Littérature traduite

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Stefan Zweig. "Écrire l'histoire de Marie-Antoinette, c'est reprendre un procès plus que séculaire, où accusateurs et défenseurs se contredisent avec violence. Le ton passionné de la discussion vient des accusateurs. Pour atteindre la royauté, la Révolution devait attaquer la reine, et dans la reine la femme. Or, la vérité et la politique habitent rarement sous le même toit, et là où l'on veut dessiner une figure avec l'intention de plaire à la multitude, il y a peu de justice à attendre des serviteurs complaisants de l'opinion publique. On n'épargna à Marie-Antoinette aucune calomnie, on usa de tous les moyens pour la conduire à la guillotine; journaux, brochures, livres attribuèrent sans hésitation à la «louve autrichienne» tous les vices, toutes les dépravations morales, toutes les perversités; dans l'asile même de la justice, au tribunal, le procureur général compara pathétiquement la «veuve Capet» aux débauchées les plus célèbres de l'Histoire, à Messaline, Agrippine et Frédégonde." - Stefan Zweig.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Arthur Schopenhauer. "Le Monde comme volonté et comme représentation", oeuvre majeure de la philosophie occidentale, est une tentative d'explication complète du monde doublée d'une critique radicale de celui-ci. L'ouvrage est divisé en quatre livres traitant d'épistémologie, de métaphysique, d'esthétique et d'éthique. Le premier livre traite du monde comme représentation (phénomène). Le second énumère les degrés et les formes de manifestation de la volonté dans la nature. Le troisième est consacré à la théorie de l'art. Le quatrième expose les problèmes de la morale et de la philosophie de la religion. À ces quatre livres, le philosophe allemand a rajouté une suite de "Compléments" dans lesquels il précise sa pensée. Schopenhauer analyse la doctrine kantienne de la chose en soi ainsi que la théorie platonicienne des idées. Il affirme que le monde sensible n'est que pure volonté, cette volonté étant la somme des forces conscientes et inconscientes qui se manifestent dans l'univers. Il affirme également que ce monde sensible ne nous est donné que comme réalité fictive, ou représentation. Le monde de la volonté, qui fonde celui de la représentation, est dégagé des caractères de ce dernier: alors que la représentation est déterminée par l'espace, le temps et la causalité, la volonté est en revanche unique. Alors que la représentation est réglée par le principe de raison, la volonté est irrationnelle. Une première voie de libération de cette volonté irrationnelle est l'art. S'opposant aux grands maîtres de l'idéalisme classique et de l'historicisme, le philosophe soutient que le pessimisme est la véritable conception du monde, telle qu'elle a été révélée aux grands génies artistiques et aux fondateurs des grandes religions. Il se refuse à admettre que l'humanité progresse au cours de l'histoire, celle-ci n'étant qu'une succession d'apparences trompeuses. Schopenhauer, inspiré ici entre autres par la philosophie orientale et son approche cosmique de l'existence individuelle (influence des Upanishad et de la Bhagavad-Gita), pose avec force le problème de la personnalité individuelle et de la nature propre de l'individu spirituel. Son "Monde comme volonté et comme représentation" a donné naissance à un nouveau courant de pensée qui a amené la philosophie contemporaine à une plus grande compréhension de la complexité de la vie de l'individu. Les traits distinctifs de sa réflexion, comme la méfiance en la raison et le pessimisme, ont eu une très forte influence sur la culture des XIXe et XXe siècle, aussi bien en littérature (Tolstoï, Maupassant, Kafka, Mann,...), qu'en philosophie (Nietzsche, Bergson, Wittgenstein, Freud,...).

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Matthew Gregory Lewis. Traduit de l'anglais par Gabriel Louis Terrasson de Sénevas. Avec Ann Radcliffe, Charles Robert Maturin et Horace Walpole, M. G. Lewis est aujourd'hui considéré comme l'un des principaux maîtres précurseurs du roman gothique anglais. Auteur d'un célèbre classique du genre, "Le Moine", il a aussi écrit dans les années 1800 plusieurs courts romans d'épouvante tout aussi horrifiques et susceptibles de procurer des sensations oppressantes aux lecteurs de l'époque. Le récit débute en bonne compagnie, dans un de ces salons bourgeois anglais de la fin du 18e siècle où la principale activité est la médisance, avant de basculer très vite dans la jungle sauvage de l'île de Ceylan. Dans ce décor exotique d'aventure coloniale, un jeune propriétaire anglais, Seafield, est traqué par l'un de ces redoutables serpents géants nommés "Anaconda", ou "Boa Devin". Ces monstrueux reptiles sont capables d'attaquer, d'étouffer puis d'avaler en une seule fois et en entier les hommes comme les buffles ou les tigres. L'homme est parvenu à se cacher dans un abri mais le monstrueux reptile reste aux aguets. Luttant contre leur peur, la fiancée, les amis et les serviteurs de Seafield s'organisent. Ils s'engagent dans une lutte à mort contre cet Anaconda aussi fascinant qu'invincible.

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