Pu Du Mirail

  • Les liens entre l'art contemporain et les questions de colonialité, postcolonialité, et décolonialité sont anciens et multiples. Des artistes occidentaux et nonoccidentaux, depuis plusieurs décennies déjà, s'en sont emparés pour produire des oeuvres qui témoignent de leurs engagements politiques, sociétaux et esthétiques. Associant 20 historiens de l'art et chercheurs en littérature, philosophie, droit ou psychanalyse, Postcolonial / Décolonial. La preuve par l'art présente des travaux portant sur des démarches artistiques (Betye Saar, Fred Wilson, Sarkis, Lidwien van de Ven, Voluspa Jarpa, des artistes du collectif Mira au Mexique, Iris Kensmil, Jean Renoir, et bien d'autres), mais aussi sur des propositions institutionnelles (notamment initiées par le Centro de Arte y Comunicación de Buenos Aires, la Biennale de Venise ou le Van Abbemuseum d'Eindhoven), associées en de nouveaux réseaux de solidarités. Sous un angle historiographique et épistémologique, on trouvera ici des analyses des fondements historiques, théoriques et idéologiques du postcolonial dont les théorisations, loin de la saturation conceptuelle dont certains veulent les accuser, concernent particulièrement l'histoire de l'art.

  • À partir de plusieurs cas de figure, par une approche pluridisciplinaire qui se déploie de l'Antiquité à l'époque contemporaine, cet ouvrage apporte un éclairage nouveau sur l'interaction entre processus économiques et dynamiques de la création artistique.
    Que ce soit dans la cité antique ou dans les cours royales de France, sur les chantiers des églises romanes ou dans les villes italiennes à la Renaissance et à l'époque moderne, dans les boutiques des marchands d'art à Londres et à Paris ou dans les collections et dans les agences photographiques américaines, partout les éléments d'un langage commun se dégagent, pour façonner une histoire réellement partagée. L'attribution des prix et de la valeur, la formation aux métiers de l'art, la fonction des ventes aux enchères, la gestion des legs des peintres, l'administration des théâtres privés et les stratégies pionnières de la publicité d'entreprise, les entreprises d'artistes, le goût bourgeois pour les décors exotiques... autant de thèmes et d'espaces qui voient les arts et l'économie manifester des convergences insoupçonnées, que ce volume invite à découvrir.

  • La destruction par le fer et par le feu du grand temple de Sérapis à Alexandrie, en 392, à la suite des édits de Théodose condamnant les pratiques polythéistes, puis la transformation du temple d'Isis de Philae en une église consacrée à Saint-Étienne quelques décennies plus tard marquent officiellement la fin du culte public de ces divinités autrefois souveraines. Toutefois, leurs noms, leurs images, leurs pouvoirs, bref un riche imaginaire a survécu dans la mémoire des peuples jusqu'à nos jours, sous des formes multiples et dans des domaines variés. Revisitées, détournées, resémantisées, instrumentalisées parfois, les divinités du cercle isiaque, à savoir Isis, Sérapis, Anubis, Harpocrate, Apis et Osiris, ont traversé les siècles dans les arts et la musique, la littérature, les sciences (y compris les sciences occultes), la philosophie, les savoirs antiquaires et même la politique.
    Ce volume offre ainsi un kaléidoscope richement illustré des vies multiples et surprenantes de plusieurs dieux de l'Égypte pharaonique, de la fin de l'Antiquité à nos jours.

  • La question des identités en situation coloniale, aujourd'hui largement inter- rogées, renvoie aux questions démographiques, pourtant beaucoup moins étudiées. Pour l'Algérie du xix e siècle, ce paradoxe s'explique par le caractère lacunaire, incertain de la connaissance des faits démographiques, et par le manque de sources fiables. Le bilan de la catastrophe démographique de 1867-1868, largement méconnue du grand public, reste en partie à dresser, aussi bien pour la population indigène qu'européenne. De plus, les historiens débattent de l'état économique du pays avant 1830, du nombre d'habitants que compte l'Algérie à l'arrivée des Français, de l'impact des maladies sur les populations, ou encore des conséquences démographiques de la guerre d'invasion. En mobilisant les abondantes archives du personnel militaire de la seconde armée coloniale du monde, cet ouvrage propose pour la première fois une histoire anthropométrique de l'Algérie sur la longue durée (1800- 1880) qui apporte des éléments de réponse à ces questions. La stature adulte des soldats indigènes et européens, considérée comme indice biologique des niveaux de vie, est confrontée aux autres données économiques, dé- mographiques et climatiques. L'ouvrage situe ainsi de manière nuancée la trajectoire démographique des populations entre scénario d'Ancien Régime (facteurs naturels) et scénario critique (facteurs humains) et, enjeu majeur, réévalue sensiblement le nombre d'habitants à l'aube de la colonisation.

  • Toulouse connaît au cours des deux derniers siècles du Moyen Âge l'essor de ses activités artistiques. Privée de cour princière, elle n'en est pas moins un centre dynamique qui bénéficie de son rayonnement de capitale régionale.
    À chaque pas que fait le promeneur du xxie siècle dans les rues du centre-ville s'offre une parcelle d'un patrimoine historique largement dominé par l'art médiéval. C'est à la redécouverte de cette intense période de créativité dans tous les domaines artistiques, de la musique à la peinture, de l'enluminure à la sculpture, en passant par l'orfèvrerie et la broderie, que cet ouvrage invite son lecteur. Bien des livres ont été écrits sur la Toulouse médiévale. L'originalité de celui-ci est de retracer la totalité des activités culturelles et artistiques d'une grande ville du royaume de France aux xive et xve siècles.

  • Les sculptures romanes toulousaines parvenues jusqu'à nous sont d'une extraordinaire qualité et sont connues dans le monde entier. Elles sont conservées en place dans la basilique Saint-Sernin, ou sont exposées au mu- sée des Augustins, les cloîtres de la cathédrale Saint-Etienne, du monastère de la Daurade et de Saint-Sernin ayant été détruits au début du xix e siècle.
    Comprendre ces oeuvres nécessite d'abord de les regarder : comment mieux les redécouvrir qu'à travers les dessins d'Anne Péchou ! Elle a recherché les lignes de force de chaque sculpture, s'émerveillant du graphisme d'un rin- ceau, traquant l'expression du regard humanisé d'un fauve pétrifié dans le beau calcaire de Belbèze, cherchant à retrouver, à travers le trait du crayon, l'élan créateur du sculpteur du xii e siècle, à passer des trois dimensions de la sculpture aux deux dimensions du papier, à passer du jeu de la lumière sur la matière ciselée à la couleur. Une couleur souvent vive, contrastée, que n'auraient pas reniée les artistes du xii e siècle et qui donne aujourd'hui une autre vie aux oeuvres.
    Quitterie Cazes a commenté chaque oeuvre, pour en donner les clés de com- préhension, pour en restituer le contexte de création.
    Ce livre veut allier l'imaginaire d'une artiste contemporaine et le travail d'investigation d'une enseignante-chercheuse dont l'art roman est l'un des terrains d'élection. Le but est de donner, dans la mesure du possible, une autre approche de ces oeuvres du passé, de les « actualiser », tout en rendant accessible le sens qu'elles ont pu avoir il y a près de 900 ans.

  • Fondé à Toulouse il y a plus de 800 ans, l'ordre des Dominicains place au premier plan la formation de ses membres et l'utilisation des livres.
    Pourtant, l'histoire de la bibliothèque du couvent de Toulouse restait encore à écrire. C'est désormais chose faite avec cet ouvrage qui rassemble à la fois le catalogue de l'exposition de 2016 qui s'est tenue à la Bibliothèque d'étude et du patrimoine de Toulouse et les actes des journées d'études qui eurent lieu à la suite en 2017.
    Avec près d'une centaine de manuscrits médiévaux conservés dans les réserves de la bibliothèque, ce fonds est le témoignage exceptionnel d'une bibliothèque médiévale à l'histoire mouvementée. Les spécialistes rassemblés dans cet ouvrage abordent l'histoire de la bibliothèque toulousaine d'un point de vue pluridisciplinaire, en étudiant successivement l'importance des fragments médiévaux réemployés dans les manuscrits, le contenu des registres d'Inquisition, le rôle des Dominicains dans la production enluminée toulousaine et dans l'élaboration d'une iconographie singulière, la mise en place d'une liturgie unifiée et l'histoire de l'ordre à travers des manuscrits qui permettent d'évoquer les figures de saint Dominique, Bernard Gui ou encore Vincent Ferrier.

  • Dédié à l'art (orfèvrerie, enluminure, peinture murale, sculpture, architecture...) et à l'archéologie (métal, verre, céramique...) à Toulouse au XIVe siècle, cet ouvrage se propose de poser les jalons indispensables à une approche renouvelée de l'une des périodes artistiques les plus riches de la cité toulousaine. À la fin du XIIIe siècle, après de grands bouleversements qui ont mené à la disparition de la famille comtale, la ville de Toulouse joue un rôle déterminant de capitale régionale. La vie religieuse y est renforcée par l'essor récent des ordres mendiants, et les échanges intellectuels y sont brillants autour de l'université. Par ailleurs, les élites urbaines, liées au pouvoir municipal des capitouls, définitivement fidèles à la monarchie, sont les garantes d'une stabilité politique et économique favorable à la commande artistique. Les conditions sont alors réunies pour que s'épanouissent l'architecture religieuse, la sculpture autour du fameux Maître de Rieux et bien d'autres, les arts précieux et les arts de la couleur, ainsi que les objets du quotidien, qui connaissent un nouvel âge d'or. Ce bel élan n'est freiné que par les malheurs du temps, la peste et la guerre de Cent Ans.

  • Dans une historiographie sur les élèves en plein renouvellement, l'étude des modalités de leur regroupement organisé par les institutions éducatives et leurs membres permet de mettre en évidence un autre axe d'apprentissages favorisés par des relations fraternelles, éminemment contrôlées toutefois par les pédagogues et les responsables scolaires.
    La réflexion collective s'attache à l'analyse de ces structures, à leur organisation et leur fonctionnement quotidien tel qu'il paraît pris en charge, pour une large part, par les élèves eux-mêmes. Les autorités éducatives (politiques et religieuses) de l'époque moderne se saisissent de ces associations afin de prolonger hors du temps scolaire et après l'âge scolaire, avec éventuellement une radicalisation des formes d'expression, les effets de l'éducation développée dans les collèges d'Ancien Régime, jésuites et oratoriens. Pour d'autres autorités, des xviie-xxe siècles, reconnaître ces associations c'est permettre aux élèves de s'initier à une vie politique, soit au sein de cette association, soit à l'extérieur dans la cité. Les structures réunissent alors élèves et étudiants en leur donnant une visibilité, une voix. Enfin, encourager des pairs à s'associer concourt à créer une solidarité, des réseaux professionnels ou syndicaux, voire une culture d'établissement, entre adultes.

  • Péninsule pour s'employer dans l'agriculture de ses campagnes dépeuplées. Près de 80 000 Italiens s'établissent ainsi dans la région où ils deviennent une composante essentielle de la société locale. Originale- par son mode d'implantation et ses caractéristiques sociologiques, cette population rencontre un Midi encore très rural, tandis que le contexte politique est marqué par les clivages nés du Liscisme et l'aggravation des tensions internationales.
    Retracer l'histoire de cette immigration, c'est dire aussi la façon dont celle-ci est reçue et perçue, depuis les premières arrivées au début des années vingt jusqu'au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Acceptation et crispations, visions stéréotypées et nouveaux liens de voisinage, sentiment de proximité et perception de l'altérité : autant de figures contrastées au travers desquelles on voit se transformer l'histoire des relations entre ces Français et ces Italiens désormais amenés à vivre ensemble.
    Evolution complexe, dont le présent ouvrage s'efforce de mettre à jour les mécanismes, tout en orant, par- delà l'examen d'un cas particulier, un modèle général pour l'étude des vicissitudes de l'opinion publique et de ses représentations croisées Lice à un phénomène migratoire.

  • Une société marchande Le commerce et ses acteurs dans les Pyrénées modernes La montagne, un monde de marchands ? C'est cet apparent paradoxe que P. Poujade nous invite à explorer ici. Loin de décrire de hautes terres enclavées et une société close, où l'autarcie serait une des conditions de l'existence, l'auteur invite à la découverte d'un autre univers. À travers l'analyse de riches archives, notariales entre autres, il montre comment, entre 1550 et 1700 environ, les montagnes du haut pays de Foix sont partie intégrante des grands circuits commerciaux de l'Europe moderne. Tout au long de l'année en effet, cols et chemins sont les lieux d'intenses échanges terrestres. Et ce n'est pas une des moindres particularités des petites villes qui contrôlent ces nombreuses routes, que de susciter et d'abriter une communauté marchande étoffée, nourrie de nouveaux venus, Auvergnats, Limousins, voire Dauphinois.

    Quels sont les produits qui empruntent cet axe entre le Massif Central et la Catalogue intérieure ? D'où viennent-ils, où vont-ils et comment sont-ils commercialisés ? Quelle place pour les marchands migrants et quel rôle pour les marchands locaux ? Ce sont là quelques-unes des questions auxquelles l'auteur apporte des éléments de réponse originaux, qui renouvellent profondément les recherches dans ce domaine.

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  • Du Moyen Age orthodoxe ou romain aux Etats-Unis les plus contemporains, en passant par l'Algérie coloniale, la France de la Troisième République ou la Pologne de l'entre-deux-guerres, cet ouvrage traite du rapport des juifs à la ville.
    Il s'agit, bien sûr, de la ville au sens le plus physique du terme, avec ses ghettos, ses " carrières ", ses " sentiers ", ses frontières plus ou moins immatérielles ; mais aussi de la Cité au sens politique du terme, et de cette dialectique constante dans l'histoire de la diaspora, entre exil et intégration, acculturation et fidélité, conversion et mémoire. Succès (tel l'israélitisme français ou hongrois) et rejets (l'antisémitisme dans les universités polonaises des années 1930 ou la France de Vichy) rythment une histoire que l'on peut lire aussi à travers de grandes oeuvres littéraires, d'Isaac Singer à Chaïm Potok.

  • Uppenna 1 a présenté le contexte de la grande découverte des années 1904-1907 Ce second volume expose d abord, dans un riche CD-Rom, les résultats des fouilles reprises par Dominique Raynal a partir des années 1970, complétant et corrigeant, malgré la difficulté de " fouiller une fouille ", les données anciennes.
    L'auteur apporte une réponse définitive à la question du schisme donatiste, tel qu'il s'est développé en Afrique romaine depuis le début du IVe siècle. Le catalogue complet, la typologie, l'étude minutieuse d'un ensemble exceptionnel de mosaïques funéraires couvrant la période du IIIe au VIe siècle renouvellent très largement notre vision de l'histoire de l'Afrique à cette époque. De cette démarche qui croise l'archéologie, l'épigraphie, l'étude iconographique, la reprise sous un éclairage neuf de textes célèbres, de Cyprien de Carthage à Augustin d'Hippone, l'image qu'on se faisait de l'évolution du christianisme africain ressort notablement enrichie.

  • En avril 1799, trois ans avant la proclamation de l'indépendance d'Haïti, un vieux noble ruiné écrit à Toussaint Louverture, figure montante de Saint-Domingue.
    Surprenant renversement des rôles : le comte Louis-Pantaléon de Noé appelle à l'aide un ancien esclave. Maître de la plantation Bréda où naquit Toussaint, grand propriétaire sucrier dont le domaine inspira Victor Hugo pour Bug Jargal, l'aristocrate gascon est représentatif de ces riches planteurs blancs alors malmenés par la tourmente révolutionnaire. A un moment où beaucoup s'interrogent sur le passé colonial de la France, cette biographie invite à plonger au coeur du système esclavagiste et de la " plantocratie " d'Ancien Régime, tout en rappelant les liens solides tissés entre les provinces françaises et les lointaines îles à sucre.
    Sur les pas du comte de Noé, le lecteur croisera des personnages célèbres (Toussaint Louverture, les frères de Louis XVI) ou moins connus (négociants, notaires et gérants de sucreries):-I1Tdécouvrira, surtout, les principaux acteurs de la société antillaise : les esclaves noirs, bien évidemment, mais aussi ces " Libres de couleur " qui constituent un groupe social en plein essor à la fin du XVIIIe siècle.

  • Spectaculaire, le célèbre parcellaire rayonnant de l'ancien étang de Montady est aussi révélateur des espaces aménagés par les sociétés dans le Languedoc des XIIe-XVe siècles.
    De toutes tailles, des minuscules estagnols aux vastes cuvettes de plus de mille hectares, comme Marseillette (Aude), Capestang (Hérault) et Pujaut (Gard), des centaines d'étangs constellaient les terroirs villageois de plaine. Autour des décennies 1240-1300, en pleine phase de croissance et de recherche de nouveaux profits, degrands chantiers de drainage transforment ces zones humides pourtant très utiles en champs céréaliers ou en prairies.
    L'ouvrage aborde d'abord la question de l'aménagement des milieux humides sur la longue durée (Antiquité-Moyen Age) à l'échelle européenne, avant de traiter l'histoire des assèchements médiévaux en Languedoc méditerranéen dans sa globalité, mais aussi à travers plusieurs dossiers bien documentés. Les étapes de l'entreprise, de la décision de drainer à la réalisation des travaux, l'identification des acteurs, qui présentent tout l'éventail de la société médiévale, les répercussions sur le paysage et l'environnement, tels sont les temps forts de cette réflexion sur l'interaction entre l'homme et le milieu.
    Les transformations engendrées par l'assèchement des étangs continentaux donnent naissance à un paysage spécifique, entièrement remodelé, scandé par les alignements des fossés, entre le grand mairal et le cercle, et cachant parfois des aqueducs souterrains rythmés par des puits. Une patiente enquête parmi les sources les plus diverses, textes médiévaux et modernes, plans anciens et actuels, photographies aériennes, données archéologiques et paléoenvironnementales, aboutit à une histoire sur la maîtrise de l'eau et permet de mieux comprendre les paysages, les terroirs et les territoires, en un mot l'espace actuel.

  • Existe-t-il un cinéma " stalinien " ? Cette question, loin d'être formelle, est essentielle pour saisir la complexité des relations qui se sont nouées, dans l'Union soviétique de Staline, entre le cinéma et le pouvoir politique.
    Que la production et la diffusion des images aient été strictement contrôlées, que les autorités aient imposé une esthétique - celle du réalisme socialiste -, que Staline, dans la continuité de la politique entreprise par Lénine, ait voulu faire du septième art l'un des principaux outils de sa propagande, personne ne le contestera. Mais cela signifie-t-il pour autant que le cinéma soviétique ait été enfermé pendant plus de vingt-cinq ans dans un moule rigide et étouffant ? Au-delà d'une uniformité apparente de la production, ne peut-on déceler, ici et là, des aspérités, des divergences, voire des espaces d'autonomie ? Telles sont les questions abordées par ce collectif d'auteurs, français et étrangers, qui proposent de porter un regard nouveau sur l'histoire de ce cinéma, en s'intéressant tout autant aux films eux-mêmes qu'à leurs conditions de fabrication et de diffusion.

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  • Contrairement au cliché, hélas encore trop répandu et auquel il est plus nécessaire que jamais de tordre définitivement le cou - ce à quoi s'emploie cet ouvrage -, il y a des individus au Japon... Il y a dans ce pays des singularités, fortes et originales, et pas uniquement dans le domaine artistique ; il y a des individus qui mènent des combats pour leurs droits, et ces combats nourrissent et renforcent la démocratie japonaise.
    La question de l'individu, qui est depuis le XIXe siècle au centre de la réflexion sur la modernité japonaise, est toutefois aujourd'hui âprement discutée au Japon même. Ce qui rend plus complexe encore la perception que l'on peut en avoir. On assiste en effet dans ce pays, au travers de la montée en puissance des idées néolibérales et néoconservatrices, sinon nationalistes, à une tentative de redéfinition de l'individu et des droits individuels qui pourrait aboutir à terme à des changements importants dans la nature même de sa démocratie.
    Outre l'affirmation de l'existence d'individus japonais, et plus exactement comme condition même de l'existence de ceux-ci, ce sont donc toutes ces questions que l'on trouvera traitées dans cet ouvrage dont l'ambition est de défricher un domaine jusqu'ici peu étudié.

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