Pu De Provence

  • À l'heure où les formes de la démocratie représentative sont interrogées par les citoyens, que peuvent nous apprendre les expériences de délibération développées au sein des communautés urbaines ? À l'échelle du gouvernement, les écritures des conseils de ville permettent de pénétrer les processus de prise de décision. Le collectif de chercheurs réuni forge les outils d'un comparatisme européen, à l'échelle urbaine. La perspective choisie est celle de la longue durée, en examinant l'évolution politique et scripturale des institutions municipales du xiiie au xviiie siècle.
    Inscrit aux programmes des concours du capes et de l'agrégation d'histoire jusqu'en 2022.

  • Ce livre traite de la guerre et de la paix en Méditerranée médiévale. Comment passe-t-on de la préparation et de la conduite de la guerre à des relations pacifiques ? On oscille au gré de la propagande des papes, des appels au gihad, de la succession des rois, doges, sultans et empereurs byzantins. Les acteurs de la guerre se déploient sur tous les fronts, aussi bien les soldats croisés que les guerriers de l'Islam et de Byzance. Et pendant que la défense s'organise sur le littoral, les souverains continuent de s'échanger ambassades, lettres et cadeaux témoignant de sociétés qui aspirent à la paix pour renouer avec l'économie.

  • L'histoire portuaire marseillaise en chantier : espaces, fonctions et représentations, XVIIe-XXIe siècle Nouv.

    Largement ouvert sur le monde depuis le xviiie siècle, soucieux de demeurer une escale pertinente dans des échanges maritimes internationaux de plus en plus intenses, concurrentiels et volatils, le port de Marseille a connu, au cours des derniers siècles, des évolutions qui ont profondément affecté ses espaces de fonctionnement, ses infrastructures, ses fonctions et son mode d'administration. Cet ouvrage nous plonge au coeur d'une trajectoire portuaire dense, complexe, forte d'une histoire riche en rebondissements et en contrepieds, sous les regards croisés d'anciens acteurs, de témoins et de chercheurs.

  • Des débuts de la Réforme luthérienne (1517) aux premières réunions du Concile de Trente (1545), on assiste en Europe à une éclosion impressionnante des échanges et des rencontres de nature religieuse et spirituelle. Il s'agit en effet d'un moment historique où tout reste encore possible, rien n'est encore figé de manière doctrinale, une phase durant laquelle on expérimente différentes ambitions de réforme de l'Église. Entre Rome et Wittenberg, se profile alors une troisième voie : au croisement entre la France et l'Italie se développe un vaste champ de comportements religieux étiqueté par les historiens sous le terme d'« évangélisme », fondé sur la volonté de renouveler radicalement l'institution ecclésiastique sans pour autant arriver à une rupture schismatique, ni renoncer au dialogue avec le monde protestant.

  • Tout au long du Moyen Âge, des hommes d'Église s'impliquent dans les conflits armés, certains allant même jusqu'à combattre les armes à la main.
    Ce phénomène n'est pas limité aux croisades : bien souvent, évêques et abbés combattent dans les armées des rois, empereurs et autres princes pour des motifs qui n'ont rien de religieux. Ce sont en effet des seigneurs en plus d'être des prêtres, et dans une certaine mesure le droit leur permet de justifier leurs actes, malgré les critiques dont ils sont souvent l'objet. Cet ouvrage se propose d'examiner ce phénomène sous ses aspects culturels, juridiques et moraux, à travers l'exemple de la France du XVe siècle, qui voit les prélats combattants disparaître peu à peu en raison de l'évolution politique, intellectuelle et culturelle de la société.

  • À la fois lieux de résidence, de services, d'apparat, les consulats sont des espaces complexes, à la frontière entre le public et le privé, le dehors et le dedans, le local, le « national » et « l'étranger ». Leur visibilité dans l'espace urbain fait d'eux des repères facilement identifiables, en même temps que des observatoires privilégiés sur les réalités locales. Cette enquête collective étudie à la fois l'architecture de ces lieux, leur implantation dans l'espace urbain, les modalités de leur occupation ou encore leur rôle social, au profit d'une histoire totale de la maison consulaire.

  • L'ouvrage présente le livre de raison d'Antoine Peint, un marchand de la ville d'Arles dans les deux dernières décennies du xvie siècle ; l'étude de ses comptes, de ses réseaux professionnels et sociaux dans la période très troublée de la Ligue, couplée avec d'autres sources contemporaines (registres paroissiaux, délibérations communales, sources fiscales et notariales), permet de comprendre la stratégie d'ascension sociale qu'il met en place dans ce contexte. Le cas d'Antoine Peint est exemplaire car plusieurs autres marchands, moteurs de l'activité commerciale d'Arles dont le port est alors en plein essor, suivirent une voie similaire et furent à l'origine de l'émergence, au sein de la cité, d'un groupe de nouveaux anoblis.

  • Cet ouvrage analyse la formation des rites et traditions dans la Provence de la fin du Moyen Âge, puis leur évolution et parfois transformation en mythe.
    Ainsi l'entrée royale dont le rituel s'inspire de l'entrée de Jésus à Jérusalem le jour des Rameaux s'enrichit au XVIIe siècle d'un décor d'arcs de triomphe qui développent un discours historique à la gloire du souverain. Ainsi la procession de la Fête-Dieu d'Aix, cortège modeste et pieux à ses débuts au XIVe siècle, devient, à partir du XVIe siècle une parade bruyante et colorée, rythmée par la représentation de tableaux vivants, les "jeux" attribués sans raison au roi René.
    Un second ensemble d'études s'organise autour des histoires anciennes de la Provence et la constitution de l'image de deux personnages devenus de véritables figures légendaires, la reine Jeanne et le roi René, donnant lieu à une tradition narrative qui parasite encore aujourd'hui l'histoire. Un dernier ensemble d'articles s'attache à quelques récits apocryphes incrustés dans la mémoire collective et que l'on voit périodiquement resurgir : la légende du juif blasphémateur écorché vif à l'entrée de la Juiverie d'Aix, la bénédiction des calissons d'Aix, récit apocryphe à la limite du canular, fabriqué au milieu du XXe siècle...

  • De 1939 à 1944, de nombreux camps d'internement existèrent dans l'actuelle région Provence-Alpes-Côtes d'Azur. Le camps des milles, près d'Aix-en-Provence, occupa, avec ses " annexes ", plusieurs fonctions : camp d'internement pour ressortissants du Reich en 1939-1940, centre de transit pour étrangers désireux de quitter la France, lieu de regroupement des juifs raflés de l'été à l'automne 1942. A partir de sources peu explorées, cet ouvrage fait le point sur cette galaxie de l'internement et sur son rôle dans l'exclusion et les transferts des juifs en zone nord, à destination des camps d'extermination. Avant novembre 1942, ces transferts furent pris en charge par les autorités vichystes. Ils s'accentuèrent après l'occupation avec de fortes différences entre l'attitude des autorités allemandes et italiennes. Les différentes contributions apportent de nombreuses précisions sur la situation des juifs et sur leur persécution dans les divers départements provençaux. L'ensemble est complété par des témoignages et documents inédits sur la déportation, recueillis avec le concours de l'Amicale des déportés d'Auschwitz et de Haute-Silésie, Marseille-Provence.

  • Entre les années 970, oú elle se constitue marquisat, et 1482, date de l'annexion à la france, la provence s'affirme comme une principauté territoriale à part entière, à l'identité fortement marquée.
    Des hommes et des femmes, traversent cette histoire : l'abbé isarn de saint-victor, porte-parole de la paix dieu, le brigand raimond de turenne, chef des grandes compagnies, le roi rené, généreux mécène, mais aussi teucinda, fondatrice de montmajour, la comtesse béatrice, héritière convoitée par de nombreux prétendants, ou la reine jeanne soumise à une double légende dorée et noire. ces personnages apparaissent comme les types de groupes sociaux en pleine transformation : comtes chaque jour plus puissants, guerriers à leur service féodal ou en révolte ouverte contre eux, seigneurs affirmant l'indépendance de leurs châtellenies, marchands citadins traitant avec l'orient, paysans asservis luttant pour leurs libertés ou ordres monastiques nombreux et divers.
    Connaître en profondeur et expliquer cette société est le but du présent ouvrage, qui intègre les progrès remarquables accomplis récemment par la recherche historique sur la provence médiévale.

  • L'essor actuel des recherches sur les récits de voyage médiévaux se nourrit d'un renouveau des perspectives et des approches. Les dix contributions présentes dans ce volume explorent deux pistes : d'une part les liens entre récits de voyage et géographie, d'autre part la place de ces récits dans le développement d'une quête du "moi" au cours du Moyen Age. La frontière entre récit viatique et traité de géographie est floue et les définitions de ces deux domaines demeurent poreuses tout au long du Moyen Age.
    De la même façon, la place que tient l'écriture du voyage dans la naissance de l'autobiographie est significative et les histoires de ces deux genres littéraires se croisent fréquemment. Ces deux aspects, souvent opposés, rarement rassemblés, ne sont cependant pas antinomiques, mais méritent d'être examinés de façon conjointe. En effet, le voyageur, confronté à des lieux et des expériences nouveaux, qui viennent enrichir les connaissances géographiques, est aussi amené à un retour sur soi et à un questionnement sur son identité.

  • L'ouvrage retrace l'histoire de l'asile où Van Gogh a été interné. En 1807, à Saint-Rémy-de-Provence, le docteur Louis Mercurin achète l'ancien couvent Saint-Paul-de-Mausole. La petite maison de force tenue avant la Révolution par des moines devient un asile privé laïque où des malades mentaux des deux sexes sont séquestrés. Vincent van Gogh y a vécu un an, de mai 1889 à mai 1890, séjour au cours duquel il a réalisé une part importante de son oeuvre. Une autre célébrité, Marie Lafarge, condamnée pour le meurtre de son mari, l'avait précédé. Albert Schweitzer les suivra. D'abord effroyables, les conditions de vie des pensionnaires s'améliorent timidement. Mais les préoccupations de rentabilité et les problèmes de pouvoir à la tête de l'établissement relèguent au second plan la question de la guérison, alors très aléatoire, de la folie.
    Au départ majoritairement masculin, l'asile s'organise peu à peu autour du groupe des religieuses et des malades femmes.

  • Cinq mille Sans-culottes marseillais, suivis jour après jour, grâce à un exceptionnel bonheur de sources, deux années durant de 1791 à 2793 quand la ville à l'avant garde de la Révolution jacobine " tourne mal ", devenue l'un des pôles de la révolte fédéraliste.
    L'ambition était d'en rendre compte par une approche quantitative de la fréquentation des assemblées sectionnaires. Une enquête de grande ampleur a été menée dans les années 1960-1970, associant au chercheur des groupes d'étudiants. Des obstacles que l'on relate ont fait abandonner le chantier ; l'auteur, mais aussi la démarche historique ont pris d'autres chemins. Ce livre en publie aujourd'hui les résultats.
    Ce n'est pas seulement un témoignage historiographique que l'on exhume, c'est le fruit d'une recherche sur des chantiers et des problèmes toujours ouverts. L'héritage de l'enquête quantitative n'a pas perdu toute pertinence.

  • Située au bord du rhône et à la limite du' f languedoc, arles est, au xviiie siècle, la quatrième ville de provence.
    Gagnée par l'épidémie de peste (1720-1721) six mois après marseille, elle est atteinte et perd un tiers de sa population. les autorités consulaires mettent en oeuvre les mesures habituelles en temps d'épidémie : interdiction de circuler (mais le vaste terroir agricole arlésien est indispensable à la vie de la cité), ouverture d'infirmeries, soins aux pestiférés, aide alimentaire aux nécessiteux, le tout sur fond de crise financière aiguë.
    Le très important fonds d'archives conservé permet de suivre pas à pas cet épisode tragique, d'en connaître les acteurs, d'analyser les décisions prises, d'en voir les conséquences. fait exceptionnel, quatre consuls et trente-cinq conseillers municipaux, dévoués à la population, meurent pestiférés après avoir affronté un soulèvement populaire d'une particulière ampleur.

  • Longtemps, la nation a été le lieu par excellence d'un usage transitif de l'histoire.
    Elle apparaît aujourd'hui comme une échelle parmi d'autres, souvent moins investie que le local ou le régional et fragilisée par l'émergence de niveaux supranationaux. Cette nouvelle configuration bouleverse l'économie des usages de l'histoire. Il en résulte notamment une concurrence des passés tandis qu'un nouveau type d'historicité se développe dans lequel " rendre présent " voire " sortir du temps " l'emportent sur l'esquisse d'un devenir commun et où le patrimonial prend le pas sur l'historique.
    La situation des historiens professionnels s'en trouve modifiée. Elle est affectée tant par la démultiplication des producteurs d'histoire que par la concurrence des associations à vocation mémorielle ou patrimoniale. Fondé sur une série d'études topiques, l'ouvrage analyse comment s'opère la confrontation des mémoires et des histoires qui singularise la scène contemporaine et les enjeux historiographiques et civiques qui en découlent.

  • Comment la Provence devient-elle française, à l'instigation du redoutable Louis XI ? Quelles sont les convoitises et ambitions royales face aux diverses principautés du Midi provençal, relevant alors de l'empire germanique ? Quels moyens se donne le roi et quelles répercussions sur le Dauphiné frontalier ? Ces questions jusqu'alors peu fréquentées par les historiens et qui trouvent ici de larges éclairages, fondés sur des sources parfois inédites, couvrant une période de plus de quatre décennies (1440-1483), une zone géographique associant l'ensemble des petits Etats du Midi provençal avec une approche des enjeux géopolitiques à diverses échelles, locale, française, européenne.
    Une attention particulière est portée aux rapports houleux et aux intrigues nouées entre Louis XI et le roi René, avant-dernier comte de Provence, que l'on découvre bien peu conforme à sa légende dorée, mais aussi aux intermédiaires entre deux Etats sur le point de "s'unir" et aux vecteurs humains de l'influence française dans le Midi. Voici donc le récit d'une étape majeure de l'histoire d'une principauté méridionale qui aurait pu ne jamais devenir française.

  • Le modèle communal français sert de référent à l'organisation administrative du territoire de l'Algérie française. Les années 1880 ont vu se multiplier une déclinaison d'entités communales diverses, dont la commune mixte. Elle a une visée singulière : étendre la colonisation dans l'intérieur du pays par l'accroissement du peuplement européen dans des villages ; favoriser le contact entre colons et colonisés et développer une "éducation civique" de ces derniers.
    Constructions transitoires vers des communes de plein exercice telles qu'elles existent en métropole, les communes mixtes perdurent néanmoins jusqu'en 1956, soit près de dix ans après leur mort institutionnelle. La commune mixte de La Calle est érigée en 1884 et se délite en pleine guerre d'indépendance. Sa position frontalière avec la Tunisie contribue au façonnement de son histoire. Dans le temps du conflit, c'est aussi la situation frontalière qui fait de cette marge de l'empire français un espace stratégique, une terre de repli et de ressources.
    Cet ouvrage analyse le processus de construction puis d'effacement d'un espace administratif inédit en contexte colonial. Il vise aussi à saisir les divers modes d'appropriation d'un territoire par l'ensemble des groupes qui forment son espace social.

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