Pardes

  • Hamsun

    Michel d' Urance

    Prix Nobel 1920, Knut Hamsun est considéré comme l'un des plus grands écrivains qui aient existé. Il fut admiré par des esprits aussi divers qu'Ernest Hemingway, Henry Miller, Franz Kafka et H. G. Wells. Dans son oeuvre, il a créé un "héros archétypal" qui a représenté son époque mieux que tout : le vagabond. Dans La Faim, Mystères, Pan, ce vagabond est un homme de l'errance, seul contre la société, un personnage de valeur nietzschéenne, de pouvoir nordique, de puissance païenne. C'est le héros nouveau d'une époque nouvelle. Ce vagabond est un "solitaire soldat de sa vie". Il va connaître, comme Hamsun lui-même, bien des tribulations et des aventures, dans une existence toujours inspirée de l'ode à la nature, du goût du voyage, de la compagnie des femmes et de la fidélité au rêve. Errance, désespoir, extase, amour: comme l'immortel songe d'un songe, entre fjords et fjelds, l'éternel emblème du Nord se dresse, avec l'oeuvre de Hamsun, comme une "lune d'encre", symbole immense, signe aigu de vérité au coeur de la littérature mensongère d'un temps de mensonge. Ce "Qui suis-je?" Hamsun , à l'expression poétique et littéraire, constitue le seul essai disponible en français sur le grand Norvégien ; il apporte une biographie totale et une étude approfondie de toute l'oeuvre de l'extraordinaire romancier. L'engagement de ce "maître d'aristocratie et d'errance" auprès de l'Allemagne pendant la Deuxième Guerre mondiale, pour des raisons qui n'avaient rien à voir avec l'antisémitisme, est ici traité dans un chapitre qui fait toute la lumière.

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  • Balzac

    Roger Parisot

    Un Balzac inconnu ? Du neuf sur Balzac ? Ce Balzac (Qui suis-je ?) propose un regard inédit sur le romancier et sur l'énigme que constitue le contraste entre la "grandeur" de l'oeuvre et la " misère " (pascalienne) de l'homme, ce prodige qui contenait en lui, selon ses propres dires, " toutes les incohérences ".
    Ce Qui suis-je ? présente une nouvelle lecture, fondée cette fois sur la " doctrine mystique " de Balzac, ce " christianisme johannique " auquel il entendait se rattacher, auquel il rattachait sa Comédie humaine et par lequel il se rattachait lui-même à la tradition ésotérique universelle. On verra que cette doctrine, trop négligée jusqu'à présent, si elle ne résout pas le mystère de la création balzacienne, en dégage le sens et la portée générale.
    Elle en éclaire les intentions profondes et agit comme un révélateur des véritables dimensions de cette entreprise romanesque hors pair. En effet, elle inscrit la Comédie humaine dans le cadre d'une vision, peut-être confuse, mais assurément grandiose, qui relie le monde à son Principe suprême et renvoie l'homme à sa destinée spirituelle, telle qu'elle est représentée, dans la société et dans l'oeuvre, par le combat entre les Forts et les Faibles autour de l'argent, du pouvoir et de l'amour, l'ensemble placé sous l'éclairage de cette " recherche de l'Absolu ", dont la soif confine quelquefois à la démence...
    Ainsi, la doctrine apparaît comme l'instance médiatrice entre Balzac et le génie qui le dirigeait, ainsi que l'avait aperçu Victor Hugo.

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  • Borges

    Roger Parisot

    Il y a, chez Jorge Luis Borges, auteur illustre d'une oeuvre renommée, un paradoxe et une contradiction dont l'homme et l'oeuvre eurent également à pâtir.
    Ce fut de n'avoir pu écrire, parce qu'il était Borges, le Livre qu'il aurait voulu écrire - parce qu'il était Borges. Il fallait, en effet, être Borges, Jorge Luis, homme de lettres argentin, épris de lecture et pétri de culture, pour former l'idée d'un Livre total, nécessaire et infini, Livre des livres ou Livre absolu, qui contiendrait tous les livres et qui serait le Monde. Et il suffisait d'être Jorge Luis Borges, individu, fini, accidentel et fortuit, pour être radicalement empêché d'écrire.
    C'est de cela qu'il souffrait lorsqu'il se plaignait du " malheur " d'être Borges, lorsqu'il disait sa lassitude d'être toujours celui qu'il était, lorsqu'il exprimait son espoir que, au moins, la mort mettrait un terme pour lui au fait d'être Borges. C'est la finitude et le négatif de son identité singulière qu'il déplorait, car c'est cela qui lui interdisait d'être, pour écrire l'oeuvre dont il rêvait, et devenir, en l'écrivant, le véritable et suprême Hacedor, l'impersonnel et intemporel auteur de l'impossible Livre absolu.
    Ce " Qui suis-je " Borges montre que les ouvrages qu'il écrivit sont la solution fictive apportée par l'auteur à l'insoluble problème de l'homme. Non sans humour, toutefois, car le grand écrivain argentin, lucide et toujours clairvoyant, en dépit de sa cécité, se plaisait parfois à déconcerter, voire à mystifier, ses lecteurs.

  • Béraud

    Francis Bergeron

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  • Corneille

    Roger Parisot

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  • Poulet

    Delaunois

    L'histoire de Robert Poulet est celle d'un écrivain, originaire de Belgique, dont la qualité a été jugée à l'aune de ses convictions politiques. En ce sens, son cas est exemplaire : il a été ostracisé, exclu de la Cité pour avoir voulu la servir, alors qu'il eût pu se contenter de vivre, avec bonheur, pour l'art et la beauté... A l'été 1940, Robert Poulet, alors brillant journaliste et romancier réputé, choisit de prôner le moindre mal : une collaboration modérée, d'esprit national, avec l'occupant allemand, dont il pensait, erronément mais de bonne foi, qu'il gagnerait la guerre. Son retrait de la mêlée, en 1943, ne l'empêche pas d'être condamné à mort à la Libération. Mais ses révélations au sujet de contacts avec un des conseillers du roi Léopold III vont lui sauver la vie, de justesse : il affirme avoir mené la politique que le monarque souhaitait qu'il menât. L'affaire, pleine de zones d'ombre, fait grand bruit. En 1951, contraint de s'exiler, il s'installe près de Paris. Là, il repart de zéro et reconstruit peu à peu sa réputation littéraire, à coups d'essais, de pamphlets, de romans et de critiques. Son talent, reconnu par les Chardonne, Morand ou autres Céline, ne laisse pas indifférent. Sur proposition de l'Académie française, l'ensemble de son oeuvre sera couronné. Les Belges continueront pourtant de l'ignorer cordialement en raison de son passé politique. Dans ce " Qui suis je ? " Poulet. derrière l'écrivain, témoin privilégié de son temps, l'auteur a cherché l'homme et nous livre, à travers cette étude d'un destin particulier, une exploration sensible des drames intellectuels de l'entre-deux-guerres et de l'Occupation.

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  • Nostradamus

    Pierre-Emile Blairon


    figure bifrons du janus qui possède la science du passé et celle de l'avenir, nostradamus assurait tenir ses connaissances des indiens.
    des babyloniens et de ses ancêtres : il laisse une postérité qui entretiendra le mythe d'un homme ayant reçu, et c'est incontestable. des dons divins. son oeuvre magistrale, les centuries, continue de faire le bonheur des cruciverbistes, le malheur d'interprètes imprudents et la fortune de quelques exégètes. ses quatrains sont un ensemble apparemment incohérent de mots constamment croisés et de rébus énigmatiques à plusieurs niveaux de compréhension.
    une auberge espagnole oú certains commentateurs ont trouvé ce qu'ils ont apporté : une manière de faire parler d'eux à travers un personnage illustre. dans ce " qui suis-je ? " nostradamus, l'auteur nous présente le médecin " astrophile ", comme il se définissait lui-même, l'alchimiste, le pharmacien grand connaisseur des " simples ", avec lesquelles il combattra les épidémies de peste mais aussi le bon vivant (mort de la goutte), l'auteur d'almanachs et de recettes culinaires pour les ménagères du xvi e siècle, bref une espèce d'auteur de " best-sellers ", un homme plein d'humour qui.
    en des temps dangereux, sut masquer des idées non conformistes. averti du retour cyclique des choses, plus que prédire, nostradamus s'employait à déduire ce qu'il savait que la roue du temps allait produire.

  • Staline

    Nicolas Tandler

    Staline ne participa jamais en personne à des tueries ou à des tortures ordonnées par lui mais l'aspect vindicatif, le mépris de la vie humaine -pouvant aller jusqu'à une forme de sadisme - du " phare de l'humanité ", encensé durant un quart de siècle, est ce qui en subsiste pour l'essentiel au XXIe siècle.
    S'il n'avait été qu'un sectaire aux tendances de psychopathe, Staline n'aurait pas atteint les sommets. Lénine s'était déjà mépris sur les capacités de son subalterne, tout comme Trotski, qui estimait se heurter à un bureaucrate inculte. Servi par des concours de circonstances, le séminariste passé au vagabondage révolutionnariste sut conquérir les hautes fonctions par un mélange de ruse, de violence verbale, de séduction, d'exaltation de la conviction de sa supériorité, d'une méfiance maladive qui n'excluait pas la conscience des qualités d'autrui.
    Lecteur avide, réaliste et concepteur d'une société idéale inhumaine ni les guerres extérieures ni les complots internes ne le renversèrent. Son régime lui a survécu près de quatre décennies. L'auteur de ce " Qui suis- je ? " Staline s'interroge sur la pertinence de l'appellation " tsar rouge ". Par son " socialisme dans un seul pays ", sans renier le marxisme, Staline s'est délibérément identifié aux tsars.
    Après plus d'un demi-siècle, son ambivalence se perçoit mieux, toute dissimulée qu'elle était derrière les monceaux de cadavres de ses victimes non communistes, méprisées par les historiens de renom du XXe siècle.

  • Un vers de Baudelaire ouvre les mémoires inachevés de celui qui incarnera le combat pour l'Algérie française : «J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans.» Ce «Qui suis-je?» Salan permet de suivre son excep tionnel destin. Admis à Saint-Cyr en 1917, il choisit l'infanterie coloniale. Les combats de novembre 1918 marquent pour la vie ce jeune officier. Détaché dans l'administration coloniale en Extrême-Orient (1924-1937), il sort de la tourmente de 1940 avec trois citations. En 1944- 1945, du débarque ment en Provence à l'Allemagne, il mène ses troupes jusqu'à la victoire. En Indochine, aux côtés de Leclerc, en 1945, puis de De Lattre, en 1951, il défend ce pays qu'il a bien connu dans l'entre-deuxguerres.
    Il y af fronte un ennemi implacable : le Viêtminh.
    En Algérie, de 1957 à 1958, il combat un autre ennemi: le FLN, et rétablit une situation compromise, non sans échapper à un attentat politique (affaire du bazooka). En mai 1958, il couvre une révolte patriotique contre la IVe République, appelant le général de Gaulle au pouvoir pour sauver l'Algérie française.
    Nommé gouverneur militaire de Paris en 1959, le général Salan s'inquiète des ambiguïtés algériennes de la politique gaullienne. En avril 1961, il s'associe à un coup d'État militaire qui échoue. Il plonge alors dans une résistance militaro-civile, l'OAS (Organisation de l'armée secrète), qu'il conduit jusqu'à son arrestation en 1962. Condamné à la détention perpétuelle, il échappe à la peine de mort. Libéré en 1968, il se retire avec sa famille et recouvre tous ses droits. Jusqu'à sa mort, il n'oubliera ni ne pardonnera la liquidation tragique de l'Algérie française.

    «Je suis le chef de l'OAS. Ma responsabilité est donc entière. Je la revendique [...]. Je n'ai de compte à rendre qu'à ceux qui souffrent et meurent pour avoir cru à une parole reniée et à des en ga - gements trahis. » (Extraits de la déclaration de Raoul Salan à son procès, le 16 mai 1962.).

  • Genevoix

    Jacques Tassin

    Dès son enfance, Maurice Genevoix manifeste une extase de vivre qui l'ouvrira au monde. Après des études aux lycées Pothier (Orléans) et Lakanal (Sceaux), il est reçu premier, en 1911, à l'École normale supérieure. La guerre de 1914-18 le détourne du professorat. Il sera grièvement blessé aux Éparges, en 1915. Côtoyant quotidiennement la mort, le jeune lieutenant adopte une vision bergsonienne de la vie : le passé et les défunts demeurent, le héros, sans éclat militaire, voit l'invisible. Pour en témoigner, il entreprend d'écrire. Il fait dialoguer la poésie et l'horreur dans ses récits de guerre (Ceux de 14). Puis, le prix Blumenthal 1922 pour Rémi des Rauches et le prix Goncourt 1925 pour Raboliot le hissent, encore tout jeune, au rang des grands écrivains.
    Élu à l'Académie française en 1946 (il en sera le secrétaire perpétuel de 1958 à 1973), il s'impose comme l'un des écrivains français les plus admirés (La Forêt perdue, La Dernière Harde, parmi tant d'autres chefs-d'oeuvre). Le charme de sa prose poétique et l'élégance de son style ont fait de lui un écrivain inclassable, s'adressant à tous les hommes.
    À sa mort en 1980, cet humaniste agnostique laisse une oeuvre forte, tendre, aimante, enrichie par quelques voyages (Canada, Sénégal, Allema - gne), où la vie apparaît toujours vibrante, la Nature, enchantée (Tendre bestiaire) et la mort, acceptée (La Mort de près).

  • Sun Tzu

    Yann Couderc

    Il y a encore cinquante ans, en dehors de quelques orientalistes, personne n'avait entendu parler de Sun Tzu. C'est là un paradoxe : alors que l'humanité s'est montrée peu avare en conflits et a toujours cherché à accroître son niveau de compétence dans le domaine militaire, la reconnaissance de Sun Tzu et de son traité, L'Art de la guerre, est assez récente.
    De ce personnage, dont la tradition situe la vie au VIe siècle avant Jésus-Christ, le peu que l'on sait est d'une origine tardive et d'une authenticité douteuse.
    Sa première biographie a été rédigée quatre siècles après sa mort officielle et, curieusement, on ne trouve que très peu de traces de lui dans les annales. Une seule chose est certaine : nous possédons aujourd'hui un traité, intitulé L'Art de la guerre, dont l'existence est attestée depuis au moins 2 200 ans, dans lequel sont étudiés le caractère politique et psychologique de la guerre, le rôle du commandement, l'exploitation des dissensions chez l'ennemi, l'importance du renseignement, etc.
    Nos connaissances sur Sun Tzu ont évolué depuis 1971, date de la première traduction française de L'Art de la guerre véritablement lue par le grand public. Ce « Qui suis-je? » Sun Tzu se donne pour ambition de présenter une synthèse de ce que nous savons actuellement sur cet exceptionnel stratège, dont la parfaite connaissance du traité était au programme du recrutement de tous les officiers chinois jusqu'en 1905.

  • Maurras

    ,

    Adulé par les uns, décrié par les autres, Charles Maurras est l'un des plus grands théoriciens politiques du XXe siècle. Poète, critique et, surtout, journaliste polémiste, il a contribué à mettre sur le devant de la scène les idées royale et nationale, jusqu'à en imprégner une partie de la France intellectuelle.
    Toute son oeuvre - qui, pour ce sourd, se confond avec sa vie - est un long combat pour un retour aux vérités françaises.
    C'est un Charles Maurras présenté dans toutes ses dimensions que nous offre Tony Kunter. Après avoir évoqué rapidement les contiguïtés entre l'oeuvre et la vie du «Maître de Martigues», sa pensée se voit déclinée selon les canons développés par le critique Albert Thibaudet dans ses Trente ans de vie française. Le Maurras littéraire n'est pas en reste - il occupe une place de choix dans cette biographie -, alors qu'il a souvent été mis de côté. Le rayonnement et la postérité du chef de file de l'Action française permettent enfin d'entrevoir comment la confluence dimensionnelle maurrassienne vers le point du « Politique d'abord » a paradoxalement abouti à un démembrement progressif du nationalisme intégral, de sa mort jusqu'à nos jours.
    Dans ce «Qui suis-je?» Maurras, une place importante est consacrée à l'historiographie. Certaines parties reprennent les conclusions des auteurs les plus performants dans leur domaine. Voilà une synthèse qui permettra au lecteur pressé de se tenir informé des avancées les plus significatives dans la recherche sur Charles Maurras.

  • Codreanu

    Yves Morel

    Né à Husi le 13 septembre 1899, Corneliu Codreanu est sans doute le plus atypique des chefs politiques de l'entre-deux-guerres, et l'un des plus charismatiques. Il fonde la Légion de l'archange Michel (ou Garde de Fer) en 1927, et en sera le «Capitaine » (Capitanul) ; celle-ci a été tenue pour un avatar roumain du national-socialisme, ses Chemises vertes ont été identifiées aux SA allemands, mais la réalité est tout autre. Pour Codreanu, l'existence devait être ordonnée selon un ordre spirituel et surnaturel, d'où un ordre politique et social étayé par une morale chrétienne, animé par un esprit de justice et le sens du devoir envers Dieu, la patrie et ses semblables. Une telle entreprise visait à créer un homme nouveau (omul nou), réclamait une ascèse spirituelle, une rigueur morale et un dévouement allant jusqu'au sacrifice personnel suprême. Il exhorta les Roumains à une existence supérieure, difficile, héroïque, ancrée dans une conscience de l'identité roumaine, à la fois dace et latine. Haï par le roi et la classe politique de son pays, populaire auprès de ses compatriotes, Codreanu fut le centre de la vie politique roumaine jusqu'à sa tragique exécution, sur ordre du gouvernement du roi Carol II, à l'âge de 39 ans, dans la nuit du 29 au 30 novembre 1938.

  • Hergé (1907-1983) «Tintin, c'était moi, avec tout ce qu'il y a en moi de besoin d'héroïsme, de courage, de droiture, de malice et de débrouillardise. C'était moi et je t'assure que je n'avais pas à me demander si cela plaisait ou non aux gosses.» La vie d'Hergé pourrait se résumer en quelques lignes, tant elle est banale. Son destin est le contraire d'une aventure: il n a jamais eu de véritable engagement, dans aucun domaine: politique, syndical, humanitaire, caritatif. Il ne lui est jamais rien arrivé d'extraordinaire, si ce n'est d'avoir passé une journée et une seule dans une prison, en 1944. Une journée qui l'a profondément marqué. Mais Hergé, c'est bien autre chose: c'est une oeuvre. C'est une vie passée presque entièrement derrière la planche à dessin, un pur travail artistique et d'imagination. Il est, comme l'écrit Robert Poulet, un « Belge moyen [qui] avait une sensibilité d'aristocrate». Jusqu'à Tintin, les bandes dessinées s'adressaient aux enfants, et uniquement sur un mode comique. Elles ne faisaient pratiquement jamais allusion à la politique, à l'actualité, aux faits divers contemporains. Jusqu'à Tintin, aucune histoire dessinée n'avait jamais donné lieu à un vrai scénario. Jusqu'à Tintin, aucune BD ne pouvait se lire «comme un roman». Jusqu'à Tintin, aucun adulte ne pouvait trouver un intérêt soutenu et renouvelé à ce genre de lecture. Le travail d'Hergé appartient désormais au patrimoine universel. Depuis les rivages américains, sous l'impulsion de Steven Spielberg, une marée cinématographique va formidablement relancer le mythe, convertir d'autres générations et d'autres continents au culte hergéen. Eux aussi, à leur tour, «y en a verront Tintin, le boula-matari!», comme nous disent les petits Africains, à la fin de Tintin au Congo. "(...) une précieuse synthèse de quasiment tout ce qui a été écrit sur le sujet. (...) fourmille d'informations tant sur l'homme que sur l'oeuvre, finement commentée. Comme le style en est alerte (...), que l'iconographie, copieuse, a été bien choisie, on recommandera sans réserve cet ouvrage digne d'une collection qui a depuis longtemps fait ses preuves." (P.-L. Moudenc, Rivarol.)

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  • Doriot

    Jean-Claude Valla

    Formé dans les écoles du Komintern à Moscou, député communiste à 25 ans, maire de Saint-Denis à 32, Jacques Doriot fut au sein du PCF le grand rival de Maurice Thorez. Pour avoir refusé de se plier aux exigences de Staline et prôné trop tôt un rapprochement avec les socialistes, il est exclu du Parti en 1934. Deux ans plus tard, il fonde le Parti populaire français (PPF), qui n'est pas encore un parti fasciste au sens strict du terme, mais qui le deviendra pendant l'Occupation. Rallié prudemment à la Collaboration tant qu'a subsisté l'hypothèque du pacte germano-soviétique, Doriot ne brûlera vraiment ses vaisseaux qu'en juin 1941, lorsque les divisions allemandes se lanceront à l'assaut de l'URSS. Il réclame alors la création d'une Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LUF) et, de tous les dirigeants des grands partis collaborationnistes, il sera le seul à combattre sur le front de l'Est, à plusieurs reprises. Alors que les Allemands se méfient de lui, il affiche désormais sa volonté de faire du PPF "un parti fasciste et totalitaire" (novembre 1942) et finit par trouver auprès des SS le soutien que lui a refusé Otto Abetz sur instruction de Hitler. Il trouvera la mort en Allemagne, le 22 février 1945, mitraillé sans doute au hasard par des avions alliés. Ainsi disparaissait l'une des figures les plus énigmatiques de l'histoire politique française du XXe siècle. Ce "Qui suis-je?" Doriot retrace le destin singulier d'un personnage dont pierre Pucheu, qui ne l'aimait guère, a pu écrire: "A vrai dire, je n'ai pas connu dans notre génération d'homme ayant reçu à tel point du ciel des qualités d'homme d'Etat."

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  • Ungern

    Erik Sablé

    Le baron Ungern est un personnage exceptionnel qui libéra la Mongolie occupée par les troupes chinoises en 1921.
    Ataman cosaque, le baron Ungern vécut une vie d'aventures. Il fut un héros de la Première Guerre mondiale. Il habitera en Transbaïkalie, puis en Mongolie. Il parcourra la Mandchourie, la Chine, et se mariera avec une princesse chinoise. Sa Division Asiatique de Cavalerie sera la dernière armée à se battre contre les troupes communistes. Passionné par le bouddhisme, il s'entourait de lamas. Il rêvait de créer une Asie unifiée qui serait en mesure de lutter contre une Europe qu'il jugeait décadente.
    Après la prise d'Ourga, il s'empressa de remettre sur le trône le Koutouktou, l'équivalent mongol du Dalaï-Lama. Cependant, en ce qui concerne la personnalité du baron Ungern, la légende a souvent remplacé la vérité historique. On a affirmé que le baron était un être cruel, un fou paranoïaque et sanglant, on lui a attribué une pensée proche du paganisme. Maintenant, avec l'analyse de documents récemment sortis des archives ou de témoignages, comme celui de Perchine, nous pouvons avoir une idée beaucoup plus juste de ce qu'il était réellement.
    En fait, ce n'était pas le baron Ungern qui était fou et sanglant, mais l'époque dans laquelle il vivait. Le baron apparaît, au contraire, comme un individu d'une rare droiture, dénué d'ambitions personnelles, sincère, modéré dans ses actions, cultivé et beaucoup plus humain qu'il ne semble, malgré ses discours enflammés.
    Avec ce " Qui suis je ? " Ungern, pour la première fois en français, nous pouvons avoir une vision plus juste du caractère et des buts du baron von Ungern Sternberg.

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  • Saint-Loup (1908-1990): «En présence de Waffen SS français, il n existe d'autre arbitre que soi-même, le débat qu ils ont ouvert se situant au niveau des guerres de religion. Dans le domaine des guerres de religion, l homme ne connaît plus que sa conscience et sa fureur.» Marc Augier, alias Saint-Loup, fut emporté par le vent de l'Histoire, à toute vitesse, mais sans jamais tomber. Il en a tiré une oeuvre forte et virile, parcourue par un souffle épique. Une oeuvre peinte à fresques, où des individus et des groupes d in- dividus doivent affronter les bombardements, le rouleau compresseur des chars soviétiques, l' épuration, les foules ivres de violence, mais aussi la montagne, la neige, le froid polaire, les avalanches, les tempêtes, les poux, l'hiver russe, une panne de moteur en altitude ou, simplement, la fatigue au guidon d'une moto lancée sur les routes d Europe. Ce qui fascine, chez Saint-Loup, ce sont des valeurs universelles, qui n appartiennent à aucun camp: c est cette vie de sportif, d aventurier, de guerrier. Saint-Loup est le contraire d un idéo- logue. C est un militant, mais ce n est pas un homme du combat des idées. C est un homme d ac- tion, ayant mis ce goût de l action et du risque calculé au service de causes politiques et parfois militaires. Soixante-cinq ans après la fin de la guerre et plus de vingt ans après la chute du mur de Berlin, il est temps de relire son uvre, de la dégager de sa seule dimension hérétique, conséquence de ses quatre années à la LVF et à la Waffen SS. Oui, grâce à ce «Qui suis-je?» Saint-Loup, il faut revisiter ce grand créateur de mythes, et personnage mythique lui-même.

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  • De son vrai nom Alphonse-Louis Constant, ce fils d'un modeste cordonnier, brillant élève, se destinait à une carrière ecclésiastique.
    Mais, tombé amoureux d'une jeune fille, il s'enfuit du séminaire et connut une vie d'errance et de misère, ponctuée de séjours en prison. Après avoir décidé de se vouer corps et âme aux sciences occultes, son destin bascula en 1854 lorsqu'il rencontra des adeptes à Londres. Devenu Eliphas Lévi Zahed, il publia en 1856 son maître-livre, le fameux Dogme et Rituel de la haute magie, devenant ainsi le grand rénovateur de l'occultisme.
    Dès lors, il consacra sa vie à la rédaction d'ouvrages sur la magie, la kabbale, les grands mystères et à la formation de disciples à domicile ou par correspondance. Avec ce "Qui suis je?" Eliphas Lévi, l'auteur se propose de nous faire découvrir une personnalité puissante et rayonnante dont l'influence fut profonde aussi bien sur les grands auteurs de son époque (Baudelaire, Victor Hugo, Rimbaud, etc.) que sur le fleuron des occultistes européens.
    L'oeuvre de ce précurseur, capitale pour des générations de chercheurs en "sciences maudites", le place parmi les premiers au sein des maîtres de l'occultisme. Il meurt en mai 1875 dans la sérénité, après une existence pour le moins chaotique et mouvementée.

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  • Trotski

    Nicolas Tandler

    Léon Trotski (1879-1940) «Nous savions que pour établir la liaison avec des ouvriers, il fallait une grande conspiration. Nous prononcions ce mot sérieusement, d'un ton grave, presque mystique.» «Je n'ai qu'une seule parole, qu'un seul langage, celui du révolutionnaire.» Lev Davidovitch Bronstein, dit Trotski, a dérouté ceux qui ont d'abord découvert le communisme soviétique à travers l'image des dirigeants du Kremlin de l'URSS finissante, entre 1953 et 1989. Charmeur, cultivé, cosmopolite, inclassable, il courait les aventures comme en se jouant. Sans lui - issu de possédants, très à l'aise - , les bolcheviques n'auraient pas pris le pouvoir en novembre 1917 à Petrograd. Ni gagné l'effroyable guerre civile de 1918 à 1922, pendant laquelle Trotski fera massacrer des «Blancs», des «Rouges» déviants et tant d'autres. Convaincu de son écrasante supériorité sur les autres chefs rouges, les méprisant, sûr de succéder à Lénine, Trotski se transformera en oiseau hypnotisé par un serpent quand Staline se dressera face à lui. Éli- miné de l'URSS, réduit à des jeux politiques de bac à sable dans l'émigration, errant d'un pays à l'autre, sa mort violente au Mexique en fait le martyr légendaire du communisme mondialiste. Le voici victime par excellence. Et cela lui vaut des disciples sculptés à son image: individualistes forcenés, intransigeants, à la poursuite d'un but unique, la société totalitaire globale. Ce «Qui suis-je?»Trotski montre comment, tantôt bardé de cuir, revolver au côté, cassant, impitoyable, tantôt souffrant, alangui, père de famille attendri, causeur séduisant, amoureux de la nature, le personnage revêt un double aspect, qui trompera ses partisans et ses ennemis.

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  • Kardec

    Christian Bouchet

    Allan Kardec a vécu deux vies successives...
    Sous le nom de Denizard, Hippolyte, Léon Rivail, il a mené, de sa naissance à sa cinquantième année, l'existence banale d'un membre de la moyenne bourgeoisie. Après des études secondaires et supérieures, il a été, avec plus ou moins de réussite, durant trente années, enseignant, directeur de cours privés et rédacteur de manuels scolaires. En 1854, il découvrira le spiritisme, se convaincra qu'il a été, dans une précédente existence, un druide du nom d'Allan Kardec et se fera, durant quinze années, connaître mondialement sous ce nom comme le théoricien et le codificateur principal du spiritisme.
    Ce Kardec (Qui suis-je?) est consacré à cette étonnante personnalité dont l'ouvrage Le Livre des esprits devint rapidement un best-seller. Son influence toucha tous les pays du monde et toutes les classes sociales. Plus de cent quarante ans après sa mort, sa tombe, au cimetière du Père-Lachaise, reste celle qui reçoit le plus grand nombre de visiteurs. Situant cette vie hors du commun dans l'évolution de l'histoire des idées, l'auteur montre comment Allan Kardec a su mettre en ordre, grâce à son génie, les thèses d'un courant qui lui préexistait.
    Le lecteur découvrira également le rôle prééminent qu'il joua dans le développement des Nouveaux Mouvements Religieux. Ainsi, le spiritisme kardeciste est devenu un véritable phénomène de société au Brésil, tandis qu'il donnait naissance à une religion de guérison, en Belgique, et à un mouvement spiritualo-nationaliste, au Vietnam. Il connaît même, actuellement, une seconde jeunesse, via le channeling du mouvement New Age.

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  • Crowley

    Christian Bouchet

    Ce Crowley (Qui suis-je ?) présente un homme à multiples facettes : alpiniste et joueur d'échecs de renom, poète reconnu, grand voyageur, peintre déconcertant, militant en faveur de l'indépendance de l'Irlande, auteur de romans, de pièces de théâtre, de scénarios, grand séducteur et, surtout, magicien !
    Dans ce Qui suis-je ?, l'auteur - qui a consacré un doctorat à Aleister Crowley et ses disciples - présente une biographie de celui que ses fidèles nommaient le Maître Thérion, une analyse précise de sa pensée et montre comment celle-ci a eu une influence non négligeable sur certains aspects de la culture moderne (rock'n roll, LSD, nouveaux mouvements religieux, etc.).
    On découvrira qu'Aleister Crowley fut l'ami de nombreuses personnalités qui s'intéressèrent à l'occultisme, de Henry Miller à Fernando Pessoa en passant par Auguste Rodin, qu'il compta parmi ses disciples Ron Hubbard, le fondateur de la Scientologie, qu'il proposa un messianisme proche du Nouvel Age, qu'il entendit rivaliser avec Krishnamûrti, etc.
    Au tournant du millénaire, alors que les idées les plus folles sont soutenues avec sérieux, la magie d'Aleister Crowley apparaîtra, en définitive, comme plus raisonnée qu'on ne l'imagine et de nature à apporter des réponses à ceux qui cherchent à " voir Dieu en face ".
    A ce titre, elle mérite qu'on s'y intéresse.

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