Maison Des Sciences De L'homme

  • L'argument de la filiation est souvent invoqué par les anthropologues à l'appui des débats qui les opposent, au coeur de leur discipline, sur ce qui est donné, commun à l'ensemble des sociétés humaines, et ce qui est construit dans des contextes culturels particuliers. Quoi de plus "naturel", de plus "universel" en effet que cette relation filiative qui répond aux nécessités de la reproduction sexuée de l'espèce, invariant qui relève des mêmes évidences que la distinction des sexes ? Le présent ouvrage, présenté sous la forme d'un recueil de textes, réunit des spécialistes de différentes disciplines - anthropologues, historiens, juristes - qui explorent la manière, relativement convergente, dont la filiation est établie dans des sociétés, anciennes et modernes, situées autour de la Méditerranée. Ces sociétés, polythéistes ou relevant des trois grandes religions monothéistes nées dans cette aire, donnent à voir des agencements qui lient la filiation, et plus largement la parenté, à la constitution de l'ordre social et cosmique. Des pratiques d'alliance de mariage dans la proximité consanguine brouillent le calcul de la filiation, la distinction des lignées paternelle et maternelle, celle de l'ascendance et de la descendance... Les récits d'origine aussi bien que la manière de dire le droit expriment les débats qui s'ouvrent ainsi et sous-tendent la définition des règles de prohibition de l'inceste. Ces débats sont renouvelés dans le contexte contemporain de développement des techniques de procréation assistée. Ils montrent que la définition et le calcul de la filiation n'interviennent pas seulement dans le champ particulier de la parenté, mais déterminent aussi la transmission intergénérationnelle des biens matériels et symboliques, ainsi que les identités et les statuts, éventuellement les titres politiques ; ils relèvent simultanément de la codification du droit.

  • L'ouvrage présente une somme importante du vocabulaire en usage dans la tribu des Ait Hadiddou du Haut Atlas oriental. La collecte a eu lieu dans plusieurs localités du pays de cette tribu entre 1981 et 1991 et principalement dans les villages suivants : Agdal, Amouguer, Aqdim, Imilchil, Outerbate, Timaryine. Le vocabulaire récolté couvre de nombreux champs qui relèvent des pratiques quotidiennes des villageois et, à ce titre, permet de renseigner sur les faits sociaux de la période où la collecte a eu lieu.

    Loin d'être exhaustif, ce lexique peut être un point de départ pour une recherche approfondie sur la vie du lexique dans la langue et sur la vie des villageois dans leur quotidien.

  • Les Ghoujdama, tribu du Haut Atlas, par leur ancrage dans l'histoire et leur capacité d'adaptation au monde moderne constituent un cas exemplaire pour comprendre le Maroc et par-delà le monde rural maghrébin.
    Par une étude historique solide, l'auteur nous montre les Ghoujdama à l'aube du XXe siècle, sous la double domination du Glaoui et du Protectorat et depuis l'indépendance. Grâce à la connaissance intime de ce milieu dont il est issu, ALI AMAHAN, dans le sillage de Robert Montagne, Jacques Berque, Paul Pascon, Pierre Bourdieu, aborde avec acuité, justesse et authenticité l'analyse des mutations sociales chez les Ghoujdama.
    Il révèle les mécanismes enfouis dans les structures sociales et mentales, dévoile la dynamique spécifique qui incite au changement mais aussi à la résistance, et montre que la confrontation entre changement et permanence n'est en fait que la juxtaposition de deux systèmes, l'un moderne et puissant, l'autre traditionnel et ancestral. Ces systèmes se complètent et ne s'opposent que rarement ; ils s'appuient mutuellement l'un sur l'autre pour perdurer et évoluer.

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