Arts et spectacles

  • Qui le croirait à voir éclore dans le ciel serein des nuits d'été toutes ces figures brillantes et multicolores oePour cela, il faut se souvenir que c'est la poudre qui les inventa. Cette poudre noire que les chinois utilisaient, depuis le huitième ou le neuvième siècle, pour fabriquer les pétards avec lesquels ils égayaient leurs fêtes populaires (et que les occidentaux s'empressèrent de convertir à l'art de la guerre...). C'est par l'intermédiaire de l'Italie que le feu "artificiel" fait son entrée sur le vieux continent. Avec le temps, bien sûr, le spectacle évolue, se dépouille des artifices que sont les décors et supports divers pour atteindre une sorte d'épure qu'on lui connaît aujourd'hui. De même, cet art très empirique, longtemps protégé par des secrets de fabrication, profite des progrès de la science pour devenir une industrie plus performante et aussi plus fiable. La pyrotechnie reste néanmoins une activité dangereuse. Activité sérieuse aussi, plus diversifiée qu'il n'y paraît puisque à côté des "belles bleues", on produit également des artifices agricoles, industriels ou militaires et que les marins ou les aviateurs font grand usage des fusées de détresse ou de signalisation. Enfin, comme nous n'en sommes plus à un paradoxe près, ajoutons que ce spectacle, éphémère entre tous, est pourtant de ceux qui impriment dans nos mémoires le souvenir heureux de moment éblouis.

  • Dans l'Alsace d'après-guerre meurtrie pour longtemps dans la chair de ses habitants, morts, disparus, prisonniers, dispersés dans ses villes et villages détruits, livrée à une lourde suspicion, alimentée par l'ignorance bien qu'abandonnée à son sort en 1940. Le Barabli de Germain Muller, Mario Hirlé et leurs complices a fait oeuvre salutaire, en mettant du baume sur les plaies, auparavant débridées pour favoriser la guérison, pour empêcher qu'une morosité générale ne s'installe, ils ont eu recours à la thérapeutique de la satire, du rire, de l'ironie, de l'humour, de la dérision et de l'autodérision, sans s'interdire pour autant le recours à d'autres émotions. Mais c'est surtout ce rire, largement désappris depuis 1939, qui était convoqué «parce que rire est le propre de l'homme» (Rabelais) Cette démarche fut plébiscitée par une large adhésion du public, jamais démentie de Wissembourg à Saint Louis et par-delà les limites de la province.

  • Arno Breker a particulièrement marqué la production artistique du XXe siècle par son immense créativité visionnaire et son talent à réaliser des représentations artistiques en trait d'union entre l'Antiquité et le temps présent, en matière de représentation idéalisée de l'homme.
    Il étudie les beaux-arts dans sa ville natale près de Düsseldorf. D'abord intéressé par l'art abstrait, il se tourne progressivement vers les représentations classiques. Francophile dès vingt deux ans, élève d'Aristide Maillol, il entretient des relations privilégiées avec de nombreux artistes et amis français tout en cultivant le sentiment d'être un Européen avant l'heure. Talentueux artiste, sculpteur, dessinateur et architecte, il côtoie les artistes et intellectuels les plus importants de son époque, avec lesquels il se lie d'amitié : Cocteau, Dali, Roger Peyrefitte, Brancusi, Ernst Fuchs.
    Après avoir obtenu le Prix de Rome en 1932, il séjourne à la Villa Massimo à Rome et est rapidement reconnu dans toute l'Europe. Il nous a laissé des oeuvres pleines de beauté et d'harmonie que présente le musée de Nörvenich en Rhénanie du Nord et dont nous publions quelques exemples. Qualifié de "plus significatif des sculpteurs de tradition classique" du XXe siècle, par son ami Dali, ce dernier dira que "si Dieu est beauté, Arno Breker en est le prophète".
    Au travers de cet ouvrage nous lui rendons hommage.

  • Ce livre révolutionne l'approche de l'art funéraire.
    Loin des expressions convenues de la tristesse avec photographies en noir et blanc de statues éplorées, il met en scène les vitraux et les fleurs, la lumière et la couleur. Surgit alors hors de l'ombre un Paris très méconnu : un patrimoine unique au monde. Nulle part ailleurs que dans les grands cimetières parisiens, on ne trouve une telle profusion de vitraux dans les chapelles funéraires. Principalement créés entre 1870 et 1914, ils s'inspirent des grands thèmes religieux traités par la peinture européenne du Moyen Age et de la Renaissance : Vierge à l'enfant, Annonciation, Crucifixion, Déposition, Résurrection...
    Mais aujourd'hui ces vitraux sont cassés. Menacent de disparaître. Restent leurs merveilleux fragments colorés. Permettant un travail photographique très contemporain. Trop souvent figés, ils redeviennent art. Entre apparitions et disparitions surgit l'éternelle tension à l'oeuvre dans l'oeuvre d'art : la tension entre la vie et la mort. Second volet de ce livre : les fleurs naturelles en bouquets, enveloppées de cellophane, gorgées d'eau et de glace.
    Natures mortes. Fragiles, elles ne vivent dans les cimetières que quelques jours, mais dans l'assomption de leurs couleurs, elles sont l'ultime défi au noir final, l'ultime chant avant la disparition. Les photographies de vitraux et de fleurs fonctionnent ici en diptyques. Elles glorifient la lumière et la couleur, la mémoire et l'éphémère. Et dévoilent un Paris caché, un Paris resplendissant. Où de nouvelles visites s'imposent...

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