Table Ronde

  • Comme le fit larbaud pour le duché d'allen, michel bernard élève le barrois mouvant, son pays natal sublimé, singulier désert et " marche " de l'ancien royaume, à la dignité d'une france immémoriale.
    En de saisissants raccourcis se tisse une fresque au grain serré où les figures mythiques de jeanne d'arc et de charles de gaulle, l'ombre des druides et celles des sacrifiés de verdun, les rêves de barrès et l'empreinte de ligier-richier, la silhouette de ravel ambulancier et le fantôme d'alain-fournier se mêlent et s'entrecroisent. " les paysages, écrit l'auteur, sont nos royaumes. " courte phrase qui pourrait servir d'épigraphe à ce récit musical et tourmenté que l'on croirait composé par un moderne michelet.

  • « j'ai pris un bain j'ai taillé ma tignasse
    j'ai coupé ma barbe avec un rasoir
    j'ai regardé dans la glace ma face
    et vu qu'elle n'était pas belle à voir
    alors quittant le carré du miroir
    j'ai levé le regard vers les nuages
    et qu'ai-je vu dans cette lente nage
    de vapeurs finement illuminées ?
    nothing nothing sauf qu'en moi le langage
    continuait sa démarche obstinée »

    William Cliff.

  • La maison du docteur laheurte est le récit des quelques semaines de vacances d'un enfant, dans une propriété familiale au bord du lac d'annecy, que hante le souvenir d'un aïeul prestigieux, amiral et compositeur.
    Entre l'invité et l'officier musicien s'établit une relation inattendue parmi les objets du passé, comme un legs invisible. pour ce jeune garçon ébloui par le vitrail qui transfigure les montagnes, cet été s'inscrit dans sa mémoire comme l'épiphanie de l'enfance, qui précède le moment mélancolique de sa disparition. les dernières " vacances d'un enfant ", magnifiées par la précision pointilliste du souvenir, atteignent leur point d'orgue et leur vibrante et secrète harmonie à l'écoute d'une sonate inachevée dont l'auteur est l'aïeul disparu.
    Dans cette figure, le lecteur attentif reconnaîtra l'amiral jean cras, de qui l'oeuvre impressionniste est aujourd'hui redécouverte.

  • " Le phénomène acoustique du clavicorde induit une étrange question également perceptible à l'oreille de l'auditeur. Est-ce uniquement par le clavier - par la main - qu'est produit le son ou bien est-ce le réflexe de la table qui permet, dans une action simultanée à celles des leviers, de réaliser le toucher ? Cette énigme est la caractéristique essentielle de l'instrument. "

  • Bertrand Degott tôt séduit par les charmes du vers français a vite découvert que les libertés des modernes peuvent transfigurer les formes fixes.
    C'est ainsi qu'il a célébré les étrangetés du monde et les surprises des jours. Mais c'est à l'heure des déchirements que sa singularité trouve son efficace. Son humour ne va pas sans amertume et ses désespérances gardent pourtant son enjouement. On voit ici, sous l'étendard de Battant, le curieux travail que c'est de vivre. Jean Grosjean.

  • Sur une plage de la mer du Nord, Cédric, de l'eau à mi-mollets, lit les Pensées de Joubert lorsqu'une véliplanchiste attire son attention. Cécile, de son côté, remarque ce promeneur solitaire. Elle lui fait des avances et l'entraîne chez elle. Le jeune juge à principes et la jeune femme moderne entament une liaison.
    Très vite, Cécile supplie Cédric de lui faire un enfant. Il s'y refuse obstinément : pourquoi donner la vie, puisque la mort est inéluctable ? Larmes, séparation, retrouvailles, Cédric ouvre enfin sa porte à sa maîtresse, qui découvre l'existence de la chienne du juge, baptisée Chérie. L'aversion est immédiate et réciproque. Cécile décide de se débarrasser de cette rivale. Elle feint de s'attacher à elle pour mieux lui tendre un piège. Mais Chérie y échappe et c'est Cécile qui y tombe. Dans un style qui évoque les libertins du xviiie siècle, Marcel Detiège traite le sujet très contemporain du désir d'enfant. C'est ce contraste entre la forme et le fond qui donne son sel à un court roman érudit, drôle, et subtilement érotique.

  • Ce récit poétique promène le lecteur le long du cours sinueux et inattendu d'un affluent de la Meuse, qu'il rejoint à hauteur de la ville de Huy, entre Namur et Liège. Nous évoluons donc au rythme des eaux lentes et incertaines dans un paysage de plateau aux modestes ondulations, celui des chemins creux de la Hesbaye, région méconnue, ce qui la rend d'autant plus secrète et mystérieuse. On dirait que la rivière se cache, se dérobe comme la couleuvre dont elle adopte la couleur tour à tour fuyante, plombée, tachetée d'éclats fugaces et d'ombres vertes. Et c'est, énigmatiquement, lorsqu'elle se refuse, que le promeneur la perçoit avec le plus d'acuité, qu'en quelque sorte elle se confond avec les traits mêmes et la pensée de l'auteur. On croit suivre un cours d'eau, on découvre un écrivain, son image et son reflet dans le courant musical et le mouvement d'un ciel sourdement coloré. Les harmoniques du style, d'une surprenante élégance, épousent les secrets de l'eau.


  • et puisqu'à présent la page est tournée tant pis pour tout ce que l'on a perdu grâce à quoi plus léger dans la journée on marche à travers la ville rendue à notre errance de pauvre qui dure et du spectacle de la rue profite la voilà dessinée sur cette orbite qui n'en finit pas d'ourler les saisons et qu'il faudra brusquement que l'on qu'il avant qu'on ait achevé sa chanson.


  • la terre tourne-t-elle ? le débat semblait clos.
    petit plug l'a rouvert, l'espace d'un surprenant récit, au cours duquel se dévoile à nos yeux l'imagerie d'une fable douce-amère. une enfantine de larbaud dans le style frondeur du cardinal de retz.

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