Markus Haller

  • Dans le dernier demi-siècle, les pays riches ont versé 2'300 milliards de dollars d'aide au développement - sans réussir à éradiquer la pauvreté. Que s'est-il passé? L'économiste William Easterly analyse cet échec en démontant les mythes de l'aide au développement, souvent dus à l'illusion de l'homme blanc de pouvoir planifier le progrès dans les pays pauvres.

    Selon Easterly, les pays pauvres n'ont besoin ni d'une "grande poussée" sous la forme d'une injection massive de capitaux, ni d'une "thérapie de choc" administrée par le Fonds monétaire international, ni d'un paternalisme soutenu par les armées occidentales. Ils ont besoin de développer leurs propres marchés. Les pays riches devraient les épauler dans leurs efforts concrets, issus de leur propre inventivité, au lieu de leur imposer un modèle économique préconçu.

    Salué internationalement comme l'une des contributions les plus importantes dans l'économie du développement et écrit dans un style accessible et agréable, Le fardeau de l'homme blanc est également un plaidoyer engagé pour une lutte intelligente contre la pauvreté.

  • Les métriques - ou mesures de performance chiffrées - envahissent de plus en plus d'organisations publiques et privées, de l'enseignement et des hôpitaux jusqu'à la police et la finance. Au lieu de compléter le jugement intelligent et compétent des personnes appelées à prendre des décisions, elles sont souvent utilisées pour définir les finalités même des organisations.

    Les effets pervers de cette obsession métrique sont multiples. À la place d'acquérir des connaissances, les étudiants s'entraînent à réussir des tests standardisés ; pour garder le taux de mortalité bas, les patients à risque ne sont plus opérés dans certains hôpitaux ; dans quelques villes, les policiers embellissent leurs rapports, exagérant ainsi le succès de la lutte contre la criminalité ; la crainte de ne pas atteindre les quotas exigés pousse certains employés de banque à des opérations frauduleuses.

    Dans ce livre, Jerry Z. Muller explique les origines intellectuelles et sociales de l'obsession métrique, analyse les failles récurrentes de l'usage des métriques et montre comment les stratégies d'adaptation ou de contournement produisent régulièrement des conséquences néfastes. Mesurer est souvent nécessaire, mais vouloir remplacer le jugement par l'usage des données quantifiées conduit immanquablement à l'échec.

  • "Le capitalisme est un système économique qui entraîne le gaspillage, l'injustice et l'aliénation." Telle est la charge de l'étudiante qui s'entretient au début de ce livre avec son père économiste. Celui-ci lui répond qu'il ne suffit pas de dénoncer les défauts d'un système économique. Il s'agit de trouver une alternative viable. Il propose donc à sa fille un voyage à travers les systèmes alternatifs connus - un tour d'horizon passionnant des constitutions économiques possibles.

    Giacomo Corneo soutient qu'une alternative préférable devrait assurer la coopération économique et l'allocation efficiente des ressources au moins aussi bien que le capitalisme - tout en préservant le niveau de vie actuel et un État de droit démocratique. Son analyse comparative révèle les forces et les faiblesses des utopies communautaristes, des variantes anarchistes et socialistes jusqu'à la proposition d'un revenu universel.

    Y a-t-il une alternative qui pourrait l'emporter clairement face à une économie de marché associée à l'État providence ? Une variante du socialisme de marché - encore peu connue - semble avoir les meilleurs atouts...

  • Course au luxe

    Robert Franck

    Qu'est-ce qui pousse les plus riches à dépenser des sommes folles pour acquérir des objets de luxe ? Et quel est le prix de cet engouement pour les individus et pour la société ? Voilà les questions qui ont conduit Robert H. Frank à examiner le rapport entre nos habitudes de consommation et notre quête du bonheur. Psychologie évolutionniste à l'appui, il révèle que la consommation de luxe est souvent liée à des préoccupations de statut social. Si les dépenses de luxe ne font guère souffrir les plus riches, Frank démontre leur effet sur l'ensemble de la société : nos heures de travail ne cessent de s'allonger et le temps consacré à la famille ou aux amis diminue comme peau de chagrin. Tout cela pour rester dans la course. Affirmant par ailleurs que les difficultés ainsi engendrées pour la classe moyenne et les plus démunis sont imputables aux forces concurrentielles du marché, Frank plaide pour une réforme fiscale ingénieuse qui permettrait de remédier aux effets pervers de la consommation de luxe. Livre à la fois engagé et solidement ancré dans la recherche, La course au Luxe séduit tant par son analyse originale des inégalités économiques que par les perspectives qu'il laisse entrevoir.

  • Les économistes vivent-ils dans des tours d'ivoire, d'où ils produisent des analyses qui n'expliquent rien ? Deirdre McCloskey propose un tour d'horizon des péchés des Les économistes vivent-ils dans des tours d'ivoire, d'où ils produisent des analyses qui n'expliquent rien ? Deirdre McCloskey propose un tour d'horizon des péchés des économistes - réels ou supposés, pardonnables ou non - qui pourraient justifier cette accusation.

    L'usage de modèles mathématiques, l'adhésion aux valeurs politiques du libéralisme ou l'ignorance des motivations altruistes compromettent-ils inéluctablement la pertinence des explications économiques ? Que faut-il pour qu'une analyse économique parle vraiment de la société telle qu'elle se présente à l'observation ?

    Dans cet essai iconoclaste, érudit et souvent drôle, l'une des plus éminentes historiennes contemporaines de l'économie remet les pendules à l'heure.

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