Leo Scheer

  • Conquistadors

    Eric Vuillard

    Conquistadors raconte un épisode de la conquête du monde telle que je l'ai rêvée, ouragan ou invasion de sauterelles. C'est en tous les cas un grand raout d'or et de sang, épopée glorieuse et vulgaire, comme elles le sont toutes, assortiment de hautes manoeuvres et de mauvais coups. Cet épisode est celui de la conquête du Pérou par Francisco Pizarre et de la destruction de l'Empire inca. On y voit s'ouvrir la tragédie de notre monde, celui où nous vivons, par un grand fait divers où la mappemonde, Dieu, l'or et la poudre se rencontrent. Ainsi, s'accrochant aux pentes sèches de la Cordillère pour la grande chasse à Dieu, les mercenaires d'Espagne soufflèrent sur les premières braises de l'empire le vent glacial du progrès.

  • éloge du chat

    Stéphanie Hochet

    « Je voudrais vous parler d'un personnage omniprésent dans la littérature. Un personnage discret et remarquable, connu de tous et mystérieux ; arriviste peut-être, il sait aussi séduire et fasciner. Le chat est ce personnage aux formes multiples, infiniment flexible.
    Comment se douter qu'un être si petit, si familier, avait investi les listes des dramatis personae ? Son animalité, les masques variés avec lesquels il se déplace dans les oeuvres ne le rendent pas moins prépondérant dans les romans que dans la poésie ou le cinéma. Prépondérant, mais si délicat à cerner qu'il me fallait en faire un livre. Je n'étais pas au bout de mes découvertes. Se pouvait-il, pour paraphraser Rilke, que je prétendisse connaître les chats avant d'avoir écrit sur eux ? » S. H.

  • C'est un récit de l'intérieur sur le soir et les jours qui ont suivi le 13 novembre 2015, une déambulation nocturne entre le bar Le Carillon et le journal Libération. C'est une errance dans Paris, une tétanie aussi. La confrontation entre un corps urbain, qui représente la liberté, l'amour et le sexe, devenu inquiétant et dangereux, et celui de la campagne qui, au-delà de l'ennui et de la routine, se révèle, après coup, rassurant. C'est comment tu continues de vivre, de manger, d'aller à la plage regarder la mer, alors que l'histoire s'écroule, et que tu as conscience que commence un cycle infini d'états d'urgence et de restrictions.

  • Roman

    Nathalie Rheims

    Sur le bureau de Nathalie Rheims, un encrier en bronze à l'effigie de Méphistophélès. L'auteure croit pouvoir s'adresser à lui, mais on ne convoque pas le Diable aussi facilement. Pour qu'un dialogue soit possible, même imaginaire, il faut trouver un tiers, un nouveau Faust. Ce sera Roman, un homme qu'elle ne connaît pas, mais dont l'existence et l'oeuvre la fascinent depuis toujours. Décidée à suivre celui dont le destin s'est accompli d'abord dans ses films, avant de le rattraper dans la vie, Nathalie Rheims explore les mystères de ce que notre monde ressent comme la fin des temps.

    Roman est le vingt-et-unième livre de Nathalie Rheims.

  • Vrai faux manuel d'écriture littéraire, cet ouvrage parle de ce qui se publie aujourd'hui en français, et pas seulement. Son propos est organisé selon la fiction d'un « how-to ». Comment éviter les phrases de rien. Comment lire. Comment dialoguer. Comment payer ses dettes. Comment être publié - ou pas... Ces pages sont animées d'une même expérience d'écrivain, de lecteur, de chercheur. Beaucoup d'oeuvres admirables sont citées ; et aussi quelques textes plus lamentables. Eh ! il faut bien faire des différences. Pourtant, loin du jeu de massacre, ce guide d'écriture est une contribution singulière à l'oeuvre future de la littérature.

  • Tue-l'amour

    Louis Daboussy

    Depuis que Jojo s'est fait larguer, il n'a qu'une peur : finir sa vie seul. Tel un Don Juan bobo impossible à satisfaire, il multiplie les rencontres pour conjurer le sort, et se lance dans une série de dates boiteuses, lamentables, grotesques, qui sont l'occasion de déboulonner les règles du jeu de la séduction dans le monde post-Tinder. Avec sa veine caustique, tendre et idéaliste, Tue-l'amour est une réflexion sur l'amour et les conditions de son éclosion. La quête de Jojo est un apprentissage, qui le conduit à tuer une certaine idée du couple, pour lui permettre de s'épanouir. Ceci étant plus facile à dire qu'à faire...

    Louis Daboussy est né à Paris. Tue-l'amour est son premier roman.

  • A qui parler quand on est pauvre, perdue, rejetée de sa famille ? Jbara, petite bergère des montagnes du Maghreb, parle à Allah.
    Il est, dans un monde qui ne voulait pas d'elle, son seul confident. Elle lui raconte sa vie, la misère, le mépris, son père ignorant et brutal qui la traite en servante, les hommes qui la traitent en objet, la découverte progressive du pouvoir de la beauté, la prostitution, la prison, le désir d'ailleurs : une vie semblable à tant de vies de femmes, aujourd'hui. Monologue fiévreux, porté par une rage irrépressible, que la verve et l'humour rendent encore plus acérée, Confidences à Allah est un témoignage direct, cru, sur l'oppression des femmes, mais aussi, et d'abord, le portrait d'une jeune fille résolue à exister par elle-même, et qui ne se soumettra pas.

  • Bastard battle

    Céline Minard

    Haute-marne, 1437, denysot-le-clerc raconte l'histoire sanglante qu'il a vécue.
    La ville de chaumont est prise d'assaut par le bastard de bourbon. pendant le massacre, un adversaire singulier fait face à ses troupes, semant la terreur. ce personnage aux techniques de combat inconnues s'avère être une femme originaire d'asie. à l'issue d'un affrontement de chevaliers, une poignée de combattants venus de tous les horizons reprend courageusement la ville au bastard et en protège les portes.
    Car il s'agit à présent de préparer la population à la vengeance du tyran et de l'empêcher d'envahir à nouveau la ville. l'étrange coalition de résistants enseigne ainsi l'arbalète, la lance, mais aussi l'espionnage et le kung-fu. les habitants de chaumont sont prêts pour la bataille qui décidera de leur vie. entre la poésie de françois villon et les films de sabre, céline minard conjugue dans ce roman haletant histoire réelle et fantaisie anachronique.
    à travers une langue consciente de son histoire, elle crée une épopée à la fois drôle et cruelle, dans une surenchère de suspens et de fantastique.

  • À Villejuif, en banlieue parisienne, Antoine Taupin, cinéaste sur le déclin, est sur le point d'enterrer ses ambitions. Entre les barres d'immeubles et les terrains en friche, il traîne son spleen, tandis que s'ouvre devant lui le chantier du Grand Paris. C'est alors qu'à la sortie d'un Picard Surgelés, il croit reconnaître la silhouette de Bill Murray, qui s'engouffre dans une limousine avant de disparaitre. Qu'est-ce qu'une star internationale pourrait bien faire au beau milieu du Val-de-Marne ? L'apparition du « pape de la mélancolie » incarne-t-elle, pour Antoine, un début de rédemption ? Mais un doute subsiste : s'agit-il vraiment de Bill Murray ?

  • Toute sa vie, Williams Burroughs n'a cessé d'intervenir, avec une méchanceté et une acuité remarquables, dans les grands débats de son époque. Au fil du temps, ses interventions ont fini par constituer une « mythologie », dont deux familles d'individus occupent les rôles principaux : les « Johnsons » et les « Shits ». Les Johnsons n'attendent qu'une chose, qu'on les laisse vaquer à leurs propres affaires. Les Shits, eux, obsédés par le droit et la raison, prétendent s'ériger en centre autour duquel toute existence doit graviter. À l'heure où les Shits se multiplient, dans la politique comme sur les réseaux sociaux, la mythologie de Burroughs et les plans qu'il a formés pour se débarrasser des emmerdeurs sont plus que jamais d'actualité. La révolution sera Johnson ou ne sera pas.

  • « Mon père a refermé la bouche en mâchant dans le vide, il s'est redressé et a regardé sa montre. On était vendredi, je n'avais pas école le lendemain. Donc je pouvais l'aider. Embarrassé à l'idée de m'imposer sa vie, il trouve toujours un moyen d'alléger le truc. Là, il a dit : - Bon alors mon Polo, tu viendé ou pas ce soir ? Une petite faute de français rigolote pour soulager tout ça, un peu d'humour pour camoufler le désastre de la soirée. Une soirée qui s'avère être sa vie en fait. J'ai souri, ça détend mon père, et j'ai répondu comme à chaque fois : - Je viendé, je viendé... Je l'aime mon père, mais j'ai du mal à l'admirer. Souvent, quand je le regarde, il est à quatre pattes, alors forcément ça manque un peu de hauteur tout ça... » Avec le sens de la formule, le rythme virevoltant, la verve irrésistible qui ont fait le succès, en librairie et au théâtre, de Confidences à Allah, Saphia Azzeddine donne la parole à Paul, 14 ans. Il a une famille impossible, des amours inexistantes, sa cité est lugubre, son avenir douteux, mais il a découvert une arme pour s'en sortir : les mots, et il commence à se demander si la fatalité ne peut pas être vaincue, parfois.

  • « J'avais fini par imaginer que les reins, parce qu'ils fonctionnent sans qu'on puisse rien en savoir, sont le véritable siège de l'inconscient. J'avais opté pour les maintenir dans cette sphère de mon ignorance. Inutile de fouiller dans ces zones d'ombre, je savais très précisément où cela me conduirait. Qui étais-je pour me croire l'égale de celui qui, seul, peut sonder les reins et les coeurs ? » Pour écrire ce texte, Nathalie Rheims n'a pas été guidée par son imagination. Confrontée à une réalité implacable, elle raconte une année de lutte contre un mal singulier, qui, de génération en génération, frappe toutes les femmes de sa famille. Arrivée aux limites de ce que le corps et la conscience sont capables d'endurer, elle doit faire un choix, auquel elle n'aurait jamais cru devoir faire face, un choix sublimé par le don, mais rongé par le sentiment de culpabilité.

    Les Reins et les Coeurs est son vingtième livre.

  • Après son divorce, une quadragénaire s'apprête à chercher un nouveau conjoint. Elle ignore qu'elle ne vaut plus rien ou presque sur le « marché matrimonial », ainsi que les difficultés relationnelles en tout genre qui l'attendent. Or, loin de se résigner, l'héroïne de ce récit trouve une solution révolutionnaire : se mettre en couple avec elle-même. Elle ne se contente pas de trouver le bonheur de cette curieuse manière ; désormais, elle est persuadée qu'à l'avenir, chacun comprendra que cette recette est la seule viable pour l'humanité toute entière.

  • Ok boomer

    Alexandre Guyomard

    « C'est à cause d'eux qu'on n'a pas de boulot, ou alors des boulots de merde. À cause d'eux que Diane et toi, vous avez des familles dysfonctionnelles. Moi, mon père, en 68, il avait quarante ans, et il défilait sur les Champs-Élysées pour le Général. » Louis, trente ans, vient de se faire virer de son agence de pub et vit en colocation. Pour ce « fils de vieux » qui a sauté sur Diên Biên Phu, les responsables de son échec sont les baby-boomers, qui refusent d'abandonner leur place dorée au sommet de la société du spectacle. Pire, en détruisant toute idée de transmission, patrimoniale, culturelle ou même génétique, ils ont laissé une génération sans repères, écartelée entre la tentation du nihilisme et la volonté de dépassement. Leur salut ? Renoncer au bien-être et à la sécurité, pour retrouver le goût du combat.

    Alexandre Guyomard est l'auteur de Sur la Panaméricaine, paru chez Léo Scheer en 2012. Il vit actuellement à Panama City.

  • La Mecque-Phuket

    Saphia Azzeddine

    Deux soeurs, jeunes femmes de la banlieue parisienne, décident d'aider leurs parents à réaliser leur rêve : elles économiseront sur leurs petits boulots pour leur offrir un pèlerinage à La Mecque. Mais voilà : quand, l'argent réuni, l'heure vient d'acheter les billets, elles cèdent à la tentation, et en prennent pour Phuket, en Thaïlande où, renonçant définitivement à être les bonnes filles qu'elles pensaient être, elles partent découvrir une autre vie.

  • Le syndrome de Palo Alto

    Loic Hecht

    San Francisco, creuset de la révolution numérique qui a déferlé sur nos existences. Dans cette ville où triomphent les geeks avides de gloire et d'argent, Marc, viré de sa propre start-up par ses associés, rumine son échec. Ses rares moments de répit, il les trouve dans des discussions tarifées par webcam interposée avec Luz, une étudiante colombienne, qui l'entraîne dans un règlement de comptes avec une star des réseaux sociaux. Grisé, Marc cherche bientôt à se venger, en s'inspirant des attaques que mène un mystérieux groupuscule contre les géants du Web. Ce roman-monde décrit l'envers de la Silicon Valley, dont Palo Alto est l'épicentre, et les ravages sur son tissu social. Par extension, il raconte notre rapport ambigu à la technologie, entre plaisir coupable et souffrances, désir de briller et condition d'otage.

    Loïc Hecht est né en 1984. Journaliste indépendant, il explore les marges de notre monde et les effets de l'emprise digitale sur nos vies. Il a été le rédacteur en chef de Snatch Magazine. Le Syndrome de Palo Alto est son premier roman.

  • On peut lire La Logique et l'Amour, et autres textes comme un livre sur l'amitié et l'amour, sur ce que la pensée leur doit.

    On y rencontre des êtres et des oeuvres que lient des affinités électives, des solidarités intellectuelles et des influences croisées.

    On y revit les moments d'une époque dont un fameux mois de mai fut le symbole.

    On y retrouve Lacan, Sollers, Bataille, Quignard, Klossowski, Vuarnet, Foucault, Le Brun, Genet, Pachet.

  • Cet ouvrage est le premier d'une série de recueils, sous le titre Kaléidoscope. Il rassemble seize textes, hétéroclites en apparence, par leur style et par leurs objets, qui expriment pourtant une même vision du monde et de l'époque : il y est question de philosophie, de politique, de foi, de sciences et d'arts, de sons, de textes et d'images, de culture populaire et savante, de réalité et de fiction, du beau et du laid, du faux et du vrai, de l'espace et du temps, d'animaux humains et non humains, de genres, de races, de classes et de générations... L'important étant de les considérer tous sans hiérarchie, mais avec distinction.

    Les textes se répondent et s'enchaînent, afin de construire une manière de vivre et de penser, mais ne sont pas régis par un ordre général. Ainsi, le volume peut s'ouvrir au hasard, sans risquer de perdre le sens de l'ensemble.


  • «C'est le premier soir, il y a beaucoup de monde, on danse,
    on parle, on boit. Je suis là depuis une heure, je danse, je
    bois, je parle. Et soudain m'arrive une chose extraordinaire,
    imprévisible, imprévue : j'apparais. J'en ai conscience dans
    l'instant, on dirait un éclair de flash, dont la surprise me
    serre la gorge comme on cligne des paupières, je le sais
    aussitôt, c'est fulgurant : on me voit ; quelqu'un est en
    train de me voir.»


    Sur commande
  • Seize minutes et cinquante secondes. C'est le temps qu'il faut pour se rendre du collège de Dreux à celui d'Anet, en traversant la forêt qui sépare les deux établissements ; l'un est qualifié de REP?+, l'autre non. Francesco vient d'y être nommé pour enseigner l'italien et découvre ce pays et son système éducatif. La réalité à laquelle il est confronté, parfois brutale, souvent attendrissante, tranche avec l'aura baroque et mélancolique de cette « ?sylve obscure? » peuplée d'animaux, d'arbres et de mythes. À son contact, le récit du quotidien morne et répétitif du professeur et poète se métamorphose, entre allégories affectueuses et désabusées de l'adolescence, et peinture savoureuse de l'Éducation nationale.

  • Journal 1971-1994 t.1

    Richard Millet

    À mesure que paraissent, dans La Revue littéraire, les pages du Journal, Richard Millet brûle les cahiers qui les rassemblent. Cette destruction est la condition pour qu'il accepte de livrer les traces de ce qui constitue une trajectoire : celle d'un écrivain qui a longtemps eu du mal à se dire tel, taisant des expériences fondamentales (découverte tardive de la sexualité, expérience de la ruralité, travail en usine, rencontre avec le Démon), en effaçant d'autres, comme la guerre du Liban, pour des raisons sur lesquelles il reviendra un jour.
    Ce journal commence en 1971, et se poursuit jusqu'en 1994 : c'est un texte en mouvement vers un horizon de vie et d'écriture, dans l'espoir de sortir de la forteresse intérieure à quoi le condamnait une forme d'autisme. La guerre, la sexualité, la solitude, l'amour, la maladie, la musique, la littérature, la distance entretenue avec un monde que l'écriture apprend à aborder de biais, en constituent les grands thèmes.
    On n'aura cependant pas là les « coulisses » d'une oeuvre, ni le « making off » d'une trajectoire d'écrivain ; ce qu'on lira, dans ce texte, c'est le récit d'une expérience qui fait du journal une tentative pour exister non pas littérairement, mais dans ce dehors absolu qu'on appelle la vie.

  • « Ceci n'est pas un traité musicologique mais les mémoires d'un auditeur libre venu renier le testament musical de cette humanité nocturne qui va de Wagner à Daft Punk. Et poser une fois pour toutes la question : comment des ténèbres du xxe siècle a pu surgir la lumière de Monteverdi, Purcell, Lully, Vivaldi, Bach, Haendel... et tant d'autres ?

    Fallait-il que chute monstrueusement le genre humain pour mériter d'entendre, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la voix miraculeuse d'Alfred Deller ? Le chaos assourdissant de ce monde serait-il le détonateur de ce retour en grâce de la voix qu'incarnent la Billie Holiday de Versailles Agnès Mellon ; la reine du jour Sandrine Piau ; la gitane de Pleyel Patricia Petibon ; la comète Jaroussky et ses coruscantes coloratures ?

    «Sans la musique, la vie serait une erreur» disait Nietzsche. Rectification : sans le baroque, la musique serait une erreur ! »

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