L'idee Bleue

  • Je t'attends je veux dire/j'attends ta naissance/j'attends que cette venue règle/mes comptes avec l'attente/je fourbis des objets qui seront tiens/je taille dans la lumière/je plis les galets d'une rivière détournée/à ton intention.


  • pour lecteurs à partir de 5 ans et jusqu'à plus que centenaires.


  • Voici un essai, un essai de voix.
    Surgies avec effort de mémoire par l'entreprise de les hausser, de leur faire quitter le temps ipso facto, et de les retenir dans la syntaxe, où ça se rencontre, ça se frotte, ça se percute, ça se bouscule, ça se raconte, amicales, littéraires ou familiales et sciemment rien d'autre, ces voix souvent se confondent. l's du pluriel s'efface ou se dissimule-t-il dans l'x ? et le grand nombre (s), dans l'anonymat (x) ? le mot " voix " fut en langue latine : au pluriel, " propos ", et en poésie, " langue ".
    Les yeux seront-ils rectifiés par les oreilles, si la syntaxe a de la voix dans le vers. je suis nombreux ; elles sont anonymes ; et infiniment qui. j. -p. d.

  • Dans sa première publication en 1993, Albane Gellé écrivait qu'un homme lui avait " arraché la langue ".
    Depuis, elle cherche, poète, à se donner une langue neuve, sa langue. " Je me tais ", répète-t-elle (dix fois dans L'Air libre), en précisant, à chaque fois, pourquoi : parce que quand j'étais petite un homme à côté de moi parlait parlait il me donnait envie de vomir ; parce que tout près ça parle bien je ne vois pas ce que je pourrais ajouter ; parce que quelqu'un parle fort il n'y a plus de place ; par hasard ; par habitude ; et croyez-moi c'est mieux comme ça ; parce que je suis fatiguée ; par provocation (pas souvent) ; comme ça pour rien ; et alors.
    Jusqu'à la dernière page, porte qui claque sur un " Je ne me tais pas ". Prise de parole (poème) intransitive. On quitte ce livre un peu comme on sort de Parle avec elle, le dernier film d'Almodovar : avec une sorte d'anxiété éblouie, de contrariété désirante qui ramène à la surface. Mène à l'air libre, quasi malgré soi.

  • Au plus près installait une écriture : poèmes brefs arrimés au quotidien, très reconnaissables dans leur alliage d'observation et de pensée, d'humour et d'expérience. À six ans de distance, ce deuxième livre au dé bleu se présente comme une suite de suites pour poète seul, réglant les comptes avec l'enfance, la perte, la difficulté d'être, le peu de poids de la poésie tout autant que sa persistante nécessité. Les pages de ce livre sont tendues au-dessus du vide, et on entend parfois grincer le rire du funambule. La poésie est un risque, et non un jeu. Si, dans la vie, Roger Lahu a la politesse des clowns, il partage leur tristesse quand, le rideau tiré, reste la vie passée passante, et pas de quoi rire fou tout seul. Antoine Emaz

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  • De toutes les manifestations du folklore enfantin, je tiens la devinette pour le genre le plus essentiel.
    D'abord parce qu'il trahit dans l'enfant l'adulte qu'il sera. ensuite pour la raison qu'après tout, ces "enfantillages" restent pour une bonne part une production des grands à destination des petits à qui, quelque soit la culture, ils cherchent malignement à transmettre les valeurs qu'ils ont les plus chères au coeur.
    Rythmique, poétique, ludique et même polémique comme le sont les chansonnettes, les formulettes, les comptines ou autres virelangues, la devinette contient aussi en germe les genres narratifs.
    Elle ne déploie pas des segments complexes comme dans le conte, le roman, la légende ou le mythe. mais elle est l'événement même, l'événement pur. c'est ce que les textes de fampou nous mettent en relief avec bonheur. charles bado.

  • "L'objet précis de la rêverie, la "ferme modèle", évidemment désigne par synecdoque l'agriculture (en voie de disparition à partir du moment où elle eut recours à la modernité industrielle pour se développer intensivement), mais également une conception architecturale et organisationnelle du bâtiment agricole qui elle-même découle d'une philosophie d'économie politique, la physiocratie, remontant au XVIIIe siècle et développée principalement par François Quesnay (1694-1774).", (Extrait de l' " Avant-Propos " ).

  • La vie est passée réunit les poèmes inédits de G.
    L. Godeau, dispersés dans de nombreuses publications diverses et variées. On retrouve comme le souligne Georges Cathalo dans sa préface, ce " ton inimitable de quelqu'un qui ne triche pas, qui ne s'écoute pas parler. Son réalisme surprend, son lyrisme déconcerte : le lecteur n'est pas habitué à cette écriture cinématographique, par flashs successifs, par plans éloignés ou rapprochés, travellings, plongées et contre-plongées.
    Son oeil exceptionnel, sa sensibilité sans cesse en éveil lui ont permis de voir ce que le commun des mortels a du mal à dénicher ou alors, après maints efforts. Ce qui fit sa force fut ce pouvoir de transmuer toutes ces images volées au quotidien en mots chargés d'émotion ". Ce qui fait aussi la modernité d'un des poètes majeurs de la seconde partie du XXe siècle.

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  • hou ! hou !/la hulotte/n'a pas de culotte !/pas
    étonnant/surtout la nuit/les oiseaux sont/à poil !.


  • Carabines

    Sofia Queiros

    Chaque poète et chaque lecteur de poésie est un aventurier qui prend le risque de se perdre au-delà de la cohérence nécessaire à l'usage ordinaire du réel. Et dans l'immensité des territoires inexplorés de la pensée, Sofia Queiros pose de nouveaux jalons, trace d'autres pistes, élargit nos possibilités d'exprimer ce que nous ne ressentions jusqu'alors que confusément de notre propre aventure et de son quotidien.
    Bernard Ruhaud

  • Oui, longtemps, j'ai marché.
    Les mots qui m'accompagnaient, tels des anges tranquilles, veillant sur mon bonheur. discret. sans tapage. presque transparent. ecrire pour oublier. non. pour dire. le vide, l'ennui, l'envie. l'envie de naître au monde, d'avaler le soleil des ivresses fertiles. partager sans compter. se tromper de chemin, peut-être. avancer. avancer. etre enfin debout. etre un homme. avec ses failles, ses blessures et ses doutes.
    Jeter un pont. franchir le fleuve. atteindre l'autre rixe. sans se retourner. entrer dans la danse.

  • La poésie d'aline karnauch est d'un alliage subtil, intime et vaste à la fois, tout en raffinement et précision de la touche.
    Dans côté mat une femme quitte un monde pour entrer dans un autre, attentive aux moindres événements de ce désir naissant. chaque poème progresse en un mouvement intérieur où l'audace des images semble ouvrir pli à pli les ressources de la langue, entremêlant l'intelligence du moment et la délicatesse des sensations qui trouvent leur répondant dans l'espace des paysages. via l'horizon accélère le mouvement et se met à l'écoute des bruits du monde.
    Les inventions de la langue font bouger les frontières entre les corps, les choses et les lieux, produisant une résonance spécifique à chaque scène-poème. on y apprend que l'émotion est faite de tout ce qui l'entoure, pourvu qu'un art poétique nous ouvre grand les veux.

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  • Si cette poésie nous retient par sa capacité à unir la solitude et l'amour, la ville et la nature, le personnel et le social, elle nous touche peut-être encore davantage par l'attention à l'autre dont elle témoigne.
    Il faudrait parler de fraternité si ce mot n'était pas trop lourd d'abstraction pour une poésie qui n'intellectualise pas, qui ne propose une réflexion qu'au rebond du poème. Mais il est remarquable de lire dans Parler bas, en 1975 : " Je parle bas, mais je parle de toi (. ) Je parle bas, mais je parle de nous (. ) Je parle bas, mais je parle de tous. " Et en écho. en 1989 : Adossé à du ciel marchant au-dessus des marées, dans les vols des oiseaux vers les falaises, marchant vers vous à la rencontre Alors je peut-être Peut-être je tu ils " Yves Bonnefoy affirmait qu'il voulait " identifier poésie et espoir " le " peut-être " de Philippe Longchamp me semble encore une lueur.
    Quelque chose comme au moins une veilleuse, dans nos temps sombres. A. Emaz.

  • Sephmus dagtekin est né en 1964 à harun, village kurde au sud-est de la turquie. après des études dans l'audiovisuel à ankara, il arrive en 1987 à paris où il réside. il écrit en français, en kurde ou en turc. il a publié plusieurs livres au castor astral, parmi lesquels les chemins du nocturne (prix international de poésie francophone yvan goll) et juste un pont sans feu (prix mallarmé 2007), ainsi que chez robert laffont un roman a la source, la nuit (mention spéciale du prix des cinq continents de la francophonie).

  • Quatre livres publiés depuis 1960 qui rappellent que la poésie n'a qu'une lointaine parenté avec la précipitation : " l'enthousiasme ne s'invente pas ".

    Un itinéraire dont l'événement inaugural est l'Algérie - G. Bellay a vingt-deux ans en 1954 - qui nourrit le sentiment de louvoyer " entre les poteaux de l'obéissance et de la désertion " jusqu'à ce que vienne le jour où l'on cesse enfin " d'être confondu avec les tortionnaires ". Puis les étapes de la vie - mariage, enfants, métier d'instituteur, mort des proches, politique, mai 68. - ponctuées d'incessants retours en arrière, vers des images de l'enfance : le père, la mère, les fugues.

    Pour Guy Bellay, qui tient " parfois si mal à la vie ", la poésie est aussi bien une tentative d'élucidation qu'une quête de substance, dictée par le respect de soi et celui d'autrui. Dans l'économie des mots se retrouvent intriqués les scrupules de l'homme et ceux de l'écrivain : l'écriture n'est pas innocente, " il n'est pas bon d'éblouir plus que la vie " .
    Gilles Pajot.

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  • Un mot te raconte son histoire.
    Il côtoie fourmis noires, fourmis rouges, libellules, bourdons, grillons et tant d'oiseaux. quand les cacarinettes (coccinelles) quittent sa tête, il se met à penser, à voler, à chanter. il frappe à ta porte : toc, toc, toc. , et te donne toutes les saisons. pour lecteurs à partir de 5 ans et jusqu'à plus que centenaires.

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  • Une anthologie poétique (1974-1996) consacrée à l'un des grands poètes belges de langue française, dont l'oeuvre abondante - trente six titres - n'est plus guère disponible.
    Le choix des textes a été réalisé par Jean François GREGOIRE et Lucien NOULLEZ qui écrivent dans la préface : " L'oeuvre atteste qu'un parcours demeure possible malgré toute l'ombre qui nous cerne. Sans autre prétention qu'extraire dans ce parcours quelques balises, notre travail de sélection voudrait à son tour rendre hommage à l'odyssée de l'espérance chez Gaspard Hons. Car " la petite musique du monde , comme il dit, ne cesse de l'éblouir.
    Revêtue comme elle est d'humilité, c'est-à-dire de sincérité et de pudeur, la poésie de Gaspard Hons s'offre à chacun, pour que chacun puisse y lire quelque chose de son histoire singulière avec la langue qui tant nous fonde et nous éprouve ".

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  • Il marche dans la ville à notre invitation.
    Il marche en comptant les pieds sur ses doigts. De la rue de Gâte bourse au Point du jour, de La Lune aux Oudairies, il lève ses yeux, et les nôtres emboîtent son regard, sur des arbres inconnus et des ciels désireux. Dans la petite maison du Jardin des Latitudes, près de nous, il écrit. L'hiver paraît plus lumineux et le printemps empli de fleurs nouvelles; les rues de la Ville s'enorgueillissent désormais du passage du poète.
    Dans ce livre comme dans L'Eté calme bleu, La Compagnie des animaux tièdes et Et dessous le sang bouscule, Philippe Longchamp écrit pour nous ce qu'on n'aurait jamais vu, ce qu'on n'aurait jamais cru.

  • Nous transportons le monde d'un endroit l'autre.
    Le souffle. la matière imagée. le dôme des paroles respirables. c'est le paysage que nous rendons chaque jour à la vie. la somme naturelle. nous transportons le monde. d'un endroit l'autre seulement le poids de notre corps. (joël bastard).

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