagner les équipes dans des missions où les compétences techniques passent désormais au second plan ? À travers les récits de nombreuses initiatives, au sein de bibliothèques universitaires comme de la lecture publique, cet ouvrage explore les multiples moyens d'investir l'accueil de façon constructive. Il plaide en faveur d'une « symétrie des attentions » : professionnaliser l'accueil a autant de répercussions positives sur le bibliothécaire qu'il en présente pour l'utilisateur du service. Coordonné par Héloïse Courty, conservatrice des bibliothèques, consultante et formatrice spécialisée dans la qualité d'accueil, ce volume réunit une quinzaine d'auteur·e·s, dont une chercheuse, un cadre de l'Assurance maladie, une cadre pédagogique, une psycho-sociologue du travail, un ancien libraire, un consultant, des bibliothécaires, qui partagent leur expérience de terrain et leurs conseils méthodologiques.

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