Maison Des Sciences De L'homme

  • Fils d'un marchand de draps que rien ne prédisposait à devenir l'une des figures emblématiques de son époque, Jean de Jullienne (1686-1766) occupe une place à part dans le monde des collectionneurs au XVIIIe siècle. Si sa collection, riche de près de cinq cents tableaux, rassemble, parmi des peintres des écoles nordique. française et italienne, des noms comme ceux de Poussin. Rembrandt ou Titien, elle se distingue de celles de la comtesse de Verrue, du prince de Carignan ou d'autres grands collectionneurs de son temps par le fait qu'elle accorde aux peintres vivants un statut nouveau. Selon Mariette, Jullienne posséda uni temps presque tous les tableaux de Watteau. Entreprise unique au XVIIIIIe siècle, il fait graver son oeuvre peint et dessiné. Au-delà du choix des tableaux, Jullienne apporte un soin tout particulier à l'accrochage. Tournant le dos à la mode des galeries richement décorées où les peintures ne sont que des ornements parmi d'autres, il fuit construire dans sa maison des Gobelins une galerie aux murs nus où le tableau règne en maître. Le catalogue illustré de son cabinet, document inédit, témoigne de ce nouveau regard et permet de récuser l'idée d'une collection immuable. L'histoire de Jullienne est en effet celle d'un homme qui, s'il ne cesse d'aimer Watteau, continue d'aimer la peinture après lui et fuit entrer jusqu'à la fin de sa vie de nouvelles oeuvres dans sa collection, privilégiant les beautés des tableaux par rapport à leur ancienneté. Fait sans précédent, sa collection est dispersée au Louvre après sa mort. Amateur? Connaisseur? Isabelle Tillerot interroge ces notions essentielles au XVIIIe siècle et montre comment Jullienne, au travers d'un savoir acquis et ressenti, parvient au statut de paradigme du collectionneur.

  • " Grand politique catholique, mais au service du roi Très-Chrétien, Richelieu a patronné les arts à la fois pour servir son propre prestige et celui de sa famille, et pour parer le roi et la fonction royale d'une aura aussi religieuse que le sacrement de l'autel.
    Fruits de recherches nouvelles, les nombreuses contributions que l'on va lire montrent, de façon ponctuelle, comment il s'y est pris, à la fois par le bâtiment, la statuaire, la tapisserie, le collectionnisme. Si l'on rappelle qu'il a tout fait, aussi, pour légitimer le théâtre, favoriser l'éclosion d'une dramaturgie classique, et qu'il a créé l'Académie française, tout cela en conduisant les affaires et dirigeant de loin ou de près les armées sur plusieurs fronts, on reste confondu.
    " Tel est le jugement de Marc Fumaroli qui, dans sa préface, qualifie avec justesse Richelieu de " sphinx pour l'histoire de l'art ". Ce volume soulève le voile de certaines énigmes de Richelieu patron des arts : Richelieu architecte d'une ville utopique, commanditaire de décors peints et sculptés, profanes et religieux, protecteur de jeunes artistes ou de talents confirmés, dédicataire de somptueux hommages gravés, organisateur de représentations de théâtre et de fêtes, et finalement metteur en scène de sa memoria dans son propre monument funéraire dans l'église de la Sorbonne.
    En associant découvertes de nouvelles oeuvres et mises en perspective plus vastes, les contributions de ce volume modifient notre perception des initiatives du cardinal dans les différents domaines artistiques.

  • Depuis ses débuts, la photographie a été l'objet d deux discours rivaux.
    D'un côté, il y avait une conception positiviste de la photographie qui s'est élaborée dans le contexte du triomphe de la science dans la seconde moitié du XIXe siècle, et qui reconnaissait à l'image photographique une évidence tenant au fait qu'elle était supposée être un empreinte, une trace de la nature elle-même. Contre l'évidence de l'image comme enregistrement mécanique d'un événement naturel ou historique s'est développé, de l'autre côté, un discours artistique et esthétique qui reflétait la vérité subjective et assez souvent trompeuse de l'image photographique et qui culminera dans la fameuse sentence Rodin : " C'est l'artiste qui est véridique et c'est la photographie qui est menteuse.
    /> " Les contributions du présent volume analysent le caractère construit du concept d'évidence photographique à l'exemple d'oeuvres et de faits concrets tirés pour la plupart de l'histoire de la photographie allemande et française de 1839 à nos jours. De la compétition entre la peinture, la gravure et la photographie dans le domaine des premiers reportages, à l'emploi de la photographie comme instrument d'examen dans la psychiatrie du XIXe siècle, des photo-épigrammes " de Bertolt Brecht aux réflexions poétiques sur la fonction mnémonique de l'image dans les Photos / Textes de Jochen Gerz, de la subversion de l'évidence photographique opérée par les surréalistes aux investigations de l'essence de la photographie dans l'art conceptuel des années 1970 en Allemagne et en France.

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  • Werner Hofmann est un passeur. " Il est de ceux qui font tomber des barrières d'un pays à l'autre, tout en soulignant les singularités de chacun, de ceux qui font mieux comprendre, donc aimer, l'oeuvre d'art ", écrit Michel Laclotte dans sa préface, à travers laquelle il évoque la mémorable exposition sur la peinture allemande à l'époque du romantisme qu'il avait organisée en 1976 avec son ami viennois à l'Orangerie. Passeur entre les écoles et les nations, Werner Hofmann l'est aussi à l'intérieur de la topographie de l'histoire de l'art. Il a fait éclater les frontières entre les beaux-arts" et la caricature, entre peinture et sculpture, et a mis en valeur la multimatérialité comme critère essentiel de l'art de notre époque. Sensible à l'itinérance des formes et à leur changement de signification suivant les contextes, son regard ne pouvait pas ignorer les analogies frappantes entre l'" hétéroclitisme " actuel et le Moyen Age. Ces réflexions l'ont conduit à revoir la lecture de l'art occidental selon des césures conventionnelles par siècle. A travers ses écrits, il propose d'établir une continuité autour de la notion de polyfocalité déterminant les pratiques artistiques avant et après l'époque de la Renaissance, celle-ci se caractérisant par la monofocalité. Viennois, exilé volontairement à Hambourg où il dirigea la Kunsthalle de 1970 jusqu'en 1990, Werner Hofmann est attaché à ses origines. Vienne est le lieu de l'" émancipation des dissonances " sur les plans artistique et intellectuel. Ses recherches notamment sur la polyfocalité lui ont valu le prix Warburg de la Ville de Hambourg en 2008.

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  • Comment la presse et l'opinion française ont-elles accueilli l'art allemand entre 1870 et 1945 ? Comment l'art français a-t-il été présenté, analysé et apprécié en Allemagne à cette même époque? Comment l'art du voisin était-il reçu de part et d'autre du Rhin ? Lui attribuait-on des qualités que l'on appréciait, ou au contraire critiquait, pour leur spécificité ? C'est notamment à ces questions que tente de répondre le présent ouvrage à travers 47 textes originaux, reflétant à la fois les clichés traditionnels attribués à l'art français par les Allemands et à l'art allemand par les Français, mais soulignant également le souci, l'intérêt, que chacun des pays a mis dans l'observation de l'art d'outre-Rhin en dépit d'une situation politique souvent tendue. Des commentaires détaillés des sources ainsi que des introductions aux différents chapitres permettent de situer les textes dans leur contexte historique, de présenter les principaux médiateurs entre la France et l'Allemagne, et de définir les grands axes qui ont déterminé la compréhension de l'art du voisin. Ce volume constitue donc une vaste mise en perspective des relations culturelles entre les deux pays depuis la guerre franco-prussienne jusqu'à la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

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  • Un changement profond dans la conception des modèles moraux s'est opéré en France au XVIIIe siècle. La gloire est alors devenue une distinction attribuée publiquement à un individu pour ses bienfaits envers la société. C'est dans ce processus que se développe aussi une reformulation du rôle des nouveaux héros qui de façon croissante sont moins militaires que civils. En 1668 La Bruyère avait déjà observé : «Peut-être qu'Alexandre n'était qu'un héros, et que César était un grand homme. » On passe des hommes illustres aux grands hommes, parmi lesquels bientôt les hommes de lettres prédominent. La tradition littéraire qui remonte à l'Antiquité de présenter à la société des modèles d'action morale subit ainsi une actualisation et une transformation révélatrices. Les beaux-arts en particulier vont développer de nouvelles représentations qui correspondent aux éloges littéraires. Avec le culte des poètes et des penseurs en Allemagne se dessine une évolution parallèle.
    Les contributions de ce volume analysent la façon dont l'idée moderne des grands hommes s'est imposée depuis ses débuts au XVIIIe siècle jusqu'à l'inflation et l'épuisement au XIXe siècle et offrent des cas exemplaires de l'histoire de l'art française et allemande. Aussi bien le rôle pionnier de l'Angleterre dans ce processus que l'importance particulière des discours littéraires sont pris en considération. L'histoire de l'art des grands hommes qui s'esquisse ainsi est en même temps une histoire de ses propres espaces et lieux : bibliothèques et galeries, jardins paysagers et places publiques, édifices de culte ou temples comme le Panthéon ou la Walhalla, bâtiments publics comme des théâtres, des hôtels de ville, des établissements scolaires ou enfin le musée. Une histoire, de surcroît, de ses manifestations médiatiques sous la forme de bustes, de statues en pied, de monuments funéraires, mais aussi de portraits ou de peintures murales, de gravures dans des livres illustrés et de caricatures.

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  • Comment l'idée d'un art abstrait s'est-elle imposée avant que celui-ci ne naisse officiellement aux alentours de 1910 ? Dans son ouvrage publié initialement en Allemagne en 1964 et traduit ici pour la première fois en français, Otto Stelzer apporte quelques éléments de réponse.
    Sondant la littérature et la philosophie, l'historien de l'art allemand traverse les XVIIIe et XIXe siècles, et cherche à comprendre ce qui a pu encourager la production d'oeuvres picturales non-figuratives depuis le début du XXe siècle. Si le thème de la genèse de l'art abstrait a déjà été traité dans de nombreux ouvrages et catalogues d'exposition, La Préhistoire de l'art abstrait d'Otto Stelzer y apporte un éclairage différent grâce à la diversité des sources convoquées.
    A travers ce texte se dessine également en filigrane un précieux témoignage des débats artistiques de l'Allemagne d'après-guerre. Imprégné de l'actualité des débats sur l'art informel au début des années 1960, Otto Stelzer interroge la préhistoire de l'art abstrait pour mieux comprendre, et mieux défendre, ses développements ultérieurs.

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  • L'institutionnalisation de l'histoire de l'art, entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, induit une plus grande implication de ses praticiens dans la vie des Etats. Universitaires ou conservateurs de musée sont pris dans une compétition entre nations européennes, qui se joue tant sur le plan géopolitique que sur celui des productions symboliques. L'art ancien, conçu alors comme le témoignage de l'authenticité et de la grandeur de la tradition nationale, fait l'objet d'un puissant investissement identitaire.
    Les historiens de l'art se donnent pour tâche d'en définir la spécificité et contribuent fortement à la création de communautés imaginées. Cet ouvrage reconstitue et met en perspective les débats franco-allemands du tournant des XIXe et XXe siècles sur l'appartenance nationale du gothique et de la Renaissance. En 'questionnant les modalités de l'écriture d'une histoire de l'art comme récit historique de l'art national, Michela Passim dégage la dimension intrinsèquement politique d'une discipline qui étudie, classe, " raconte " - et donc construit - le patrimoine.

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  • L'image du roi n'est pas une simple illustration ou mise en scène, car elle incarne le pouvoir, le corps de l'Etat.
    On y trouve une dimension à la fois esthétique, culturelle et politique. On y participe à un rituel d'échange. Le roi nous contemple alors que son image nous surveille. Mais cette image n'est pas uniquement la trace visible de l'autorité, elle est aussi un lieu de séduction où se tisse un rapport affectif et cultuel entre le peuple et le souverain, entre le peintre et son modèle. Qu'elle soit fastueuse dans son éloge ou impitoyable dans sa caricature, l'image du roi ne cesse jamais d'être à la recherche d'un modèle de perfection esthétique, éthique et politique.
    Les études présentées ici conduisent à des analyses croisées, tour à tour historiques, artistiques et économiques. Elles couvrent les XVe, XVIe et XVIIe siècles, époque où se construit l'État moderne. Dans une perspective européenne elles nous mènent de Versailles à Lérida, de Milan à Amsterdam et de Madrid à Vienne, et éclairent les figures de nombreux souverains, de Louis XII à Louis XIV, de Charles Quint à Philippe IV sans oublier François Ier ou Catherine de Médicis.

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  • La question du statut que revêt l'oeuvre d'art, au 18e siècle en France, est au centre du livre. L'histoire montre que la conception moderne de l'art fausse le jugement porté sur les époques passées, et que le réexamen des concepts, et pas uniquement celui du classement formel, des oeuvres s'impose réellement : Comment sont perçus à leur époque les objets tenus, par nous, aujourd'hui, pour des objets d'art ? La réponse s'envisage au cas par cas comme l'illustrent les réflexions du volume, qui repensent le vocabulaire, les normes sociales et la notion d'art - d'un maniement délicat - en relation à l'époque qui les imposent.

  • L'art français était-il visible en Allemagne au XIXe siècle ? C'est à ce chantier inédit (les historiens d'art ayant négligé de s'intéresser au début du XIXe siècle) que l'auteur s'est attaquée, reconstituant à partir de sources et d'archives allemandes et françaises les conditions précises de circulation et de visibilité des oeuvres françaises dans les territoires germaniques afin de mettre en lumière le rôle qu'elles ont pu y jouer dans l'histoire des collections, des musées, du marché de l'art, de la critique et de l'histoire de l'art.

    L'auteur fait apparaître un « autre XIXe siècle » que celui généralement présenté dans les manuels, en évoquant le rôle crucial joué par certains artistes. C'est en prenant au sérieux l'intérêt manifesté à leur égard par certains auteurs, mais aussi en soulignant le rôle des marchands d'art dans leur diffusion et les stratégies expérimentées par les artistes, que l'auteur nous montre que cette histoire - oubliée - participe elle aussi de la naissance de la modernité.

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  • Comment Charles Le Brun devint-il premier peintre de Louis XIV ? Tirant profit de la découverte de nouvelles oeuvres peintes, dessinées et gravées, de nombreux documents d'archives inédits et d'une lecture critique des sources, cet ouvrage reconsidère l'ascension du peintre en articulant réseau social et création artistique. Issu d'un milieu familial modeste, mais lié au monde de l'écriture et à celui de la gravure pour lequel il produisit ses premières oeuvres, Le Brun n'était pas un héritier. Mais il fut assurément une " créature ", au sens du XVIIe siècle : la protection du chancelier Séguier lui permit d'accéder à des commandes prestigieuses, du cardinal de Richelieu comme plus tard du roi, de fréquenter un milieu de lettrés, de partir à Rome en compagnie de Nicolas Poussin, ou encore de consolider les fondements de l'Académie royale de peinture et de sculpture. A la tête de chantiers de décoration à Paris et à Vaux-le-Vicomte, Le Brun sollicita de nombreux collaborateurs avec lesquels il entretint des liens juridiques, artistiques et sociaux dont l'analyse éclaire les modes de production au Grand Siècle et invite à remettre en cause la conception actuelle de la notion d' "atelier ".

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  • En 1858, le peintre allemand d'origine francfortoise Otto Scholderer (t834-1902) en séjour à Paris rencontre le peintre français Henri Fantin-Latour (1836-1904). Les deux jeunes artistes se lient d'amitié et dès lors entretiennent un intense échange épistolaire jusqu'à la fin de leur vie. Cette correspondance, conservée par les héritiers d'Henri Fantin-Latour et par la bibliothèque de Francfort, constitue un rare témoignage d'amitié franco-allemande à une époque marquée par les conflits entre les deux pays. L'intérêt exceptionnel de ce document a conduit le Centre allemand d'histoire de l'art à réunir cette correspondance et à en établir une édition critique. Il en fait aujourd'hui paraître une sélection et en proposera prochainement l'édition complète en ligne. A travers ces lettres le lecteur peut apprécier comment chacun des artistes a bénéficié du regard et de la culture de l'autre pour envisager les tendances artistiques contemporaines. Loin des mythes de la bohème et de l'inspiration créatrice, cet échange révèle également les difficultés quotidiennes de la vie des artistes. Fantin-Latour et Scholderer s'entretiennent au sujet de leurs amis artistes, tels Whistler. Legros, Cazin, de leurs connaissances, commanditaires et marchands d'art, et c'est ainsi tout un réseau artistique et culturel qu'il est possible de recréer à travers ces lettres, réseau mal connu, qui s'est constitué par-delà les frontières entre la France, l'Allemagne et l'Angleterre, où Scholderer choisit de s'installer à partir de 1871. Tournant historique dans les relations franco-allemandes qui ne rompt pourtant pas l'amitié des deux hommes et n'empêche ni Fantin-Latour de conserver son admiration pour Wagner, ni Scholderer de réaffirmer sans cesse son attachement à la France. Cet échange épistolaire est un précieux document concernant les goûts, les critiques et la culture visuelle de deux artistes du XIXe siècle, il constitue un enrichissement considérable pour l'histoire de la notion de réalisme à cette époque et d'un point de vue plus général pour la compréhension de la circulation des idées et des goûts à travers l'Europe du XIXe siècle.

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  • Lorsque Henri IV a décidé, au tournant du XVIIe siècle, d'utiliser l'art à des fins politiques, ses projets étaient peu spectaculaires d'un point de vue strictement artistique. Ce n'est que petit à petit que l'État absolutiste grandissant a aspiré à une nouvelle forme de représentation susceptible de répondre à des attentes artistiques plus élevées. Ainsi, les successeurs de Henri IV, Louis XIII et Louis XIV, ont eu de plus en plus recours à la peinture d'histoire, considérée comme le genre artistique le plus noble. Les aspirations artistiques et politiques se rejoignirent dans la recherche d'une peinture capable de transposer des histoires à narration complexe. Or, en France, un tel genre restait à élaborer et c'est la politique qui en fut à l'origine. Cette union entre l'art et la politique artistique se révéla profitable aussi bien pour l'État que pour l'art lui-même : si l'État a ainsi pu disposer d'un moyen de représentation convaincant, l'art y a trouvé une forme d'expression jusqu'alors inconnue en France et qui devint vite un modèle pour d'autres pays. Mais les deux chemins devaient rapidement diverger. Ne pouvant plus répondre aux exigences toujours plus fortes de la politique, l'art devait se soustraire doucement à son influence. La voie était alors tracée pour la quête d'un art moderne et libre, objet de tant de discussions au XVIIIe siècle.

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  • A égale distance de la bonhomie de la place des Vosges et du chic glacé de la placeVendôme, la place des Victoires offre une image riche en contrastes.
    Née en 1685 de la volonté de magnifier Louis XIV alors au zénith de sa gloire, elle a été conçue comme une illustration du prince dans la ville, une " place royale " dont le discours allégorique s'exprime autant dans la statue du souverain que par la cadence architecturale des façades ordonnancées. Chef-d'oeuvre de Jules Hardouin-Mansart, elle annonce d'autres ensembles qui, à Paris (place Vendôme) ou en province (Dijon, Rennes, Bordeaux, Nancy...), ont mis la France à l'heure royale.
    Dès la fin du XVIIIe siècle, cette image connaît de profondes mutations, la principale étant la destruction de l'effigie royale (1792). Rétabli en 1822, le Louis XIV de bronze a changé de position et surtout de symbolique : l'histoire remplace l'allégorie. Enfin, la ville vient ouvrir l'écrin jusque-là fermé sur lui-même, avec le percement de la rue Etienne-Marcel et l'altération des façades d'origine.
    Carrefour au centre de la cité trépidante, proche des Halles et du commerce des Boulevards, la place des Victoires devient alors la capitale d'un empire de magasins et de marchands de tissus qui, au XXe siècle, est passé du commerce de gros à l'élite des faiseurs de mode. Place royale jadis, place-carrefour naguère, capitale du " bon goût " aujourd'hui, que sera-t-elle demain ? Ces mutations parlent de Paris, mais encore de la France, c'est pourquoi ce livre, rédigé par des historiens de l'art français et allemands, aborde tous les aspects du sujet - historique, esthétique, politique, économique, social et urbain.
    Il étudie également les deux monuments qui font cortège à la place, l'église Notre-Dame-des-Victoires et la Banque de France, jadis hôtel de Toulouse. Riche d'une illustration de qualité et souvent inédite, ainsi que de nombreuses recherches conduites aux meilleures sources, cet ouvrage contribue à faire redécouvrir un lieu qu'on croit pourtant bien connaître, au cour même de Paris.

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