Langue française

  • Ce livre rend possible la rencontre entre deux réalités différentes mais intuitivement proches : le coopérativisme et la doctrine sociale de l'Église. Enzo Pezzini retient le terme de « coïncidence doctrinale » pour qualifier cette rencontre. Mais il parle également d'un « esprit » commun à ces deux réalités, un esprit qui prend une forme profane dans un cas et religieuse dans l'autre. Or la coïncidence doctrinale, insufflée par un même esprit, devient résonance musicale. C'est ainsi que ce travail peut être lu comme une composition pour deux instruments qui se répondent l'un à l'autre de page en page. Il s'agit d'une mise en résonance minutieuse et rigoureuse où chaque instrument est sollicité et mobilisé avec ce qu'il a de plus propre. Le coopérativisme rentre ainsi en scène avec ses principes, sa réalité historique et les idées diverses qui l'ont nourri. La doctrine sociale de l'Église est entendue à travers les différents textes qui la composent mais également la voix de quelques « figures chrétiennes emblématiques ». Les notes jouées par chaque instrument se font ainsi écho progressivement : sans se confondre, elles font entendre une même musique, harmonieuse et porteuse d'une même utopie, celle d'une société marquée par la co-opération plutôt que par la concurrence, (extrait de la postface d'Elena Lasida)

  • Marquant un décalage à l'égard d'une littérature massivement consacrée à la définition et à la justification critique de la peine, ce volume vise à interroger la pluralité de(s) sens de la peine, à partir d'une réflexion sur la double polysémie des « sens » de la « peine ». Sont ainsi élucidés les sens social, politique ou civique de la peine imposée (1), la dimension sensible de la peine vécue (2) et l'orientation donnée au phénomène pénal (3). Le pari est ici que la distinction entre ces trois acceptions permet de dépasser la dénonciation de nos pratiques pénales contemporaines « insensées » : c'est en une pluralité de sens que doit se dresser ce constat et se dire ce déficit de sens - tant scientifiquement, par une dialectique entre disciplines et points de vue, que politiquement, au nom de la démocratie.

  • La catégorie moderne de la légalité vit depuis longtemps une profonde crise d'identité. Selon l'Auteur, il ne s'agit pas simplement d'une crise d'effectivité, mais d'une crise bien plus profonde, qui ne se manifeste pas seulement par la dissociation du modèle de la réalité, mais qui bouleverse le modèle théorique lui-même, signe d'une crise encore plus radicale qui concerne tout le paradigme juridique au sein duquel elle a été conçue.

    Après avoir tracé les contours de ce paradigme et mis en lumière l'aporie du principe moderne de la légalité, l'Auteur nous montre, en s'appuyant sur la révolution constitutionnelle de l'après seconde guerre mondiale et en faisant le détour par les territoires du droit européen, que ceux qui semblent être des chemins interrompus de la légalité s'avèrent être, en réalité, les chemins encore peu explorés d'une nouvelle légalité dont il brosse le portrait.

  • Longtemps restés confidentiels, les domaines de l'histoire du droit et de la justice coloniale connaissent aujourd'hui une activité importante. Celle-ci est portée par l'effet conjoint de l'attention nouvelle qu'y portent les historiens du droit, du renouvellement des études africaines et coloniales francophones et de la visibilité récente que leur a apporté le cinquantenaire des indépendances africaines.
    Les historiens africanistes et les historiens du droit s'interrogent de concert sur les modes de production et de transformation du droit colonial et de la justice coloniale. Ces réalités les renvoient à la plasticité du droit, de l'administration comme des pratiques judiciaires dans le cadre de la rencontre coloniale où des intérêts gouvernementaux font face à des contraintes culturelles et territoriales locales inédites (coutumes, populations locales en résistance, difficile maîtrise du territoire, etc.).
    Les huit contributions de cet ouvrage interrogent les modes de production et d'évolution du droit et de la justice. Dans quelle mesure crée-t-on du neuf ? Recycle-t-on, adapte-t-on l'ancien, les héritages de métropole ? Par ailleurs, on peut observer le processus de création à l'oeuvre, et s'interroger sur les contextes propices aux transformations juridiques et judiciaires, ainsi que sur les modes de création en eux-mêmes ; dans quelle mesure le fait colonial est-il un facteur d'innovation juridique, admnistrative et judiciaire ? Ces questions seront abordées dans une perspective attentive à la multiplicité des expériences et des modes de colonisation.

  • Depuis Droit, mythe et raison (1980) e´crit avec Jacques Lenoble jusqu'aux re´cents A` quoi sert le droit ? Usages, fonctions et finalite´s (2016) ou Le droit, objet de passions (2018), Franc¸ois Ost ne cesse de questionner les rapports de nos socie´te´s au droit et la place de celui-ci dans nos socie´te´s contemporaines.
    Avec Le droit malgre´ tout, il s'agit de rendre hommage a` l'oeuvre et a` la carrie`re d'une figure centrale de la the´orie du droit contemporaine et aussi au fondateur, avec le regrette´ Michel van de Kerchove, de ce que l'on appelle parfois «l'e´cole de Saint-Louis». Abordant les deux po^les de la dialectique a` laquelle Franc¸ois Ost est si attache´ - la critique et la reconstruction -, l'ouvrage propose un regard interdisciplinaire sur le droit, a` travers les principaux the`mes qui ont nourri la pense´e de l'auteur. Du statut e´piste´mologique de la science du droit a` un questionnement sur les fondements et l'avenir du droit et de la justice, des liens qu'entretiennent le droit et la litte´rature jusqu'a` l'environnement saisi par le droit en passant par les « communs », les approches de ses colle`gues et amis sont toutes re´flexives et critiques. En ce qu'elles sont soucieuses de soumettre le droit au regard des sciences sociales et, inversement, les normativite´s extra-juridiques au regard du droit, elles sont fide`les a` la de´marche de Franc¸ois Ost.
    Ce Liber Amicorum propose aussi un retour re´flexif sur son oeuvre par l'auteur lui-me^me, dans un entretien avec Manuel Atienza.

  • Des contributions sur la notion de traduction. Elle est perçue comme deux actions de manipulation du sens qui dépendent du traducteur : la compréhension du texte original et l'expression dans une autre langue. L'évolution de ces concepts et l'influence des traductions sur les variations du français entre les XIVe et XVIe siècles sont étudiées.

  • Envisager conjointement la praxis et l'institution conduit au coeur même du travail de Castoriadis, permettant ainsi de le saisir dans sa dimension la plus novatrice, laquelle ne va toutefois pas sans risques. Son originalité tient pour partie à sa capacité à affronter sans fard l'aporie que manifeste le rapprochement de ces deux notions.


    TABLE DES MATIÈRES Avant-propos par Philippe CAUMIÈRES Pour une praxis renouvelée par Philippe CAUMIÈRES La question de la praxis dans les écrits philosophiques inédits de Castoriadis (1946-1960) par Nicolas POIRIER Castoriadis et les présupposés de la création politique.
    Une réflexion sur la signification de la solidarité chez Castoriadis par Emanuele PROFUMI L'institution comme praxis de la finitude.
    Une lecture anthropologique de Castoriadis par Caterina REA Praxis et critique de la rationalité par Arnaud TOMÈS Arendt, Castoriadis : regards croisés sur le concept de pouvoir par Isabelle DELCROIX Imaginaire, affectivité et rationalité.
    Pour une relecture du débat entre Habermas et Castoriadis par Raphaël GÉLY

  • La plupart des juristes ont leur idée sur le sens et l'importance du principe de sécurité juridique et, surtout, leur avis sur le mal qui semble attaquer le droit de toutes parts : l'insécurité juridique. Cet ouvrage a pour ambition de démontrer que les problèmes qui parcourent la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne relative à ce principe peuvent s'expliquer par la façon dont l'histoire des idées l'a façonné. Le recensement des contradictions, imprécisions et ambiguïtés dont la jurisprudence européenne est entachée permet, dans une première partie, d'illustrer le fossé existant entre le discours limpide de la Cour sur le principe et son application, paradoxalement ambiguë, incertaine et imprévisible.
    L'analyse historique révèle ensuite que le principe de sécurité juridique est traversé par quatre logiques qui se sont construites au fil du temps, parfois depuis l'antiquité, et qui permettent de mieux comprendre la jurisprudence de la Cour de justice. Les deux premières sont liées au fondement du principe (la certitude pour la logique cartésienne et la confiance pour la logique fiduciaire) et les deux autres concernent ses destinataires (le pouvoir en place pour la logique politique et les sujets de droit pour la logique subjective).
    Enfin, douze suggestions sont formulées afin d'améliorer l'utilisation du principe de sécurité juridique par les juridictions de l'Union. Elles sont inspirées d'une double proposition : remplacer la logique cartésienne par la logique fiduciaire et mobiliser l'argument de sécurité juridique en priorité en faveur des individus (logique subjective) plutôt qu'en faveur des autorités (logique politique).

  • Ces dernières années, l'importance des thèmes liés aux frontières est allée crescendo, dans l'actualité politique et dans les débats intellectuels. Aujourd'hui, les drames qui se jouent aux frontières de l'Europe questionnent les fondements des communautés politiques contemporaines à travers les limites de celles-ci. Dans ce contexte, le présent ouvrage n'est pas un plaidoyer « pour » ou « contre » l'ouverture ou le renforcement des frontières de type nationales-étatiques. Prenant acte des avancées des Border Studies, il invite à prendre du recul par rapport à une notion qui semble saturée, presque étouffante, et entend faire droit à une diversité de significations et d'usages du faire frontière. A travers leurs différents objets et terrains et grâce à la complémentarité de leurs approches - l'anthropologie, la sociologie, la sociologie politique, les études européennes et la théorie politique - les contributions rassemblées éclairent les manières dont les communautés et leurs frontières se construisent mutuellement.

  • Professeur de littérature néerlandaise à l'Université Saint-Louis- Bruxelles durant vingt ans, Hugo Bousset s'est imposé depuis les années 1970 comme une figure majeure de la critique littéraire en Flandre et aux Pays-Bas, tant par son érudition - dont témoigne son impressionnante production essayistique - que par son engagement et regard singulier sur la littérature. Critique au grand flair, ayant le sens de l'air du temps, Hugo Bousset a aussi contribué, en tant que rédacteur en chef de l'une des plus anciennes revues littéraires Dietsche Warande & Belfort, à façonner le paysage littéraire néerlandophone de ces dernières décennies.
    Ce volume souhaite lui rendre hommage en investiguant certains enjeux majeurs de la critique littéraire d'aujourd'hui, sondant quelques jalons importants de l'histoire de la critique néerlandophone aux xxe et xxie siècles, et plaçant en son coeur l'ambivalence du terme littéraire - la critique fabrique la littérature, tout comme la littérature assume une forme de retour critique sur elle-même. Revisitant les écrits de Hugo Bousset, les contributions qui composent ce livre se présentent sous un angle résolument dialogique. Elles interrogent les frontières disciplinaires et empruntent, ne serait-ce que le temps d'un texte, la voix de l'autre, réservant au lecteur quelques réflexions inédites.

  • Comment les jeunes Bruxellois en cursus d'assistant social se projettent-ils dans le métier? Qui sont ces intervenants sociaux - et surtout intervenantes sociales - de demain (dans un secteur fortement féminisé)? La ville de Bruxelles est le théâtre de violentes disparités socio-économiques et d'un enseignement que l'on peut qualifier d'ethnoségrégé. Les liens entre jeunes s'y construisent dès lors avec force sur des bases identitaires - en référence tant au local (commune, quartier) qu'à l'histoire migratoire ou, encore, à la religion. À partir d'entretiens, Maryam Kolly relaie ici une «parole minoritaire» portée par de futurs travailleurs sociaux qui se disent catholiques ou musulmans, descendants de migrants venant du Maghreb ou d'Afrique subsaharienne. Érigée contre les logiques de disqualification (modernité/islam, Europe/Afrique, jeunesses d'en haut/d'en bas, non croyants/croyants), cette parole nous invite à un décentrement par rapport à l'expérience euro-occidentale.

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