Littérature générale

  • Sous les funestes auspices d'un vendredi treize de l'an 1758, Philippe Sgonzac, fringuant jeune homme tout juste promu mdecin et fils d'un lgendaire matre d'arme, quitte Paris pour rejoindre son pre. Peu aprs, sur la route de Chtillon, il est fusill par deux spadassins en embuscade et tombe dans l'eau glaces de la Marne... Enfoui dans les trfonds d'un tableau inachev du XVIIIe sicle, se dissimulait la trame d'un roman d'aventures comme plus personne aujourd'hui n'irait en imaginer. Mais Alberto Ongaro, emport par une frnsie romanesque, rveille ici - tel Stanley Kubrick dans Barry Lindon - Walter Scott, Alexandre Dumas et Casanova pour une nouvelle cavalcade, teinte cette fois d'une angoisse kafkaenne.

  • Les Mémoires de J. Casanova de Seingalt, écrits par lui-même, sont l´ancienne édition des Mémoires de l´aventurier vénitien Giacomo Casanova. Écrits en français entre 1789 et 1798, ils sont publiés à titre posthume autour de 1825 en version censurée. En 1834, l´ouvrage est mis à l´Index des livres interdits avec toutes les oeuvres de Casanova. Une nouvelle édition, conforme au manuscrit original, l´a finalement remplacée sous son titre original Histoire de ma vie (1960-1962).
    Giacomo Casanova, né le 2 avril 1725 à Venise et mort le 4 juin 1798 à Dux, fut tour à tour violoniste, écrivain, magicien (dans l'unique but d'escroquer Madame d'Urfé), espion, diplomate, bibliothécaire mais revendiquant toujours sa qualité de « Vénitien ». Il utilisa de nombreux pseudonymes, le plus fréquent étant le chevalier de Seingalt (prononcer Saint-Galle) ; il publia en français sous le nom de « Jacques Casanova de Seingalt ». De lui subsiste une oeuvre littéraire abondante, mais Casanova est célèbre aujourd´hui comme aventurier et surtout comme l´homme qui fit de son nom le symbole de la séduction. Il savait user aussi bien de charme que de perfidie pour conquérir les femmes. Sa réputation en cela dérive d´une oeuvre autobiographique Histoire de ma vie, rédigée en français et considérée comme l´une des plus authentiques sources à propos des coutumes et de l´étiquette de la vie sociale de l´Europe du XVIIIe siècle. Il y mentionne 142 femmes avec lesquelles il aurait eu des relations sexuelles, dont des filles à peine pubères et sa propre fille, alors mariée à l´un de ses « frères » francs-maçons, avec laquelle il aurait eu le seul fils dont il eût connaissance. Bien qu´il soit souvent associé à Don Juan comme séducteur, sa vie ne procédait pas de la même philosophie : ce n´était pas un collectionneur. Parfois présenté (ainsi par Fellini dans son film éponyme) comme un pantin ou un fornicateur mécanique, qui se détourne de sa conquête dès lors qu´elle s´est abandonnée à lui, il s'attachait, il secourait éventuellement. Personnage historique et non de légende, jouisseur et exubérant, il vécut en homme libre de pensée et d'action, des premiers succès de sa jeunesse à sa longue déchéance.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Arthur Schnitzler. Il était plus de minuit quand, après avoir brièvement pris congé de ses nouvelles connaissances, Casanova traversa seul la vaste place déserte sur laquelle pesait un ciel lumineux et sans étoiles. Guidé par une sorte d'instinct, comme un somnambule, et sans avoir bien conscience qu'il refaisait ce chemin pour la première fois depuis un quart de siècle, il se dirigea vers sa sordide auberge, par d'étroites ruelles, entre des murs sombres, et en franchissant des passerelles sous lesquelles des canaux noirâtres coulaient vers les eaux éternelles. Il dut frapper plusieurs fois pour se faire ouvrir la porte peu hospitalière. Quelques minutes après, dans sa chambre, une fatigue douloureuse engourdissait tous ses membres sans les détendre; il sentait un arrière-goût amer monter du plus profond de son être jusqu'à ses lèvres. Enfin, encore à moitié habillé, il se jeta sur son mauvais lit pour y chercher, après vingt-cinq années d'exil, le premier sommeil dans sa ville natale, ce sommeil si longtemps désiré, qui, profond et sans rêves, finit, vers le point du jour, par avoir pitié du vieil aventurier.

  • Ce texte, attribué à Pierre de l'Arétin, et reprenant le titre d'une oeuvre en vers imputée aussi à l'Arétin, mais écrite par Lorenzo Veniero, est un chef d'oeuvre de pornographie intelligente, où l'imagination le dispute à l'éducation sexuelle. Antérieur à l'Ecole des Filles, certainement rédigé à la fin du XVIe siècle, bien qu'on en ignore le lieu et l'heure, La Puttana errante préfigure la plume dramatique d'un Sade, sans la cruauté : il faut toujours se souvenir qu'il fut un temps où faire l'amour, au sens où l'on l'entend aujourd'hui, était un art et une forme de révolte.  L'Enfer de la Bibliothèque de France s'étant refroidi, il est temps de trouver une place dans vos tablettes pour ce trésor de la langue française que Casanova, Baudelaire, Nodier et les autres tenaient au chaud sous leur manteau.   O.S.V

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