Peter Lang Ag

  • Alors que ce n'est qu'à partir des années 1950 que le projet européen se traduit dans les institutions et dans les politiques, l'idée européenne, suscite déjà, et ce, dès l'entre-deux-guerres, de multiples initiatives. Cet ouvrage issu d'une thèse de doctorat, souhaite apporter une contribution originale à la connaissance des courants européistes qui fleurirent dans la Belgique des années 1920 et 1930. Fondé sur l'exploitation de sources multiples et inédites, il révèle la richesse insoupçonnée des projets et des mouvements engendrés dans le contexte de l'Europe de Versailles. Invitant à découvrir l'Europe telle que la conçurent la génération de la guerre et celle de la crise à travers leurs cadres mentaux, chronologiques et géographiques, cette étude met en lumière le rôle des cercles, des milieux ainsi que des moments-clés. Elle place enfin l'accent sur les lieux qui de Genève à Vienne et Paris, puis de Bruxelles à Berlin, incarnent l'européisme de l'époque.

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  • La mégapole - Paris et Londres pour l'essentiel - focalise toutes les fascinations et les révulsions du XIXe siècle. Elle suscite en réaction l'exaltation mélancolique de villes englouties dans leur passé, telles Bruges ou Venise, à l'heure où le symbole paraît pouvoir incarner le secret de l'écriture et apporter une réponse idéaliste au naturalisme, expression de toute la démesure des grandes métropoles. Des Villes tentaculaires de Verhaeren à La Ville de Claudel, de Bruges-la-Morte de Rodenbach aux villes de D'Annunzio, c'est tout ce monde contrasté et tensionnel qui surgit des contributions rassemblées dans ce volume. Un ouvrage qui s'intéresse aussi bien à des auteurs moins célèbres tels Rachilde ou Rosny, Fogazzaro, Poictevin ou Goffin, qu'à des villes moins immédiatement liées à la mémoire symboliste, Anvers, Gand, ou à la ville coloniale par exemple. Mais aussi et surtout Rome, dont la présence constitue un singulier contrepoint à Venise ou à Bruges. Ce volume va de Hugo à Fargue. Comme le veut la tradition d'Italiques, il brasse Belgique, France et Italie - avec un crochet par l'Allemagne, Bayreuth oblige.

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  • L'invasion allemande d'août 1914 suscite en Belgique un véritable sentiment patriotique qui se manifeste par la résistance imprévue de l'armée belge. À Noël 1914, les troupes impériales sont enlisées dans les plaines de la rive droite de l'Yser. Le viol de la neutralité belge comme les violences de la soldatesque déchaînent un sentiment antiallemand qui anéantit du jour au lendemain l'admiration vouée jadis par les Belges à l'Allemagne. Ce rejet concerne dès lors tout ce qui touche à la culture germanique. Or, l'adoption du suffrage universel pour les hommes au sortir du conflit met progressivement fin à la « Belgique française ». Ce deuxième tome de la série Histoire, Forme et Sens en Littérature : La Belgique francophone aborde l'impact de ces événements sur les grands auteurs de la génération léopoldienne. Ensuite, il s'attache, à travers la nouvelle génération d'écrivains, à l'affirmation du fantastique réel chez un Hellens ou un Thiry, ainsi qu'aux novations langagières et formelles des Michaux, Nougé, Plisnier ou Crommelynck. Il dialectise ces esthétiques souvent remarquables avec l'hypostase de plus en plus exacerbée de la langue française et de la France, portée à son acmé par le Manifeste du lundi. Il rend également compte de la mise en place d'une historiographie littéraire bien plus complexe que les simplifications du Manifeste. Portée par les fourgons de la défaite de mai 1940, la reviviscence du mythique chez Maeterlinck, Ghelderode, Hergé ou Nothomb surgit comme une réponse très belge à la faillite du réel. Les contrepoints de Victor Serge à l'égard des deux conflits mondiaux le confirment à leur manière. Les deux premiers volumes de la série Histoire, Forme et Sens en Littérature : La Belgique francophone ont été récompensés en 2017 du prix Lucien Malpertuis. Le présent ouvrage, deuxième volet, s'est quant à lui vu décerner en 2018 le prix annuel de l'Académie des littératures 1900-1950.

  • L'accueil des enfants de la naissance à 7 ans a connu une progression quantitative importante ces dernières années et la question des conditions d'un tel accueil a suscité de nombreux débats. Si, au niveau international, les approches issues de la psychologie dominent pour expliquer ce phénomène, il existe dans le monde, et particulièrement en Europe, de profondes différences entre les pays quant à la définition de la qualité de l'éducation à offrir aux jeunes enfants. C'est dans ce contexte que de nouvelles approches, de nouveaux paradigmes ont vu le jour. Ces perspectives qui renouvellent singulièrement notre vision de l'éducation préscolaire sont actuellement largement diffusées en anglais. Cet ouvrage souhaite mettre ces différentes approches à la disposition des lecteurs francophones. Il leur offre un accès à la pensée critique contemporaine développée par des auteurs anglophones qui jouent un rôle majeur sur la scène européenne et internationale dans la recherche et les politiques de la petite enfance. La deuxième partie de l'ouvrage fait écho à la première avec des travaux menés par des chercheurs travaillant en français et apportant une perspective critique appliquée aux contextes dans lesquels ils vivent (Belgique, France, Italie).

  • Le 30 juin 1960, le Congo n'est plus une colonie belge mais un État indépendant. Rapidement, la riche province du Katanga fait sécession sous la conduite de Moïse Tshombe, ennemi politique du Premier ministre Patrice Lumumba, profitant de l'inertie d'une Belgique plus préoccupée par ses problèmes propres que soucieuse de ses intérêts en Afrique. Nombreux furent les Belges qui, de bonne foi, ont cru au succès de « la sécession du Katanga ». Un ensemble d'éléments permit d'y croire pendant quelques semaines : les attitudes du roi Baudouin et du gouvernement Eyskens allaient dans ce sens. C'était sans compter avec la prise de position négative des Nations Unies et des États-Unis qui souhaitaient bouter les Belges hors du Congo et surtout de ne pas exporter la Guerre froide en Afrique. Mais s'appuyant initialement sur le gouvernement de Patrice Lumumba, les Nations Unies allaient rapidement déchanter. Au départ, le Secrétaire général Dag Hammarskjöld fut persuadé que tous les ennuis qu'il rencontrait étaient dus à l'omniprésence des Belges. Une fois ceux-ci partis, pensait-il, tout rentrerait dans l'ordre. Il n'en fut rien : l'ONUC dut reconquérir le Katanga par la force des armes pour le compte du gouvernement congolais. Il fallut deux ans et demi, pour réduire les gendarmes katangais, chasser les mercenaires, au prix de nombreuses vies, et mettre fin à la sécession du Katanga. Les Européens restés sur place, souvent avec courage, seront quant à eux baptisés « Katangaleux ». L'auteur de cet ouvrage fut l'un d'eux. Ce livre leur est dédié et vise à les sauver de l'oubli.

  • L'écrit d'artiste se cristallise historiquement à la Renaissance pour constituer ce qui, avec les périodes moderne et contemporaine, apparaît aujourd'hui comme une tradition féconde. En Belgique, où la proximité entre peintres et écrivains a toujours été particulièrement intense, nombreux sont les artistes qui ont prolongé le geste du pinceau par la plume. Souvent envisagée sous l'angle de l'analyse des « écrits d'art » (critique d'art ou transposition littéraire d'oeuvres picturales) et des pratiques « mixtes » où mots et images se partagent le même espace (logogrammes et poèmes visuels), l'étude des rapports solidaires qu'entretiennent champs littéraire et artistique en Belgique depuis le XIXe siècle n'avait pas, jusqu'ici, suscité de recherches systématiques sur la question des écrits d'artistes. C'est donc au départ de ce constat que le projet d'un colloque consacré aux Écrit(ure)s de peintres belges a vu le jour aux Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix de Namur. Le présent volume réunit les contributions des spécialistes de la littérature, historiens et historiens de l'art, venus, à l'occasion de cette manifestation, confronter leurs approches respectives. Au travers d'une grande diversité de formes, et dans des textes parfois inédits - journaux, lettres, écrits de voyage, récit, théâtre, poésie -, des artistes tels que Wiertz, Stevens, Ensor, Degouve de Nuncques, Elskamp, Michaux, Dotremont révèlent ainsi le talent de l'autre main, pour reprendre le titre d'un livre de Pierre Alechinsky, ou les complexités d'une double pratique. Ce parcours est complété par la parole d'un artiste contemporain, Patrick Corillon, pour qui la littérature est plus qu'un simple mot.

  • « Écrire le voyage, c'est transformer l'expérience en conscience » notait André Malraux. Plus que pour la chronique des déambulations qu'il contient, le récit de voyage est un outil particulièrement précieux pour bâtir une histoire des représentations et des relations culturelles internationales. Les voyageurs artistes, intellectuels et militants politiques présentent un intérêt spécifique car ils prolongent souvent leur expérience par un acte de création artistique, littéraire ou testimonial. Éducatif, érudit ou humaniste, leur voyage doit contribuer à produire un savoir sur le monde et sur soi ; il est d'abord la quête d'un « signalement de l'univers », pour reprendre la formule de Théophile Gautier qui fut lui-même un grand voyageur. Dans cet ouvrage, l'expérience du voyage importe donc surtout comme pratique et comme moment de confrontation avec une culture et une société étrangères. Il s'agit d'observer de quelle façon le déplacement dans un pays étranger, sa découverte ou redécouverte, orientent la perception de l'autre pays. Trois aires culturelles, outre la France, ont été privilégiées, chacune - Italie, Espagne, monde lusophone - ayant construit une identité forte autour du voyage et de la mobilité.

  • Le 4 août 1914, l'armée allemande envahit la Belgique, État neutre aux traditions peu martiales, qui se trouve propulsé au coeur même de l'immense conflit qui va marquer tout le XXe siècle - y compris le sien, et notoirement... La société belge en guerre forme le sujet de cet ouvrage qui constitue le premier essai de synthèse de l'histoire belge entre 1914 et 1918 depuis l'étude d'Henri Pirenne (La Belgique et la Guerre mondiale, 1928). Le « Moment 1914 », c'est le refus de l'ultimatum de Berlin, l'invasion, l'exaltation de la Belgique héroïque, puis, à l'occasion des massacres des civils, de la Belgique martyre. Ensuite, la guerre s'installe dans la durée : cinquante mois d'occupation, de silence, d'amertume et de misères multiples. Temps de solidarité mais aussi de méfiance, de résistances mais aussi de défaillances, de célébration de la patrie mais également, pour certains, de refus de l'« idée-Belgique ». Tout comme le front militaire, le front de l'intérieur va pourtant tenir. Les années maigres de l'après-guerre révéleront toutefois, très vite, la mémoire de guerre comme source de divisions. La Grande Guerre fut cependant une expérience commune. Elle ne peut se penser que dans le contexte global de la société belge. Un livre qui bouscule bien des clichés ou des positions partisanes. Un livre qui permet d'entrer réellement dans les strates les plus profondes de la société belge au XXe siècle.

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  • La crise économique et financière de 2008-2009 soulève une série de questions d'importance majeure. Comment le monde a-t-il fait face aux crises précédentes ? La crise doit-elle remettre sensiblement en cause l'organisation actuelle du système financier international ? Les médias se sont-ils cantonnés dans un rôle d'information ou ont-ils joué un rôle d'acteur ? Que penser des plans de sauvetage des diverses institutions, en Belgique et dans le monde ? Peut-on parler d'un manque de régulation des marchés et des institutions financières ou d'une mauvaise régulation ? Quel rôle imaginer pour les États et les organismes internationaux dans la vie économique ? La crise va-t-elle conduire à plus d'Europe ou ouvrira-t-elle une réflexion globale sur la place de l'humain dans l'économie ? Enfin, dira-t-on demain que l'entrée dans le 21e siècle s'est faite à l'automne 2008 ? Il apparaît, au vu des multiples facettes d'une problématique aussi complexe, que l'analyse de la crise financière et de ses conséquences appelle une approche interdisciplinaire. Cet ouvrage relève ce défi et rassemble les contributions d'économistes, de juristes, de politologues, d'historiens et de spécialistes du monde des médias qui ont accepté de débattre ensemble du sujet lors d'un colloque tenu à Louvain-la-Neuve les 7 et 8 mai 2009.

  • À contre-courant de nombreuses idées reçues, cet ouvrage s'attache à comprendre les rouages de la politique étrangère américaine à travers les exemples d'Enduring Freedom et d'Iraqi Freedom. Au fil d'un développement argumenté et documenté, l'auteur met en rapport acteurs, perceptions et processus en s'appuyant sur les différentes théories de la prise de décision ; l'Irak et l'Afghanistan y occupent une place fondamentale. L'analyse se concentre principalement autour du noyau décisionnel, à savoir la relation entre le président et ses conseillers. Il s'agit de démontrer que la coordination, la négociation, le compromis font partie intégrante de la prise de décision en politique étrangère, ce qui pose ainsi les limites à la rationalité d'une prise de décision. Comment l'administration Bush (com-)prend-elle la menace terroriste ? La politique étrangère américaine est-elle réellement dominée par les néoconservateurs ? Comment le président Bush envisage-t-il la prise de décision ? En a-t-il perçu les pièges ? Voici quelques questions auxquelles ce livre répond.

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  • La maîtrise de la langue et de la communication constitue un enjeu important des politiques actuelles en faveur de l'intégration des populations étrangères. Cet ouvrage brosse un vaste panorama des problématiques que pose la prise en compte de la langue dans le processus d'intégration, que ce soit en milieu professionnel pour les migrants ou en milieu universitaire pour les étudiants allophones, en termes de formation, d'accompagnement linguistique, d'évaluation et de certification, de relations interculturelles, d'outils et de dispositifs, de contraintes institutionnelles, etc. Il se fixe pour objectif de présenter l'état de la question relative à l'intégration linguistique et de dégager les objectifs prioritaires d'une politique linguistique, culturelle et sociale d'accueil et d'intégration des populations migrantes.

  • La question linguistique au sein de l'Union européenne est de nature transversale. Le présent ouvrage, qui reproduit les actes d'un colloque organisé par le Collège d'Europe et l'Organisation internationale de la francophonie, l'analyse en premier lieu sous l'angle de la pratique politique et juridique de l'Union européenne. Il s'agit alors de satisfaire tant aux contraintes imposées par le respect du « principe » de multilinguisme qu'à celles relatives au fonctionnement efficace d'un système politico-administratif supranational sophistiqué. Une mise en lumière historique, politique, économique, et linguistique permet ensuite de mieux saisir les enjeux de cette pratique institutionnelle.

  • Espace notoirement pluriel et à forte dynamique tensionnelle du fait du centrage éditorial et symbolique parisien, les Francophonies se déploient de façon plus autonome à partir des indépendances africaines et du célèbre « Vive le Québec libre ! » du général de Gaulle. Au point d'en oublier parfois une autre singularité : le français vit le jour et se développa en Europe dans plusieurs pays - Belgique, France, Grand-Duché de Luxembourg, Suisse... Cet ouvrage, issu d'un colloque organisé par l'AEFECO, les Archives & Musée de la Littérature et l'Université Marc Bloch, rend compte de cette complexité. Il s'attache aux représentations francophones à partir de leur rapport à l'Universel français et à ses instances de consécration et de diffusion ; s'intéresse tout autant à la question de la langue, dans la tension entre version normative et variétés locales, mais aussi aux autres langues nationales des pays francophones ; se penche ensuite sur les Francophonies originaires et sur leurs histoires ; étudie enfin quelques exemples significatifs, africain ou américain, de rapports entre Europe et Francophonies intra-européennes.

  • Malgré un sentiment profond d'affinité, les relations libanosyriennes sont, dès l'origine, altérées par des aspirations antagonistes. À travers l'étude de la période charnière entre la fin de l'occupation israélienne en 2000 et le retrait des troupes syriennes du Liban en 2005, ce livre rend compte des multiples enjeux des interactions entre les deux pays arabes. Le tissu conflictuel qui lie Beyrouth à Damas est analysé à la lumière des perceptions des acteurs politiques et médiatiques grâce à des entretiens menés au pays du Cèdre. Ces données s'inscrivent dans une grille d'analyse à la fois historique et politique. La puissance et l'intérêt national offrent deux clés de lecture originales qui illustrent l'imbrication des niveaux, depuis la lutte de personnalités au coeur du pouvoir aux enjeux politiques internationaux en passant par les intérêts régionaux. Cet ouvrage apporte un éclairage critique et nuancé sur les questions essentielles qui structurent les relations libanosyriennes.

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  • Pomme ! Fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, et aussi le fruit de notre recherche éthique. Une recherche que Lisa, jeune adolescente, curieuse et volontaire, entreprend tout au long de ce roman. À l'âge où tous les possibles se dessinent, où naissent tous les espoirs, Lisa pose des questions justes pour trouver sa voie dans la forêt sociale et pour se perfectionner. Car elle est aussi soucieuse du bien public, comme ses condisciples qui tentent d'y voir clair dans leur présent comme dans leur avenir. Avec Lipman, nous vivons une « éthique de responsabilité » à la Max Weber, la seule vraiment digne du citoyen. Un manuel, Lisa, Recherche éthique, est édité en parallèle, à l'usage de tous ceux qui souhaiteraient explorer les pistes de réflexion de ce roman.

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  • « Cultivons notre jardin ! » écrivait Voltaire. Notre jardin éthique en particulier, car l'éthique s'invite au coeur de notre vie quotidienne comme dans les grands problèmes de l'Humanité, en tous temps, en tous lieux, en toutes circonstances. La méthode ici exposée cherche à donner des pistes d'interrogation et de travail sur la recherche éthique. Sous la forme d'un manuel, cet ouvrage donne les clés nécessaires pour appréhender toute problématique éducative, en famille comme à l'école, au travail comme dans les loisirs. On trouvera une illustration de la recherche éthique à travers le roman Lisa, édité en parallèle chez PIE Peter Lang, qui rend compte des aventures d'une jeune adolescente curieuse et volontaire.

  • La forme orale de la littérature africaine demeure peu ou mal connue, malgré sa reconnaissance par les milieux scientifiques, au XIXe siècle, comme une littérature à part entière. Premier du genre en langue française, cet ouvrage en donne une vue d'ensemble et répond ainsi à une demande à laquelle nombre de publications spécialisées - anthologies, études de genres, approches méthodologiques - n'ont pu donner entière satisfaction. L'auteur y circonscrit le concept jadis controversé de littérature orale, explique sa genèse ainsi que celle des termes et expressions en usage (littérature (orale) traditionnelle, littérature non écrite, littérature populaire, littérature folklorique/folklore, art oral/art verbal/art de la parole, style oral, orature, etc.). Il repense ensuite celui de littérarité, particulièrement en contexte d'oralité, moins en termes de propriétés textuelles internes que comme un acte perfomanciel induisant des stratégies ethnopoétiques grâce auxquelles le plaisir esthétique provient aussi bien de ce qu'on entend que de ce qu'on voit. La deuxième partie de cet ouvrage fondateur, de loin la plus importante, est consacrée à la description des principaux genres littéraires dans leur mode d'existence et dans leurs formes les plus représentatives, et traite avec rigueur de la nature, des caractéristiques et des fonctions principales de la littérature orale africaine.

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  • Parfaitement contemporains l'un de l'autre, Marguerite Yourcenar et Alejo Carpentier ne se sont jamais lus. Ils ont pourtant interrogé avec la même passion les modalités poétiques d'écriture de l'histoire, tant dans leurs récits de fiction que dans leurs essais. Sur la foi d'une approche résolument comparatiste, ce livre veut faire dialoguer le « roman à histoire » yourcenarien et la novela con historia latino-américaine. Les yeux grands ouverts sur le passé, nos deux romanciers historiens mettent à l'épreuve les historiographies traditionnelles pour proposer un mentir-vrai romanesque plus authentique que tous les livres d'histoire, qui ont pourtant nourri leur imagination. Par le truchement d'écoles de pensée contemporaines, telle que les Annales et la Nouvelle Histoire, cette confrontation inédite se propose de repenser les rapports entre le roman et l'histoire, et d'aborder le territoire périmétré d'un grand auteur, non pour le soumettre à l'impérialisme d'un autre, mais pour que de la rencontre naisse de nouvelles perspectives culturelles.

  • Cet ouvrage a reçu le Prix d'Aumale de l'institut de France en 2010. Lorsque la France reçoit des délégations venues du monde entier pour redessiner l'Europe à la Conférence de la Paix de 1919, son principal souci est déjà de gagner la prochaine guerre face à l'Allemagne. La Tchécoslovaquie et la Pologne sont alors désignées comme les deux piliers de l'architecture de sécurité en Europe centre-orientale à condition que celles-ci acceptent d'accorder leurs lignes diplomatiques et militaires. Quelles initiatives françaises tentent de forcer l'entente entre Prague et Varsovie ? Quelles forces font obstacle à la nécessaire cohérence stratégique de ces trois acteurs qui peinent à devenir partenaires ? Pour saisir toute l'ampleur de cet enjeu central de la politique française à l'Est de l'Allemagne, les aspects militaires, diplomatiques et économiques sont ici croisés, permettant de clarifier les différentes influences qui orientent les relations internationales : marge de manoeuvre des gouvernements, processus de décision dans les ministères et les états-majors, poids du ressentiment dans la recherche d'une légitimité internationale. En abordant l'histoire d'un rendez-vous manqué, cet ouvrage éclaire l'une des raisons majeures de l'échec du système de sécurité français de l'entre-deux-guerres, mais aussi l'un des nombreux quiproquo que révèle l'histoire contemporaine des relations entre la France et les nations d'Europe centre-orientale.

  • Demain, la réalité de la personne l'emportera-t-elle sur le mythe de l'individu? C'est à cette question essentielle pour la reconstruction d'un lien social corrodé par l'individualisme que répond ce livre, à partir d'une triple approche: philosophique, idéologique et pratique. Né dans la première moitié du XXe siècle, puis noyé dans le matérialisme et l'économisme des cinquante dernières années, le personnalisme est appelé à un nouvel élan, stimulé par les impasses sociales et politiques dans lesquelles nous ont plongés la «pensée unique» et l'idéologie marchande. Plus est en l'homme réactualise cette grande idée. Un personnalisme pluraliste - parce que d'abord ancré dans l'humain - émerge ainsi. Conjuguant authenticité et ouverture, il expose les voies d'un humanisme radical qui entre en résonance aussi bien avec les confessions religieuses qu'avec une laïcité ouverte à la dimension spirituelle de l'homme. À l'orée du XXIe siècle, l'idéal de la fraternité redevient ce qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être: une utopie réalisable parce qu'elle apparaît plus indispensable et désirable que jamais. Mais pour cela il faut oser dire, partager et mettre en oeuvre l'espérance que, oui, décidément: Plus est en l'homme!

  • Que peut-on attendre d'un « citoyen du monde » dans l'espace européen à venir ? Que représente le cosmopolitisme en Europe ? Voici quelques-unes des questions posées par cet ouvrage qui présente les réflexions de chercheurs européens et non européens sur le cosmopolitisme. Les regards des spécialistes sur la question sont variés et la réalité est analysée à partir de différentes disciplines. Ainsi, science politique, histoire, droit, langues, littérature et civilisation se conjuguent pour présenter une vision toujours évolutive, parfois idéale, du cosmopolitisme. On considère souvent le cosmopolitisme comme obsolète. N'est-ce pas, au contraire, une des réponses possibles à la crise que traverse l'Union européenne en ce début de XXIe siècle ?

  • Cette première monographie consacrée à René Kalisky (1936-1981) plonge dans l'Histoire de l'Europe du XXe siècle, réverbérée et dénoncée avec violence et subtilité par l'oeuvre du dramaturge belge le plus novateur de l'après-guerre. Stalinisme, nazisme, fascisme, déclin de l'humanisme, sionisme, voire l'hypermédiatisation, s'y trouvent mis en scène avec une audace peu commune. La question de la répétition structure la forme même de l'oeuvre. Cette étude montre comment, dans les textes, la conception selon laquelle l'homme est condamné dans l'Histoire à affronter la répétition de ses tragédies peut ne point coïncider avec la notion fataliste d'un éternel retour. Fusion télescopique du présent, du passé et du futur, le temps dramaturgique de la répétition kaliskienne de l'Histoire donne lieu à un croisement de dimensions où la représentation artistique permet de multiplier les significations. Tour à tour moyen d'analyse et d'enquête sur la réalité des événements majeurs du XXe siècle, instrument de prise de conscience et de conservation de la mémoire, mais aussi de confrontation à l'abjection, elle débouche sur une nouvelle vision de l'engagement intellectuel contre la répétition possible des tragédies historiques.

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  • Cet ouvrage explore le rapport des sociétés musulmanes à la modernité à travers l'analyse des processus de sécularisation et de démocratisation saisis dans leur pluralité et dans leur complexité ; processus parfois visibles, mais le plus souvent contradictoires et difficiles à appréhender. Assurément, après plusieurs décennies de politiques de modernisation, de nombreuses sociétés musulmanes sont confrontées à une réislamisation et à un néofondamentalisme. L'interprétation de ces phénomènes, au cas par cas, pose question : s'agit-il partout d'un simple retour à un passé idéalisé, ou bien, parfois d'une recherche d'accès à la modernité par d'autres moyens que ceux de l'Occident ? La réponse est loin d'être évidente. Les chapitres de ce livre, parcourant divers pays, régions et communautés, dans une perspective théorique et comparatiste, montrent que les sociétés musulmanes connaissent des transformations sociales profondes ; leurs rapports à la sécularité et à la démocratie sont difficiles, mais sans doute pas impossibles. De cette analyse se dégagent les convergences et divergences qui soulignent bien qu'il est erroné de parler de ces pays au singulier mais qu'il convient de raisonner en termes « des mondes de l'islam » et « des islams ».

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