Arts et spectacles

  • "Lorsque rap et hip hop apparaissent au tournant des années 1980, nombreux sont ceux qui n'y voient qu'un phénomène éphémère. Trente ans plus tard, ce genre musical est non seulement bien vivant, mais il fait durablement partie des industries musicales, et la France est même l'un des pays où la scène rap est la plus visible.
    Comment le rap est-il né en France et comment s'est-t-il développé ? Qui a tiré profit de la commercialisation de ses chansons ? Pourquoi ce genre musical est-il si étroitement associé aux banlieues ? Qui sont les artistes qui l'ont promu, et en s'appuyant sur quelles ressources ? Pourquoi continue-t-il régulièrement à déchaîner les passions ?
    Émaillé de nombreux entretiens réalisés auprès de rappeurs, de DJ, d'animateurs, de professionnels de l'industrie du disque. ce livre décrit comment l'émergence et l'inscription durable du rap en France ont été possibles, et comment s'est opérée son institutionnalisation. En s'intéressant aux artistes mais aussi amateurs, en circulant des MJC des quartiers populaires aux bancs de l'Assemblée nationale, en observant les plateaux de télévision comme les radios locales, Karim Hammou montre comment s'est imposée en France une nouvelle spécialité artistique, fondée sur une forme d'interprétation originale - ni parlée ni chantée : rappée."

  • Jean-Gabriel Périot, cinéaste, et Alain Brossat, professeur de philosophie, ont travaillé pendant des années, sans se connaître, sur des sujets communs : les femmes tondues à la Libération, l'univers carcéral, la violence politique, le désastre nucléaire...
    Dans la réflexion qu'ils engagent ici, ils s'interrogent sur la relation que les images entretiennent avec la politique et l'histoire. Comment se fabrique la mémoire ? Comment appréhender les archives ? Comment remonter le temps, au sens historique et cinématographique du terme ?
    Ces conversations s'appuient sur les expériences, et les expérimentations, de Jean-Gabriel Périot. Aiguillonné par les observations d'Alain Brossat, il explique comment il confectionne ses « tracts cinématographiques », comment il a travaillé avec les détenus d'une prison d'Orléans, comment il a monté les films inédits des militants de la Fraction armée rouge (RAF) ou encore comment il a remonté les images d'une apocalypse nucléaire, en commençant... par la fin.
    Mettant en regard ces expériences avec celles d'autres cinéastes, célèbres ou non, ce dialogue offre une réflexion inédite sur le travail cinématographique et pose en termes nouveaux la question de la puissance - et de l'impuissance - de l'écriture et de l'image.

  • Il faudra réécrire l'histoire littéraire un peu différemment à cause de Léo Ferré », proclamait Aragon. Auteur-compositeur-interprète d'exception, souvent éclipsé dans la mémoire collective par un Brel ou un Brassens, Léo Ferré a pourtant écrit quelques-unes des plus belles chansons du répertoire français -Avec le temps, La mémoire et la mer pour les plus connues. Il est aussi celui qui a le plus, et le mieux, mis en musique les autres poètes français, de Baudelaire à Verlaine et Rimbaud, en passant par Apollinaire, Aragon, Rutebeuf et Villon.
    Sa carrière se serait-elle limitée aux années 1950-1960, elle aurait suffi à faire oeuvre. Mais l'histoire de Léo Ferré ne s'arrête pas là : après 68, il renouvelle même son répertoire en se produisant avec des groupes de pop, puis dirige des orchestres symphoniques, faisant ainsi découvrir à un public jeune la musique classique. Le chanteur anarchiste connaît alors une véritable renaissance, incarnant beaucoup plus que d'autres l'esprit de la révolte des années 1970.
    Le 24 août 2016, Léo Ferré aurait eu 100 ans. À l'occasion de cet anniversaire, Pascal Boniface souhaite ici redonner à l'auteur des Anarchistes et de C'est extra toute sa place dans l'histoire de la musique et de la poésie de son temps. Ce livre est aussi une réflexion sur la trajectoire personnelle et les engagements politiques de l'un des plus grands poètes français du XXe siècle.

  • Tous les soirs, aux quatre coins des Etats-Unis, et ailleurs, la même scène se répète. Des musiciens entrent dans un club, un bar, un restaurant ou autre, attrapent leur instrument, s'échauffent et, sans grande concertation préalable, ils se mettent à jouer. Ils ne s'étaient peut-être jamais rencontrés, même si ce n'est pas le cas plus fréquent. La plupart du temps, ils n'ont en tout cas pas répété, ou du moins pas ce qu'ils vont jouer le soir même. Et pourtant, tout va se passer pour le mieux, sans difficultés particulières. Comment des musiciens qui n'ont pas préparé une prestation peuvent-ils la donner sans problème apparent ? Comment parviennent-ils à jouer avec suffisamment de compétence pour satisfaire aussi bien un patron de bar, des jeunes mariés que la mère d'un garçon qui fait sa bar-mitsva ? On pourrait croire que la réponse va de soi : c'est parce qu'ils connaissent les mêmes morceaux. Faux. La réalité est assez différente, et le mystère s'épaissit... Tel est le point de départ de cette passionnante enquête signée par deux sociologues-musiciens (ou l'inverse), Howard Becker, longtemps pianiste professionnel, et Robert Faulkner, trompettiste toujours en activité, dans le circuit des " musiciens ordinaires ", des musiciens dont les compétences s'étendent à une grande variété de styles, intéressés par le jazz et désireux d'en jouer dès que c'est possible, mais qui se contentent du premier engagement qui se présente. Quelles compétences sont réellement nécessaires ? Quelles sont les dynamiques à l'oeuvre, en particulier sur scène, dans le feu de l'action ? Les modes d'apprentissage ? Qu'est-ce qu'un répertoire dit " de jazz " ? Comment se constitue-t-il dans le long parcours d'une vie de musicien, à titre individuel puis collectif dans l'orchestre ? Cette notion de répertoire peut-elle éclairer d'autres secteurs de l'action collective ? A partir de conversations, de récits, d'anecdotes, d'exemples musicaux de plain-pied dans la réalité concrète de la scène musicale, Becker et Faulkner explorent aussi un siècle de musique populaire américaine et d'édition musicale, de radio et d'industrie du disque. Ils soulignent les évolutions du métier, les rapports parfois conflictuels entre générations, etc.

  • Près de quarante albums, 100 millions de disques vendus, près de 2 000 titres restés inédits... Prince, le musicien le plus prolifique de sa génération, a animé un chapitre glorieux de l'histoire de la pop, jusqu'à sa mort brutale le 21 avril 2016.
    Fin 2015, le musicien rompt brusquement avec son travail en cours et écarte son entourage. Muni seulement d'un piano et d'un micro, il part tourner en Océanie, puis aux États-Unis. À travers cette ultime et éreintante tournée, Alexis Tain nous entraîne dans la vie fascinante de ce Mozart de la pop.
    Viscéralement libre et indépendant, il s'est affranchi des maisons de disques et s'est battu pour les droits des artistes. Pionnier du numérique, il n'a cessé d'innover, tant dans la manière de produire sa musique que de la vendre. Un et multiple, entouré de musiciens talentueux, il a créé de nombreux groupes qui lui ont permis de mettre en scène toute la mesure de son génie.
    Le 21 avril 2016, Prince est retrouvé sans vie dans l'ascenseur qui conduit à ses appartements, victime d'une overdose d'un de ces médicaments opiacés qu'il avalait pour calmer son corps perclus de douleurs. Prince se savait malade, se pensait-il condamné ? Sans l'infirmer, le récit de cette tournée-testament forme le point de départ d'une traversée de la vie et de la carrière de cet artiste hors normes qu'une mort précoce et mystérieuse achève de transformer en mythe.

  • Comment Kate Moss est-elle devenue une véritable star dont le monde entier imite le look ? C'est à cette question ? moins innocente qu'il n'y paraît ? qu'entend répondre Christian Salmon dans ce livre original. Il s'intéresse bien sûr à la success story de cette anglaise d'origine modeste... Mais surtout, il développe l'idée de l'émergence d'un mythe collectif à l'ère du néolibéralisme triomphant : Kate Moss personnifie la flexibilité, le nomadisme et le transformisme, précisément les idéaux-types du néo-management des années 1990. À travers le corps maigre et mobile de Kate Moss, se construit ainsi la figure d'un nouveau sujet, incertain, précaire, flexible et même « liquide », qui se déploie du début des années 1990 jusqu'à la crise actuelle. En ce sens, elle incarne à la fois la fin d'un monde et l'aube d'une ère nouvelle.

  • Attention, ce livre va vous faire douter de votre rapport au monde...
    Nous soupçonnons tous que les médias ne nous proposent pas une version parfaitement fidèle de l'actualité. Mais jusqu'à quel point ? Pour le savoir, Laurent Gervereau et ses équipes du " Baromètre européen des médias " ont réalisé une première : tout au long de l'année 2003, ils ont observé tous les jours les unes des principaux quotidiens et les journaux télévisés des chaînes de cinq grands pays européens, des États-Unis et de l'Algérie.
    Les résultats de ces observations, restitués dans ce livre, sont terrifiants. Premier constat massif : l'information mondiale est " tenue " par quelques pays, qui donnent au reste du monde leur vision d'eux-mêmes et des autres. Deuxième constat : la circulation planétaire de l'information sélectionne une minorité de faits, assortis des commentaires d'une minorité d'individus, à destination d'une majorité de consommateurs.
    Des événements, des conflits, des groupes sociaux, des zones géographiques entières sont totalement absents des médias, car supposés " ne pas intéresser ". Troisième constat : la recherche de l'émotion et du scoop conduit à théâtraliser l'actualité, le marché des images commandant un discours destiné d'abord à se vendre, même s'il contrevient aux faits. Quatrième constat, pas le moins surprenant : ces techniques s'adaptent à chaque pays, proposant autant de " visions du monde " spécifiques.
    Notre monde est-il l'objet d'un bourrage de crânes généralisé, ou relève-t-il d'une guerre structurée de l'information ? Pour Laurent Gervereau, il n'existe aucun complot mondial visant à contrôler l'information, mais un réel danger des conformismes empêchant la pluralité de points de vue.

  • Aurions-nous tous en nous « quelque chose de Johnny Hallyday » ? Loin d'être ironique, cette question cherche à interroger le lien qui unit le chanteur de "Quelque chose de Tennessee" à la société française depuis les années 1960. De fait, s'il n'est pas un article d'exportation, et s'il est même souvent considéré comme un importateur de biens culturels anglo-saxons, Johnny est bel et bien ce qu'il est convenu d'appeler une « passion française ». C'est donc à une forme d'introspection nationale que nous convie l'auteur de cet essai, à partir du « phénomène Hallyday », saisi dans son émergence et sa durée. Dans ce travail original, les productions et prestations du chanteur le plus populaire de l'Hexagone sont traitées comme des éléments documentaires permettant d'éclairer les évolutions de notre société. Les données ici analysées nourrissent un "mythe Hallyday", ""à la fois récit fondateur (la « légende du rock »), mystification et incitation à l'action. Quant à "l'homme Hallyday", il en est avant tout question au travers de son statut de créateur, d'artiste oscillant entre rébellion, académisme, outrances et commerce. Cet ouvrage espère convaincre les sceptiques que se pencher sur Johnny Hallyday est utile à la connaissance de notre temps. Mais il aimerait également toucher tous ceux qui - comme l'auteur - ont aimé et/ou chanté Johnny...

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  • La liberté de création n'est prévue dans aucun texte de loi, aucun instrument juridique ne l'a pensée.
    La liberté d'expression est bien consacrée depuis plus de deux siècles par l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, mais on n'y trouve pas la moindre référence aux oeuvres, ou à l'art. Or les oeuvres font débat. Et ce débat se déroule de plus en plus devant les tribunaux, la loi se montrant sans cesse plus contraignante et répressive. Qui doit juger les oeuvres et selon quels critères ? De l'élu qui décide d'interdire telle exposition à la commission de classification des films qui applique désormais des critères ouvertement subjectifs, la littérature, les arts plastiques, la chanson, le cinéma sont désormais passés au prisme des opinions de chacun, religieuses, morales, politiques. L'art doit-il se soumettre ou être soumis de force à des impératifs aussi variés et étrangers à sa sphère ? Comment définir la liberté de création ? Y a-t-il des limites acceptables ? Quelle est la nature du débat en droit et entre juristes ? Comment répondre aux demandes de censure lorsqu'on est un élu ? Que se passe-t-il ailleurs, et notamment aux Etats-Unis, souvent cités en exemple ? C'est à toutes ces questions que tente de répondre ce livre, nourri de nombreux exemples concrets. Plaidant pour que le public reste libre d'entrer en contact avec les oeuvres sans que l'on pense à sa place, Agnès Tricoire dessine ainsi les contours de la liberté de création, qui s'enracine dans la liberté d'expression, mais s'en distingue parce que l'art n'est pas simplement du discours.

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