Vents D'ailleurs

  • Un chuchotis, Mon nom est Aube, c'est du chemin non tracé qu'Abdourahman Waberi délivre cette voix, de paix et d'assurance. En montagne, on dit que le trajet le plus court va d'un sommet l'autre. Un pas après l'autre, un mot après l'autre, le poète nous emmène, cheminant à travers des pas plus anciens, à travers des mots plus anciens, à travers un sentier toujours essentiel. C'est là que se délivre la contemplation de soi, la contemplation du monde, le lien spirituel avec le Très Haut. Le poète se fait exégète, le sage aspire à la simplicité de l'instant fait éternité.
    L'homme, le poète, revient à toutes les Aubes qui le constituent, la mère, la femme, mais aussi l'enfant qu'il engendrera, les textes qui le généreront. Sous l'aphorisme, souvent, affleure l'intime, pudique, secret. Mais toujours l'obstination tranquille à poser la plénitude des vies.
    Abdourahman Waberi, par ce recueil de poèmes, renoue avec les grands poètes de l'islam, plaçant le Verbe au centre de leurs quêtes, l'érudition comme remède à l'inconstance. L'Aube ou l'éternel recommencement du jour, il nous faut apprendre le soleil, et ne pas se laisser aveugler par la vanité d'être vivant.

  • Dix années d'écriture pour livrer ce recueil. Dix années d'espérance malgré Scio, Guernica et le Rwanda comme balise. On peut invoquer Delacroix et Picasso, vivre la Côte d'Ivoire en sa chair et dire les morts et les colères. Espérance ? Est-ce possible ? L'avenir et le pouvoir se nourrissent de la même terre engraissée par ses morts, nourrit des douleurs et des liens farouches qui nous lient à la vie. Et là, une lueur, un grain de sable, des lunes en perles multicolores donne l'étincelle des regards qui aiment. Alors, l'espoir quand même, l'âme inspirée de Tanella Boni a rendez-vous avec l'aube.

  • Mélange de poèmes et d'aphorismes, Kana sutra est un ouvrage témoin du temps du voyage de James Noël. Voyage en Nouvelle-Calédonie où le chemin kanak lui a insufflé sa part d'ailleurs, voyage de coeur à corps entre voluptés et phantasmes, voyage intérieur enfin, ou l'adulte s'interroge sur sa part d'enfant.
    Un livre de transition, où James Noël ose un peu plus la prose, un peu plus l'engagement.

  • "Un vent salé nous vient du large avec la poésie de James Noël.
    Poésie toujours à double tranchant, sensuelle et tendre, violente et douce, âpre et sensible, poésie généreuse, soucieuse d'avancer, de partager le lot commun avec ses frères de peine, d'étarquer cette voile déchirée, celle de l'espoir d'un monde meilleur, sans cesse à construire et dont les mots du poète sont souvent les premières pierres". Jacques Taurand

  • D'un texte à l'autre, se tisse le parcours d'un homme qui contemple la nature et la course du temps. De Melbourne à Sarajevo, entre le soleil du quotidien et la neige des origines, le passé se mêle au présent. Un sentier se dessine et façonne la trace de la Nouvelle-Calédonie d'hier, de la Nouvelle-Calédonie d'aujourd'hui.

  • Sayouba Traoré s'est consacré à accompagner, par le biais de l'écriture, la lutte du peuple burkinabè pour se sortir de vingt-sept années de pouvoir du président Blaise Compaoré. Cette lutte a connu son épilogue fin octobre 2014, par la chute du président.

    Ce livre dévoile pour la première fois ces textes intimistes et pourtant virulents. La poésie minutieuse rend encore plus percutante l'indignation face à l'inacceptable.

    Du pays des hommes intègres, l'Homme se soulève, s'indigne, gronde. Comment concilier la fierté d'un peuple capable de pousser son président aux portes de ses propres frontières avec les lâchetés quotidiennes??

  • La trame du livre se noue autour du nom d'un mois du calendrier révolutionnaire français. Dans une ville assiégée, une révolte est sur le point d'éclater, presque imperceptible. Issus de nulle part, elle ne se manifeste que par certains mouvements inhabituels dans la ville (des femmes la traversent, en habits de nonnes ; peut-être qu'il s'agit d'un déguisement, seraient-elles armées jusqu'aux dents ?).

    Les brumes qui accompagnent les premiers jours du mois révolutionnaire sont celles de l'automne, mais elles teintent chaque poème d'un halo métaphorique. Brumaires est un recueil de poèmes sur la ville, ses possibles révolutions, ses émotions primitives.

    De Paris à Buenos Aires, Brumaires fait pénétrer le lecteur au centre nerveux des grandes capitales, ces métropoles qui respirent la tension sociale, la marginalité et la solitude. Ces espaces urbains où s'élèvent les barricades, où menacent les incendies de voitures et des quartiers bourgeois. Les murs et les mémoires se souviennent encore de la geste révolutionnaire.

  • Dans le Pacifique, le taro d'eau est un élément de l'humidité, une nourriture de bonne santé, un plant de partage et de consommation. Denis Pourawa nous laisse ici parcourir ses terres kanak où chaque pas, chaque plan sont une étape entre l'homme ancestral et l'homme inscrit dans son temps. Progressivement, l'évidence de l'action s'impose face à la contemplation. Denis Pourawa se révèle bien ici comme un auteur majeur de la nouvelle génération. De cette génération qui a choisi avec force la moderne complexité d'une écriture de combat et d'une libre parole. Comme glisse une goutte d'eau sur la feuille du taro, la fureur tranquille de Denis Pourawa nous entraîne à nourrir notre propre jardin.

  • La poésie de Nicolas Kurtovitch est une étrange rumeur, le bruit d'une île, la parole d'une terre partagée. C'est sûrement ce mélange entre conscience d'un exil et recherche d'une place juste qui fait que son écriture résonne tant en nous. Ce « nous » universel et pluriel qui nous interroge sans cesse dans notre quotidien singulier. C'est de cette matière qu'est faite la poésie de Nicolas Kurtovitch : une glaise où chaque homme trouve à façonner son quotidien pour construire son existence.

  • D'un temps où les hommes vendaient les autres hommes, Lemy Lémane Coco ne se satisfait pas des révoltes muettes. Comment ne pas ressasser et comprendre ? La dimension poétique s'impose là comme une évidence dans la complexité des âmes violentées. De l'île de Gorée à l'histoire rassemblée, l'auteur tisse les larmes en un fin et lancinant souvenir. Des chaînes aux regards croisés « Mes yeux dressés vers l'infini égrènent les décombres venus des champs et du vaste océan. »

  • Un fil est tendu entre terre et mer, un lien comme un vol d'oiseau pour pétrir de mots les douceurs d'un instant, les douleurs de la vie.

    Il faut une grande pudeur et aussi une grande force pour tout dire des temps qui ne sont plus et des souffles du silence, de ceux qui sont là-haut, devenus flèches faîtières.

    La trace d'une femme dans les pas des guerriers, qui, plus que les maîtres des hommes, marque la terre et montre le destin commun.

  • Une découverte pour Vents d'ailleurs que ce poète-plasticien-réveur. Des scénettes en prose venues du tréfonds de l'homme annoncent la mise en pièces, la découpe, les morceaux. Morceaux du coeur plus que de bravoure, morceaux choisis dans la plus fine espérance et les amours charnels d'un jour nouveau.
    Prises au vif d'un regard à la recherche des humeurs du temps, de ses sécrétions, intimement ressenties par un être trouble, troublé et troublant, les images étincelantes, restituées par une voix musicale et rythmée qui fait briller leurs facettes hurlantes et inquiétantes, perdent volontiers le lecteur sur cette voie au sens incertain.
    Le souffle y est celui du texte de toutes les origines et l'aventure, celle de l'humain, de ses angoisses et de ses souffrances.

  • La poésie de Tanella Boni est un ruisseau sauvage parallèle au canal de la vie. Sautant de-ci de-là, de la politique aux armes, de la parole aux larmes, ses scènes et histoires sont contruites comme des récits, proposant un contraste permanent entre le plaisir des mots et la réalité du monde. Ses mots-frontière montre le poids du monde, raconte l'humain et fait craindre l'homme, raconte aussi, comment être en vie et comment s'y prendre sans se rendre.

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  • Sabir

    Sunjata

    Sabir est un recueil surprenant, alerte, plein d'un slam au tempo grave et puissant traversé par l'urgence de dire. Un tempo lent, un blues de parias, avec la rue comme creuset, avec la rue où un jeune garçon a décidé par le feu des printemps et du jasmin nouveau.

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