La Decouverte

  • Hegel ou Spinoza, et non Hegel et Spinoza : la question n'est pas ici de procéder à la comparaison entre des auteurs et des systèmes, enfermés une fois pour toutes dans les limites de leur sens, qu'on pourrait tout au plus identifier et exhiber dans un commentaire purement théorique. Ce qui vient au premier plan, c'est leur active confrontation, celle de doctrines irréductibles. Entre Hegel et Spinoza quelque chose se passe, et c'est la connaissance de cet événement qui peut nous faire avancer dans la connaissance de l'histoire de la philosophie, c'est-à-dire dans la connaissance de ce que c'est pour la philosophie que d'avoir une histoire. Hegel a lu Spinoza, et il ne l'a pas compris. Ce fait bien connu présente quelques particularités étonnantes. D'abord l'étrange fascination que Hegel éprouve à l'égard de Spinoza, dont il fait son principal interlocuteur philosophique. Surtout il y a ceci : en dépit de la méprise en quelque sorte systématique commise par Hegel sur la lettre du spinozisme, il y a une reconnaissance paradoxale de la position singulière que celui-ci occupe, à laquelle Hegel oppose une constante dénégation. Tout se passe comme si Hegel avait vu dans Spinoza la limite de son propre système. De ce point de vue, les perspectives traditionnelles se renversent : Hegel lecteur de Spinoza, c'est aussi et surtout Spinoza lecteur de Hegel. On dit souvent, pour expliquer ou excuser les erreurs de lecture de Hegel, qu'il a mieux compris Spinoza que celui-ci ne s'était compris lui-même et qu'il a lu dans son texte au-delà de ce qui y était écrit. Et si c'était Spinoza qui déjà avait mieux compris Hegel ?

  • L'éthique, selon son étymologie, est un ethos, c'est-à-dire une " manière d'être ".
    Séjour de l'homme au monde, elle est un mode d'existence qui s'adresse à chacun et se distingue aussi bien d'une morale comme rapport à soi que d'une pensée moralisatrice pour l'Autre. Ainsi, l'éthique participe à la relation à autrui et au monde - à la Nature, à ce qu'on nomme bien hâtivement l'environnement. Elle se confond parfois avec la responsabilité, que nos actes ordinaires ne peuvent pas esquiver, et la déontologie, qui règle les pratiques professionnelles.
    L'architecte et l'urbaniste, par exemple, sont non seulement responsables juridiquement de ce qu'ils édifient, mais éthiquement. A l'heure où ces métiers connaissent de profondes mutations, à la suite des nouvelles configurations territoriales et des nouveaux modes de vie urbains, la question de l'éthique se pose avec acuité. Bâtir la demeure de l'homme, aménager ses lieux et ses sites ne sont pas une mince affaire.
    Certes, de trop nombreux professionnels ne s'en soucient guère, préoccupés qu'ils sont par " leur " oeuvre ou leur chiffre d'affaires... Pourtant, chaque jour, s'affirme l'idée selon laquelle il n'y a pas d'esthétique sans éthique. Les auteurs de ce livre - architectes, urbanistes, philosophes, sociologues, juristes, historiens - explorent les implications de l'éthique pour les " faiseurs de ville ", ainsi que les interfaces entre opérations d'aménagement, pratiques démocratiques et exigences écologiques.

  • Dans les sociétés modernes, rationalité et démocratie seraient-elles incompatibles ? C'est ce que soutient Max Weber, le fondateur de la sociologie allemande.
    Pour lui, le peuple ne peut que subir la domination des élites. Tout au plus les citoyens peuvent-ils élire des individus d'exception qui seront des chefs véritables. L'approche élitiste de Weber constitue ainsi un formidable défi pour ceux qui sont attachés à la perspective démocratique. Dans ce livre ambitieux, Yves Sintomer entend montrer que la théorie de Jürgen Habermas peut constituer un point d'appui pour répondre à ce défi : les citoyens des sociétés modernes sont capables de produire un ordre démocratique stable à travers leurs discussions sur l'espace public.
    Habermas s'efforce de redonner toute sa place à l'idée d'une solidarité et d'une démocratie venues d'en bas, que l'argent ou le pouvoir bureaucratique ne sauraient remplacer sans provoquer une crise du lien social. Sa notion d'Etat de droit démocratique et social dépasse libéralisme et républicanisme et démontre que droits de l'homme et souveraineté populaire s'impliquent mutuellement. En mettant l'accent sur les procédures qui structurent la discussion publique, Habermas fait de la démocratie un idéal, partiellement incarné aujourd'hui, qui constitue la ligne d'horizon de la modernité.
    Habermas apporte-t-il une réponse convaincante au défi wébérien ? Son approche est-elle suffisamment réaliste, en particulier face à la question des inégalités sociales, politiques et culturelles ? A la lumière d'une analyse critique de l'oeuvre des deux théoriciens, Yves Sintomer s'efforce d'éclairer les controverses actuelles sur la crise de l'Etat social et de l'Etat-nation, le multiculturalisme, la parité, le droit à l'avortement et la désobéissance civile.

  • La police est une institution ambiguë, caractérisée à la fois comme une pratique gouvernementale et comme une fonction auxiliaire du pouvoir judiciaire. La complexité de cette notion, qui surgit au croisement des activités sociales, de la politique et du droit, sans oublier l'imaginaire forgé par la littérature, a toujours gêné les juristes et les historiens. Comment et en présence de quelles circonstances historiques le modèle normatif de la police s'est-il structuré ? Quel genre de techniques a-t-il mis en place ? Comment a-t-il évolué pendant la période cruciale de la fin de l'Ancien Régime aux premières décennies du XIXesiècle ? Et enfin, quel mode administratif a-t-il élaboré de sorte qu'aujourd'hui encore, nous sommes en mesure d'en tirer quelques profits pour comprendre l'actualité ?

    Dans ce livre, fruit de longue années de recherche, Paolo Napoli étudie comment la police moderne s´invente à cette période charnière, la fin de l´Ancien régime et la Révolution française. Il restitue la diversité et la richesse des travaux théoriques, juridiques notamment qui s´efforcent de penser le modèle policier à la lumière des évolutions politiques, sociales et culturelles fondamentales.

    Paolo Napoli montre que le modèle policier, avec sa diligence et sa minutie, reste absolument fondamentale pour comprendre l'État-providence. Ainsi, derrière le très contemporain « principe de précaution » se cache une histoire longue de techniques policières, de dispositifs préventifs affectant la vie matérielle et morale des hommes que la valeur de la précaution s'impose. De même, si l'on s'interroge sur la manière dont la notion de sécurité perd sa connotation exclusivement psychologique pour acquérir une dimension objective, mesurable et donc gérable, c'est toujours l´oeuvre des dispositifs policiers qu'il faut regarder.

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  • Le 20 mai 2005, Paul Ricoeur nous quittait à l'âge de quatre-vingt-douze ans, après une traversée du siècle qu'il a fortement marqué. Il nous laisse une oeuvre immense, véritable incitation/invitation au travail dont l'une des originalités aura été de conduire un dialogue constant de la philosophie avec son autre, notamment avec les sciences humaines. À l'heure des replis disciplinaires et des crispations institutionnelles, sa manière de faire dialoguer les savoirs semble plus nécessaire que jamais à. Le souci dont a fait preuve Paul Ricoeur pour éviter toute forme de rabattement, d'appauvrissement, est une leçon de méthode qui mérite d'être réfléchie. Par-delà le choc provoqué par sa disparition, les auteurs de ce livre montrent à quel point sa pensée est actuelle.
    Parvenant à vaincre les résistances disciplinaires, Ricoeur a largement contribué à la réalisation du basculement interprétatif général que connaissent les sciences humaines. Cette ouverture vers un nouvel espace dialogique assurant une véritable humanisation des sciences humaines. Elle rend possible, au-delà des problèmes méthodologiques, le questionnement récent de celles-ci sur l'énigme jamais résolue de l'« être-ensemble ».

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  • L'urbanisation planétaire à l'oeuvre transforme profondément les relations que les humains entretiennent avec la nature : l'urbanisation en vient "à" "environner l'environnement", avec ses autoroutes, ses centres commerciaux, ses habitations éparpillées... Qu'appelle-t-on « environnement » à l'heure de cette urbanisation généralisée ? Répondre à ces questions cruciales nécessite de mobiliser des savoirs et des pratiques professionnelles diverses. D'où cet ouvrage polyphonique, réunissant des auteurs venus d'horizons différents, mais tous convaincus que l'urbanisation n'est pas "en soi" à diaboliser et qu'il faut la penser à partir d'une philosophie de l'environnement renouvelée.

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  • Pour tous ceux qui cherchent dans la philosophie les voies d'un sens retrouvé dans un monde sans repères, ce livre sera une révélation. Mais pas dans le sens qu'on attend : il ne s'agit pas d'un traité de morale, et il ne délivre aucune " recette de vie ". Il propose le récit passionnant d'une formation philosophique, de la découverte de la philosophie comme résistance spirituelle. La force de ce livre tient d'abord au contexte dans lequel il a été écrit, dans la Roumanie de Ceausescu : une société plongée dans la misère matérielle, quadrillée par une police politique omniprésente, soumise à la folie d'un dictateur décidé à détruire tous les foyers de culture pour construire l'" homme nouveau ". Et c'est de cet étouffoir totalitaire qu'une poignée de jeunes intellectuels a réussi paradoxalement à se libérer, par le travail philosophique : pendant cinq ans, de 1977 à 1981, ils se sont régulièrement rendus dans le village de Paltinis, pour y rencontrer le grand philosophe Constantin Noïca, et engager avec lui une entreprise systématique de découverte et de critique de l'oeuvre des grands philosophes. Le Journal de Paltinis est le récit au jour le jour de ces échanges passionnants, écrit sur un mode intimiste, vibrant d'une passion contagieuse, apportant la preuve magnifique que " pour un homme, la culture n'est pas un ornement du hasard, mais son milieu d'existence spécifique, comme l'eau se trouve être celui des poissons et l'air celui des oiseaux ". Comme Emil Cioran l'a écrit à Gabriel Liiceanu : " Un étranger qui lirait votre Journal pourrait croire qu'en Roumanie, pendant ces années sombres, on ne faisait rien d'autre que s'adonner à des méditations intemporelles ou rêver au destin d'une civilisation. Vous donnez donc une image en apparence fausse mais en fait véridique des réalités de là-bas, puisque les événements que vous relatez ont bel et bien existé, ne fût-ce qu'à Paltinis... Mais cela suffit à contrebalancer le néant du reste du pays. " En cherchant à " contrebalancer le néant ", cette aventure philosophique et spirituelle est certes un témoignage en creux, irremplaçable, sur les sociétés totalitaires de l'après-guerre en Europe de l'Est. Mais en ayant su trouver des accents inédits pour célébrer l'humanisme de la culture européenne, Gabriel Liiceanu nous aide à prendre conscience de notre dette à l'égard de cet héritage devenu ici trop banal. Et surtout, comme on le découvrira à la lecture de ces pages, " le Journal dépasse les limites forcément discrètes d'un texte philosophique et révèle son dessein véritable : la recherche de soi-même " (Cioran). Devenu un classique en Roumanie, ce livre majeur propose une magnifique introduction aux joies - et aux difficultés - du véritable travail philosophique, dont il montre qu'il ne doit surtout pas être réservé aux spécialistes.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1999.)

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  • Le stoïcisme naît à Athènes au cours d'une grave crise qui marque la fin de l'autonomie de la cité. La conquête macédonienne va en effet révoquer ce qui avait fait l'originalité politique de la Grèce. Il en résulte une véritable " crise de civilisation ", avec son habituel, cortège de symptômes : brouillage des certitudes, discrédit de la politique, protestation individualiste, etc., et par ailleurs éloge des primitifs et de l'état de nature accompagné d'un regain de religiosité. Le stoïcisme d'Athènes, pensée de la protestation, exprime remarquablement cet ébranlement des acquis, et aussi ce " retour à la Nature " qui semble prendre le relais de Dieu. Dispersée entre quelque trois mille fragments, la pensée des fondateurs du stoïcisme, Zénon, Cléanthe, Chrysippe, est, on le devine aisément, la moins connue. Pourtant elle est éblouissante pour réagir aux questions que le philosophe pose encore et toujours à l'individu en quête d'appartenance. Réflexions sur le Bien et le Mal, l'homme abyssal et son rapport au cosmos, l'idéal oe cuménique et l'agressivité humaine, l'Être et le Temps, etc., constituent le coeur de ces fragments que Maria Daraki traduit puis analyse en termes de philosophie, d'histoire et de sociologie culturelle. L'auteur compare ensuite le stoïcisme d'Athènes et la théologie de saint Augustin. En choisissant de mettre en parallèle ces deux grandes visions de l'homme et du monde, elle entend saisir le passage de l'Antiquité au christianisme, là où il accuse le plus grand écart. Pour les stoïciens, la nature est sacrée et l'homme accompli n'est rien de moins que le Sage, un homme-dieu. Pour Augustin, la nature est du domaine du profane, et l'homme est entièrement impuissant.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1989)

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  • L'oeuvre de Pierre Bourdieu, disparu prématurément début 2002, n'a pas fini de marquer la recherche en sciences sociales, tant en France qu'à l'étranger.
    Mais, malgré sa notoriété, bien peu connaissent l'importance dans son travail théorique ultérieur de ses premiers travaux empiriques, menés en Algérie dans la seconde moitié des années cinquante. D'où l'intérêt de cet ouvrage, où le sociologue algérien Lahouari Addi revisite le corpus théorique de Bourdieu au regard de l'Algérie. Il rappelle d'abord que Bourdieu s'est intéressé à ce pays dans une double perspective, sociologique et anthropologique, analysant d'une part les effets de la domination coloniale sur la société algérienne dans une perspective sociologique (avec Abdelmalek Sayad) et, d'autre part, en étudiant le village kabyle et sa culture dans une perspective anthropologique.
    Lahouari Addi démontre ensuite, de façon particulièrement éclairante, comment les concepts majeurs de l'oeuvre théorique de Bourdieu (habitus, capital social, violence symbolique. ) ont été forgés dans ces recherches fondatrices : pour lui, la Kabylie n'a jamais cessé d'être une référence paradigmatique pour montrer le caractère caché des mécanismes de la domination sociale et le fondement historique de la rationalité du discours économique dans les sociétés occidentales.

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  • L´art est dans la rue : fresques murales, statues, monuments, mobiles, installations éphémères, décors provisoires, expositions et spectacles en plein air, bateleurs et saltimbanques... Plus encore, certaines villes se prétendent une «oeuvre d´art totale » qu´il convient d´honorer tel un musée hors les murs. Le citadin est interpellé par toutes ces créations dont il ne prend pas toujours la mesure. Dès lors qu´il s´agit des établissements humains, la question devient celle de la rencontre entre éthique comme manière d´être, et esthétique comme vérité du sentir.

    Dans ce livre, les auteurs (artistes, architectes, philosophes, historiens, urbanistes) observent les façons dont l´« espace », le « temps » et les « formes d´expressions » sont plus ou moins solidaires des évolutions sociales et techniques qui assaillent les sociétés contemporaines. Ces évolutions s´affrontent, se combinent ou se parasitent, mais nul ne peut les ignorer, tant elles interfèrent dans le devenir urbain. Comment alors nouer le toposet le logosqui donnent sens, à l´esthétique qui relie ? L´art dans sa relation complexe au territoire y parvient-il ? À l´heure de l´éparpillement géographique des villes et à l´émiettement du temps de la quotidienneté, l´art peut-il manifester la « signification insignifiable » qu´attend le poète ? Il en va de l´habitabilité même et des imaginaires qu´elle alimente.

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  • comment transformer les définitions communes de la justice sociale afin qu'elles puissent rendre compte des formes aujourd'hui les plus caractéristiques de l'injustice sociale ? comment leur faire rendre compte des souffrances de " ceux qui ont trop à dire pour pouvoir le dire " ? telles sont les questions auxquelles ce livre se propose de répondre.
    dans une démarche originale, emmanuel renault reprend et élargit la théorie de la reconnaissance élaborée par le philosophe allemand axel honneth, afin de proposer une grammaire des luttes sociales mais aussi une grille d'analyse des injustices que ces luttes prennent rarement en charge. c'est par la reconnaissance que les autres et la société lui accordent que chacun peut bénéficier des conditions substantielles d'une vie digne d'être vécue.
    inversement, les dénis de reconnaissance sont à l'origine de souffrances sociales et psychiques majeures. dans cette perspective, l'auteur procède à un examen critique des théories contemporaines qui structurent notre pensée politique et sociale, proposées par j. rawls, j. habermas, m. walzer et c. taylor, p bourdieu, t. negri, etc. s'appuyant sur les travaux de la sociologie et la psychologie sociale qui analysent les mouvements sociaux, les restructurations du travail ou les souffrances engendrées par la précarisation ou par l'exclusion, il tente d'élaborer une théorie globale permettant d'éclairer la multiplicité des phénomènes étudiés.
    ce livre soutient que la philosophie doit prendre l'injustice au sérieux, car c'est en elle que se déterminent les enjeux des discours sur la justice. il propose ainsi une philosophie assumant sa dimension politique, reconnaissant qu'elle se meut à l'intérieur du monde réel et non simplement dans le ciel des idées. il offre un argumentaire global au service de ceux qui font l'expérience quotidienne de l'injustice et sont en conséquence intéressés à la transformation de l'ordre social existant.


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  • pourquoi nous est-il si difficile d'agir face aux graves problèmes qui menacent nos sociétés, notre santé, la vie même ? serait-ce par manque d'informations, voire de connaissances ? pour miguel benasayag, ce n'est pas de ce côté-là qu'il faut chercher, mais plutôt de celui des modalités de la connaissance elle-même.
    c'est pourquoi, dans cet ouvrage, i1 s'efforce de comprendre les différents mécanismes de construction de notre perception du monde, de la réalité. et d'étudier, au-delà de toute morale, les dispositifs par lesquels nous " mettons à distance " la réalité, en nous condamnant souvent à subir ses effets sans pouvoir agir. la vieille querelle entre déterminisme et libre-arbitre apparaît ainsi comme un faux débat.
    le défi, c'est de penser la liberté réconciliée avec le destin. jadis, l'agir dépendait de dieu. puis on l'a confié à l'homme, lieu de la séparation entre la connaissance, l'agir et le monde. c'est ainsi que l'agir et ses possibilités deviennent une question : depuis oú agit-on ? quelle serait la bonne optique ? si dieu nous condamne à une trop grosse focale, l'individu, lui, nous condamne à un zoom trop prononcé.
    le paysage, qui n'est pas un simple décor oú l'on déambule, pourrait être cette bonne distance pour renouer avec une connaissance qui redevient agir. il s'agit donc de comprendre les liens des hommes entre eux, les liens qui les tissent comme éléments d'un paysage. l'auteur continue ici sa déconstruction du mythe de l'individu, ainsi que son travail sur l'éthique en tant que fragilité. l'objectif reste clair une philosophie de la situation et de l'action.


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  • Les architectures molles, sculptées, transparentes, immatérielles prétendent se libérer des contraintes géométriques, comme si la géométrie ne revendiquait que la droite et la forme orthogonale ou le cercle ! Certains architectes s'abandonnent aux " hasards " informatiques et construisent des édifices à la géométrie chahutée par un logiciel.
    Des urbanistes opposent encore le plan radioconcentrique au plan en damier en ce qui concerne l'expansion des villes et, refusant d'imaginer d'autres morphologies, laissent faire la promotion immobilière, les opportunités foncières et le chacun pour soi. La géométrie, dans notre culture marquée par la philosophie grecque, est constitutive et de l'architecture et de l'urbanisme. Elle est mise en débat par le jeu extraordinairement varié des formes et de leurs agencements, aussi bien que par des régulations qui donnent une mesure au monde et suscitent des questionnements quant à ce qui est à la mesure de l'existence.
    Depuis le simple pas jusqu'aux théories les plus sophistiquées, la géométrie - qui n'a jamais cessé de se complexifier depuis Pythagore ou Euclide jusqu'aux géométries algébrique, infinitésimale et variable - se rappelle à nous. C'est ce rappel qu'il nous faut entendre, comme une invitation à penser aussi bien notre corps que le paysage, aussi bien la maison que la ville et la cité. Cet ouvrage collectif veut questionner géométriquement et philosophiquement l'urbain contemporain et les architectures qu'il provoque.
    En d'autres termes, il espère saisir à partir de la confrontation entre mathématiciens, géomètres, historiens, architectes, urbanistes, paysagistes et philosophes l'expérience existentielle de l'espace-temps des lieux.

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