• Comment en est-on venu à considérer en France qu'il était possible de consolider la liberté politique et publique, non seulement en se passant de la référence à la Révolution française, mais en récusant violemment toute référence positive à ce moment historique ? Vouée aux gémonies comme supposée « matrice des totalitarismes » par certains, comme objet ethnocentrique par les post-colonial studies, laissant indifférents ceux qui la considèrent comme désactivée, le crédit de la Révolution française est bien entamé.
    Or, l'appréciation politique et intellectuelle de la Révolution française doit moins, depuis 1945, aux historiens qu'aux philosophes, moins à l'évolution de l'historiographie comme telle qu'à la manière dont des penseurs de première importance se sont mêlés de penser la Révolution française. Les querelles philosophiques des années 1960, sur les fonctions respectives de l'histoire, de l'anthropologie, des sciences dites humaines, et de la philosophie ont installé la Révolution française au coeur des débats.
    Le plus fameux d'entre eux a opposé Jean-Paul Sartre et Claude Lévi-Strauss, et, dans son sillage, Michel Foucault a promu contre Sartre, une certaine conception scientifique du savoir sur l'homme où la Révolution française n'a plus eu aucun intérêt. Mais personne n'en est resté là. Avec la question d'une Révolution française à la fois enthousiasmante et cruelle se joue et se rejoue la question d'une éthique de l'histoire de la Révolution française.
    Ces explorations successives permettent de s'éloigner d'un mythe identitaire et de retrouver une révolution bien réelle, capable de nous donner ses Lumières, pourvu qu'on accepte de continuer à en faire l'histoire pour notre aujourd'hui.

    Sophie Wahnich, agrégée et docteure HDR en histoire, est directrice de recherche au CNRS. Spécialiste de la Révolution française, elle lui a consacré de nombreux ouvrages tels que La Longue Patience du peuple, 1792, naissance de la République (2008) et La Révolution française, un événement de la raison sensible (2012). Elle est membre du comité de rédaction des revues L'Homme et la société, Lignes et Vacarme.

  • Cet ouvrage fait revivre un quartier important, turbulent et méconnu du Paris au temps de Robespierre : sur la rive gauche de la Seine, avec ses 65 000 habitants, le faubourg Saint-Marcel, siège de la célèbre manufacture des Gobelins, espace d'artisanat, mais aussi de misère et de pauvreté, fut un formidable centre d'agitation et de mobilisation révolutionnaire.L'exploitation systématique et minutieuse de sources souvent inédites permet la restitution des sociabilités et des comportements politiques vécus au quotidien, depuis la crise finale de l'Ancien Régime jusqu'aux jours les plus sombres de la Terreur.Magistral modèle de « micro-histoire », l'ouvrage monumental de Haim Burstin nous donne a voir les rythmes et les pulsations d'une révolution saisie sur le vif ; elle s'inscrit au coeur de la société des plus humbles, artisans, compagnons, manoeuvres, gagne-deniers, qui ont accès pour la première fois a la citoyenneté et font ainsi leurs premiers pas dans le militantisme.


  • Le 10 août 1792, avec le massacre d'un régiment de Gardes suisses dans le palais des Tuileries, en plein Paris, nous assistons à l'effondrement de la monarchie française, mais aussi, par contre-coup et du côté des Alpes, à l'ébranlement final de l

  • TOME 2 : Ce dictionnaire est « dédié à tous les Parisiens et amis de Paris et faisant connaître toutes les voies passées et présentes, publiques et privées de cette Capitale : allées, avenues, boulevards, chaussées, chemins de ronde, cités, couloirs, cours, enclos, galeries, hameaux, impasses, passages, places, ponts, ports, quais, rues, ruelles, sentes et sentiers, squares et villas, avec leurs tenants et aboutissants, leur longueur et leur largeur, l'année où elles ont été ouvertes, les différents noms qu'elles ont portés ainsi que la raison de ceux-ci. On y trouvera l'historique de tous les établissements civils et religieux : abbayes, chapelles, cimetières, collèges, couvents, églises, hôpitaux, hôtels et maisons célèbres, palais, prisons, séminaires, temples et théâtres que ces rues ont desservis depuis l'époque de Lutèce jusqu'aux temps présents avec l'histoire des personnes connues qui les habitèrent et les anecdotes qui peuvent s'y rattacher. »

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