Pu De Strasbourg

  • Dans les sociétés du Nord planétaire les besoins de care augmentent alors que les femmes n'acceptent plus guère de s'y consacrer sans contrepartie. Ce déséquilibre engendre des flux importants et différenciés de migrantes venant de l'Est ou du Sud du monde. Polonaises en Allemagne, Péruviennes à Buenos Aires ou au Chili, qui sont-elles ? Dans quelles conditions concrètes travaillent-elles ? Quels sont leurs droits ?
    Les contributions ici réunies examinent dans une perspective comparative le statut de « travailleuse du care » afin d'apporter un éclairage sur les différents cadres institutionnels et juridiques qui régissent les pratiques actuelles. Une société du care se profile-t-elle à l'horizon ?

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  • Ce numéro est consacré à la présentation de recherches et de chercheurs et chercheuses in(ter)-, pluri-, poly-, disciplinaires, « indisciplinaires », selon le mot d'Edgar Morin (2005), ou même indiscipliné(e)s, et des réflexions de ces derniers sur leur propre pratique (une épistémologie ?). En continuité avec cette approche critique du savoir parcellisé de la science contemporaine, les contributeurs donnent voix à des méthodologies et/ou sujets de recherche qui jouent avec les cloisonnements disciplinaires. Si la science est balisée par des disciplines, selon Marcel Mauss ses découvertes ont « toujours » pour lieu « une vilaine rubrique, car c'est généralement dans ces domaines mal partagés que gisent les problèmes urgents » (Mauss 1934). Et en effet, nombre de recherches ambitieuses se trouvent en porte-à-faux avec leur contexte disciplinaire, taxées, disait Mauss, de « disgrâce et d'opprobre » : la dimension politique est présente.

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  • L'étranger n'est pas extérieur au groupe social: il y remplit une fonction, que des sociologues comme Georg Simmel ont très tôt soulignée. Sa caractéristique est de ne pas faire partie du groupe depuis le début. Son lien à l'entourage est fait de proximité et de distance. Comme il n'a pas de racines dans le groupe, il doit vivre des relations d'échange qu'il permet avec l'extérieur, et apparaît ainsi dans l'histoire économique d'abord sous les traits du commerçant. Il se distingue aussi par une certaine objectivité du regard qu'il pose sur la société où il vit, assez distant pour être critique, mais assez proche pour être concerné: c'est pourquoi il a occupé dans certaines sociétés des positions de médiateur. Enfin, la relation que nous entretenons à l'étranger est plus abstraite: parce que l'étranger est différent de nous, il nous paraît peu différent d'un autre étranger, et sa figure prête aux généralisations. Il est un bouc émissaire facile à pointer.
    Qu'en est-il de cette fonction de l'étranger aujourd'hui, dans un univers où les frontières deviennent floues, dans une Europe qui semble créer des degrés dans l'étrangéité (le Chinois, le Turc et l'Allemand sont-ils semblablement étrangers?)? La mondialisation pose le problème d'un univers humain qui n'a plus d'extérieur. Les nouvelles techniques de communication bousculent les catégories du proche et du lointain: l'interlocuteur avec qui je dialogue chaque jour et qui habite à des milliers de kilomètres de là ne m'est-il pas plus proche que mon voisin de palier à qui je ne fais que dire bonjour quand je le croise par hasard?
    La figure de l'étranger ne finit-elle pas par se dissoudre dans le paradoxe que tout le monde devient un étranger pour tout le monde et pour soi-même?

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  • De Gargantua aux "Guignols de l'Info", le rire secoue les institutions. Les espaces que la société lui accorde pour son expression dans les spectacles et dans les médias font de l'humour et de la dérision un des phénomènes majeurs qui accompagnent la modernité, peut-être l'un de ses moteurs.
    L'humour est une des manières de dire les incohérences de la société. Il affirme la prééminence du concept d'incertitude. Le rire abîme le pouvoir en fustigeant ses dogmes et ses pratiques.
    Mais la dérision peut aussi stigmatiser les minorités et leurs différences. Faut-il alors distinguer entre un rire qui fait avancer le social en le bousculant et un rire catalyseur des foules au service du maintien de l'ordre établi?

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  • Les jeux envahissent aujourd'hui tous les aspects de la vie sociale et font vivre des branches significatives de l'économie. L'industrie du jeu vidéo en particulier est un secteur de pointe dont les innovations irriguent de multiples domaines technologiques.
    Le jeu était jusque là considéré comme une activité marginale, cantonnée aux loisirs et plutôt réservée aux enfants. Comment penser des pratiques qui désormais occupent en permanence l'esprit de nombreux joueurs jeunes et moins jeunes, contaminent l'éducation et le travail, et intéressent également les entreprises?
    Les "game studies" se sont depuis dix ans constituées en un champ organisé dans le monde anglophone. Ce numéro de la Revue des sciences sociales brosse un état des connaissances et explore les raisons du retard des travaux en langue française dans ce domaine. Ses contributions élargissent en même temps les perspectives de recherches futures.

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  • Le vote d'extrême-droite est désormais ancré dans le paysage politique en Europe. Les événements violents qui se sont récemment réclamés d'idéologies extrémistes donnent toute son actualité à un numéro qui se penche sur les rapports entre discours et pratiques aux confins du champ politique.
    Dans quelle mesure un succès électoral de l'extrême-droite encourage-t-il certaines personnes à la violence, ou au contraire permet-il de canaliser les tentations violentes vers les urnes? Les groupes néonazis et les subcultures rassemblant de jeunes xénophobes jouent-elles un rôle décisif dans ce processus? L'extrême-gauche se renforce-t-elle par réaction et, si oui, les extrémismes des deux bords tendent-ils à s'alimenter mutuellement?
    Dans un contexte de crise persistante des institutions démocratiques, les textes de ce numéro éclairent la scène extrémiste, ses cultures, ses dynamiques, et le renouvellement de ses formes d'action.

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  • Réchauffement climatique, pics d'ozone, récent « Grenelle de l'environnement », économie sociale et solidaire, mobilité partagée, mixité sociale... L'actualité mobilise le répertoire du « développement durable ». Lorsqu'il s'agit de passer des grands principes à l'action concrète, la ville et les espaces locaux permettent d'évaluer la mise en oeuvre et la capacité opérationnelle de cette notion.
    Que faut-il entendre par ville durable? Quels sont les défis d'environnement qui se posent aujourd'hui aux villes? Quelle est leur capacité à redéfinir les espaces urbains qui les constituent?
    De l'écologie au développement durable, il y a un changement de référentiel. Les contributions de ce numéro essaient de penser l'environnement dans ses rapports avec les autres pans, économique, social, culturel, d'une même approche, et dans ses relations avec la promotion de nouveaux acteurs (associatifs, riverains, habitants et usagers de services publics...) dans le cadre de politiques participatives et d'un appel à une gouvernance territoriale renouvelée qui posent question.

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  • La construction européenne et la mondialisation ont pu faire croire à la fin des frontières. Mais les voilà qui réapparaissent: barrières à l'immigration, revendications identitaires, frontières aussi dans les têtes entre âges, sexes, espaces privé et public... La libre circulation des informations et des capitaux contraste avec la construction d'exceptions, de préférences et de protections sécuritaires.
    Les frontières sont toujours d'actualité mais elles se déplacent, se diversifient par spécialités (frontières politiques, économiques, culturelles, psychologiques). Les douaniers sont toujours là, et ils opèrent sur tout le territoire.
    À quoi servent ces frontières dont on ne semble pas pouvoir se passer? Comment nous construisent-elles? Quels espaces interstitiels ménagent-elles pour les échanges et les passages? Que ferions-nous si elles n'étaient plus là pour que nous arrêter, et nous permettre de les traverser ou de les subvertir?

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  • Comment se construit aujourd'hui le rapport au croire ? Quelle est cette relation particulière que nous entretenons avec des êtres invisibles, qui ont des effets sur nous alors même que nous ne sommes pas sûrs, modernes et rationnels que nous sommes, de croire à leur réalité ?

    La critique rationaliste, sur trois siècles d'histoire européenne, a obligé les religions à se mettre en question, et les a poussées à se renouveler et à se diversifier, intégrant les apports des autres cultures. Ce qui nourrit en grande partie le "retour du religieux" à notre époque.

    Que faire du religieux, aujourd'hui ? L'enseigner, ou enseigner comment l'interpréter ? Inscrire la laïcité dans les principes d'une démocratie, au risque de faire de la laïcité elle-même une religion ?

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  • Le malentendu est sans doute au coeur de toute rencontre. On ne connaît d'abord de l'autre, même le plus proche, que la surface qu'il connaît ou qu'il donne à lire de lui-même. L'autre se construit alors à travers les significations et les valeurs projetées sur lui. Le malentendu ne soulève pas toujours le conflit, il est parfois à la source de moments heureux même si les acteurs, tout en croyant parfaitement se comprendre, ne se rencontrent pas sur le même terrain de sens.

    Le malentendu génère des émotions fortes et éventuellement contradictoires. Le plus souvent il prend la forme d'une tension pénible entre des acteurs ou des groupes. Si la rencontre de l'altérité est inévitable, et particulièrement dans le monde contemporain marqué par la mondialisation et un afflux considérables de migrants dans les pays du Nord, quelles sont alors les conditions qui favorisent la rencontre la plus propice, supposant d'entrer dans la logique de l'autre tout en maintenant les fondements du sentiment de soi ?

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  • À un moment où de nombreux débats scientifiques soulèvent la question d'une entrée précoce dans l'adolescence et évoquent une reconfiguration des âges de la vie, ce numéro de la Revue des sciences sociales interroge le succès du terme « préadolescence », sa construction variable selon les expériences singulières et les contextes socio-culturels, ainsi que la manière dont cette catégorie est réappropriée par les enfants, les adultes (parents, éducateurs, médecins, psychologues), les médias. Loin des discours réducteurs, ce numéro dirigé par Nicoletta Diasio et Virginie Vinel montre la complexité des transformations subjectives et sociales des âges contemporains, et notamment de la jeunesse.

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  • Les images imprègnent le monde contemporain. Omniprésentes, elles se diffusent instantanément et ont des effets rapides et massifs. On en oublie qu'elles ne sont pas « immédiates ».
    Quel rapport, à la fois fasciné et distancié, entretenons-nous aux images ? Nos sociétés sont-elles idolâtres ou iconoclastes ? Comment les images contribuent-elles à notre connaissance des choses et du monde ?

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  • L'opposition jour-nuit définit une frontière à la fois réelle et symbolique entre la lumière et l'obscurité, l'activité et l'immobilité, le travail et les plaisirs.
    Depuis l'invention du réverbère et de l'électricité, l'industrialisation et l'urbanisation mordent sur les territoires jadis préservés par les rythmes naturels: dans nos sociétés, on travaille et on fait la fête, on se bat, on se parle, on s'aime, aussi la nuit. Parfois de préférence la nuit.
    Ce numéro explore un temps qui est vécu comme un espace à conquérir: lieu de déploiement des désirs, des transgressions et des peurs. Quand le soleil s'est couché et que les lumières s'allument, une autre société s'éveille.
    Les sciences sociales, le plus souvent diurnes dans leurs objets, traitent dans un numéro à contre-jour de ce qui se passe quand la plupart des chercheurs dorment.

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  • La distinction privé/public se soutient d'une tradition solide en sociologie qui pose que la société n'est possible que si les individus sont préservés dans leur droit à l'intimité. Cette partition a pourtant admis des exceptions légitimes avec le temps. Les violences parentales et conjugales, par exemple ne sont plus considérées comme une affaire purement privée relevant du "droit de correction" paternel: l'espace privé est donc l'enjeu d'une négociation publique.

    Appropriations privatives du bien public, envahissement de l'espace collectif par les téléphones portables, surexposition de l'intimité dans les reality-shows, pornographie: les frontières entre privé et public sont-elles de nos jours remises en cause par quelque nouveau "Big Brother"? ou bien se déplacent-elles pour reconfigurer les formes de la "bulle personnelle" nécessaire à chacun?

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  • Le modèle clausewitzien tend à présenter la guerre comme une série de coups échangés de part et d'autre d'une ligne de front par des adversaires mutuellement bien identifiés. Ces derniers sont des États-nations, ancrés dans des territoires dont les armées défendent les frontières. Les formes de la guerre sont conditionnées par des distinctions claires entre l'intérieur et l'extérieur, et entre les domaines civil et militaire. Les fronts sont délimités, les médias sont au service de la cohésion nationale pour soutenir l'effort de guerre, les populations civiles et les pays non concernés ne pâtissent des effets de la guerre que du fait de retombées considérées comme indirectes.
    La guerre du Kosovo, l'intervention américaine en Afghanistan, la seconde guerre du Golfe ont confirmé l'émergence d'un autre modèle de guerre. Dans celui-ci, les frontières, les fronts et les distinctions classiques ne sont plus clairement marqués. Les entreprises multinationales pèsent plus lourd que certains États, et les États-Unis, désignant l'attaque des tours du World Trade Center en 2001 comme un "acte de guerre", reconnaissent du même coup à une organisation terroriste un statut d'alter-ego, de quasi-État. Les médias n'agissent plus au service univoque du pays et ont une influence dispersive, les cibles suscitent des discours antagoniques, et celui qui écrase l'adversaire par trop de morts perd la guerre devant sa propre opinion publique. Les interventions de pays extérieurs ne sont plus clairement ressenties comme des ingérences. L'ennemi peut être une armée conventionnelle, ou un groupe de francs-tireurs ou un réseau terroriste, qui se confondent avec une population qui peut être sympatisante, passive ou hostile. Certaines opérations militaires tendent à être conduites, et d'ailleurs à être présentées médiatiquement, comme des opérations de police. La figure de l'ennemi "intérieur" menace de ressurgir dans un temps de paix conçu comme préparatoire à la guerre, voire comme le temps d'une guerre qui ne dit pas son nom.
    Ce sont ces nouvelles figures de la guerre que ce numéro de la Revue des sciences sociales propose d'explorer.

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  • La science ne se pense pas sans écriture, sans la figure du théorème inscrit au tableau de nos salles de classe. On pourrait essayer d'imaginer ce que serait une connaissance élaborée par des êtres qui n'auraient pas disposé de la parole, et a fortiori de l'écriture. Une société où prédominerait la communication par le toucher ou par l'odorat (ou par des canaux sensoriels autres, inexistants sur notre planète, mais dont on pourrait imaginer les caractéristiques virtuelles) pourrait-elle accéder à l'équivalent d'une pensée scientifique? Pour pouvoir penser scientifiquement le monde, il nous faut aujourd'hui réfléchir à la manière dont l'écriture nous contraint à le penser dans la logique et les catégories qui sont les siennes.

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