Mercure De France

  • Signé Ajar, ce roman reçut le prix Goncourt en 1975. Histoire d'amour d'un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive : Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que "ça ne pardonne pas" et parce qu'il n'est "pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur". Le petit garçon l'aidera à se cacher dans son "trou juif", elle n'ira pas mourir à l'hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré "des peuples à disposer d'eux-mêmes" qui n'est pas respecté par l'Ordre des médecins.
    Il lui tiendra compagnie jusqu'à ce qu'elle meure et même au-delà de la mort.

  • Une mère inconnue qui ressemble à Liz Taylor, un père tendrement aimé qui se prend pour Musset, un amant marié qui joue avec un revolver, un autre qui apparaît le jour de la mort de Beckett, des amies en Allemagne, en Corse, en Angleterre, dont parfois le souvenir a presque disparu, et un Je tantôt féminin, tantôt masculin, vulnérable ou assassin, apparaissent tour à tour, comme on abat des cartes, dans ce nouveau jeu d'Anne Serre placé sous le signe de Lewis Carroll.
    Un autoportrait en trente-trois facettes.

  • Je ne pouvais plus échapper à mon histoire, sa vérité que j'avais trop longtemps différée. J'avais attendu non pas le bon moment, mais que ce ne soit plus le moment. Peine perdue. La mienne était toujours là, silencieuse, sans aucune douleur, elle exigeait d'être dite. J'ai espéré un déclenchement involontaire qui viendrait de cette peur surmontée d'elle-même. La peur n'est pas partie mais les mots sont revenus.

    En 2005, la narratrice a dix-neuf ans quand elle est victime d'un viol dans une forêt. Plainte, enquête, dépositions, interrogatoires : faute d'indices probants et de piste tangible, l'affaire est classée sans suite. Douze ans après les faits, à la faveur d'autres enquêtes, un suspect est identifié : cette fois, il y aura bien un procès.
    Depuis, la narratrice a continué à vivre et à aimer : elle est mère d'une petite fille et attend un deuxième enfant.
    Aujourd'hui, en se penchant sur son passé, elle comprend qu'elle tient enfin la possibilité de dépasser cette histoire et d'être en paix avec elle-même Elsa Fottorino livre ici un roman sobre et bouleversant, intime et universel, qui dit sans fard le quotidien des victimes et la complexité de leurs sentiments.

  • Gros-câlin

    Romain Gary

    Lorsqu'on a besoin d'étreinte pour être comblé dans ses lacunes, autour des épaules surtout, et dans le creux des reins, et que vous prenez trop conscience des deux bras qui vous manquent, un python de deux mètres vingt fait merveille. Gros-Câlin est capable de m'étreindre ainsi pendant des heures et des heures. Gros-Câlin paraît au Mercure de France en 1974. Il met en scène un employé de bureau qui, à défaut de trouver l'amour chez ses contemporains, s'éprend d'un python. L'auteur de ce premier roman, fable émouvante sur la solitude de l'homme moderne, est un certain Emile Ajar. La version publiée à l'époque ne correspond pas tout à fait au projet initial de son auteur qui avait en effet accepté d'en modifier la fin. On apprendra plus tard que derrière Emile Ajar se cache le célèbre Romain Gary. Dans son ouvrage posthume, Vie et mort d'Emile Ajar, il explique l'importance que revêt, à ses yeux et au regard de son oeuvre, la fin initiale de Gros-Câlin. Il suggère qu'elle puisse un jour être publiée séparément... Réalisant le souhait de l'auteur, cette nouvelle édition qui paraît aujourd'hui reprend le roman Gros-Câlin dans la version de 1974, et donne en supplément toute la fin " écologique ", retranscrite à partir du manuscrit original.

  • Ma grand-mère a beau se transformer en personnage de roman, elle a néanmoins traversé les aventures que je lui prête. Les faits sont là. Le reste est en mon pouvoir, je me glisse dans le coeur de Mime qui se soigne avec les mots. Les femmes de ma famille sont infirmières ou institutrices, elles ont foi en l'utilité de leur métier. Éducation et santé : les deux ressources d'un pays qui va de Dunkerque à Tamanrasset.

    1925. Dans l'écho joyeux des Années folles, Mime et Marius sont jeunes et amoureux. Ils ont tout pour être heureux. Très vite, Henri vient au monde, puis Simone. Lorsque la petite fille meurt brutalement, le couple est terrassé. La douleur hantera Mime toute son existence. Mais en dépit du chagrin, elle avancera coûte que coûte, traversant les années quarante, les aléas de son mariage, les rêves entrevus, et cette guerre mondiale qui jusqu'en Algérie saccage, épuise, affame.
    Fresque des années trente aux années cinquante, le roman de Sophie Avon raconte une Algérie lumineuse et l'itinéraire d'une femme forte, figure émouvante d'une mythologie familiale.

  • Madame Morin mène une existence paisible entre son mari Guy et ses trois enfants qu'elle élève avec fierté. C'est une mère de famille aimante. Pourtant, se pourrait-il qu'elle mène d'autres vies ? Atteinte d'un trouble dissociatif depuis ses quinze ans, elle est en proie à plusieurs personnalités distinctes qui prennent tour à tour le contrôle de sa vie.
    En quelques secondes, elle se métamorphose en Betty, Alice et les autres, dont elle ne conserve aucun souvenir. Des séjours répétitifs en clinique psychiatrique lui permettent de se mettre à l'abri. La fascination de son thérapeute suffira-t-elle à la protéger contre elle-même ?
    Dans un jeu de miroir qui parle du double, Vinciane Moeschler nous entraîne dans les profondeurs de la folie humaine. Si Norman Bates, mythique figure de Psychose, n'est pas loin, c'est aussi une formidable histoire d'amour qui nous est contée ici.

  • La fille ne regardait pas l'objectif, d'ailleurs elle ne regardait rien, à part peut-être une pensée, un regret, un projet? à l'intérieur d'elle-même. Elle ne souriait pas. Elle était tout simplement absente. En quelques jours, une foule innombrable de gens croisa ce visage. Et tous se dirent qu'elle avait l'air de poser pour son propre avis de recherche.

    Lorsqu'elle constate la disparition de sa fille Adèle, seize ans, Marion panique. Fugue? accident? Elle prévient son ex-mari, la police... Au fil des heures, l'angoisse croît. Adèle reste introuvable. Quelques jours plus tard, un attentat perpétré par Daech au Forum des Halles tue vingt-cinq personnes. Et si Adèle faisait partie des victimes? Sans relâche Marion appelle les numéros verts, les ministères, scrute la presse, les réseaux sociaux, traque les moindres indices... Jusqu'au jour où, sur une image saisie par une caméra de surveillance, elle reconnaît Adèle, dissimulée sous un hidjab... Sidération, incompréhension, culpabilité. L'inexorable quête d'une mère pour retrouver sa fille commence.

  • Eau Claire, petite ville du Wisconsin. À trente-deux ans, Lorraine est une mère aimante et courageuse. Avec Fred son mari, elle a eu 4 enfants, qu'elle élève du mieux possible. Toute la famille s'entasse dans une baraque sur un lotissement miteux. Pour joindre les deux bouts, Lorraine et Fred cumulent les petits boulots.
    Pourtant, un soir, peut-être un peu plus fatiguée ou un peu plus fragile, Lorraine craque : une énième dispute avec Adam - son aîné de quinze ans -, a raison de sa patience. En pleine nuit, en plein hiver, elle le met à la porte. Sous prétexte qu'il est homosexuel. Et de brûler ses affaires pour faire disparaître toute trace du fils maudit. À l'en croire, c'est pour protéger toute la famille de la honte qu'elle agit ainsi.
    Gilles Leroy décrit avec beaucoup d'humanité et d'empathie une Amérique contemporaine loin des clichés, celle des gens modestes touchés par la crise économique, dans un monde de plus en plus violent.

  • Été 1984. Lorsque le narrateur apprend la mort de sa jeune amie, Agathe, c'est une déflagration. Celle qu'il connaît depuis six ans et avec qui il partage beaucoup ne peut pas avoir disparue. Pourtant c'est un fait : elle a été violée et tuée dans un parking à Vincennes. Personne n'est mieux placé que lui pour témoigner sur cette jeune fille, avec qui il a travaillé et fait la fête. Devenu écrivain, ses souvenirs sont restés intacts : « Je l'idéalisais - et alors ? Il est possible que je l'idéalise aujourd'hui encore dans ces lignes. Au sordide du drame, on peut préférer sans rougir le roman d'un passé réécrit et provisoirement embelli. » C'est ce roman, et celui d'une époque, que nous livre Gilles Leroy, en forme d'hommage vibrant, plus de trois décennies après les faits. Il y dessine avec une grande élégance le portrait émouvant d'une jeune femme libre, plus vivante que jamais, et met en scène une amitié exceptionnelle

  • Tu as passé du temps dans un monde inconnu, peuplé de certitudes incongrues, monstrueuses, désorganisées et pourtant limpides, brutales et intraitables. Un monde dont tu as cru sans douter qu'il était réel, imposant, et dont la réalité fait mal à en crever. C'est arrivé. C'est aussi simple que ça, c'est arrivé. Après ça, tu vas changer, on change forcément après un voyage pareil, et puis le regard des autres sur toi va changer, ce n'est pas pareil d'avoir été folle ou de ne jamais avoir été folle.

    Suzanne Reinhold est psychiatre : la maladie mentale, elle connaît bien, très bien même, mais chez les autres, ses patients. De la même façon, le « syndrome de Cotard » lui était familier, une forme grave de mélancolie délirante. Rien ne laissait présager que Suzanne passerait de l'autre côté et vivrait la folie, et plus encore la ferait vivre à ses proches.
    L'intime étrangère est le récit bouleversant de cette traversée radicale. Mise à nue, exploratrice de sa propre renaissance, elle restitue avec force ce voyage à peine croyable. Femme, mère, compagne, il lui faut retrouver sa place, par delà des semaines de traitement, d'hospitalisation, les électrochocs, et les rencontres inattendues et précieuses.

  • Comme le titre l'indique, Quatre générations sous un même toit est d'abord une histoire de famille.
    Le roman s'ouvre sur l'anniversaire du vieux Qi, le patriarche qui vit avec toute sa famille réunie, dans l'une des cours du Petit-Bercail à Pékin. Il est fier que sa longévité lui permette de connaître jusqu'à ses arrière-petits-enfants. Pour un homme qui a vu la fin de l'Empire et les boxers, c'est une bénédiction céleste. Sa seule crainte est que la célébration de son anniversaire soit compromise par le début de la guerre avec les Japonais.
    Comparée à sa stature et à sa majesté, la deuxième génération est très effacée. La troisième génération, elle, est composée de trois frères. L'aîné, Ruixan, est un homme cultivé qui enseigne l'anglais et le chinois. Le plus jeune Ruisquan, est un étudiant plein d'idéal qui quittera Pékin pour rejoindre le maquis. L'autre frère, Ruifeng, est un garçon lâche, qui se laisse mener par sa femme et finira par collaborer avec l'ennemi.
    Par ses nombreux personnages, le roman trouve son unité dans la succession des différentes générations et dans la dimension historique qui vient menacer leur stabilité. Mais les " conflits ", qui sont au coeur de l'oeuvre, n'opposent pas seulement entre eux les divers membres de la famille, ils opposent aussi le groupe familial à la patrie, et Pékin eu reste de la Chine. Ainsi Pékin devient-il le sujet principal du roman, à travers d'innombrables descriptions de la vie du peuple et de l'inépuisable beauté de la ville.
    Ecrit entre 1942 et 1944, Quatre générations sous un même toit est un roman-fleuve d'un réalisme tout à la fois original pour l'époque et une fresque incroyablement vivante, où Lao She dévoile les événements avec colère et passion.

  • Mères de famille comparant les mérites de leurs nounous respectives ; parents ouverts à la mixité sociale mais ayant fait le choix de l'enseignement catholique pour leur progéniture ; jeune épouse ne sachant pas comment parler à sa femme de ménage ; trentenaire dévouée à la carrière de son mari redoutant le désoeuvrement...
    Les personnages de femmes peuplant le recueil d'Astrid Eliard ont en commun d'appartenir à une même classe sociale, la bourgeoisie. Néo-bobos d'aujourd'hui, de vieille tradition française, ou parvenues récentes, tour à tour ridicules ou attachantes.
    Renouant avec le ton doux-amer de son premier recueil de nouvelles, Nuits de noces, Astrid Éliard croque ses personnages avec une tendre ironie, souligne leurs tics sans jamais les juger et propose une galerie de portraits hauts en couleurs.

  • Vénus Khoury-Ghata s'est passionnée pour Marina Tsvétaïeva, immense poétesse russe qui voua toute sa vie aux mots et à la poésie.
    Habitée par sa vocation, mais hantée par les drames familiaux (la perte d'un enfant, son mari Serge Effron longtemps éloigné et qu'elle a même cru mort), ballottée par les aléas de l'histoire (la révolution d'Octobre), Marina Tsvétaïeva incarne une femme forte, une mère courage qui lutte contre le destin qui s'acharne sur elle. Malgré la dureté de la vie quotidienne et les exils successifs sa foi en la poésie restera totale.
    De Moscou à Elabouga, en passant par Prague, Berlin ou Paris, Vénus Khoury-Ghata accompagne cette irréductible, se glisse à ses côtés dans les moments de gloire et de désespoir. Elle comprend une Marina incandescente et intransigeante dans ses désirs et son amour de la liberté. Vénus Khoury-Ghata fait ainsi revivre tout un monde où l'on croise aussi bien Boris Pasternak, Rainer Maria Rilke, Maximilien Volochine que Anna Akhmatova, Alexandre Blok ou Ossip Mandelstam.

  • Avec une note de Ghislaine Limont. Nouvelle édition en 1990

  • Alabama song

    Gilles Leroy

    Montgomery, alabama, 1918.
    Quand zelda, "belle du sud", rencontre le lieutenant scott fitzgerald, sa vie prend un tournant décisif. lui s'est juré de devenir écrivain : le succès retentissant de son premier roman lui donne raison. le couple devient la coqueluche du tout-new york. mais scott et zelda ne sont encore que des enfants : propulsés dans le feu de la vie mondaine, ils ne tardent pas à se brûler les ailes... gilles leroy s'est glissé dans la peau de zelda, au plus près de ses joies et de ses peines.
    Pour peindre avec une sensibilité rare le destin de celle qui, cannibalisée par son mari écrivain, dut lutter corps et âme pour exister... mêlant avec brio éléments biographiques et imaginaires, gilles leroy signe ici son grand "roman américain".

  • Yumi vit sur l'île Toshijima, au Japon. Elle admire sa mère, une pêcheuse ama. Cette activité consiste à plonger en apnée en eaux profondes pour recueillir ormeaux, huîtres et autres coquillages très prisés des Japonais. Dévolu aux femmes mais plein de dangers, ce métier leur confère une aura indéniable. Sur les traces de sa mère, Yumi devient une ama très respectée.
    Yumi rencontre bientôt l'amour en la personne de Ryo l'instituteur, qui lui déclare sa flamme. Avec lui, elle découvre le plaisir. Le bonheur est à portée de main. Hélas, la Seconde Guerre mondiale éclate, Ryo est mobilisé. Yumi attendra en vain son retour.
    Elle se résout donc au mariage « arrangé » avec Hajime. Le couple est mal assorti, et même la naissance d'une petite fille, neuf ans plus tard, ne le sauvera pas. Lorsque Ryo réapparaît, c'est une lueur d'espoir pour Yumi. Mais il lui faudra affronter encore des épreuves.
    Centré sur l'histoire de Yumi et l'évocation d'un métier désormais disparu, Les sirènes du Pacifique mêle l'intime et le général, l'histoire d'un amour et celle d'un pays. Car en arrière-plan, c'est aussi une peinture du Japon et de ses traumatismes : le départ des hommes à la guerre, la reddition humiliante, les non-dits autour des bombes atomiques, et l'entrée dans la « modernité »...

  • Zeit et Zina sont frère et soeur. Ils vivent dans une palmeraie en Afrique subsaharienne. Leur mère a disparu du jour au lendemain : elle a suivi un photographe occidental arrivé là par hasard. Le père et ses deux enfants partent donc à sa recherche : traversant le désert, puis le détroit de Gibraltar, ils arrivent en Andalousie. Là, ils rencontrent d'autres étrangers comme eux, sans papiers, notamment Baobab, un vendeur à la sauvette qui les prend sous son aile. Comme son nom l'indique, Baobab est un géant ! Il ne leur faudra pas longtemps pour retrouver la trace de leur mère : elle est en effet sur tous les murs de la ville, sur des affiches publicitaires géantes et « indécentes ». Mais il y a bien longtemps qu'elle a quitté le photographe.
    Elle vivrait désormais chez un écrivain... En butte aux autorités locales, à la police et à l'administration, Zeit et Zina se retrouvent livrés à eux-mêmes et finissent par s'échapper. Zeit devient voleur, Zina mendie et dort sur les marches d'une église. Retrouveront-ils leur mère adorée ?
    Avec son incroyable talent de romancière et son inimitable prose poétique, Vénus Khoury-Ghata nous entraîne avec elle dans les rues de Cordoue, et nous livre un roman poignant et flamboyant sur l'exil, la famille et les migrants.

  • Dans ce troisième et dernier volet de Quatre générations sous un même toit, les habitants du Petit-Bercail sont pris dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale. Le conflit s'étend. Les Pékinois sont confrontés à la terrible réalité du rationnement et la famine qui sévit dans tout le pays s'abat sur la capitale. Elle n'épargne pas les plus innocents, tandis qu'elle amène les traîtres au pays à montrer toute la noirceur de leur âme. - L'édifice bâti par le vieux Qi tremble sur ses bases. La famille Qi, durement touchée, résistera-t-elle à la tourmenteoe - Le profond humanisme de Lao She, fait d'intelligence, d'humour et de tolérance, son style précis et poétique, continuent à captiver le lecteur qui retrouve avec bonheur des personnages devenus familiers.

  • "Il y a un mois environ que je suis à Casamène, - un mois que Renaud gèle, là-haut, tout en haut de l'Engadine. Ce n'est pas du chagrin que j'endure, c'est une espèce de manque, d'amputation, un malaise physique si peu définissable que je le confonds avec la faim, la soif, la migraine ou la fatigue. Cela se traduit par des crises courtes, des bâillements d'inanition, un écoeurement malveillant.
    Mon pauvre beau ! Il ne voulait rien me dire, d'abord : il cachait sa neurasthénie de Parisien surmené. Il s'était mis à croire aux vins de coca, aux pepto-fers, à toutes les pepsines, et un jour il s'est évanoui sur mon coeur... Il était trop tard pour parler de campagne, de régime doux, de petit voyage : tout de suite, j'ai deviné, sur des lèvres réticentes du médecin, le mot de sanatorium..."

  • Été 1948, Arizona. Trois jeunes acteurs, Joan Ellis, Paul Young et Bob Lockhart, tournent un western. Sur la pellicule, Paul et Bob se disputent le coeur et le corps de Joan. Mais horschamp, les choses sont bien différentes... Les garçons se rapprochent inexorablement et Joan assiste, fascinée et impuissante, à la naissance d'une passion. Mais à l'époque, la pression des studios, les ligues de décence, les comités de censure et les attaques de la presse auront raison de leur histoire d'amour. Après des années de « colocation » et de rumeurs, les deux hommes se séparent...
    Automne 2004, Manhattan : le film de 1948 ressort colorisé et restauré. Les acteurs sont invités à la projection événement en avant-première. Plus de cinquante ans après, des retrouvailles - ou des réconciliations - peuvent-elles avoir lieu ?

  • Un dimanche matin, Seymour découvre sur son paillasson une enveloppe contenant une offre étrange. Selon des instructions précises dictées par un certain Gordji, mi-marchand d'art mi-escroc cocaïné, il doit se rendre à Genève pour assister à une vente aux enchères et y acquérir trentetrois lots, trente-trois inestimables tableaux d'art moderne mis en vente par la famille Wittgenstein. Seymour plonge à corps perdu dans cette mission.
    Le voilà donc parti pour la Suisse. Enchérissant sans limites, Seymour rafle les oeuvres et laisse l'assistance sans voix. Les toiles entreposées dans le port franc de Genève doivent ensuite être expédiées à New York. Mais le seront-elles vraiment ? Car Seymour est imprévisible, il s'affranchit peu à peu de son commanditaire et semble vouloir le doubler. A quoi joue Seymour, cet anonyme aussi méticuleux qu'effacé qui se retrouve désormais poursuivi par des mafieux, qui séduit des inconnues et détourne des toiles de maîtres ?

  • Lorsque Mme Lepire choisit d'aller vivre dans une maison de retraite, son choix a été murement réfléchi. Là, elle se retrouve avec elle-même, loin de l'agitation du monde, mais bien vivante. Un jour, on vient lui annoncer que l'enquête concernant un certain Monsieur Raymond Dilou, décédé il y a 50 ans, a été réouverte et qu'elle sera certainement interrogée à ce propos...
    Qui est donc ce Raymond Dilou mort noyé et qui se rappelle à elle un demi-siècle plus tard ? Et de se remémorer peu à peu un passé lointain, resté trouble : ses parents venus d'horizons diamétralement opposés (l'un wallon, l'autre flamand), sa mère dépressive et exubérante, son père effacé mais adoré et, en effet, ce fameux Raymond Dilou, psychiatre dans la clinique où sa mère faisait de fréquents séjours, et de plus en plus présent au sein même de la cellule familiale... Qui était-il et que faisait-il réellement chez eux ?
    Peu à peu les pièces du puzzle mémoriel se mettent en place et la vieille dame ouvre les yeux sur une réalité longtemps occultée...

    En courts chapitres, alternant le présent de la maison de retraite et le passé de l'enfance, le premier roman de Michèle Terdiman évoque avec beaucoup de justesse la folie ordinaire, la transmission et les secrets de famille.

  • Zola Jackson

    Gilles Leroy

    Août 2005, delta du Mississippi : l'ouragan Katrina s'abat sur La Nouvelle-Orléans.
    Les digues cèdent sur le lac Pontchartrain et les quartiers modestes sont engloutis. La catastrophe touche de plein fouet la communauté noire. Tandis que ses voisins attendent des secours qui mettront des jours à arriver, l'institutrice Zola Jackson s'organise chez elle pour sa survie. L'eau continue de monter, inexorablement. Du ciel, les hélicoptères des télévisions filment la mort en direct. Réfugiée dans le grenier avec sa chienne Lady, Zola n'a peut-être pas dit son dernier mot.
    Sous la plume de Gilles Leroy, Zola Jackson, femme de trempe et mère émouvante, rejoint le cercle des grandes héroïnes romanesques.

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