• Depuis un siècle, Le Livre du thé, qui offre une introduction des plus subtiles à la vie et à la pensée asiatiques, s'adresse à toutes les générations. Et ce grand classique, qui a permis naguère de jeter un pont entre l'Orient et l'Occident, n'a rien perdu de sa force et peut encore éclairer notre modernité. Le trait de génie d'Okakura fut de choisir le thé comme symbole de la vie et de la culture en Asie : le thé comme art de vivre, art de penser, art d'être au monde. Il nous parle d'harmonie, de respect, de pureté, de sérénité. Au fond, l'idéal du thé est l'aboutissement même de cette conception zen : la grandeur réside dans les plus menus faits de la vie. Qui cherche la perfection doit découvrir dans sa propre vie le reflet de sa lumière intérieure. Aussi la voie du thé est-elle bien plus qu'une cérémonie : une façon de vivre en creusant aux racines de l'être pour revenir à l'essentiel et découvrir la beauté au cour de la vie.

  • C'est par ses récits majeurs que Dazai Osamu a laissé une empreinte considérable sur la littérature japonaise moderne, suscitant encore de nos jours une immense admiration. On le lit dans les écoles, on le commente, on le cite : il est maintenant un classique du XXe siècle au panthéon littéraire du Japon.

  • Sôseki écrivit pour un journal le feuilleton de ses Petits contes de printemps au printemps 1909. Ces fragments de journal intime ont chacun une tonalité très différente, tantôt intime et familière, tantôt d'une drôlerie délicate, étrange, ou encore empreinte de nostalgie. Ils donnent à voir le temps qui passe, la douceur d'un soir de neige ou la beauté des flammes. Une façon de lire l'impermanence des choses.

  • On croit d'abord plonger avec délices dans l'intimité d'un couple sans histoires, assez bien résigné à sa paisible médiocrité et peu à peu, dans le cours de ces vies ordinaires, avec leurs méprises quotidiennes, leurs mouvements secrets et leurs élans de

  • Si Le Secret de la petite chambre est écrit en une langue extrêmement raffinée et composé avec une grande habileté, sa haute tenue s'accompagnant d'un style délibérément archaïque, dans La Fille au chapeau rouge, c'est l'observation qui prend le pas sur le style : fioriture et outrance sont écartées au profit d'une description qui se veut sans fard.
    Ecrits au début des années vingt, interdits par la censure et publiés sous le manteau, ces récits érotiques attribués à deux écrivains majeurs de la littérature japonaise contemporaine, Kafu et Akutagawa, n'ont, singulièrement, pas encore paru au grand jour et sous une forme pleine et entière au Japon.

  • Dans un Japon vieux de deux siècles, sur la célèbre route du Tôkaidô, l'ancienne courtisane Koto part à la recherche d'un amant oublieux, en compagnie de sa fille Tomi. Terrassée en chemin par la maladie, elle lui confie le dessin, saupoudré de sables de diverses couleurs, de son intimité la plus secrète. Ce talisman devrait permettre à la jeune fille de retrouver celui qui est son père.
    Au rythme des saisons et des cloches des petits temples de quartier, c'est toute une époque qui nous est donnée à voir : marchands enrichis qui tiennent le haut du pavé, geishas et prostituées, maisons qui sont de plaisir pour certains et de douleur pour d'autres, et les quartiers populaires avec leur petit peuple débrouillard et misérable. Tous ces personnages se trouvent inextricablement liés par ce dessin au sable, dans un récit où le lecteur retrouvera l'obsession du sexe et de la mort propre à Nosaka, magnifiquement mise en scène dans un genre où elle peut s'épanouir avec frénésie : le fantastique.

  • Un jeune journaliste très curieux du siècle passé et de ses histoires de fantômes interroge le vieil Hanshichi, qui lui raconte quelques-uns de ses exploits de détective dans le Japon du XIXe siècle. A l'âge de dix-neuf ans, il se distingue pour la premiè

  • L´auteur nous raconte, au fil des saisons et des différentes fêtes de l´année, l´apprentissage d´un moine dans la tradition zen, à travers notamment, sa première rencontre avec le Maître, le rituel du thé, les veillées nocturnes, le rasage du crâne, ou encore la pratique de la méditation. Illustré de savoureux dessins débordant de finesse et d´humour.

  • Roman autobiographique : dans l'intimité du couple que forment Kenzô et sa femme, le quotidien scelle une entente faite de méprises et de malentendus.

  • Voici des contes populaires qui figurent parmi les plus célèbres au Japon et auxquels le grand écrivain Dazai Osamu (1909-1948) donne une interprétation personnelle par la voix d'un narrateur quelque peu original, censé les lire à sa fille dans un abri antiaérien.

  • Enquêtes de l'inspecteur Hanshichi, Sherlock Holmes nippon dans le Japon du XIXe siècle.

  • Un choix de cinq nouvelles inédites par l'auteur de Rashômon et autres contes, écrites dans le tourment des insomnies et du mal de vivre, où l'on retrouve les thèmes de prédilection de ce maître du récit bref : destinées humaines marquées du même caractère dérisoire, victimes d'une identique rupture d'équilibre, qu'elles soient aux prises avec les subtilités du coeur féminin comme dans Automne, ou avec les réalités de la vie conjugale ( Un mari moderne), souvent poussées par l'implacable nécessité (Un crime moderne) et baignant parfois dans une atmosphère fantastique non dénuée d'humour (La Magicienne), mais surtout marquées par le regret du passé qu'incarnent les Poupées d'autrefois dans leurs boîtes de paulownia.

  • Un peintre raté et opportuniste, un antiquaire véreux, la famille suspecte d'un ancien gouverneur de province, le fils débauché d'un peintre illustre, tels sont les personnages de ce célèbre roman de Kafû. Galerie de portraits surprenants, peinture satirique et féroce d'une nouvelle société bourgeoise oublieuse des valeurs traditionnelles de l'ancien Japon que Kafû voyait s'éteindre devant lui.

  • Avec Le Grand Miroir de l'amour mâle (1687), Ihara Saikaku poursuit son exploration du monde des plaisirs, mais il adopte ici un nouveau point de vue, celui d'un adepte de l'homosexualité, pour exalter les beautés et les mérites de la Voie de l'amour mâle qu'il oppose, avec une férocité tempérée par l'humour, à la Voie des femmes toute d'artifices.
    Si l'écrivain fait défiler les types les plus divers - de l'éphèbe au contempteur de l'espèce féminine en passant par les moines et leurs mignons acolytes -, il s'intéresse surtout, dans ce premier volume, aux amours des samouraïs. Leur passion amoureuse les place souvent en conflit avec les obligations qu'ils ont envers leur seigneur. Entre l'accommodement domestique et le suicide, le monde flottant n'épargne pas aux guerriers les affres de la passion.

  • Après s'être attaché aux amours des samouraïs, Ihara Saikaku passe à celles des acteurs de kabuki, vedettes le jour et prostitués au grand coeur la nuit.
    Dans l'entourage de l'acteur gravite un monde interlope d'amis, prostitués ou amuseurs professionnels, qui animent les soirées de plaisirs. En ce monde éphémère, les joies de l'amour vont rarement sans lendemains glacés. N'importe ! En mal d'argent ou de jeunesse, mais toujours fidèle à la Voie, la communauté gay de ce Japon pacifié de la dynastie Tokugawa n'en affiche pas moins son indestructible joie de vivre. Dans le même temps, l'homosexualité s'inscrit dans la tradition littéraire du Japon.

  • Ce récit du "monde flottant" de Saikaku (1642-1693) raconte les derniers mois de la vie de l'acteur Arashi Saburôshirô. Victime des passions déchaînées autour de sa personne, Arashi s'ouvre le ventre avec un courage digne des guerriers dont il avait tenu

  • La grand-mère japonaise est partie à la recherche de contes, certains rares et peu connus, avec l'espoir de voir briller l'étincelle sans laquelle il n'est point d'histoire. Et puisqu'il faut bien un commencement, ce sont d'abord les mythes fondateurs d'une nature peuplée de divinités, où la déesse du Soleil tient la première place, comme il se doit au Pays du Soleil levant.
    Puis, autres pépites sur le chemin de la conteuse, une Cendrillon japonaise du Xe siècle et des récits mettant en scène samouraïs, moines bouddhistes, jeunes dames brodant de poèmes leur solitude, spectres et fantômes. Et enfin un miroir nous proposant un proverbe à méditer : Le miroir est l'âme de la femme comme le sabre est l'âme du guerrier.

  • Certains livres, parfois, semblent portés par l'aile frémissante d'un oiseau. En voici un, né de la joie intense d'avoir échappé à la mort. En 1910, hospitalisé pour une grave maladie qui met ses jours en danger, Sôseki note au quotidien l'évolution de son état et ses réflexions. Choses dont je me souviens. Ce qu'il tente de retenir avec tant de hâte, malgré son extrême faiblesse, c'est bien sûr le miracle de la vie rendue, mais surtout la paix du coeur, la clarté pleine de grâce qu'a atteinte sa conscience libérée de la pression de la vie réelle par cette expérience si particulière de la maladie.Si je fais le compte des occasions où j'ai pu me dire au cours de ma vie qu'une chose m'avait rendu réellement heureux, réellement reconnaissant, réellement humble, je m'aperçois qu'elles sont infiniment rares. Mon souhait le plus cher est de conserver intacts dans le fond de mon coeur, le plus longtemps possible, ces sentiments privilégiés qui m'habitaient alors...Si ce texte, prose entremêlée de poèmes,a une tonalité unique dans l'oeuvre de Sôseki, c'est que l'écrivain en a fait la mémoire du bonheur.

  • Avant de devenir le célèbre dessin animé de Takahata Isao, La Tombe des lucioles est une oeuvre magnifique et poignante de l'écrivain Nosaka Akiyuki. L'histoire d'un frère et d'une soeur qui s'aiment et vagabondent dans l'enfer des incendies tandis que la guerre fait rage. Le traducteur décrit l'écriture de Nosaka comme "un brassage de toutes sortes de voix, de langues, où se déversent par coulées enchaînées les unes aux autres le flot ininterrompu des images."

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