Passes Composes

  • L'un des plus petits objets de la vie quotidienne des femmes mais aussi des couples hétérosexuels, la pilule contraceptive, est un grand objet d'histoire. La pilule est au coeur d'une histoire « à la française », tant les femmes en France l'ont adoptée massivement - presque la moitié de celles âgées entre 15 et 49 ans la prennent en 2000. Véritable révolution, la légalisation de la pilule par la loi Neuwirth de 1967 symbolise pour ses utilisatrices l'accès à l'indépendance et à la liberté.

    La pilule marque un avant et un après. Avant, c'est le temps des approximations, des bricolages, des censures de l'intime. Les femmes sont cantonnées à un destin de reproductrices, à une vie consacrée aux enfants et à la sphère familiale, parfois même menacées à l'occasion d'avortements clandestins. Après, la modernité est portée par les femmes, qui peuvent désormais contrôler leur fécondité et retrouver la souveraineté sur leur corps. Pour autant, cette histoire ne s'est pas déroulée sans embûche : journalistes, hommes et femmes politiques, médecins et associations se sont très vite emparés du sujet au point de susciter un débat sans fin. Et aux années de silence et d'interdit, succèdent aujourd'hui de nouvelles polémiques face aux menaces que laissent planer la pilule sur la santé des femmes et sur l'environnement.

  • Louis XIV ; roi du monde

    Philip Mansel

    • Passes composes
    • 2 September 2020

    Louis XIV domine son époque. Sur le plan international, il étend les frontières du royaume, établit des colonies en Amérique, en Afrique et en Inde, et contribue à faire de son petit-fils le roi d'Espagne. Il est l'un des plus grands mécènes de l'histoire européenne - Molière, Racine, Lully, Le Brun, le Nôtre travaillent pour lui, Versailles et ses satellites à Marly sont jalousés. Partout Louis encourage la danse, la chasse, la musique, la conversation, en particulier avec les femmes, dont le pouvoir est l'un des thèmes les plus originaux de ce livre. Obsédé par les détails du gouvernement, Louis XIV fut un roi politique, même si ses choix de ministres et généraux se sont avérés désastreux, notamment après la mort du très compétent Colbert.

    C'est de cette figure hypnotique bien qu'imparfaite, incarnation idéale du grand monarque, que Philip Mansel brosse le portrait, en s'appuyant sur les toutes dernières recherches tant en France qu'en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Il porte une attention particulière à la culture de cour et à la politique étrangère du roi, réintroduisant dans l'histoire européenne puis mondiale un roi de France aux prétentions universelles.

  • Serge Gainsbourg : making of d'un dandy

    Marie-Christine Natta

    • Passes composes
    • 2 March 2022

    Une gestuelle délicate, une intonation ironique, un mouvement de tête hautain, des Repetto blanches portées pieds nus, autant de détails qui valent à Serge Gainsbourg le titre mérité de dandy, dont on l'honore depuis le début de sa carrière jusqu'à la récente commémoration des trente ans de sa disparition.

    Marie-Christine Natta va au-delà du paraître de Gainsbourg, et en révèle toute la profondeur. Par son orgueil, son obsessionnel souci du self-control, son goût pour l'artifice et la sophistication, son culte du beau et de l'originalité, le chanteur a toute sa place dans la famille sans chaleur des dandys du XIXe siècle, celui qu'il préfère. Comme Barbey d'Aurevilly, Baudelaire ou Wilde, le dandysme est pour lui bien davantage qu'un bel ornement : il fonde sa personnalité, son esthétique et sa morale.

  • Anne de France : gouverner au féminin à la Renaissance Nouv.

    Le 14 novembre 1522 s'éteignait dans le silence du château de Chantelle, loin des fastes et de l'animation de la cour, Anne de France, dame de Beaujeu, duchesse de Bourbonnais et d'Auvergne, fille de Louis XI et soeur de Charles VIII. Tour à tour, elle avait guidé un royaume et un duché avec finesse et autorité. Considérée par ses contemporains comme l'une des femmes les plus puissantes de son temps, cette «?fille des fleurs de lys?» déploya son pouvoir sous des formes politiques, symboliques et littéraires qui firent d'elle l'une des princesses les plus remarquables de l'Europe des années 1500.

    En même temps qu'il explore un monde en pleine effervescence politique et qu'il invite à une immersion dans le passé de la monarchie française, cet ouvrage a pour ambition de dévoiler les multiples facettes d'Anne de France. À la lumière de sources inédites, Aubrée David-Chapy offre un nouveau regard sur cette figure hors du commun, à la fois dernière grande princesse médiévale et première femme de pouvoir de la Renaissance.

  • Avril 1861-avril 1865. Il y a 160 ans. Quatre années pendant lesquelles un peuple encore mal soudé, miné par ses contradictions, d'un peu plus de 30 millions d'âmes dont 4 millions d'esclaves noirs, s'est affronté en continu, divisé en deux camps inégaux, invoquant chacun sa propre définition de la liberté, et ce sur un territoire plus vaste que l'Europe. Une guerre mobilisant 3 millions de combattants, voyant plus de 10 000 engagements militaires distincts. Une guerre ayant des implications politiques, économiques, sociales, sociologiques, démographiques, diplomatiques d'une infinie complexité et aux ramifications encore si présentes aujourd'hui. Avec 750 000, peut-être 850 000 morts, c'est la guerre de très loin la plus meurtrière de l'histoire des États-Unis, ayant provoqué 160 ans de débats historiographiques qui n'en finissent pas de rebondir de polémique en polémique, référence, comme un écho lointain mais toujours bien présent, lors de chaque crise de la démocratie américaine, jusqu'aux plus récentes.

    C'est pour comprendre ce cataclysme dans toutes ses composantes que Vincent Bernard offre enfin la grande synthèse de notre temps sur la guerre civile américaine.

  • Le marquis de Bonnay : le père oublié de la déclaration des droits de l'homme Nouv.

    Et si le père de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen n'était pas, comme on le croit souvent, Mirabeau, mais un obscur garde du corps de Louis XVI, élu de la noblesse aux états généraux?? Cet homme, c'est le marquis de Bonnay, ici ressuscité par François Duluc. Ami de Marie-Antoinette et de Talleyrand, chargé par le roi d'arrêter le cardinal de Rohan lors de la fameuse affaire du collier de la reine, Charles-François de Bonnay n'était pas destiné à devenir l'un des plus illustres présidents de l'Assemblée nationale ni à présider la fête de la Fédération du 14 juillet 1790, dont notre fête nationale constitue depuis 1880 la commémoration. À partir de 1791, il a suivi les aristocrates en émigration, effectuant des missions clandestines et servant d'agent de liaison entre Louis XVI et ses deux frères. «?Premier ministre?» de la cour en exil à partir de 1803, il a exercé une influence considérable sur le futur roi Louis XVIII en le convertissant aux idées de la Révolution.

    Révélations, correspondances secrètes, anecdotes savoureuses et inconnues jusqu'ici, voici une biographie au terme de laquelle la Révolution française ne sera plus la même.

  • De 1789 à 1799, la France est en révolution. Pour rendre compte des grands événements et des grands changements qui ont marqué ces années, ce livre allie récit et modélisation des données historiques. Il propose ainsi la première histoire de la Révolution par l'infographie au monde. Il ne s'agit pas ici d'illustrer un texte mais de permettre une autre lecture de l'histoire, à la façon d'un kaléidoscope.
    Au-delà de la puissance d'analyse de Jean-Clément Martin, nourrie par trente ans de réflexion sur la période, et du talent exceptionnel du data designer Julien Peltier, l'intérêt de la démarche est de pouvoir allier conceptualisation et émotion, généralité et singularité. Les grandes journées révolutionnaires et les grandes mutations doivent être comprises dans leurs multiples dimensions au gré de différentes échelles.
    Les thèmes traités ici - la chute de la monarchie, la Terreur, la contre-révolution, la condition des femmes, la révolution militaire, la Vendée, l'esclavage, la déchristianisation... - le prouvent. C'est ce foisonnement qui est saisi par les auteurs, grâce au supplément de sens porté par l'infographie.

  • Histoire des enfants : des années 1890 à nos jours

    Eric Alary

    • Passes composes
    • 9 February 2022

    Longtemps, l'enfant est resté un grand absent de l'histoire. Laissant peu de traces, il est aujourd'hui encore raconté par les adultes. Pourtant, pour qui voudrait lire entre les lignes, l'histoire des plus jeunes en dit long sur la société bâtie par leurs aînés. Les parties de billes, de cache-cache et de marelles sont en effet tributaires de leurs temps, des enjeux politiques, des progrès médicaux et industriels, de l'évolution de la société et des événements historiques. Mais, dans la France contemporaine, l'enfant et ses jeux ne révèlent pas seulement en négatif la grande histoire, ils y participent en tant qu'objets de toutes les attentions.

    Au sortir du XIXe siècle, le régime se penche avec intérêt sur le sort des petits Français : il s'agit d'affermir la République et les enfants bénéficient alors d'un apprentissage scolaire, dont l'enjeu est hautement politique. Deux guerres mondiales viennent cependant rompre le cours de leurs vies. Puis les enfants du Baby Boom profitent des Trente Glorieuses, et plongent au coeur de la société de consommation. Les moeurs changent et la famille évolue : les enfants voient leur mère prendre davantage de responsabilités professionnelles tandis que l'État limite progressivement l'autorité paternelle. À la fois tributaire d'une histoire globale et d'une histoire intime, l'enfant demeure le fruit de son milieu social et culturel : il est soumis aux valeurs et aux idées d'une époque, quand ce n'est pas à la violence et aux paradoxes de la guerre.

  • Laïcité, un principe

    Eric Anceau

    • Passes composes
    • 5 January 2022

    La laïcité ne commence pas avec la loi de 1905. Concilier l'autorité religieuse avec l'autorité politique est une préoccupation majeure de l'Antiquité. Quant à la France, loin d'avoir découvert la séparation de l'Eglise et de l'Etat au début du XXe siècle, elle a, dès le Moyen Âge, mis à distance et parfois avec virulence, l'autorité d'un pape. Eric Anceau revient aux sources des rapports entre le pouvoir, les religions et les sociétés, il décrit le rôle de la construction de l'État, l'influence des guerres de religion, l'intense réflexion des Lumières et de la Révolution ; il examine à nouveaux frais l'élaboration et le contenu des grandes lois laïques des débuts de la Troisième République, en particulier de la loi de Séparation de 1905, l'apaisement relatif qui s'en est suivi, les nouveaux questionnements posés par l'islam depuis trente ans et au premier chef celui de sa compatibilité avec la laïcité. Les multiples exceptions à la généralité française, à commencer par le régime de l'Alsace-Moselle, que le livre explique, de même que le panorama mondial des laïcités qu'il propose, renforcent sa thèse et font de cet ouvrage une synthèse mondiale à travers les siècles.

  • L'invention de la présidence de la République

    Maxime Michelet

    • Passes composes
    • 6 April 2022

    Sait-on que le président Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III, n'avait en fait aucun pouvoir institutionnel ? La caricature souvent dessinée de ce règne méritait d'être corrigée. C'est chose faite avec ce livre unique en son genre de Maxime Michelet. Au cours de ces quatre années d'exercice, Louis-Napoléon Bonaparte a inventé la première magistrature de la France moderne, tant par l'exemple que par le contre-exemple, et présidé à des discussions essentielles sur le pouvoir exécutif, les modalités de l'incarnation du peuple en un homme ainsi que les conditions du suffrage populaire. Premier président et premier candidat à sa propre réélection mais aussi dernier héritier et dernier souverain de la France, Louis-Napoléon Bonaparte résume dans son mandat les paradoxes et les polémiques du XIXe siècle. Les échos contemporains sont nombreux, et c'est à une relecture de notre présent que nous invite cette enquête dans le passé. Les qualités, les faiblesses, les triomphes et les échecs de la Ve République ont pour reflet ceux de la présidence de Louis-Napoléon Bonaparte.

  • Dès 1933, nombreux sont les intellectuels français à aller à la rencontre d'Hitler et de la nouvelle Allemagne nazie. Ils sont journalistes, reporters, professeurs, hommes de foi ou encore artistes, et s'expriment souvent dans la presse à grand tirage. Quittant une France jugée atone pour se rendre en Allemagne nazie, certains rêvent à l'émergence d'une société renouvelée suivant le modèle nazi ou encore à une régénération nationale française selon ses propres règles. D'autres, lucides et attentifs aux méthodes de la dictature, s'attachent dans leurs récits à raisonner plus juste et à défaire les ruses de la barbarie.

    De l'entre-deux-guerres jusqu'aux procédures d'épuration, Alexandre Saintin retrace les itinéraires d'intellectuels qui sont allés à la rencontre de l'Allemagne nazie. Sans instruire de procès ni tomber dans le piège de la téléologie en pointant les affres de Vichy comme incontournable aboutissement, l'auteur relit les engagements de ces intellectuels à la lumière de leurs productions littéraires, de leurs expériences sur le terrain, mais aussi des enjeux de carrière que le voyage pouvait servir.

  • Il ne s'agit pas ici de refaire une histoire de la guerre franco-prussienne. Nous proposons plutôt de suivre les fils tendus par les sources produites et archivées à quelques moments clés d'une vie, en somme faire l'histoire de l'évènement à l'échelle biographique.

    Thibault Montbazet suit ainsi deux sources, soit quatre carnets. Les trois premiers consignent 157 lettres allant du 5 août 1870 au 31 janvier 1871, écrites par un fonctionnaire enfermé dans Paris assiégé à son épouse restée en province. Le quatrième carnet contient quant à lui un récit rédigé en 14 chapitres et intitulé « Souvenirs d'un Grand-père », relatant la sortie de Paris et le retour en Mâconnais entre le 2 et le 6 février 1871. Tous ont pour auteur un certain Léon Lescoeur, aïeul fondateur d'une lignée familiale.

    On se trouve d'emblée en présence d'une double temporalité : d'une part une correspondance quotidienne, déployant lentement des faits au gré des évènements. D'autre part un récit qui les ramasse de manière plus littéraire et remémorée, alors que la République et l'Allemagne unie et honnie font désormais partie du décor. Voilà ce que vit et rapporte, au jour le jour, un témoin de 1870 ; voici ce que pense, en 1905, un homme d'une certaine classe sociale, qui a vécu 1870. C'est ce rapport intime, biographique, à l'évènement que montre brillamment l'auteur, à travers une démarche aussi accessible qu'incarnée.

  • Barbarossa ; 1941, la guerre absolue

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    • Passes composes
    • 28 August 2019

    L'opération Barbarossa, qui s'ouvre le 22 juin 1941 par l'entrée des Panzers de l'Allemagne hitlérienne en Union soviétique, est une guerre d'idéologies : le nazisme et son armée donnent alors la pleine mesure de leur potentiel de destruction. En face, le bolchevisme stalinien radicalise sa violence : la guerre ne change pas le stalinisme, elle l'exalte. En 1941, Wehrmacht et Armée rouge sont, de loin, les deux plus gros instruments militaires de l'époque. Dix millions d'hommes s'affrontent et se détruisent lors d'opérations militaires aux proportions monstrueuses : les plus gros encerclements, les percées les plus spectaculaires, les retournements les plus improbables aussi.
    Combats, exécutions, exactions, famines délibérées tuent en 200 jours plus de 5 millions d'hommes, femmes et enfants, soldats et civils.
    Jean Lopez et Lasha Otkhmezuri brossent la fresque du plus terrible affrontement de la Seconde Guerre mondiale, passant du Kremlin au QG du Führer, des états-majors des Fronts à ceux des groupes d'armées, du NKVD aux Einsatzgruppen, des unités en marche aux usines et aux fosses d'exécution. Une somme unique et exceptionnelle.

  • Les élites sont aujourd'hui rendues responsables de tout. Mais n'en a-t-il pas toujours été ainsi? Dans ce livre dont l'approche est inédite, Eric Anceau retrace, de 1720 à 2020, la grand histoire des élites françaises : de la crise de l'Ancien Régime au drame sanitaire de cette année. En passant par la Révolution, la tentative napoléonienne de fusion de la France monarchique et de la France républicaine, les révolutions de 1830 et 1848, l'effondrement du régime de Napoléon III en 1870, le scandale de Panama, l'Affaire Dreyfus, la crise des années 1930, la Deuxième Guerre mondiale, la refondation gaullienne et, enfin, les tensions sociales des trente dernières années. Outre d'être une extraordinaire fresque de l'histoire de France, cet ouvrage est aussi une réflexion magistrale sur la nature de la relation entre les élites et le peuple, laquelle a toujours été frappée, selon l'auteur, du sceau de la défiance.

  • À l'origine de ce projet un simple constat : l'absence d'ouvrage récent et complet, de synthèse, en français et à destination du grand public, sur les questions complexes soulevées par la Shoah. Or, nombre de questions - quelle fût l'attitude des Juifs face à la répression et aux déportations ? Quelle fût leur capacité de résistance ? Quelles furent les raisons du différentiel de traitement des Juifs d'Europe centrale et orientale et des Juifs occidentaux (en particulier des Juifs de France) ? De quelle aide ou de quels secours ont-ils pu disposer ? Quelles furent les motivations des bourreaux ? Que savaient les alliés de la Shoah ? - ont, depuis une vingtaine d'années, trouvé leur réponse grâce aux travaux d'une nouvelle génération de chercheurs et chercheuses. Dans le contexte actuel, il est donc apparu indispensable aux auteurs de fournir des clés de lecture claires et précises sur l'histoire de la Shoah, pouvant le cas échéant servir d'arguments face aux propos éventuellement révisionnistes, complotistes ou négationnistes.

  • Russie Turquie

    Isabelle Facon

    • Passes composes
    • 13 April 2022

    Tout oppose la Russie et la Turquie et, pourtant, leur union ne cesse de se renforcer. C'est le constat de chercheurs réunis dans ce livre inédit. En dépit de guerres multiséculaires, Istanbul et Moscou cheminent main dans la main dans leur lutte contre l'Occident libéral. Les articles ici rassemblés n'éludent aucune question. S'il y a des désaccords entre Poutine et Erdogan, l'intérêt commun en termes d'influence et de puissance prime. Du nucléaire civil à l'armement, en passant par la coopération diplomatique et militaire, toutes les occasions sont bonnes pour surpasser les désaccords et accroître la puissance de ce nouveau front bien décidé à combattre l'ingérence de l'Occident. Ce livre, c'est enfin et surtout la fresque d'un monde en pleine recomposition. La Turquie et la Russie sont les avatars d'un basculement de l'ordre international au sein duquel la surpuissance de l'Ouest est le prétexte idéal à des alliances hier encore inimaginables.

    Et si l'empire chrétien rêvé de Poutine et l'empire musulman fantasmé d'Erdogan étaient les deux faces d'une même médaille ?

  • Et si la France n'avait pas été bâtie par ses rois, empereurs et présidents, mais par son peuple ? À contrepied pied de ce qu'on appelle le « roman national », Alphée Roche-Noël montre que notre pays s'est construit contre ses monarques. Après avoir retracé les origines de cet antagonisme jusqu'au coeur du Moyen Âge, dans la confrontation entre les seigneuries, les villes et les villages, cette histoire à front renversé se déploie jusqu'à nos jours, en passant par la révolte de Paris en 1357, l'oeuvre des états généraux et des parlements aux XVe et XVIe siècles, la longue Fronde, la Révolution de 1789 et les révolutions du XIXe, épisodes culminants d'un conflit entre la patrie et son prétendu sauveur. Les personnages secondaires, bourgeois, députés aux états, magistrats, protestants du Midi, paysans de la Normandie, femmes des faubourgs, canuts et communards, ouvriers et étudiants, se révèlent sous un jour nouveau, à travers leur combat contre le pouvoir d'un seul. C'est moins une histoire des luttes qu'une histoire de France revue et inédite que signe ici Alphée Roche-Noël.

  • En 2021, la période révolutionnaire demeure toujours présente dans les mémoires comme dans les débats français. Elle sert de référence pour apprécier ce que nous vivons et elle représente encore un enjeu dans nos discussions. Elle garde une actualité mémorielle, politique et, pour employer un mot à la mode, sociétale, puisqu'elle conditionne nos relations selon que nous apprécions ou condamnons Robespierre ou Marie-Antoinette, quand nous évoquons la réalité ou l'invention du « génocide vendéen ». Non seulement la Révolution n'est pas terminée, mais le passé vit toujours dans le présent.

    Il n'est pas assuré pour autant que cela soit à mettre au crédit de la Révolution en tant que telle : si elle retient notre attention c'est à cause de toutes les questions sans réponse qu'elle suscite encore. Comme souvent, la présence du passé tient aux deuils inaccomplis. La page n'est pas tournée, ce que démontre avec finesse et brio Jean-Clément Martin à travers ce recueil de ses interventions médiatiques depuis plus de vingt ans.

  • Harald à la dent blue : Viking, roi, chrétien

    Lucie Malbos

    • Passes composes
    • 2 February 2022

    Tout le monde connaît le Bluetooth, mais qui a déjà entendu parler du roi Harald, surnommé « à la Dent bleue » ? Roi des Danois au temps des vikings, Harald est un personnage à la postérité contrastée : si son surnom est désormais mondialement célèbre, le personnage reste méconnu hors du Danemark. Son règne, dans la seconde moitié du Xe siècle, a pourtant marqué des changements majeurs dans le monde scandinave : artisan de l'unification du royaume des Danois, Harald fut également celui qui le convertit au christianisme. Le roi viking ira jusqu'à contrôler une partie de la Norvège et même de la Suède. Par son action et les liens qu'il entretient avec l'Empire ottonien, le Danemark intègre pleinement un monde européen alors engagé dans une période de transition majeure. À tel point qu'Harald apparaît aujourd'hui comme le symbole d'un monde de plus en plus connecté.

    En relisant les sagas et les récits des auteurs chrétiens occidentaux, en analysant les pierres runiques et en intégrant les derniers apports de l'archéologie, Lucie Malbos livre la première biographie du roi qui fit entrer le monde scandinave dans l'histoire de l'Occident médiéval.

  • Patrimoine mondial en péril

    Peter Eeckhout

    • Passes composes
    • 3 November 2021

    "Dans un article paru dans American Antiquity, les auteurs alertaient, chiffres à l'appui, sur le déclin prononcé du nombre de découvertes archéologiques majeures faites au cours des 20 dernières années. Et pourtant, de même qu'il n'existe pas d'humanité sans mémoire, il ne peut y avoir de sociétés sans ruines. Cette prise de conscience de l'importance du passé, en particulier de la conservation des monuments et sites les plus remarquables parvenus jusqu'à nous, a émergé peu à peu.

    Il était temps, les menaces pesant sur les monuments et sites anciens sont nombreuses, et diverses : destructions volontaires, pillage, pression de l'urbanisation, tourisme de masse, restaurations abusives, négligence et pollution ou encore conséquences des changements climatiques. Pour mieux comprendre les enjeux de la sauvegarde de ces trésors, il faut les montrer dans leur plénitude. C'est toute l'ambition de ce livre : par le texte et par l'image, ce sont ainsi les joyaux d'Angkor, d'Alep, de Palmyre, d'Haïti, de Nazca, de Méroé, de Pachacamac ou encore de Venise qui se révèlent, dans toutes leur puissance, et leur fragilité."

  • Surcouf

    Michel Vergé-Franceschi

    • Passes composes
    • 5 January 2022

    Surcouf est-il un marin de légende ? Plutôt, n'y aurait-il pas une légende Surcouf ? C'est l'avis de Michel Vergé-Franceschi, un des plus grands historiens de la marine qui, pour la première fois, révèle le plus célèbre des corsaires tel qu'en lui-même, débarrassé des mythes, de la légende dorée comme de la légende noire.

    Ce livre, c'est d'abord une vie extravagante d'aventure et de témérité. Né sous Louis XV, mort sous Charles X, Surcouf traverse la Révolution, le Consulat, l'Empire, sert Napoléon, qui le décore de la Légion d'honneur lors de la première promotion de l'ordre. Des rives de l'océan Indien, où il navigue dès l'âge de vingt ans, à sa phénoménale carrière de corsaire et d'armateur, Surcouf a défié le destin avec un culot et une fougue sans égal.

    C'est ensuite un tabou que lève Michel Vergé-Franceschi, celui de l'esclavage. Pour avoir été un navigateur exceptionnel et un combattant sans peur, Surcouf n'en a pas moins été un profiteur de la traite négrière, grâce à laquelle il s'est considérablement enrichi. Voilà pourquoi cette vie révèle à la fois les promesses de l'avènement des Lumières et les ambiguïtés d'un monde qui était en train de mourir quand un autre s'apprêtait à naître.

  • Athènes, l'autre démocratie : Ve siècle av. J.-C. Nouv.

    La démocratie athénienne aurait été imparfaite, limitée, réduite à une part infime de la population. Elle serait donc incomparable, voire contradictoire, avec notre démocratie contemporaine. Dans cette histoire inédite et entièrement renouvelée, Christophe Pébarthe revient aux documents anciens et démontre qu'il s'agit d'un régime où le peuple se gouverne effectivement lui-même. Il décrit, entre autres, comment les Athéniens veillent à ce que leurs délibérations produisent les meilleures décisions et comment leurs institutions garantissent la formation des citoyens au long de leur vie. Il se livre à une lecture inattendue de célèbres tragédies, Antigone par exemple. Ces dernières répondaient aux questions suscitées par l'instauration de la démocratie : la loi a-t-elle toujours raison?? Comment veiller à ce que l'opinion exprimée corresponde à l'intérêt général?? Bref, les Athéniens avaient les mêmes interrogations que nous et partageaient un même souci d'amélioration de leur régime politique. À la faveur de l'exemple grec, l'auteur montre des correspondances avec les critiques émises à l'endroit de nos propres régimes politiques, liées à la représentativité, aux élites et au «?populisme?». Et si se réconcilier avec l'histoire d'Athènes permettait de retrouver l'origine oubliée du projet démocratique??

  • Depuis les premiers écrits chrétiens jusqu'aux expressions les plus abouties de l'amour dit courtois au XVe siècle, Joël Blanchard interroge l'histoire du discours amoureux, ses formes de pensée et d'écriture qui se sont forgées depuis un millénaire. Avec force d'exemples, l'auteur retrace les débats, théologiques et rhétoriques, les controverses, morales et philosophiques, convoque les acteurs, troubadours, clercs, chevaliers et dames, et révèle que si la fin'amor est d'abord l'affirmation de l'amour le plus délicat et passionné, elle s'avère bientôt être l'expression d'une tradition misogyne. Les échos de ces temps où la voix des femmes peine à se faire entendre parviennent jusqu'à nous. Sexualités, virginité, chasteté et désir, ou encore conjugalité, mariage et célibat sont autant de sujets qui animent l'espace public, et montrent que l'expression de l'amour est avant tout une question de pouvoir.

  • Les habitants de l'espace balte actuel avaient quitté depuis longtemps le stade de la prédation lorsque les Européens de l'Ouest, les Scandinaves ou les Rus' les rencontrèrent, du IXe au XIIIe siècle. Ils travaillaient la terre, utilisaient le bronze et le fer, tant pour des outils, des armes que des objets d'art, enterraient ou incinéraient leurs morts et entretenaient un panthéon de dieux foisonnant. En somme, ils pourraient être situés dans ce que l'on désigne par « Protohistoire », appellation et périodisation qui ne font pas l'unanimité mais qui tentent de définir une période où ne manque que l'écriture - et la monnaie ? - pour être insérée dans « l'Histoire ». En cela ils ne diffèrent pas des Celtes d'avant la conquête romaine ou, plus près d'eux chronologiquement, des Germains et des Slaves non christianisés : à tous l'écriture faisait défaut. Les derniers païens ont pourtant une histoire fascinante, et un héritage aussi important que surprenant. C'est à la restituer que s'emploie l'auteur, à travers une analyse éminemment stimulante.

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