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  • En terrain miné

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    • 13 September 2017

    « Cher Alain, Nous avons donc décidé d'échanger des lettres plutôt que de nous entretenir de vive voix. L'utilisation de ce vieil outil littéraire me semble prudente et bénéfique, bien que je me demande si elle n'est pas une dérobade. Malgré mon goût de l'affrontement, je redoutais en effet ta présence et ce que le tac au tac implique de violence. Autrement dit, je craignais de me heurter en temps réel sur du non négociable et de voir bientôt se lézarder une chère et ancienne amitié ».

    « Chère Élisabeth, Si je tirais sur tout ce qui bouge, tu aurais raison de vouloir m'en dissuader, et il me semble que je serais assez avisé pour suivre ton conseil. Mais je n'ai rien d'un tireur convulsif. Et lorsqu'il m'arrive de perdre mon sang-froid, c'est parce que je suis la cible favorite de ceux qui n'ont que le mot «changement» à la bouche et pour qui rien ne bouge ».

  • L'identité malheureuse

    Alain Finkielkraut

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    • 9 October 2013

    Alain Finkielkraut poursuit sa confrontation passionnante avec la modernité.
    Sur les questions de l'identité nationale, de l'immigration et de la laïcité, de l'école, du style de vie, de l'inégalité des civilisations, des moeurs, il tient un discours qui tranche sur la bien-pensance ambiante mais qui ne peut être récupéré nulle part.
    Aucune idole contemporaine, aucun mot d'ordre branché, aucune facilité de pensée ne lui en imposent ni ne masquent à ses yeux l'essentiel : le délitement de nos sociétés saisies par le vertige de la nouveauté et de la désidentification. Le tourbillonement contemporain et le jeunisme déchaîné n'ont pas grâce à ses yeux. Mais c'est tout de même dans le camp des modernes qu'il habite, la Cité qui est la sienne est issue des Lumières et non de la contre-Révolution. C'est en moderne qu'il parle aux modernes et leur dit : cessez de vous aveugler.

  • Comment j'ai appris à lire

    Agnès Desarthe

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    • 2 May 2013

    " Apprendre à lire a été, pour moi, une des choses les plus faciles et les plus difficiles. Cela s'est passé très vite, en quelques semaines, mais aussi très lentement, sur plusieurs décennies. Déchiffrer une suite de lettres, la traduire en sons fut un jeu, comprendre à quoi cela servait fut une traversée souvent âpre, et, jusqu'à l'écriture de ce livre, profondément mystérieuse.
    Ainsi, j'ai compris que cet acte apparemment simple avait été contrarié, empêché par un accident de parcours presque anodin, un chagrin d'enfant ordinaire, mais qui, parce que la chambre d'écho était trop vaste et, surtout, hantée par de trop nombreux fantômes, n'avait pas trouvé le moyen de s'exprimer.
    Écrire, traduire m'ont appris à lire et continuent de le faire. À présent que la lecture est devenue mon occupation principale, mon obsession, mon plus grand plaisir, ma plus fiable ressource, je sais que le métier que j'ai choisi, le métier d'écrire n'a servi et ne sert qu'une cause, accéder enfin et encore à la lecture, qui est à la fois le lieu de l'altérité apaisée, et celui de la résolution forcément inachevée de l'énigme que constitue, pour chacun, sa propre histoire. " Agnès Desarthe

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  • Et si l'amour durait

    Alain Finkielkraut

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    • 28 September 2011

    Dans la ligne d'Un coeur intelligent, Alain Finkielkraut s'attache cette fois au thème de l'amour tel qu'il est traité dans quatre grands romans, de facture, d'époque et d'auteurs très variés :
    Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves Ingmar Bergman, Les Meilleures Intentions Philip Roth, Professeur de désir Milan Kundera, L'insoutenable légèreté de l'être Comme il excelle à le faire, il donne à ceux qui n'ont pas lu le livre les clefs pour comprendre l'intrigue, en même temps qu'il éclaire le roman de sa vaste culture, littéraire et philosophique ; sous sa plume, les personnages de ces quatre romans deviennent des enjeux existentiels lestés de tout le poids qu'une lecture distraite, ou conventionnelle, laisse inaperçu.
    Tout le monde a lu ou entendu parler de La Princesse de Clèves ou de L'insoutenable légèreté de l'être, mais personne n'avait su donner à ces livres l'écho qu'Alain Finkielkraut leur confère.
    Encore une fois, il s'attache à montrer tout ce que peut la littérature, c'est-à-dire nous permettre une meilleure lecture de nos vies.

  • La seule exactitude

    Alain Finkielkraut

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    • 30 September 2015

    Ce qui arrive aujourd'hui survient souvent comme une énigme : face à la violence d'événements qui montrent toujours un visage qu'on n'attend pas, on est tenté soit de s'accrocher au passé (à la moindre polémique, « C'est le retour des années trente ! »), soit de se projeter dans le futur par réflexe de table rase. De fait, rien n'est plus difficile que d'éprouver le présent, et de suivre l'exigence de Péguy : « Se mettre en avance, se mettre en retard, quelles inexactitudes. Être à l'heure, la seule exactitude. » Alain Finkielkraut relève le pari. Alliant rigueur de pensée et de formulation, il saisit les principaux moments politiques, sociaux, philosophiques et médiatiques qui ont marqué ces deux dernières années, s'appuie sur de grands penseurs (Arendt, Camus, Kundera, Alain), tire les enjeux, prend de la distance pour en donner une analyse juste.
    Devant le choc que fut l'attentat de Charlie Hebdo, face à un esprit de pénitence nationale devenu obsessionnel, devant les excès du pouvoir mais aussi des contre-pouvoirs, face à une gauche qui se sait mortelle, ce livre révèle un souci : celui de contrebalancer par la pensée le déséquilibre permanent dans lequel nous pousse le présent.

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  • Psychanalyse, vie quotidienne

    Jacques André

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    • 2 September 2015

    « Ce titre, Psychanalyse, vie quotidienne, est à l'image du contenu, un témoignage, au fil des séances et des analysants, de l'expérience psychanalytique de tous les jours. C'est toujours un défi de rendre compte de celle-ci. Parce qu'elle ne supporte pas de tiers, qu'elle exclut tout observateur, elle n'est véritablement accessible qu'à celui qui s'y prête. D'où le parti-pris de moins raconter que présenter : un mot, une phrase, un bref échange. avec l'espoir qu'à saisir l'instant d'une séance, on puisse faire entendre ce qui fait l'étrangeté de la psychanalyse, qui est aussi l'étrangeté de l'inconscient, soit le fonds le plus personnel, le plus méconnu et le plus inacceptable de la vie psychique de chacun.
    Vie quotidienne, ces mots se sont trouvés d'un coup bousculés, remis en question. C'était à l'heure des derniers préparatifs, en janvier 2015. jours d'une quotidienneté brisée. Le fragment ajouté en conclusion, 11 janvier 2015, décrit pour le psychanalyste que je suis et les analysants qui sont les miens, la façon dont la Terreur est venue troubler l'ordre psychanalytique établi, notamment dans la manière dont l'être psychique collectif a imposé sa prévalence au règne des individualités. » J. A.

  • Nos vies romancées

    Arnaud Cathrine

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    • 14 September 2011

    LE LIVRE « Alejandra Pizarnik note en 1959 dans son journal intime : «Je dois arrêter de lire les auteurs dont je peux me passer, ceux qui pour le moment ne m'aident pas.» Les livres que je voudrais évoquer ici m'ont infiniment aidé. Au moment où je les ai lus, bien sûr, mais aujourd'hui encore. Je les relis à intervalles réguliers. On appelle cela des «livres de chevet».
    Évidemment, il m'a fallu n'en choisir que quelques-uns, sous peine de n'avoir que peu d'espace à réserver à chacun d'entre eux. J'en ai donc retenu six, à partir d'une liste bien plus longue dont j'ai pensé un moment que je ne m'en débrouillerais jamais. Mais, contre toute attente, l'odieux tri s'est fait de lui-même lorsque j'ai «redécouvert» qu'on n'a pas forcément quelque chose de futé à dire de ce que l'on aime. Certains livres sont donc tombés pour cause d'enthousiasme banal, obscur ou impropre à faire l'objet d'un exercice d'admiration.
    Carson McCullers, Françoise Sagan, Roland Barthes, Fritz Zorn, Sarah Kane et Jean Rhys : quatre femmes, deux hommes ; quatre étrangers, deux Français. Au total, l'inventaire ne dit pas grand-chose car je n'ai pas cherché d'équilibre. Les choses se sont distribuées simplement. Au gré des objets de mon affection.
    Je me suis autorisé à inscrire ces lectures dans un contexte moins intime que personnel. Ce projet est arrivé au bon moment pour moi. Je cherchais ça : une écriture personnelle qui ne soit pas forcément intime. Il m'a importé aussi d'écrire deux ou trois choses que je pense de la littérature et qu'il me semblait prématuré d'écrire jusque-là. » Arnaud Cathrine

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  • Cet ouvrage est issu du colloque de Cerisy qui s'est déroulé autour d'Annie Ernaux en juillet 2012 et a rassemblé des chercheurs internationaux issus de divers champs disciplinaires (littérature, philosophie, histoire, esthétique, sociologie). Il se situe en phase avec l'oeuvre d'une écrivaine dont les interférences avec différents domaines de savoir sont nombreuses et le lectorat est pluriel, à la fois grand public et savant.
    Annie Ernaux en est partie prenante puisqu'elle a accepté de retranscrire ses interventions lors des débats. Chaque article est suivi d'un texte de l'auteur et d'une discussion critique, ce qui donne à l'ensemble l'allure d'une libre conversation.
    Le temps et la mémoire constituent les deux fils conducteurs du colloque. Ils sont abordés selon plusieurs problématiques : les évolutions des groupes sociaux, la question de l'humiliation et les problèmes de hiérarchies culturelles, ou encore la constitution d'une mémoire des femmes. Écrire pour Annie Ernaux, c'est tenter de saisir les multiples dimensions du réel en conjuguant la pression de l'Histoire et la puissance de la mémoire dans la restitution de la vie collective, comme dans celle de la vie intime.
    L'un des intérêts du livre est de renouveler l'approche de l'oeuvre par une attention apportée au travail de l'écriture, parfois occulté au profit de la seule dimension sociologique de l'oeuvre. Ni document ni monument, cette oeuvre exerce un droit d'inventaire et de renouvellement sur la langue et les formes culturelles dont elle hérite.

  • La chair du temps

    Belinda Cannone

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    • 18 January 2012

    « Le 11 mars 2011, lorsque je suis revenue dans ma maison des champs, j'ai découvert que des cambrioleurs étaient passés et qu'ils avaient emporté deux grandes malles dans lesquelles j'avais rangé tout mon passé : plusieurs décennies de journaux intimes, vingt ans de carnets de travail, toutes mes photos et ma correspondance. En somme, situation sans exemple en temps de paix, je venais de perdre la totalité de ma mémoire. Étrange deuil à traverser : j'étais celle qui avait perdu son bien le plus précieux et, en même temps, ce qui était perdu était... moi-même.
    Face à dépouillement si radical, à tristesse si atroce, le soir de ma découverte j'ai commencé à tenir le journal de ma perte pour essayer de l'assimiler. Qu'est-ce donc que la mémoire ? Et l'oubli ? Pourquoi être si attachée à des journaux intimes ? Qu'est-ce que j'avais perdu en perdant toutes les lettres d'amour ? Qu'est-ce que le présent ?
    Etc. Chaque fois la réponse tenait à la nature de cette sorte d'écrits : liés au vivant, à l'individu, au singulier, ils sont comme la chair du temps, périssables et pour cela même infiniment précieux.
    Il fallait résister à la mélancolie. Je lui ai opposé le désir du livre. »

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