Lattes

  • Corentin, personne n'en voulait. Ni son père envolé, ni les commères dont les rumeurs abreuvent le village, ni surtout sa mère, qui rêve de s'en débarrasser. Traîné de foyer en foyer, son enfance est une errance. Jusqu'au jour où sa mère l'abandonne à Augustine, l'une des vieilles du hameau. Au creux de la vallée des Forêts, ce territoire hostile où habite l'aïeule, une vie recommence.
    À la grande ville où le propulsent ses études, Corentin plonge sans retenue dans les lumières et la fête permanente. Autour de lui, le monde brûle. La chaleur n'en finit pas d'assécher la terre. Les ruisseaux de son enfance ont tari depuis longtemps ; les arbres perdent leurs feuilles au mois de juin. Quelque chose se prépare. La nuit où tout implose, Corentin survit miraculeusement, caché au fond des catacombes. Revenu à la surface dans un univers dévasté, il est seul. Humains ou bêtes : il ne reste rien. Guidé par l'espoir insensé de retrouver la vieille Augustine, Corentin prend le long chemin des Forêts. Une quête éperdue, arrachée à ses entrailles, avec pour obsession la renaissance d'un monde désert, et la certitude que rien ne s'arrête jamais complètement.

  • Clémence a trente ans lorsque, mue par l'énergie du désespoir, elle parvient à s'extraire d'une relation toxique. Trois ans pendant lesquels elle a couru après l'amour vrai, trois ans pendant lesquels elle n'a cessé de s'éteindre.
    Aujourd'hui, elle vit recluse, sans amis, sans famille, sans travail, dans une petite maison fissurée dont le jardin s'apparente à une jungle.
    Comment faire pour ne pas tomber et résister minute après minute à la tentation de faire marche arrière ?

  • «  Je m'appelle Sylvie Meyer. J'ai 53 ans. Je suis mère de deux enfants. Je suis séparée de mon mari depuis un an. Je travaille à la Cagex, une entreprise de caoutchouc. Je dirige la section des ajustements. Je n'ai aucun antécédent judiciaire.  ».
    Sylvie est une femme banale, modeste, ponctuelle, solide, bonne camarade, une femme simple, sur qui on peut compter. Lorsque son mari l'a quittée, elle n'a rien dit, elle n'a pas pleuré, elle a essayé de faire comme si tout allait bien, d'élever ses fils, d'occuper sa place dans ce lit devenu trop grand pour elle.

    Lorsque son patron lui a demandé de faire des heures supplémentaires, de surveiller les autres salariés, elle n'a pas protesté  : elle a agi comme les autres l'espéraient. Jusqu'à ce matin de novembre où cette violence du monde, des autres, sa solitude, l'injustice se sont imposées à elle. En une nuit, elle détruit tout. Ce qu'elle fait est condamnable, passable de poursuite, d'un emprisonnement mais le temps de cette révolte Sylvie se sent vivante. Elle renaît.
    Un portrait de femme magnifique, bouleversant  : chaque douleur et chaque mot de Sylvie deviennent les nôtres et font écho à notre vie, à notre part de pardon, à nos espoirs de liberté et de paix.

  • Triboulet fut le difforme et volubile bouffon de Louis XII et François Ier. À travers sa vie de frasques et de facéties, il testa chaque instant les limites de sa liberté. Jusqu'à... la blague de trop.
    Le pouvoir tolère-t-il vraiment le rire ? Lorsqu'elle est permise par un roi, l'irrévérence fait-elle révérence ?
    L'ascension et la chute de Triboulet, racontée par un bouffon du XXIe siècle.

  • « Dugain a le tact des grands guides, il nous entraîne là où nous n'aurions jamais eu le cran d'aller seuls. » Erik Orsenna, Le Point.

    « Le miracle des mots. » Jérôme Garcin, La Provence.

    « De la grâce, de l'élégance. » André Rollin, Le Canard enchaîné.

    « Poignant, à faire lire à tous. » Martine Laval, Télérama.

    « Une entreprise extraordinaire. Marc Dugain a écrit un roman universel, une leçon vécue de stoïcisme. » Eric Ollivier, Le Figaro.

    « Une densité de bout en bout. » Etienne de Montety, Le Figaro Magazine.


    Dans les premiers jours de 1914, Adrien, jeune lieutenant du génie est fauché par un éclat d'obus. Défiguré, il est transporté au Val de Grâce où il passera le reste de la guerre dans la chambre des officiers. Au fil des amitiés qui s'y noueront, lui et ses camarades, malgré la privation brutale d'une part de leur identité, révèleront toute leur humanité.

    Pour ce premier roman, Marc Dugain a notamment reçu le prix des Libraires, le prix Nimier, le prix des Deux-Magots. Aujourd'hui, ce grand livre est aussi un grand film réalisé par François Dupeyron et présenté en compétition officielle au dernier Festival de Cannes.

  • « Je ne voulais pas attendre plus longtemps pour vous écrire, vous parler de mon impatience, peut-être pour apprendre à attendre et ne plus être l'enfant gâté qui veut tout, tout de suite. En attendant, j'attends le bonheur et mon plombier. ».

    Avec son ton unique, son humour, son esprit inimitable, Jean-Louis Fournier nous offre un récit plein de tendresse, de mélancolie et de rires sur la patience et son contraire : nos impatiences, nos urgences, notre rapport au temps.

  • À la mort de sa grand-mère, une jeune femme hérite de l'intrigante commode qui a nourri tous ses fantasmes de petite fille. Le temps d'une nuit, elle va ouvrir ses dix tiroirs et dérouler le fil de la vie de Rita, son Abuela, dévoilant les secrets qui ont scellé le destin de quatre générations de femmes indomptables, entre Espagne et France, de la dictature franquiste à nos jours.

    La commode aux tiroirs de couleurs signe l'entrée en littérature d'Olivia Ruiz, conteuse hors pair, qui entremêle tragédies familiales et tourments de l'Histoire pour nous offrir une fresque romanesque flamboyante sur l'exil.

  • « Les histoires que je lis sont celles de femmes accusées d'avoir passé un pacte avec le diable parce qu'un veau est tombé malade. Les histoires que je lis sont celles de femmes qui soignent alors qu'elles n'ont pas le droit d'exercer la médecine, celles de femmes soupçonnées de faire tomber la grêle ou de recracher une hostie à la sortie de la messe. Et moi, je revois le cartable que m'a acheté ma mère pour la rentrée de sixième, un beau cartable en cuir, alors que j'aurais voulu l'un de ces sacs en toile que les autres gosses portent sur une seule épaule, avec une désinvolture dont il me semble déjà que je ne serai jamais capable. Je revois mon père tenant ma mère par la taille un soir d'été, je le revois nous dire, à mon frère et à moi, ce soir, c'est le quatorze juillet, ça vous dirait d'aller voir le feu d'artifice ? Cette contraction du temps qui se met à résonner, cet afflux de souvenirs que j'avais d'abord pris pour un phénomène passager, non seulement ne s'arrête pas, mais est en train de s'amplifier. ».
    En trois siècles, en Europe, plusieurs dizaines de milliers de femmes ont été accusées, emprisonnées ou exécutées. C'est l'empreinte psychique des chasses aux sorcières, et avec elle, celle des secrets de famille, que l'auteure explore dans ce roman envoûtant sur la transmission et nos souvenirs impensables, magiques, enfouis.

  • Wolf et Barbara sont jumeaux. Ils grandissent dans un orphelinat allemand avant d'être adoptés en 1948 par une famille sud-africaine. Ils arrivent au Cap, choisis par une Fraternité qui cherche des enfants au sang pur, des descendants d'aryens. Les enfants découvrent l'idéologie raciste qui gouverne leur famille d'accueil. Devenus malgré eux des membres de cette communauté, ils se sentent honteux de n'avoir pas réussi à fuir, coupables d'une faute qu'ils n'ont pas commise. Mais au fil des années, chacun à leur manière, Wolf et Barbara font le choix de la révolte, de la liberté.
    En s'inspirant d'une page d'histoire méconnue, Bessora signe un roman magnifique sur la vie de ces orphelins oubliés aux prises avec les drames du XXe siècle.
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  • Lise a grandi entre des parents incapables d'amour, muets de chagrin. La petite fille ne peut que deviner la tragédie qui a précédé sa naissance. Pourquoi sa mère pleure-t-elle tous les 19 novembre ? Pourquoi a-t-on si peur quand elle s'approche de l'océan ? A qui appartient le petit manteau rouge qu'elle a trouvé au fond d'un placard ? Aujourd'hui Lise n'est plus une enfant. Elle s'est mariée, a une petite fille et fait tout pour repousser ses angoisses, ce sentiment qu'elle ne devait pas naître. Lors d'un séjour dans cette maison « Les beaux jours », elle doit revisiter une nouvelle fois ses souvenirs. Comment faire cesser les pleurs qui résonnent en elle ? Comment transmettre à ceux qu'elle aime la tendresse qu'elle n'a pas connue ?

    Un premier roman d'une extrême délicatesse, d'une plume virtuose, sur les drames dont on hérite sans le savoir, sur les secrets qu'il faut percer pour grandir et aimer.

  • Lorsqu'on diagnostique à sa fille de 16 ans une tumeur, Marie-Noëlle Dubost sait qu'elle va devoir affronter le pire. Le combat pour sa fille, elle ne le mène pas seule : il y a sa famille, ses amis, et Jean-Louis Fournier, dont les livres comptent tant pour elle. Elle ne l'a jamais rencontré, ils se sont écrit quelques lettres.
    S'établit un pacte qu'ils vont tenir tout le long de la terrible épreuve : elle lui écrit chaque jour, lui raconte les opérations, le quotidien bouleversé, les angoisses, les doutes.
    Ces questions essentielles aussi : comment survivre ? Que croire ? Comment se reconstruire ? Où mettre son espérance ? Elle s'adresse à l'écrivain et à nous tous, pour chacune de nos batailles.
    Un hymne à la vie, au pouvoir des mots, une leçon d'humanité et de courage.

  • Joy rencontre Stella en 1986. Elles ont quinze et seize ans, la même silhouette, les mêmes nattes brunes, la même passion pour David Bowie. Ensemble, elles partagent tout. Les soirées Dallas avec la grand-mère de Joy, les nuits à faire le mur pour aller danser au Fantasia, les vacances à Long Island... Pourtant, après deux années idylliques et un dernier été, Stella disparaît sans un mot. Trente ans plus tard, Joy n'a pas oublié. Et elle veut comprendre.
    Porté par un souffle romanesque puissant et une écriture envoûtante, Poupées explore ces amitiés adolescentes qui marquent une vie. De Paris aux États-Unis, des années quatre-vingt à nos jours, Éléonore Pourriat nous entraîne dans une quête de vérité urgente où l'on découvre que les différentes versions d'une même histoire peuvent être irréconciliables.
    Car pour se sauver soi-même, sans le savoir, on sacrifie parfois ceux qu'on aime le plus.

  • Le passage de l'été Nouv.

    Hélène, seize ans, vit au coeur de la Bretagne intérieure, dans un bourg oublié des touristes et cerné par les rochers. Entourée d'un père aimant, de son ami Yannick, ardent défenseur de la cause bretonne, et de sa grand-mère Alexine, diplômée de l'école des druides, elle se destine à devenir institutrice, comme sa mère.
    Mais l'arrivée de Marguerite, nouvelle professeure de français venue de Paris avec son mari, célèbre romancier, bouleverse leur existence à tous. Qu'est venue chercher Marguerite ici, enfoui sous le granit ? Quels drames anciens se murmurent dans la forêt ?
    Le temps d'un été, Hélène va découvrir le vertige du désir, la douleur de la perte et le piège qui se referme sur ceux qui dérangent.
    /> À la fois saga bretonne et roman d'apprentissage, Le Passage de l'été fait resurgir les secrets et les blessures de trois générations de femmes, de 1945 à nos jours. Il raconte la fin de l'enfance, entre émerveillement des premières fois, chagrin indélébile et promesse d'émancipation

  • Hülya a quitté Istanbul à 16 ans et s'est installée à Paris. Elle s'est inventée peu à peu une vie ordinaire et a coupé tout lien avec sa mère : une actrice adulée, le « Trésor national » du cinéma turc. Le putsch raté de juillet 2016 l'oblige à se souvenir : d'une enfance passée sur les plateaux, de la diva flamboyante qu'était sa mère, de la disparition de son père, de cette Turquie laïque qui n'est plus, ces années d'insouciance fracassées par trois coups d'Etat.
    Malgré les années passées, l'absence, sa mère n'a pas changé : elle continue à vivre dans son rêve, pour ses rôles, pour sa gloire.
    Elle prépare le dernier spectacle de sa vie : son enterrement somptueux au Théâtre de la ville d'Istanbul. Elle charge sa fille d'écrire un discours. Hülya hésite puis se décide : elle écrira l'histoire de cette mère qui l'a si peu été, cette femme soleil et démon. Elle cherchera la vérité.
    Un premier texte d'une force romanesque inouïe qui mêle l'histoire turque, une passion amoureuse bouleversante et un hommage à la fiction, au cinéma.

  • Ce 9 juin 1936, Émile a vingt ans et il part pour son service militaire. C'est la première fois qu'il quitte la magnanerie où étaient élevés les vers à soie jusqu'à la fin de la guerre. Pourtant, rien ne vient bousculer les habitudes de ses parents. Il y a juste ce livret de famille, glissé au fond de son sac avant qu'il ne prenne le car pour Montélimar.
    À l'intérieur, deux prénoms. Celui de sa mère, Suzanne, et un autre, Baptistin. Ce n'est pas son père, alors qui est-ce ? Pour comprendre, il faut dévider le cocon et tirer le fil, jusqu'au premier acte de cette malédiction familiale.

    Ce premier roman virtuose, âpre et poignant, nous plonge au coeur d'un monde rongé par le silence. Il explore les vies empêchées et les espoirs fracassés, les tragédies intimes et la guerre qui tord le cou au merveilleux. Il raconte la mécanique de l'oubli, mais aussi l'amour, malgré tout, et la vie qui s'accommode et s'obstine.

  • Éric Libiot aime Clint Eastwood depuis toujours. Son cinéma, ses grognements, son regard, ses coups de gueule. Mais il l'agace également à cause de ses prises de position, de sa passion pour le .44 Magnum, de son respect pour le drapeau étoilé.
    Comment Clint peut-il jouer Dirty Harry et réaliser Sur la route de Madison ? Comment peut-il interpréter les machos et célébrer Charlie Parker dans Bird ? C'est ce mystère qu'Éric Libiot, grand cinéphile, tente de percer.
    Il raconte « son » Clint Eastwood et, parce que le 7e art touche à l'intimité de chacun, en vient à se raconter lui-même. Balade vagabonde et érudite, autoportrait en creux et leçon de cinéma : Clint et moi renouvelle le genre de la déclaration d'amour.

  • Quand ils se rencontrent à l'université, ils ont la vingtaine. Valentine croit à la tradition, François au progrès, mais ils tombent amoureux. Les années passent et avec elles arrivent le premier emploi, le premier appartement, le premier enfant, le mariage. Dix ans plus tard, François est devenu grand reporter, Valentine est éditorialiste. Ils ont trois enfants et tout de la famille idéale. Pourtant, quelque chose dissone. Peu à peu, sous le vernis des apparences, se révèlent les secrets et les fautes enfouis.
    Roman puissant et troublant, La Première Faute restitue l'érosion d'un couple, des petites lâchetés aux grandes compromissions. Il dissèque la famille et le mariage, explore la folie ordinaire et l'amour, qui consume autant qu'il sauve.

  • Fausta quitte Beyrouth pour la maison de son oncle, dans un village entouré de montagnes, à la frontière de trois pays en guerre. Paradoxalement, pour Fausta, c'est le lieu doux des étés de son enfance, le seul endroit capable de l'apaiser. C'est là qu'elle a fait construire une piscine parfaite mais sur un terrain qui ne leur appartient pas. Fausta a juste envie de s'y plonger. Avant une dernière injection qui lui permettra peut-être d'avoir un enfant.
    Leo Bendos perturbe son séjour. Il arrive du Canada pour régler cette affaire de piscine : vendre le terrain de sa famille et repartir. L'oncle l'accueille, Fausta l'observe. Ils se découvrent. Tous deux sont fascinés par ce village qui semble contenir le monde, le danger qui peut surgir à tout moment. Ces trois jours vont changer leur vie.

    Un roman magnétique, envoûtant, sur nos identités, la terre qui nous façonne, l'histoire de deux personnages happés par la puissance d'une nature et d'un lieu immuables.

  • 180 jours séparent la naissance d'un porc de sa mort à l'abattoir. Ce sont aussi les six mois qui font basculer la vie d'un homme.
    Quand Martin Enders accepte de se rendre dans un élevage industriel pour les besoins de son travail universitaire, il n'imagine pas que le cours de sa vie va s'en trouver bouleversé. Par les secrets que lui révèle Camélia, le porcher. Et par les quinze mille bêtes enfermées dans les différents bâtiments.
    Fondé sur la propre enquête de l'auteur, dévoilant le quotidien surnaturel des animaux dans les systèmes de production industriels, 180 jours est l'histoire d'une amitié entre deux hommes que tout semblait séparer, mais aussi celle de leur rapport aux bêtes.
    Avec ce roman, Isabelle Sorente nous entraîne au bout des départementales, dans les couloirs inavouables de notre modernité, où montent les voix de ceux qui sont privés de parole.

  • Le 15 septembre 2010, Arthur Dreyfuss, en marcel et caleçon Schtroumpfs, regarde un épisode des Soprano quand on frappe à sa porte.
    Face à lui : Scarlett Johansson.
    Il a vingt ans, il est garagiste.
    Elle en a vingt-six, et elle a quelque chose de cassé.

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  • Le 26 septembre 2002, un bateau, le Joola, part de Ziguinchor pour Dakar avec à son bord près de 2000 passagers. Il n'arrivera jamais à destination. 1863 personnes mourront. Adrien Absolu se rend à de nombreuses reprises en Casamance. L'histoire du Joola le hante. Comment une telle catastrophe a-t-elle pu arriver ? Les responsables essaient-ils de ralentir l'enquête ? Qui étaient les victimes et notamment Dominique, un Français de vingt ans ?
    Adrien Absolu nous raconte, heure par heure, cette journée de septembre 2002. Il remonte le temps, lorsque le bateau a été construit et qu'on l'a laissé naviguer malgré ses vices. Il décrit le courage et l'obstination de ceux qui ont tout tenté.

    Les disparus du Joola est un récit bouleversant, comme un espoir de vérité et une stèle pour ceux qui ne sont plus.

  • Dans le cabinet d'un médecin, une femme s'effondre. Sa maladie porte un nom connu : le burn-out sans que l'on sache exactement ce que cela signifie. Une dépression ? Un surmenage ? Un vide immense ? Depuis des semaines cette travailleuse sociale passionnée pour qui son métier auprès des plus démunies est une vocation, était épuisée, irritée pour un rien, incapable de se reposer, chaque pas hors de chez elle était plus difficile. Jusqu'à l'effondrement.
    Après le choc du diagnostic, passée la culpabilité de n'avoir rien vu, rien pu faire, passées les premières semaines à croire qu'un congé suffira, que la vie reprendra vite comme avant, Alexandre Duyck enquête auprès des médecins, des psychologues qui l'aident à comprendre la façon sournoise dont la maladie frappe les plus forts, ceux qui s'investissent totalement, qui idéalisent leur métier, en particulier les travailleurs sociaux, les enseignants, les personnels de santé. Mois après mois, il nous montre l'évolution du mal, la patience et l'amour dont il faut s'armer, le sentiment pour l'entourage d'être parfois un gardien de prison, protégeant la malade d'elle-même et des autres, la lente reconstruction. Les mois passent, les arrêts maladies s'enchaînent, jusqu'à la sentence terrible : l'annonce de l'inaptitude définitive au travail et le licenciement. C'est une nouvelle bataille et l'espoir d'une vie différente. Alexandre Duyck offre un récit délicat, pudique, bouleversant sur ce mal avec lequel il faut apprendre à vivre et qui lui fait voir le monde différemment : avec tous ces effondrements, ces batailles, ces moments où la vie craque, où il faut se relever, reconstruire.

  • Lila, vingt-cinq ans, est interne en neurochirurgie. Au cours de son stage à Lariboisière, un grand hôpital parisien, elle découvre par hasard les circonstances réelles de la mort de sa mère, Marianne, lorsqu'elle était adolescente. Presque quinze ans ont passé, et la jeune fille commence enfin son deuil. Elle part faire le tour de la France, le temps d'un été, pour rencontrer sa famille et se faire raconter Marianne.

    Roman intimiste et universel sur le don d'organes et le traumatisme qu'il peut provoquer, Les coeurs pleins tissent l'histoire d'un deuil et de la transmission familiale.

  • Tout cela n'a rien à voir avec moi décortique un chagrin d'amour, selon une méthode relevant de la fantaisie, de la poésie et de la science.
    Il se présente comme un traité académique, dont l'auteur serait à la fois le sujet et l'objet (dispositif qui révèle ses limites, ne nous le cachons pas). Alternant observations cliniques et textes lyriques, photos et correspondance, ce roman est à la fois une enquête de police (les objets du quotidien sont présentés comme de pièces à conviction) et une fiction, drôle, folle, déchirante.
    C'est aussi le témoignage d'une obsession, le récit d'un gouffre qui se dévoile. Doucement une réalité archaïque affleure, et l'auteur glisse, comme malgré elle, vers une autre blessure pour remonter doucement vers les racines du mal. Que nous transmettent nos parents ? Leurs chagrins s'impriment-ils dans nos cellules comme une mémoire fatale ? Sommes-nous voués à revivre, encore et encore, des émotions encodées dans une région fossile de notre cerveau ?
    Un texte aussi gracieux que bouleversant qui inaugure peut-être un nouveau genre romanesque.

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