Cinéma

  • Jean-Gabriel Périot, cinéaste, et Alain Brossat, professeur de philosophie, ont travaillé pendant des années, sans se connaître, sur des sujets communs : les femmes tondues à la Libération, l'univers carcéral, la violence politique, le désastre nucléaire...
    Dans la réflexion qu'ils engagent ici, ils s'interrogent sur la relation que les images entretiennent avec la politique et l'histoire. Comment se fabrique la mémoire ? Comment appréhender les archives ? Comment remonter le temps, au sens historique et cinématographique du terme ?
    Ces conversations s'appuient sur les expériences, et les expérimentations, de Jean-Gabriel Périot. Aiguillonné par les observations d'Alain Brossat, il explique comment il confectionne ses « tracts cinématographiques », comment il a travaillé avec les détenus d'une prison d'Orléans, comment il a monté les films inédits des militants de la Fraction armée rouge (RAF) ou encore comment il a remonté les images d'une apocalypse nucléaire, en commençant... par la fin.
    Mettant en regard ces expériences avec celles d'autres cinéastes, célèbres ou non, ce dialogue offre une réflexion inédite sur le travail cinématographique et pose en termes nouveaux la question de la puissance - et de l'impuissance - de l'écriture et de l'image.

  • Attention, ce livre va vous faire douter de votre rapport au monde...
    Nous soupçonnons tous que les médias ne nous proposent pas une version parfaitement fidèle de l'actualité. Mais jusqu'à quel point ? Pour le savoir, Laurent Gervereau et ses équipes du " Baromètre européen des médias " ont réalisé une première : tout au long de l'année 2003, ils ont observé tous les jours les unes des principaux quotidiens et les journaux télévisés des chaînes de cinq grands pays européens, des États-Unis et de l'Algérie.
    Les résultats de ces observations, restitués dans ce livre, sont terrifiants. Premier constat massif : l'information mondiale est " tenue " par quelques pays, qui donnent au reste du monde leur vision d'eux-mêmes et des autres. Deuxième constat : la circulation planétaire de l'information sélectionne une minorité de faits, assortis des commentaires d'une minorité d'individus, à destination d'une majorité de consommateurs.
    Des événements, des conflits, des groupes sociaux, des zones géographiques entières sont totalement absents des médias, car supposés " ne pas intéresser ". Troisième constat : la recherche de l'émotion et du scoop conduit à théâtraliser l'actualité, le marché des images commandant un discours destiné d'abord à se vendre, même s'il contrevient aux faits. Quatrième constat, pas le moins surprenant : ces techniques s'adaptent à chaque pays, proposant autant de " visions du monde " spécifiques.
    Notre monde est-il l'objet d'un bourrage de crânes généralisé, ou relève-t-il d'une guerre structurée de l'information ? Pour Laurent Gervereau, il n'existe aucun complot mondial visant à contrôler l'information, mais un réel danger des conformismes empêchant la pluralité de points de vue.

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