• De quoi Robert est-il coupable ?
    Un beau jour, ce thérapeute reconnu, essayiste prolifique, n'a plus supporté de voir ses patients stagner et s'est mis en tête de changer radicalement de méthode. Assez de réflexion, d'introspection, d'écoute compatissante : le temps était venu de passer à l'action !
    Au même moment, son frère disparaissait mystérieusement en mer.
    Désormais, c'est entre les murs d'un hôpital psychiatrique que Robert se confesse.
    Avec les élucubrations de ce psy désaxé, manipulateur et profondément dans le déni, Denis Michelis nous offre une farce tragique aux allures de roman policier. Un livre corrosif, plus que jamais d'actualité, sur la menace constante du populisme, la tentation et le danger d'une simplification de la pensée.
    Denis Michelis est journaliste, écrivain et traducteur. Il vit à Paris. État d'ivresse est son troisième roman après Le Bon Fils (Les Éditions Noir sur Blanc, 2016) et La chance que tu as (Stock, 2014), qui ont reçu un bel accueil de la part de la critique et des libraires.

  • Samuel Riba est l'éditeur talentueux d'un catalogue exigeant. Néanmoins, incapable de faire face à l'émergence des nouveaux médias et de concurrencer la vogue du roman gothique, il vient de faire faillite. Il sombre alors dans la dépression et le désoeuvrement. Pour y remédier, il entreprend un voyage à Dublin. L'accompagnent quelques amis écrivains avec qui il entend créer une sorte de confrérie littéraire. Cette visite de la capitale irlandaise à l'heure du Bloomsday se double d'une déambulation dans l'oeuvre de Joyce, qui conduira notre protagoniste - bien malgré lui - jusqu'au seuil d'un mystérieux pub.
    En explorant les facettes de ce personnage complexe - sous lequel se cache peut-être bien son alter ego -, Enrique Vila-Matas interroge la notion d'identité, de sujet, et décrit le cheminement qui a mené la littérature contemporaine d'une épiphanie (Joyce) à l'aphasie (Beckett).

  • Mes amis

    Emmanuel Bove

    Victor Bâton vit seul, dans une chambre de bonne miteuse, avec pour unique revenu une pension d'invalidité. Traîne-savates, il erre chaque jour dans Paris dans l'espoir de faire de nouvelles rencontres. La ville le renvoie à son extrême solitude, et agit en même temps comme une ouate protectrice. Mais chaque tentative de lier une relation est un échec. Et pour cause. Obnubilé par sa quête impatiente d'amitié, il fausse tout rapport, et projette sur ceux qu'il croise sa propre mesquinerie.
    Dans un style faussement simple, avec un « sens du détail touchant » selon Beckett, Emmanuel Bove dessine le portrait de cet antihéros agaçant autant que fascinant, et dépeint par touches, d'une précision extrême, la misère solitaire, le quotidien, l'absurdité de la condition humaine. D'une grande modernité à sa parution en 1924, ce texte, très salué à l'époque, a influencé beaucoup de nos contemporains.
    L'expérience de la lecture de Bove est unique. Pierre Michon.
    L'une des plus belles réussites littéraires du xxe siècle, et toujours aussi actuel. France 3.
    Postface de François-Henri Désérable.

  • Armand et Jeanne vivent ensemble. Armand qui ne travaille pas passe ses journées à se promener et à voir ses amis. Un jour il rencontre Lucien, un homme triste et malheureux témoin pour le narrateur "d'un passé douloureux". Armand va progressivement tomber amoureux de Margueritte, la petite soeur de ce dernier.

    Armand est le deuxième roman d'Emmanuel Bove et certainement l'un des plus étonnants. L'auteur décrit avec précision et minutie la psychologie des personnages.

    Emmanuel Bove est sans nul doute le plus méconnu des grands auteurs français. Mes amis (1924), son premier roman, est une révélation dans le monde des lettres françaises. Après une vingtaine d'ouvrages, il décide ne publier aucun livre durant la Seconde guerre mondiale. De l'avis de nombreux lecteurs, il y a un avant et un après la lecture des romans de Bove.
    « Bove a comme personne le sens du détail touchant. » - Samuel Beckett
    « Bove, c'est l'art du subjectif, de la pensée souterraine, qui fait que toute relation est foncièrement caractérisée par le malentendu. » - France culture
    « Emmanuel Bove est l'un des grands écrivains du siècle. » - L'Express

  • L'urgence, qui appelle l'impulsion, la fougue, la vitesse - et la patience, qui requiert la lenteur, la constance et l'effort. Mais elles sont pourtant indispensables l'une et l'autre à l'écriture d'un livre, dans des proportions variables, à des dosages distincts, chaque écrivain composant sa propre alchimie, un des deux caractères pouvant être dominant et l'autre récessif, comme les allèles qui déterminent la couleur des yeux.

    « Je conseille la lecture du recueil de textes de Toussaint L'Urgence et la Patience, en particulier à tous ceux qui rêvent d'écrire. [...] Le romancier nous révèle ses manières de procéder, ses règles, ses trucs, ses manies, les contraintes qu'il s'impose, les joies qu'il connaît, et, comme la lecture est inséparable de l'écriture, son expérience de lecteur de Proust, Kafka, Beckett, et, bien sûr, de Dostoïevski. » (Bernard Pivot, Le Journal du dimanche)

    Ce recueil est initialement paru en 2012.

  • On affirme parfois que les crises génèrent des forces créatrices. Idée à méditer, au-delà des banales affirmations publicitaires ou entrepreneuriales sur le caractère fécond des crises (politiques, sociales, économiques ou personnelles). C'est le versant psychique, littéraire et philosophique de la notion de crise qui est ici exploré dans son rapport à la création. Crise de la créativité : silence, retirement, stérilité. Tout un chacun connaît ces périodes de vide, de blocage dépressif. La créativité de la crise en est-elle le simple renversement ?
    Comme le surent Deleuze ou Beckett, Nietzsche ou Foucault, mais aussi nombre d'artistes et créateurs modernes, il n'est pas facile d'endurer l'instabilité qu'exige toute création, les forces d'égarement qu'elle déchaîne, tout comme son indéniable jouissance. La création est sans doute un apprentissage de l'insécurité.

  • EMMANUEL BOVE (1898-1945)
    En 1928, Bove publia sept livres, dont Coeurs et visages. C'est assurément le moins désespéré de tous, puisque ce roman raconte, comme en un long travelling, le banquet célébrant la nomination de l'industriel André Poitou dans l'ordre de la Légion d'honneur. Le voici qui entre à la brasserie Gallia, y retrouve sa famille, ses amis. Le dîner va commencer, les conversations s'animer, les visages se détendre
    Comme la Corde d'Hitchcock, ce brillant exercice de style paraît n'être composé que d'un seul plan, ininterrompu au cours de ses deux cents pages.

  • L'artiste est inventeur de temps. Il façonne, il donne chair à des durées jusqu'alors impossibles ou impensables : apories, fables chroniques.

    Essayer voir, ce n'est pas seulement essayer de voir. C'est accorder son regard à la durée d'un « essai », cette forme de pensée à la limite du théorique et du poétique. Forme que l'on retrouve dans Apple T., une oeuvre de Miroslaw Balka où se pose la question - déjà littérairement articulée par Aharon Appelfeld ou Imre Kertész - de savoir comment survivre à Treblinka. Forme que l'on retrouve aussi dans une oeuvre de James Coleman qui pose à son spectateur la question - déjà philosophiquement argumentée par Ludwig Wittgenstein et poétiquement phrasée par Samuel Beckett - de l'essayer dire, cette parole à trouver face à ce qui, sous nos yeux, se dérobe.

  • Cet ebook bénéficie d'une mise en page esthétique optimisée pour la lecture numérique.

    « Bove a comme personne le sens du détail touchant. » - Samuel Beckett

    Ce magnifique roman d'Emmanuel Bove nous plonge en plein huis clos conjugal. Louis Grandville, jaloux maladif et manipulateur, nous décrit, jour après jour dans son journal intime, la lente mais certaine destruction de son couple. De gestes anodins en scènes de jalousie mémorables, vous assisterez à la belle mélodie quasi proustienne d'un couple qui désespérément se délite sous vos yeux.

  • Arnold, archétype du héros bovien, vit dans une chambre obscure d'un petit hôtel de Montmartre. En pleine crise de désespoir, il est en proie à de vives angoisses... Il s'offre alors l'un des plus grands moments de bravoure de sa vie, et de l'oeuvre littéraire d'Emmanuel Bove : la saisissante description de son suicide, qu'Arnold pense pouvoir contrôler.
    Emmanuel Bove est sans nul doute le plus méconnu des grands auteurs français. Né dans un milieu très modeste, le jeune homme décide très tôt de ne vivre que de sa plume. Mes amis (1924), son premier roman, est une révélation dans le monde des lettres françaises. Après une vingtaine d'ouvrages, il décide ne publier aucun livre durant la Seconde guerre mondiale. De l'avis de nombreux lecteurs, il y a un avant et un après la lecture des romans de Bove.
    « Bove a comme personne le sens du détail touchant. » - Samuel Beckett
    « L'expérience de la lecture de Bove est unique. » - Pierre Michon, Le Monde
    « C'est comme si, à cause de ou malgré son humour, l'oeuvre de Bove finissait par faire peur, à frapper si juste. » - Mathieu Lindon, Libération

  • Qui n'a, au moins une fois, rencontré l'angoisse ? Palpitations, boule au creux de l'estomac, souffle coupé, malaise qui enfle sourdement... L'angoisse est une « ventouse posée sur l'âme », disait Antonin Artaud. Est-elle la voie obligée d'entrée dans l'écriture : l'impouvoir qu'explorèrent Blanchot et Derrida, le vertige du « comment commencer » qu'évoquent Beckett ou Foucault, « l'expérience abjecte » de la psychanalyse selon Lacan, le grouillement informe de l'être pour Levinas ? La pensée est-elle une figure de l'angoisse ?
    L'angoisse dont il s'agit ici n'a pas la familiarité de nos peurs intimes, aussi violentes soient-elles. Ce sont pourtant ces mêmes territoires qu'explorèrent nombre d'écrivains et philosophes du XXe siècle. Tous disent la formidable puissance de création gisant au coeur de la négativité anxieuse : déconstruction (Derrida), désoeuvrement, désastre (Blanchot), dédit (Levinas), décréation (Beckett), litanie des « il n'y a pas de... » chez Lacan, fin de l'homme pour Foucault.
    L'angoisse de penser désignerait alors cette expérience d'écriture - tantôt jubilatoire, tantôt affolante -, dans laquelle Je pense hors de Moi.

    Ce livre est paru en 2008.

  • Le découragement

    Joanne Anton

    Découragée, l'auteur s'attelle à écrire sur le découragement... Cependant, Joanne Anton écrit avec rythme, avec dynamisme, précision et vitalité. Mais aussi avec une langueur particulière, en une lutte entre le corps et l'esprit. La pensée est la plus forte, c'est elle qui tire les ficelles du corps et de la plume. L'écriture devient acte de pensée, alors que l'auteur écrit en réfléchissant à l'acte même d'écrire... Tiraillée entre la question complexe de l'écriture littéraire et la difficulté à vivre, elle parvient à lier les deux, avec en arrière-plan une figure tutélaire, Thomas Bernhard et un livre en particulier : Marcher. Plus qu'un récit sur le découragement, protagoniste abstrait qui donne son nom à l'oeuvre, le texte de Joanne Anton est un récit-réflexion sur le mal de l'écriture.

  • Certaines des oeuvres majeures du XXe siècle (celles d'Artaud, de Beckett, de Michaux, d'autres encore...) déforment les figures reçues de l'art, de l'écriture, du sens. Elles bouleversent nos systèmes de pensée et la tranquille stabilité des oppositions qui souvent les gouvernent. En ce sens, elles relèvent d'un nouvel iconoclasme. Elles nous invitent par exemple à nous poser quelques questions troublantes, dont celles-ci : face à la normopathie contemporaine, ce cache-misère d'une inavouable dépression, face à ce narcissisme grégaire socialement gratifié où chacun se reconnaît dans le regard admiratif qu'un autre semblable lui jette pour qu'il le lui renvoie, comment inventer les formes vivantes (plastiques, plurielles) d'une résistance à l'image ? Comment se déprendre des formes pétrifiées de l'identitaire ? Comment inventer à chaque instant les figures mouvantes de la représentation de soi et de l'autre sans y perdre toute identité ?
    Sous ce mot de défiguration, on tentera de suivre le mouvement de déstabilisation qui affecte, dans les textes modernes, la figure : mise en question inlassable des formes de la vérité et du sens, passion de l'interprétation.

    Ce livre est paru en 2004.

  • Tout commence par un mariage raté d'avance, celui d'Annie et Jean-Melchior. Annie vient d'une famille bourgeoise. Jean-Melchior est pauvre, a déjà eu un fils, Jean-Noël, avec une mégère qu'il abandonne sans remords. Après la mort de Jean-Melchior, Annie et Jean-Noël retournent à Paris. Mais le jeune homme n'en finit pas de décevoir sa belle-mère. Il commet les mêmes erreurs que son père : épouser des femmes qu'il n'aime pas, ne jamais achever ses études... Pourtant, son seul désir semble de plaire à Annie...
    Emmanuel Bove commence très tôt à écrire. Mes amis (1924), son premier roman, est une révélation dans le monde des lettres françaises. Après une vingtaine d'ouvrages, il décide ne publier aucun livre durant la Seconde guerre mondiale. Ici, Bove transpose de façon saisissante les épisodes les plus ambigus de son histoire familiale.
    « Du grand art. » - L'Obs
    « L'expérience de la lecture de Bove est unique. » - Pierre Michon, Le Monde
    « Le plus grand des auteurs français méconnus. » - Libération

  • Nous ne pouvons connaître les autres hommes que par leurs gestes, leurs paroles et leurs actes. Depuis deux siècles, le roman ne s'en est plus satisfait, et s'est voué, avec une intensité toujours croissante, à nous montrer la conscience au grand jour. Ce qu'elle a de plus secret, et parfois pour elle-même, vient sous nos yeux dans le moindre récit. Et ce que la Bible réservait à Dieu, sonder les reins et les coeurs, est devenu l'attribut commun des romanciers.
    Quel est le sens de cette transformation radicale ? Comment a-t-elle eu lieu ? Quels chemins a-t-elle suivis, et quelles formes a-t-elle produites ? De quelle compréhension de la conscience est-elle lourde ?
    Ce volume se concentre sur le monologue intérieur, en se tenant au plus près de ses usages variés, conversations intimes des héros de Stendhal, fulgurations décisives de Balzac, « tempêtes sous un crâne » de Victor Hugo. L'exploration se poursuit avec Virginia Woolf (Les Vagues), William Faulkner (Lumière d'août), et Samuel Beckett (L'Innommable).



  • « Paris est la seule ville qui soit aussi un monde », disait Charles Quint.

    Paris a en effet toujours représenté une sorte d'Amérique. Des romanciers nombreux y résidèrent ; encore plus quittèrent leur province ou pays d'origine pour s'y installer, le temps d'une halte ou toute une vie.
    Ces écrivains ont noté leurs impressions ou traduit leurs sentiments dans des récits personnels ou dans des romans. Nous les avons suivis, eux, mais aussi leurs créatures que l'on observe cheminant dans les squares, les allées des Champs-Élysées ou du Palais-Royal, évoluant dans les hôtels bourgeois du faubourg Saint-Honoré et à Saint-Germain-des-Prés, trottant sur les Grands Boulevards.

    Cette visite du Paris des écrivains nous révèle des joyaux.

    Jean Le Nouvel est un Parisien amoureux de sa ville et baigné de littérature. Il a arpenté Paris durant quinze ans, revenant de ses balades ébloui de choses vues. Écrivain exquis, il les a associées, à l'aide de sa riche bibliothèque personnelle, à ce qu'en avaient dit ou conté les écrivains.


  • Dans son livre, Jean Narboni passe d'une scène (le rasage, le prologue pendant la Première Guerre mondiale...) à un point d'Histoire ou à un auteur (Bazin, Benjamin, Adorno, Genet...), il entre et sort du film, change sans cesse d'échelle et de point de vue. Ecrit dans un style où description, analyse et humour subtil se relancent en permanence, ... Pourquoi les coiffeurs ? apporte des éclairages nouveaux sur des éléments fréquemment discutés du Dictateur (réalisé en 1940) : la ressemblance entre la moustache de Chaplin et Hitler, le rôle et le sens du discours final... Il s'attarde aussi sur des aspects souvent négligés ; notamment la fonction de la musique, particulièrement celle de Brahms et de Wagner.En plus de la question de l'actualité du Dictateur, toujours débattue, ces notes sont aussi actuelles parce que le livre est écrit avec tout le savoir accumulé sur la Shoah et sur Chaplin depuis 1940, et à une époque où les controverses autour de la représentation du nazisme, du statut du rire restent particulièrement vives."Encore un essai sur Le Dictateur ? Aujourd'hui ? Venant s'ajouter à tant d'autres ? Quelle urgence, quelle nécessité ? N'y a-t-il pas, après soixante-dix ans, anachronisme, lassitude, saturation, et pour le dire d'un terme pénal, prescription ? Je ne le pense pas, et moins pour ce film que pour aucun autre. Sa nouveauté, son audace, sa force et son actualité paraissent, au contraire de ce qui se dit généralement, plus éclatantes à mesure que les années passent." Jean Narboni

  • Tout comme nous aujourd'hui, Marcel Proust a vécu une période de grande mutation technologique. La voiture automobile permet de parcourir le territoire à sa guise et transforme le rapport espace-temps ; l'avion aussi ; la photographie inonde l'imaginaire ; le téléphone relie miraculeusement les êtres séparés. L'électricité modifie les pratiques quotidiennes. La Recherche du temps perdu se fait écho de ces innovations, et Proust est un contemporain attentif.
    François Bon fait parler les témoins et la volumineuse correspondance, nous renseigne sur l'époque. Relisant ses gros volumes en papier, exploitant les possibilités de recherche, notamment lexicales, offertes par le numérique, il fait affleurer des thèmes, des obsessions, explore les techniques romanesques, prend la mesure de l'indémodable modernité de l'univers proustien. Mais il va aussi plus loin. En romancier, il se libère des réalités chronologiques pour faire dialoguer Proust et Baudelaire, dans une complicité stimulante et doublement révélatrice. Il nous rappelle aussi quelques grands lecteurs posthumes, notamment Beckett et Koltès.
    En fin de compte, et à chaque ligne de ce livre, François Bon nous dit en quoi la lecture de Proust a été déterminante pour lui, et combien cette œuvre continue de retentir dans nos vies et de les éclairer.

  • L'énergumène a décidé de détruire le « Monde Ancien ». Son plan ? « Une conspiration fatale » où « tout le monde se soulève, les assujettissants autant que les assujettis », les Blancs comme les Noirs : il s'agit d'abolir le capitalisme, à commencer par les États-Unis. Son arme ? Le narrateur, dont il a lu le seul livre et qu'il vient dénicher dans l'improbable petite ville de la Chaux-de-Fonds pour le convaincre de coopérer. Mais le narrateur est un non-violent, qui met en place une palpitante stratégie pour faire avorter les desseins de l'énergumène.

    Dernier volet du cycle romanesque de Velan, ce huis-clos cousine avec Beckett comme Dostoïevski et atteste brillamment du rôle joué par la littérature aux yeux de l'auteur : une perpétuelle mise en question politique et esthétique.

    Yves Velan (1925-2017) a enseigné la littérature en Suisse et en Illinois. Il a reçu le grand prix CF Ramuz en 1990 pour l'ensemble de son oeuvre.

    Après Je (Seuil, 1959), salué par Roland Barthes, paraissent La statue de Condillac (Seuil, 1973) et Soft Goulag (Bertil Galland, 1977). Velan décide ensuite d'arrêter de publier mais pas d'écrire. Peu avant sa mort, il a décidé d'accepter la publication du Narrateur et son énergumène, un manuscrit devenu mythique à force d'être attendu.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Ce recueil réunit pour la première fois l'intégrale des nouvelles inédites ou disséminées de l'auteur. Voici enfin regroupés le mythique Monsieur Thorpe, Rencontre (l'ensemble de nouvelles ajoutées en 1939, par Gallimard, au roman La Dernière Nuit), les très curieux Petits Contes, des textes parus en revue, ainsi qu'un ensemble de nouvelles inédites.
    Emmanuel Bove est sans nul doute le plus méconnu des grands auteurs français. Né dans un milieu très modeste, le jeune homme décide très tôt de ne vivre que de sa plume. Mes amis (1924), son premier roman, est une révélation dans le monde des lettres françaises. Après une vingtaine d'ouvrages, il décide ne publier aucun livre durant la Seconde guerre mondiale. De l'avis de nombreux lecteurs, il y a un avant et un après la lecture des romans de Bove.
    « Bove a comme personne le sens du détail touchant. » - Samuel Beckett
    « L'expérience de la lecture de Bove est unique. » - Pierre Michon, Le Monde
    « C'est comme si, à cause de ou malgré son humour, l'oeuvre de Bove finissait par faire peur, à frapper si juste. » - Mathieu Lindon, Libération

  • Le "À qui ?" est important, il existe depuis longtemps, il m'accompagne continûment, c'est une vraie question : à qui dire les choses ?
    Très récemment, bien après avoir écrit ce texte, j'ai rencontré le "À qui ?" chez Virginia Woolf, que je n'avais jamais lue. J'avais des méfiances. "Mrs. Dalloway" en dissipe certaines.
    Pour le "À qui ?", bien sûr, il y aurait la mère, le psychanalyste, le fils, les amis, le père, les frères, et puis les murs, certains murs en briques et chaux avec coulures de peinture bordeaux, vivants tellement vivants, ceux-là, et d'autres, en béton brut, d'Auguste Perret, au Havre, dans la reconstruction des ruines de l'après-guerre, que l'écriture jouxterait comme son ombre le chat.
    Et puis l'économie, liée à la ménagerie, comme est liée la condition qui nous lie à nous-mêmes, la petite domesticité, la restriction, l'étiage. Et puis, lié aussi au sujet parlant rêvant, le statut du génitif en français, comme "Le désir du psychanalyste", chez Lacan.
    Ruines. Liaisons. Réversibilités.
    N'en rien conclure jamais - comme sur un mur Ne travailler jamais, revisité infinitif plus calme, moins dogmatique, plus flânant -.
    L'insistance du "À qui ?" s'adresse infiniment à l'Autre en qui le personnage put distinguer la haute silhouette de Beckett, pour autant que de sa distinction il déduise l'idéal du "À qui ?"... et s'imagine devoir lui parler, depuis son sommeil.
    Pour le reste, "Malone meurt", peut-être.
    Édith Msika

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  • Sur la relation critique, beaucoup a été dit et écrit. Disséminés ou perdus sur des blogs, sites ou pages noyées dans le web, ces échos, tantôt coups de coeur tantôt coups de doigt, toujours tapés directement sur un clavier, sont ici rassemblés pour la lecture numérique. Ces échos traitent aussi de textes peu ou pas encore assez connus. Quelques discrets au milieu du fracas des titans. C'est le lot de la littérature. Elle touche à tout, doit tout toucher. Hommage aux méconnus.Traiter des textes revient, au bout de tous les comptes, à honorer ce que l'on traite et à oublier ce que l'on trahit.

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