Arts et spectacles

  • Tournez ces pages lentement. Chaque page est une note de musique, les rythmes et les rimes se suivent.
    Laissez-vous immerger dans un autre monde.
    Ce monde de l'Orient.
    Une autre culture, une autre façon de vivre.
    Une autre façon aussi de voir.
    Un Orient que l'on ne voit plus en Chine, un peu au Japon, mais qui survit en Inde malgré la tentation de l'occident, de ses techniques et ses impatiences.
    Caroline Abitbol a vu cet Orient dont on entend plus parler.
    Elle en rapporte des images.
    Et c'est un bonheur de découvrir ici ces gestes, ces visages dans la brume.

    Marc Riboud [Extrait de la préface]

  • Arnaud Vareille est un infatigable arpenteur de la planète qui pose un regard émerveillé sur le spectacle de la nature.
    Après « Joue contre terre »*, « Obsolescence programmée ? »* et « Rêves dansés »*, il s'attache ici à observer et capter le blanc et le noir de la nature et, dans une forme de défi, c'est en couleur qu'il mène cette nouvelle quête.
    De l'Harfang des neiges aux scories de l'Etna, de Carrare aux sables noirs d'Islande, des écailles des reptiles aux écorces d'arbres, son périple l'a mené des rives franciliennes aux déserts américains.

  • Les Korèdugaw parodient et tournent en dérision toutes les figures du savoir et du pouvoir et remettent en question le pouvoir, les comportements sociaux, la sexualité et même le rapport à la mort. Ils sont en voie de disparition?! Le rire et la satire sont étroitement liés à la liberté d´expression, à la création, ils sont les garants d´une société libre et une porte ouverte sur la vie. La Société Korèdugaw a été inscrite par l´UNESCO sur la liste du patrimoine immatériel de l´Humanité le 24 novembre 2011.

  • L'Albanie est l'oubliée de l'Europe. Longtemps, elle en est restée le pays le plus fermé, le plus isolé. En s'y rendant, Vittorio Bergamaschi pensait retrouver l'empreinte d'un passé révolu inscrite dans le paysage et particulièrement celle laissée par la période communiste. De ce passé, il n'a trouvé que peu de traces en Albanie tant la rage de destruction dans les années 90, s'est efforcée d'effacer tout ce qui rappelait la collectivisation : bâtiments institutionnels, coopératives et même parfois écoles. Il a été confronté à un présent absolu, à la fois volontairement amnésique et dénué de projet visible, qui l'a fasciné bien plus que les reliques du communisme.

  • Depuis vingt-cinq ans, Jean-Christophe Béchet colle ses photographies dans des albums, petits blocs de papier reliés sans couverture. Ce sont ses "carnets". Ses étagères en contiennent plus de cent cinquante. Les images sont rassemblées par thème, par chronologie, par association d'idées, par lieu, par histoire .
    La collection "Carnets" témoigne, volume après volume, d'une photographie à l'oeuvre.
    Parution de trois ouvrages distincts constituant une "American Trilogy".

    "Aux Etats-Unis, tout est plus grand, plus fort et plus impressionnant, notamment les paysages !
    Les photographies légendaires d'ansel Adams ont structuré notre mémoire visuelle [.] On peut toutefois s'étonner de ces écarts esthétiques pris avec la simple vraisemblance. Ainsi la photographie du paysage américain est devenueune image virtuelle et idéologique déconnectée de la vision humaine. Mes "petits paysages américains", de taille modeste, en noir et blanc argentique, faits au Leica M6 avec un seul objectif Summicron 35mm, sans retouche, ni recadrage, sont une réponse (un antidote ?) à ces représentations hyperboliques. Ils s'attachent à représenter aussi bien des lieux les plus célèbres du pays (Monument Valley, Arches, Zion, Yosemite, Yellowstone, death Valley, les bayous de Louisiane, les chutes du Niagara.) que des espaces sans qualité qui sont pourtant tout autant de vrais et emblématiques "paysages américains"."

  • Depuis vingt-cinq ans, Jean-Christophe Béchet colle se photographies dans des albums, petits blocs de papier reliées sans couverture. Ce sont ses "carnets". Ses étagères en contiennent plus de cent cinquante. Les images sont rassemblées par thème, par chronologie, par association d'idées, par lieu, par histoire .
    La collection "Carnets" témoigne, volume après volume, d'une photographie à l'oeuvre.

    "Lors de mes différents voyages aux Etats-Unis, j'ai toujours été frappé par la présence des animaux, domestiques ou sauvages, dans la vie quotidienne. En Floride, des crocodiles dorment au bord des chemins, en Californie des cerfs surgissent devant les voitures, au Montana des bisons traversent placidement la route, à San Francisco des otaries ont envahi le port et partout des oiseaux s'invitent au coeur de zones habitées, notamment à Bodega Bay, la petite ville où Alfred Hitchcock tourna en 1963 le film "The Birds".
    Ces multiples rencontres inattendues et surprenantes avec le monde animal m'ont donné envie de faire, pour la première fois, de la photographie animalière.
    Je l'ai envisagé à ma façon, sans zoom, ni téléobjectif, sans trepied ni affût, avec une simple focale fixe standard, en format carré, argentique puis numérique".

  • « L'OEil de Clairvaux » de Marion Lachaise propose une traversée photographique de l'ancienne détention de Clairvaux à la rencontre, sous forme de portraits vidéo, de sept personnes détenues à la Maison centrale actuelle. Chacun dévoile ses moyens de survie dans l'univers carcéral.
    « L'OEil de Clairvaux » est également un objet multimédia à multiples entrées pour que chacun puisse être touché et concerné par la prison.
    La forme du livre - à ouverture par le milieu - simule l'infinie succession de portes qui mènent aux personnes détenues.
    Grâce à un logiciel de reconnaissance d'image, le livre est augmenté de contenus vidéo.
    En exploitant la forme singulière de l'objet, le lecteur est invité à interagir avec les pages afin d'accéder aux portraits vidéos du court-métrage « Antiportraits Clairvaux » sur nos terminaux portatifs (smartphones, tablettes). Ce processus permet d'enrichir la déambulation en immergeant le lecteur à travers ses sens : le toucher, la vue et l'ouïe.

  • Au cours de ses nombreux voyages en Afrique de l'Est, Gilles Perrin a rencontré les Mursi et les Surma, peuples de la vallée de l'Omo (Éthiopie).
    Pendant plusieurs années il a photographié ces femmes et ces hommes qui perpétuent des modes de vie ancestraux, dressant une galerie de portraits noir et blancs de ces derniers guerriers nus. Images à la chambre sur film Polaroid noir et blanc, réalisées de 2005 à 2008.

  • Depuis vingt-cinq ans, Jean-Christophe Béchet colle ses photographies dans des albums, petits blocs de papier reliés sans couverture. Ce sont ses "carnet". Ses étagères en contiennent plus de cent cinquante. Les images sont rassemblées par thème, par chronologie, par association d'idées, par lieu, par histoire .
    La collection "Carnets" témoigne, volume après volume, d'une photographie à l'oeuvre.

    "Près de mille kilomètres (939 km pour être précis) séparent la ville d'Eureka dans le Nevada de la ville d'Eureka en Californie. La route qui les relie recouvre en partie le tracé du fameux Pony Express, ce service de distribution du courrier qui fut en service entre 1860 et 1861. De nombreux westerns racontent l'épopée de ce voyage à haut risque qui traversait les grandes plaines de l'Ouest, les Rocheuses et les réserves indiennes. Aujourd'hui, on arrive à Eureka (Nevada) par la route US 50, une route de 4800 km appelée "The Loneliest Road in America" (La Route la plus Solitaire d'Amérique). Située en altitude (1975m), Eureka (Nevada) est un village de six cents habitants.
    Au printemps 2016, j'ai voyagé entre ces deux Eureka. J'avais un point de départ et un lieu d'arrivée, ultime et définitif, face à l'Océan Pacifique. En avril 2016, le pays était en pleine campagne électorale. Entre ces deux Eureka, j'ai été confronté à cette Amérique dite "profonde"."

  • Cet ouvrage s'attache à donner une autre vision de la bataille de Normandie. Antoine Cardi s'intéresse, dans ce travail, aux victimes civiles offrant une autre vision que celle du seule héroïsme militaire.
    Le territoire sur lequel nous vivons aujourd'hui en paix fut, durant la Seconde Guerre mondiale, le théâtre d'une guerre dont le cortège de violences toucha intensément les populations civiles. Un phénomène devenu central dans les conflits contemporains (les deux guerres mondiales, mais aussi ceux plus récents comme dans les Balkans ou au Moyen-Orient).
    Faire se côtoyer, dans un même ouvrage, un travail photographique et des textes d'historiens vise à proposer une opération de connaissance d'un passé qui résonne fortement dans le présent, tout autant qu'une réflexion sur les modalités d'écriture de l'histoire et sur les capacités de la photographie documentaire - entre empreinte indicielle et projection imaginaire - à rendre compte du "réel", un réel ici révolu.

    Textes de :
    Annette Becker : historienne, professeure d'université.
    Patrick Boucheron : historien, professeur au Collège de France.
    Antoine Cardi : photographe, auteur.

  • Huang Shan

    Mi-Hyun Kim

    Mi- Hyun KIM s'est attachée en 2007 à la Montagne Dorée, ce parc naturel chinois, berceau de la peinture, lieu de cette « imagerie » des pics et des arbres hiératiques qui émergent de la brume, figures emblématiques de l'estampe. Il résulte cet ensemble qui témoigne de l'histoire de la représentation et la contextualise dans son « usage contemporain », ces vastes espaces devenus des lieux de loisirs.

  • Avec ces photographies, je cherche à appréhendre les cicatrices d'une liaison hasardeuse et ses résonnances contemporaines.
    Il ne s'agit pas d'illustrations, ni d'une narration mais d'un état des lieux émotionnel. Un voyage à l'heure bleue. Une conversation entre mes doutes et une part d'humanité brute, celle qui renvoie aux notions de survie, d'existence, d'humilité. Ici j'apprends à voir, à vivre.

    Sur commande
  • La sinistre prison du Barrio Aluche à Madrid, totalement rasée en 2008, comme si un trait de bulldozer effaçait des décennies de mémoire, celle de la Guerre d'Espagne et des années de dictature. « J'ai observé sa destruction puis j'ai rencontré les derniers républicains et enfin j'ai recherché et inventorié les lieux de massacres et de répression. » « Carabanchel » présente ces trois volets à l'aide de trois propositions photographiques et graphiques distinctes. Au delà des résistances contemporaines à remuer les douleurs passées, transmettre, rendre accessible au plus grand nombre cette histoire récente, cette quête mémorielle.

  • Objet délibérément singulier et autonome, ce livre de photographies est ouvert aux propositions plastiques, aux débats, aux essais et aux questionnements, il constitue le septième espace de l'exposition qui sera présentée début 2016, à l'occasion de l'ouverture du nouveau Mémorial de Verdun ; il en propose à la fois un préambule et un prolongement.
    Jacques Grison le détermine comme un « journal de travail, un atelier d'échanges et de recherche » et il y invite plusieurs auteurs, artistes et spécialistes à l'accompagner et à intervenir par des approches singulières et croisées, en écho à sa démarche.
    Ils auront à coeur d'apporter un éclairage original et délibérément contemporain sur les relations que lui-même et les meusiens, entretiennent avec le paysage de la Grande Guerre devant Verdun.
    Comment la géographie de ce territoire bouleversé par l'histoire et façonné par la mémoire a imprégné la vie du photographe et de ceux qui y vivent ou y passent ?
    La bataille de Verdun, 21 février au 19 décembre 1916, 300 jours, 300 000 morts. Comment aborder et représenter cette mémoire aujourd'hui ?

  • Dans la régulière et pléthorique actualité éditoriale consacrée à Walter Benjamin, pour la première fois, un ouvrage illustré s'attache à ces années aussi précaires que fécondes du grand philosophe. Il en constitue l'étude la plus complète. Ce sont ces années d'exil, traversées de passages et d'impasses, de « zône[s] de danger » et d'espoir, et portées par le désir constant d'« interrompre la catastrophe » que cet ouvrage bilingue, né de la collaboration d'une historienne et d'un photographe, Nathalie Raoux et Arno Gisinger, s'emploie à dérouler sous le maître mot du montage ou de la « constellation » au sens benjaminien du terme.
    Montage de trente-trois « arrêts sur images » finement découpés dans la chronologie, d'abord - de Berlin en 1933 à Port-Bou en 1940 - mais aussi montage, pour chacun d'entre eux, d'un texte historique, complété de documents d'archives, et une photographie du « lieu du drame » - ce lieu de non-mémoire (qu'il s'agisse des domiciles occupés par Benjamin à Paris, de la salle de lecture de la Bibliothèque Nationale, de salles de conférences qu'il transforma en tribunes ou du modeste coin sous un escalier qui lui servit de refuge lors de son internement en 1939) tel qu'il s'offre à nous aujourd'hui.Ceci dessinant une ultime « constellation » : celle du passé et de notre présent.
    33 photographies reproduites en quadrichromies pleine page, représentant chacun des lieux d'exil de Walter Benjamin, image « marquée » d'un extrait de texte écrit dans ce lieu. (Traduction en regard) Ensemble suivi d'une étude de Nathalie Raoux.

  • Patricia Lecomte a observé pendant plusieurs années la fête de l'Humanité.
    Véritable institution française, la « fête de l'Huma » dispose cependant de peu de témoignage photographique contemporain. Cette série présente une face rarement accessible à l'iconographie habituelle du rassemblement populaire.
    De 2004 à 2008, entre chien et loup ou au coeur de la nuit, quand le visiteur a déserté la fête, elle s'est attachée au décor des stands, aux slogans qui les marquent.
    « Il faut rêver très haut » est né d'une de ces phrases étendard.
    Cet ouvrage rassemble l'intégralité des images de la série exposée à l'automne 2009 à l'Espace Niemeyer.

  • A l'automne 2006, j'ai vu apparaître sur les boites bleues des Polaroid 665 une étiquette jaune. En cinq langues, elle annonçait la mort prochaine de ce film. Dans l'industrie, on ne dit jamais qu'un produit est arrêté, on dit qu'il est « discontinué ». Un aveugle est un non-voyant, un sourd est un mal-entendant, un film photo qui meurt est un produit « discontinué ». En anglais: « Product being discontinued ». En allemand « Das produkt wir eingestellt » . En espagnol : « producto està suspendido », en italien : « prodotto fuori produzione ».
    Polaroid est une des grandes victimes économiques de l'essor du numérique. Le Pola n&b 665 était le seul film (avec son grand frère, le PN 55 lui aussi « discontinué ») qui délivrait instantanément un négatif en plus du petit « pola » traditionnel. Une fois lavé et séché ce négatif de 8x10cm pouvait être utilisée comme n'importe quel négatif n&b de grand format. Son rendu esthétique était exceptionnel. Souvent abîmé lors du développement instantané, encaissant mal les variations de températures, dôté d'une chimie capricieuse, le Pola 665 possédait une personnalité unique. Depuis ses bords délicatement voilés jusqu'à la douceur et la finesse de son grain même, le 665 était unique.

    Son utilisation m'obligeait à utiliser une grosse camera métallique. Avec cet équipement, je m'étais lancé dans une série de paysages, notamment en montagne. J'aimais emporter ce matériel capricieux et rustique sur les chemins de randonnée. J'ai toujours tendance à penser que c'est avec un appareil lourd et contraignant que l'on fait des images qui ont elles-mêmes du poids... Quand la fin du film 665 fut annoncée, j'ai décidé de photographier en en ayant ce compte à rebours en tête : plus que 10 packs (chacun contient 10 vues), plus que 7 packs, 5, 4, 3, 2, 1... Fini ! Il s'agissait d'une nouvelle sensation. A l'heure du numérique où justement tout paraît infini, gratuit, léger, volatile, je me retrouvais dans une économie restreinte, avec la nécessité de penser chaque vue. Et puisque le film était discontinué, j'allais aussi photographier ce sentiment de « discontinuité ». Le hasard des voyages m'a emmené en Islande. Et quoi de plus discontinué qu'un Geyser ? Ou qu'une cascade qui « coupe » brutalement l'écoulement d'une rivière ? En montagne, j'allais maintenant chercher les fortifications abandonnées, vestiges « discontinués » des dernières guerres.

    N'étant pas d'une nature mélancolique, je ne me suis pas laissé emporter par une nostalgie passéiste. Au fur et à mesure que je finissais mes derniers Pola 665, ma tristesse s'évaporait. Toute vie, tout bonheur n'est-il pas discontinué ? Du coup, c'est avec une vraie jouissance que j'ai terminé cette série. Finis mes doutes, mes hésitations (ai-je assez d'images ? Ne faudrait-il pas encore aller à Zanzibar, Tombouctou ou Valparaiso ?). Là tout est net : c'est le fabricant qui a décidé et cette contrainte me va finalement très bien. J'ai pris du plaisir à délivrer au compte goutte mes dernières vues. Je recherchais des discontinuités mystérieuses, cachées, aléatoires, je privilégiais les espaces où cette matière unique du film 665 me semblait pertinente. Et c'est ce voyage de deux ans, au coeur de la « discontinuité », que je vous propose ici de partager. Sans nostalgie, ni mélancolie (ou alors si peu...). JCB

  • Ce volume aurait dû être le premier de mes « Carnets ». C'est en effet sur les rives du fleuve Niger que j'ai senti que je devenais photographe. C'était il y a 25 ans, à l'été 1987, entre Mopti et Gao. Muni de mes deux Minolta X700, je voyais le chaos du monde s'organiser dans mon viseur... J'avais 23 ans. Mes premières années photographiques furent africaines. Après ce premier voyage dans le Sahel de 1987, il y a eu un long séjour au Cameroun, et puis un lent retour, en 1990, en auto-stop, à travers le Sahara vers la France. J'ai voyagé au contact de ceux qui espèrent commencer une nouvelle vie, au Nord, en Europe. Pour moi, il s'agissait de retrouver Marseille, ma ville natale. Je voulais revenir doucement, et arriver en bateau depuis Alger, soeur jumelle de Marseille...
    En janvier 2012, pour fêter les 25 ans de mon premier séjour africain, j'avais décidé de retourner sur les boucles du Fleuve Niger. Revoir Mopti, Gao, Gourma Rharous, Djenné, Tombouctou... La géopolitique en a décidé autrement. Chacun m'a déconseillé d'aller sur ce territoire là, désormais fermé aux européens. Alors je me suis replongé dans mes archives. J'avais élaboré, il y a vingt ans, de nombreux projets de livres autour de ces images africaines. Aucun n'avait abouti...
    L'actualité rattrapait mon passé. En juin, le nord du Mali était en guerre. Des groupes extrémistes ont commencé à détruire les mausolées et mosquées de Tombouctou. En 1987, je n'avais passé que quelques heures dans cette ville mythique, le temps d'une escale du bateau, le fameux « Capitaine Soumaré »... Enfant j'avais décidé de voyager en fonction de noms qui me faisaient rêver : Zanzibar, Valparaiso, Vladivostock, Tombouctou... Aujourd'hui l'image de Tombouctou apparaît dans ma mémoire comme un mirage dans le désert brûlé de soleil.
    J'espère qu'un jour je retournerai au Mali, au Niger, au Burkina-Faso, dans le désert algérien... Je prendrai alors avec moi ce livre. Il est presque fait pour ça. Pour garder une trace. Evidemment ce ne sera plus les mêmes voyages, les mêmes nuits en plein air, les mêmes tempêtes de sable qui eurent raison de tous mes appareils... Mais j'irai, comme les premières fois, au hasard du moment, là où les taxi-brousse me portent. J'aimerai revoir Mopti ou Gao, et Tombouctou, peut-être... JCB

  • « Le 17 juin 2012, lors du deuxième tour des élections législatives le Front National obtient 72,03% des votes aux Saintes-Maries-de-la-Mer. L'ampleur du score FN me surprend dans cette ville tranquille de Camargue connue pour ses plages touristiques et son pèlerinage gitan. Je découvre une ville blanche et fermée, tout est propre, régenté, organisé. Son aménagement est exemplaire d'un urbanisme d'exclusion qui se répand, notamment dans le Sud de la France. La vie quotidienne se déroule sous le regard des caméras de vidéosurveillance, les interdictions fleurissent à chaque coin de rue, l'ordre règne... » Jean-Christophe Béchet

  • En Indonésie, la vie s'organise autour des volcans. Des millions de personnes vivent sur leurs flancs et plus de cent d'entre eux sont considérés comme actifs. Le mot « Gunung » est un terme générique qui caractérise aussi bien des montagnes que des volcans ; il résonne comme le patronyme d'un Dieu auquel on doit se plier. Des temples et des parcs naturels utilisent aussi ce nom qui sonne comme une menace. A Java, Bali et Lombok, je suis allé voir comment la vie s'organisait sur les pentes de ces volcans actifs. Du célèbre Krakatau qui bouleversa, en 1883, la carte géographique de la région aux inquiétants Merapi, Bromo, Semaru, Kawah Ijen ou Rinjani, j'ai arpenté les sentiers de pierre, de cendres et de fumée. Au coeur d'une nature excessive et exubérante, entre enfer et paradis, j'ai choisi le film n&b et le format panoramique pour restituer la densité et la sévérité du pays des Gunung.

empty