Thierry Marchaisse

  • L'histoire de "La Retrouvée" raconte une conquête à double sens. Car cette maison, initialement parée de toutes les disgrâces, a dû conquérir le coeur de sa propriétaire, tandis que celle-ci s'acharnait à faire sien un lieu "qui n'était pas son genre" . Comment s'approprie-t-on une maison, un jardin ? Comment devient-on finalement habité par le lieu qu'on habite, réparé par le lieu qu'on répare ? L'exploration de ce kaléidoscope d'expériences, à la fois bien particulières et familières à beaucoup d'entre nous, fait l'objet de cet atypique récit par fragments, allant de l'anecdote drolatique à l'exploration psychanalytique, du traité de décoration à la philosophie et de la botanique à la mystique.
    Nathalie HEINICH est sociologue au CNRS. Elle a publié une quarantaine d'ouvrages, parmi lesquels Maisons perdues (Thierry Marchaisse 2013) et Une histoire de France (Les Impressions nouvelles, 2018), qui appartiennent à la même veine autobiographique.

  • Que peut-on dire de la psychanalyse, après en avoir fait sa principale activité pendant plus de soixante ans ? Le but de ce livre est de répondre à cette question.
    Mémoire vivante du champs freudien, à cheval sur plusieurs langues et plusieurs cultures, Moustapha Safouan a commencé son analyse alors que Freud était mort quelques années auparavant et Lacan encore presque un inconnu.
    Il présente ici les éléments fondamentaux de la psychanalyse, et l'éclaircit en suivant les trois fils de ses avancées théoriques successives, de sa fonction thérapeutique singulière et de son histoire institutionnelle mouvementée.
    Une référence pour les spécialistes, qui servira tout aussi bien d'introduction pour les profanes ou les étudiants.

    « Il faut être profond dans l'art ou dans la science, pour en bien posséder les éléments. Les ouvrages classiques ne peuvent être bien faits, que par ceux qui ont blanchi sous le harnais. C'est le milieu et la fin qui éclaircissent les ténèbres du commencement. » Le neveu de Rameau, Diderot.

  • « Il existe, au coeur des pires cyclones, une zone de vents calmes et de temps e´clatant, trouble´e occasionnellement par quelques rafales, mais ou` il n'y a pas de pre´cipitations et ou` le ciel bleu est visible a` travers le voile radieux des nuages. Phe´nome`ne singulier : on l'appelle l'oeil du cyclone. Les artistes sont l'oeil du cyclone. Vents violents, pluies torrentielles, vagues de´vastatrices se de´chai^nent tout autour : ils restent calmes dans la tourmente et font apparai^tre, au centre de la circulation cyclonique, une zone provisoire de discernement et d'e´merveillement, d'autant plus de´licate qu'elle est fragile, d'autant plus pre´cieuse qu'elle est pre´caire. » ?Michae¨l Ferrier Les entretiens et l'iconographie re´unis ici forment un corpus exceptionnel. Pour la premie`re fois des artistes japonais de la « génération Fukushima » dialoguent avec des artistes franc¸ais et disent ce qu'a change´ pour eux la catastrophe du 11 mars 2011, aussi bien dans leur pratique artistique que, de manie`re plus large, dans leur fac¸on d'e^tre au monde ou de le concevoir.

  • Comment se fait-il que certains mots nous parlent, voire semblent nous appartenir en propre ? Chaque mot "élu" par un écrivain nous livre ici une vision du monde et de la langue.
    Bien sûr, nous savons tous qu'il n'y a pas de mot parfait - ou alors tous le sont ! de même que rien ne manque ni n'est en trop dans une langue. Mais l'idée est de surprendre les écrivains au travail, de saisir comment ils découpent et prélèvent leur langue dans la langue partagée.
    Après ceux consacrés aux « mots manquants » et aux « mots en trop », ce troisème dictionnaire iconoclaste vient clore une grande aventure collective, dont l'ambition est de faire découvrir la littérature contemporaine à partir de ses ateliers secrets.

  • Pour retrouver l'effet d'étrangeté que produisit l'emballage du Pont-Neuf, il faut remonter dans le temps, quand Christo était encore peu connu du grand public.
    En 1985, le sens d'une entreprise aussi inédite, collective et éphémère, était loin d'aller de soi, en tout cas pour les non-initiés : avait-on encore affaire à un ouvrage d'art - le pont - ou bien à une oeuvre d'art ? Comment se faire une opinion ? Et fallait-il même prendre tout cela au sérieux, qui défiait autant le sens commun que la sociologie ?
    L'enquête menée à l'époque par Nathalie Heinich permet de s'immerger dans le Paris du premier « effet Christo ». Truffée d'anecdotes savoureuses et de documents originaux, elle offre une introduction remarquablement vivante à la question des frontières de l'art.

  • Tombeau pour un père cheminot, encore un peu vivant, d'un fils voué lui aussi aux TER, aux petites gares et aux lignes oubliées, ces poèmes tentent de « phraser le chagrin » comme l'écrivait Barthes dans son journal de deuil.
    Ils se caractérisent par une attention soutenue aux épiphanies, à ces moments où s'éclaire quelque chose de soi, des autres ou du monde.
    Jim Harrison écrivait, dans ses Lettres à Essenine, qu'il n'en est pas sept par jour.
    Ce n'est donc pas seulement par paresse ou choix personnel que Via Ferrata est un journal épars, tissé de poèmes qu'il est bon de lire dans l'ordre, en se laissant intriguer par les photos trop simples de l'auteur.
    Avec un café, le matin, et une heure devant soi, on peut en éprouver un grand calme, pas du tout désespérant.

  • Est-il possible d'apporter quelques touches de couleur inédites au portrait convenu de Marie Curie ? Tel est le pari de ce recueil de lettres, qui lui sont adressées par diverses personnalités d'aujourd'hui, appartenant aux mondes des sciences, des humanités et de l'art.

    Certaines missives rendent un hommage intime à l'icône féministe, au double Nobel, ou discutent savamment avec elle, d'autres prennent quelque distance avec l'aura symbolique qui l'entoure. Cette occasion d'abolir le temps, et même d'oublier les limites des identités et des sexes, a démultiplié la force et l'inventivité des messages.

    On lira, entre autres, les conseils bienveillants mais prudents de Marie Pasteur, une lettre d'amour posthume de Pierre Curie, une méditation sur la condition des femmes dans le monde arabe, une proposition d'affaires quasi mafieuse, une demande d'éclaircissements de Marcel Proust...

    Auteurs des Lettres : Françoise Balibar, Bernadette Bensaude-Vincent, Isabelle Bergoënd, Elisabeth Bouchaud, Faouzia Charfi, Catherine Cle´ment, Irène Frain, Etienne Guyon, Ghada Hatem-Gantzer, Eva Hemmungs Wirte´n, Emmanuelle Huisman-Perrin, Renaud Huynh, Ioanna Kubar, Edouard Launet, Michèle Leduc, Jean-Marc Le´vy-Leblond, Rémy Mosseri, Clara Delabrouille & Nathalie Palanque-Delabrouille, Hubert Reeves, Marjane Satrapi, Elz?bieta Sikora, SMITH & Jean-Philippe Uzan, Pierre Verschueren

  • Anne Dufourmantelle a péri le 21 juillet 2017 pour sauver des enfants de la noyade en Méditerranée, dont le propre fils de l'auteur.
    Elle était psychanalyste, philosophe, romancière, auteure d'une oeuvre reconnue de par le monde. Sa notoriété culturelle ne suffit pourtant pas à expliquer l'émotion considérable qui s'est répandue à l'annonce de sa mort, en France et au-delà, jusqu'auprès de gens qui ne l'avaient jamais lue ni entendue.
    Ce récit de chagrin livre le portrait d'une femme exceptionnelle, en même temps qu'il médite sur les rapports père-fils, l'origine du sacré et l'aura d'un être qui avait « la passion de l'amitié ».

  • Le tenace et l'imperceptible ; l'étrange et l'indivisible : voilà ce qu'ont accepté d'affronter les 44 écrivains sollicités ici. Chacun tentant de répondre à sa façon : de nommer ce qui ne peut l'être, et d'interroger cette impossibilité.
    Les entrées proposées se présentent sous la forme d'une triangulation méthodique du vide : le champ d'un mot manquant y est délimité par trois termes proches, décrivant l'espace à combler entre la langue et cette région du réel qu'on se propose d'atteindre.
    Nul souci d'exhaustivité, nulle possibilité même : aucun dictionnaire ne saurait couvrir l'immensité des lacunes lexicales. Une telle cartographie du manque ne peut qu'esquisser à un moment donné, pour un ensemble d'écrivains donné, un certain paysage de la littérature française contemporaine.

  • Où en est la psychanalyse aujourd'hui ?
    Ces lettres dessinent un état du champ freudien inséparable, pour le meilleur comme pour le pire, de « l'effet Lacan » et des retombées de son enseignement, en France autant qu'à l'étranger.
    Elles sont signées de psychanalystes (élèves ou détracteurs), dont des proches de la première heure, mais aussi de personnalités scientifiques ou artistiques venues d'autres horizons.
    On peut y voir une forme inattendue de manifeste, une relance du gai savoir lacanien, qui s'autorisait toutes les formes de propos et d'arguments pro et contra, des plus loufoques aux plus sérieux, des plus littéraires aux plus théoriques.

    Auteurs : Jean Allouch, Paul Audi, Jorge Banos Orellana, Fethi Benslama, Daniel Borrillo, Danièle Brun, Chloé Delaume, Christian Dunker, Eric Fassin, Frédéric Gros, Lewis Kirshner, Etienne Klein, Gloria Leff, Guy le Gaufey, Lucrèce Luciani, Paola Mieli, Bertrand Ogilvie, Anne Onime, Barbara Osorovitz, Jacques Roubaud, Moustapha Safouan, Jacques Sédat, Daniel Sibony, Christian Simatos, Marie-Claude Thomas, Alain Vanier, Catherine Vanier, Mayette Viltard, Anonyme.

  • Comment ? s'entend-on déjà reprocher, des mots en trop ? Mais les mots, on en manquerait plutôt.

    Et pourtant. Ame, artiste, coach, communauté... ils sont légion ceux qui éveillent notre résistance intime à tout ce qu'ils charrient d'affects, d'idéologie, de pseudo-concepts - notre résistance mais pas celle du voisin !
    ?
    Quarante-quatre écrivains explorent ici les raisons pour lesquelles ils renâclent devant certains mots, et leurs réflexions critiques témoignent autant d'un état de la langue que des poétiques et des enjeux de notre temps.

    Une expérience littéraire qui vient compléter, en l'inversant, celle du Dictionnaire des mots manquants.

    Auteurs : Malek Abbou, Jacques Abeille, Mohamed Aïssaoui, Jacques Ancet, Marie-Louise Audiberti, Michèle Audin, Olivier Barbarant, Marcel Bénabou, Jean Blot, Jean-Claude Bologne, François Bordes, Lucile Bordes, Mathieu Brosseau, Belinda Cannone, Béatrice Commengé, Thibault Ulysse Comte, Seyhmus Dagtekin, Louis-Philippe Dalembert, Remi David, Erwan Desplanques, Jean-Philippe Domecq, Christian Doumet, Renaud Ego, Eric Faye, Caryl Férey, Michaël Ferrier, Philippe Garnier, Simonetta Greggio, Cécile Guilbert, Hubert Haddad, Isabelle Jarry, Cécile Ladjali, , Marie-Hélène Lafon, Sylvie Lainé, Frank Lanot, Fabrice Lardreau, Mathieu Larnaudie, Linda Lê, Guy Le Gaufey, Jérôme Meizoz, Christine Montalbetti, Christophe Pradeau, Marlène Soreda, Abdourahman A. Waberi.

  • Lieux secrets, lieux uniques, les maisons que nous avons aimées, puis perdues, ne cessent de hanter nos rêves. Que nous disent-elles ? Et se pourrait-il que le murmure de ces lieux de mémoire, si personnels, trouve un écho en nous tous ?
    Explorant minutieusement cette topographie intime et ses résonances familiales, amicales, amoureuses, Nathalie Heinich ne restitue pas seulement sa propre histoire : elle dessine en creux la forme que prennent les âges de la vie, le passage des générations, les fantômes de l'Histoire, le paysage intérieur et sentimental de notre époque.
    Une « autobiographie par les toits », donc, des années 1950 à nos jours, qui rend justice à la grâce des maisons et à la douleur de leur perte.

  • Drôle de dialogue entre deux personnages qui ne sont pas de la même espèce.
    La narratrice ne pense qu'à dérouler une histoire ou une pensée. C'est une écriture. Elle va quelque part. La Petite Personne, elle, ne va nulle part : elle est. C'est un dessin.
    Pour être ensemble elles sont obligées de se contraindre, d'aller contre leur nature.
    Où cela va-t-il les mener ? Et que pèsent Satan, la Mort, l'Amoureux ou même la Vie qui déboule avec sa fleur, dans un amour entre créatrice et créature ? Entre soi et soi.
    C'est cette histoire d'amour particulière que raconte (en filigrane, puisque chaque page est autonome) Moi et les autres petites personnes on voudrait savoir.

  • D'où vient notre désir d'histoires et cette propension proprement humaine à se représenter soimême et la réalité comme un récit ? Qu'est-ce qui rend si irremplaçables les processus narratifs et les représentations qu'ils véhiculent ?
    Pour apporter des éléments de réponse à ces questions, il faut réorienter notre point de vue. Et nous intéresser non aux formes canoniques de l'art de raconter, comme le roman ou la biographie, mais plutôt aux situations ordinaires, marginales ou pathologiques où ces formes se « troublent », voire se disloquent.
    Un livre fondamental, qui fait entrer la psychologie cognitive et les neurosciences dans les études littéraires et plus généralement dans les sciences humaines. Et qui montre comment elles viennent compléter les approches classiques du récit.

  • Le psy était presque parfait... une séance d'enfer avec une patiente intraitable.
    « Alors je vous raconte ?
    - Pourquoi pas puisque vous semblez y tenir. Je vais tacher de ne pas vous interrompre, mais je ne vous promets rien. Selon ce que vous allez me dire, je devrai peut-être réagir.
    - Ne vous inquiétez pas. Je n'ai tué personne, je n'ai commis aucun délit, je n'ai rien fait de mal. C'est juste que je suis mal, que je me sens mal et que je veux parler. Mon histoire est banale en un sens. Je pense que vous allez même la trouver nulle, car un psy comme vous doit en entendre de toutes les couleurs. Mais j'ai vraiment besoin que vous compreniez comment je suis devenue prête à tout pour l'homme que j'aime, et ce n'est pas facile pour moi à expliquer, parce que je suis lesbienne. »

  • Que sont devenus les Grands Hommes et les Grandes Femmes, qui servaient de modèles à la société Baruya, avant que les « Blancs » ne la découvrent et ne la soumettent à leur ordre ? Et les « secrets des hommes », existent-ils encore ?
    Pour décrire les transformations de cette petite société tribale, Maurice Godlier a pris le parti de raconter les circonstances qui l'ont conduit, dans les années 60, à vivre et à travailler chez les Baruya, puis à inviter de jeunes collègues à venir le rejoindre en Nouvelle-Guinée.
    On verra ainsi comment le métier d'anthropologue lui-même s'est transformé au fil du temps, et ce que lui ont apporté la photographie et le cinéma. Mais on pourra surtout mesurer précisément ici - dans la durée - les effets conjoints du capitalisme et du christianisme mondialisés.

  • Il est diverses facettes de leur métier que les anthropologues hésitent à évoquer, par gêne, par crainte aussi de dévaloriser l'image de leur discipline. En les dévoilant cependant, le but de l'auteur n'est nullement de « déconstruire » l'anthropologie en pointant ses faiblesses et ses incertitudes, mais au contraire de mesurer sa fécondité à la profondeur de ses apories et de ses failles.
    Le récit des mésaventures d'une anthropologue ordinaire et l'analyse épistémologique se conjuguent ici avec humour pour frayer la voie à une anthropologie de l'anthropologie.

  • Ce récit écrit à hauteur d'enfant décrit l'expérience vécue par Kumi Sasaki d'une réalité taboue au Japon, celle du harcèlement quotidien de très jeunes filles dans les transports en commun, et ses conséquences sur leur vie. Tchikan est le nom qui désigne cette forme d'agression sexuelle par attouchement et les prédateurs, hommes de tous âges qui opèrent dans la foule aux heures de pointe.

  • La gloire ne s'est emparée de la figure de Turing que vers la fin du vingtième siècle, bien longtemps après sa mort.
    Il aura fallu attendre le développement de l'informatique quotidienne, la divulgation de ses activités de décryptage durant la Seconde guerre mondiale et la levée des tabous sur l'homosexualité pour qu'un tel génie mathématique déploie enfin toutes ses dimensions scientifiques, culturelles et personnelles.
    Ses recherches très variées, et notamment sa célèbre « machine », sont pourtant loin d'avoir donné tous leurs fruits. Nous vivons désormais en partie dans une sorte d'« espace de Turing » mal connu, que les lettres rassemblées ici explorent avec humour, savoir et affection.

  • " Est-ce que c'était moi ? Est-ce que vraiment j'ai vécu ça ? Ou est-ce que c'est une autre, ou est-ce que c'est un rêve ? Mon enfance dans le désert, les grandes traversées avec le Groupe Nomade, mon gavage, mes mariages avec. Est-ce que ça a existé ? C'est tellement loin de moi. Et puis si c'était vraiment moi, qui suis-je maintenant ? " La voix de Mariem s'élève du pays au million de poètes, de ce désert mauritanien où le vent de sable efface toutes les traces, et voue la vie des hommes à l'oubli.
    Portés par sa parole, magistralement mise en scène par Sophie Caratini, nous traversons le miroir du mythe pour atteindre - fait rarissime - à la vérité d'un féminin saharien, bédouin, que le choc colonial va totalement bouleverser. Avec Mariem, reprennent sens des savoirs perdus, d'autres manières d'être au monde. Grâce à elle, nous accédons à la forme de vie et aux métamorphoses intérieures de tout un peuple.

  • Quelques années après des vacances souriantes et ensoleillées en Angleterre, Katherine s'y retrouve seule, en exil, aux prises avec le monde froid et impitoyable de la fin de la guerre. Se refaire une vie peut toucher au cauchemar. Vivre aussi :
    " Qu'est-ce qui l'avait prise de se ruer hors de chez elle sans laisser de messages ni prendre de dispositions ? Ses sentiments ressemblaient à une nuée d'oiseaux qui descendent en piqué vers un coin de champ puis restent en suspens dans les airs, tous tremblant à leur place équidistante, pour ensuite refluer, comme une bannière ballottée tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre.
    Qu'avait-elle connu de plus excitant que la pensée de cette lettre ? Avait-elle peur de rencontrer Robin, la personne de Robin ? Non, bien sûr que non. Cette rencontre qu'il suggérait, n'était-elle pas tout juste ce qui lui avait semblé pratiquement inéluctable ? Pourquoi se comportait-elle de façon si immature ? " " Il arrive un moment dans la vie où vous comprenez qu'il y a une limite à ce que vous pouvez obtenir des autres, et une limite à ce qu'est en soi votre propre personnalité. C'est exactement l'histoire d'Une fille en hiver. "

  • Parmi les historiens de la France contemporaine, aucun ne semble s'être soucié de tenir le journal de son temps. Du moins, comme l'a fait Michel Winock, à savoir toute sa vie, en marge de ses études d'abord, puis de ses activités de chercheur, d'enseignant et d'éditeur.
    C'est dire le caractère exceptionnel de cette publication au long cours, dont le premier volume (La République Gaulienne, 1958-1898) est déjà paru aux éditions thierry Marchaisse, en 2015.
    Ce second volume couvre les deux septennats de François Mitterrand, c'est-à-dire les années 1981-1995.
    On pourra y lire et y vérifier une de ses plus belles maximes « Un esprit libre n'écrit ni pour la gauche ni pour la droit, et devrait se flatter de se faire détester, simultanément ou alternativement, par des gens de tous les bords »

  • Dans le carnet d'adresses de Flaubert, on dénombrait jusqu'à présent 279 correspondants. Ce chiffre dépasse désormais les 300, grâce aux lettres inédites que nous publions dans ce volume.
    Certaines émanent de correspondants déjà bien connus.
    D'autres d'écrivains ou de philosophes contemporains, voire de simples lecteurs anonymes. Enfin, on rencontrera ici des expéditeurs plus surprenants, comme son facteur, son prof de maths ou l'un de ses propres personnages.
    En l'état, la correspondance du maître reste malheureusement incomplète. Mais après avoir retrouvé, contre toute attente, une missive que l'on croyait brûlée par son héritière, on ne saurait la croire close. Et nous ne désespérons pas de mettre au jour encore d'autres documents soi-disant disparus ou détruits par Flaubert lui-même.

  • La Ve République se met en place, le marxisme bouche l'horizon intellectuel, la guerre d'Algérie semble interminable... Un jeune homme « dévoré par la politique », et qui s'ennuie en licence de lettres, décide alors de devenir historien. On découvrira ici, dans ses notes quotidiennes, un peintre de notre temps digne des moralistes de l'âge classique. Un observateur méticuleux des a aires publiques, des médias, des confl its sociaux ou idéologiques. Un conteur né, dont l'ironie s'est faite méthode pour comprendre et non pour juger. Ce volume où s'enchevêtrent vie politique et universitaire, vie de l'édition et vie personnelle s'achêve en 1981. Avec la victoire de François Mitterrand à l'élection présidentielle, « un cycle se terminait : la république gaullienne était fi nie ».

empty