Arts et spectacles

  • Artiste inclassable, performeuse avant l'heure, tout à la fois danseuse, mime, actrice au cinéma comme au théâtre, cabarettiste, inventeuse de la danse dite « grotesque » - dont elle est l'unique représentante -, Valeska Gert (1892-1978) était une « étincelle dans un baril de poudre ». Une figure, scandaleuse et adulée, du Berlin de l'entre-deux-guerres. L'arrivée au pouvoir des nazis la contraignit à s'exiler dix ans aux US. Cette « fille du peuple » dont la route croisa, comme chorégraphe, actrice et féministe, celles de Pabst et Renoir, Brecht et Einsenstein, Tenessee Williams, Fellini ou Schlöndorff, n'en continue pas moins, aujourd'hui encore, d'exercer son influence sur l'art chorégraphique.

  • Retour(s) sur Palermo Palermo, une pièce de Pina Bausch : détourner le folklore, construire le présent Nouv.

    Créée en 1990, la pièce de Pina Bausch Palermo Palermo conserve toute sa singularité, à la fois du point de vue des conditions de sa production et du contexte de sa création. En effet, mobilisée par un grand soulèvement citoyen contre la mafia et les instances gangrenées par elle, Palerme traverse alors une période qui a été définie comme le « Printemps palermitain » (1985-1990). Palermo Palermo est aussi la seule pièce de Pina Bausch qui revendique de manière frontale, jusque dans son titre même, le dialogue avec un territoire donné, son passé et, donc, son actualité. Entre ruines, tarentelle et puppi, on voit surgir dans Palermo Palermo les figures d´une Sicile mythique, originaire, sauvage, traditionnelle, rurale, mais détournées et dilatées dans le présent par la danse.

  • Tarantella ?! peut être lu comme le récit d'un voyage où les paysages évoqués sont avant tout sonores. L'auteur s'efforce d'y restituer l'intensité d'un langage dramatique, celui que les indigènes du Sud de l'Italie se sont créés depuis les temps antiques jusqu'à nos jours. De la danse des tarantate à la danse des couteaux, des chants de travail aux chants de prison, ces sons et ces gestes dessinaient le contour d'un monde qui continue de nous hanter, entre marginalité sociale et récupération spectaculaire. Travaillant tant sur la puissance des cultures subalternes, que sur une critique de la civilisation occidentale, s'interrogeant sur l'articulation de la politique et du langage, ce livre échappe au final à toute discipline?: il invoque tour à tour l'ethnomusicologie, la philosophie, l'histoire sociale et politique ou encore l'anthropologie...

  • La création artistique de Josef Nadj s'organise autour d'un ensemble de motifs qui reviennent constamment et qui, pour la plupart, s'enracinent dans son enfance. Au jeu des questions, Josef Nadj répond par des histoires. Allégories ou métaphores ouvertes, suspendues. Ce texte de Myriam Bloedé, accompagné de 75 photographies et dessins de Josef Nadj, restitue ici quelques-unes de ces histoires, évite la chronologie et l'analyse systématique des pièces pour faire apparaître la cohérence de l'oeuvre scénique et plastique. Inviter à une traversée de son univers, en suivant le fil des motifs et surtout de ces figures qui le « hantent positivement ».

  • Que faisait donc la danse aux Expositions universelles et internationales de Paris, ces sites légendaires autant qu'éphémères, entre foires et musées, dont la finalité, de la Troisième République au Front populaire, était de rassembler les réalisations exemplaires des avancées de la technologie et des arts ? Sa présence - dont témoignent de nombreux comptes rendus - répondait-elle à un projet politique ou reflétait-elle la « dansomanie » de l'époque, l'irruption de la danse dans l'industrie du divertissement ? Comment expliquer son impact sur la culture de l'époque ? Et surtout, pour paraphraser Walter Benjamin, le geste dansant incarnait-il le visage « utopique » de l'Exposition, la place de l'homme dans un Cosmos à qui le progrès donnerait bonheur et harmonie, ou bien « son aspect cynique » dans le Chaos de la marchandisation sauvage des loisirs et des attractions ?
    En supposant une singularité de l'expérience vécue par le spectateur dans le contexte spécifique des Expositions, ce livre fait le pari, plutôt que de recenser les formes chorégraphiques présentées, d'en étudier la réception, la production de discours ou d'images qu'elles ont suscités, ces traces de la perception des corps en mouvement et de l'expérience de ceux qui y assistèrent.


  • cette autobiographie, écrite en 1908, se construit en une succession de tableaux intimistes, mondains ou comiques, qui relatent le surprenant parcours et les nombreuses rencontres de l'une des reines de la belle epoque, loïe fuller.
    créatrice de la danse serpentine, par ses gestes hypnotiques, ses jeux de voiles et de lumières, loïe fuller fascina toulouse-lautrec, nadar, méliès, rodin, les frères lumière ou mallarmé et devint l'égérie des symbolistes. cette " aladine " occidentale, adulée aux quatre coins du monde, fut aussi une féministe avant l'heure. me afficha son homosexualité et revendiqua pleinement son rôle d'artiste. dirigeant son propre théâtre, productrice, imprésario, elle fit venir en france là premières troupes d'acteurs japonais, écrivît des ballets et des tragédies puis s'essaya, comme réalisatrice, au cinématographe.
    mais, surtout, sa danse serpentine en puant sur la lumière, la couleur, la forme abstrait et le merveilleux est à l'origine de tout un plan de la danse contemporaine.

  • Formée notamment à l'école Mudra de Bruxelles, Catherine Diverrès pratique les techniques de José Limón, de Merce Cunningham et d'Alwin Nikolais avant de rejoindre Dominique Bagouet à Montpellier. Sa rencontre avec Kazuo Ohno, grande figure du butô japonais, amorce sa démarche choré- graphique : avec Bernardo Montet, Catherine Diverrès obtient une résidence d'étude au Japon où ils inventent leur propre langage et créent, en 1983, leur premier duo, Instance. À leur retour, ils fondent le Studio DM et codirigent à partir de 1994 le Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne, dont Catherine Diverrès assure seule la direction de 1998 à juin 2008. Depuis, elle a créé une nouvelle compagnie, l'Association D'Octobre, avec laquelle elle poursuit son travail de création, de diffusion et de transmission.

    Ce livre rend compte de son cheminement au gré des pièces et du temps. Photographies, écrits et entretiens menés avec la chorégraphe ou avec ses collaborateurs musiciens et danseurs accompagnent l'analyse d'Irène Filiberti. Sélectionnés dans les archives de Catherine Diverrès, ces documents situent les oeuvres et les projets dans leur contexte. Un abécédaire rassemble notamment des notes, des propos et des textes de la chorégraphe. Enfin, le projet chorégraphique Cantieri, développé en Sicile, est retracé par Claudia Palazzolo. Analyse sensible d'une oeuvre, ce livre témoigne de l'éphémère de la scène et des mémoires passantes que les gestes artistiques déposent en chacun.

  • Conversation avec Annie Suquet et Jean Pomarès Figure artistique majeure de la seconde moitié du XXe siècle, le danseur et chorégraphe américain Merce Cunningham (1919-2009) s'intéressa aussi, tout au long de sa vie, aux progrès de la technologie - de l'audiovisuel à la modélisation en 3D et au multimédia - comme moyens d'enrichir sa création chorégraphique.
    Avec Westbeth et Blue Studio, les premiers films qu'il réalise avec Charles Atlas au milieu des années 1970, Merce Cunningham est considéré comme l'inve teur de la "vidéo-danse ". C'est dire le prix de ses réflexions sur les singularités de la danse filmée, qu'il s'agisse d'adapter des oeuvres créées pour la scène ou de chorégraphier directement pour la caméra.
    Le 17 novembre 1996, il était justement l'invité d'une rencontre publique au Centre Pompidou, organisée dans le cadre de la manifestation Vidéodanse, films de danse, sur le thème " Chorégraphier pour la caméra ". Cet ouvrage reprend l'intégralité des propos tenus par Merce Cunningham à cette occasion et les prolonge par des textes de ses interlocuteurs d'alors, Annie Suquet et Jean Pomarès, qui reviennent, chacun à sa manière, sur l'oeuvre filmée de cet immense artiste.
    Présenté par Myriam Bloedé, l'ensemble est illustré par des images de films réalisés par Cunningham avec Charles Atlas ou Elliot Caplan.

  • La Haute école de musique de Genève a choisi de s'intéresser aux enjeux du métier de musicien d'orchestre, au moment où celui-ci connaît d'importantes transformations ; ainsi qu'à la manière de le transmettre aux futures générations de musiciens. À travers cet ouvrage, Patrick Lehmann et Aurélien Poidevin ont donné la parole à différents acteurs de la vie musicale afin d'engager une réflexion inédite qui s'articule autour des moments clefs d'une carrière : la formation, le concours et la vie quotidienne du musicien d'orchestre. Dans cette perspective, une attention toute particulière a été portée aux modalités de recrutement des musiciens d'orchestre, avec une immersion dans les coulisses de ces épreuves atypiques, documentée par un reportage photographique inédit. Musiciens d'orchestre présente un choix de textes et d'entretiens illustrés par des portraits réalisés par Denis Félix avec des étudiants et des professeurs de la Haute école de musique de Genève, ainsi que des musiciens, des chefs d'orchestre et de grands acteurs de la vie musicale en Suisse, en France et en Allemagne, membres entre autres de l'Orchestre de la Suisse romande, de l'Orchestre de chambre de Lausanne et du Berliner Philharmoniker.

    La totalité des portraits figurant dans les pages qui suivent ont été réalisés grâce un système de photographie moyen format Hasselblad H5. La mise dans la lumière de ces photographies numériques de très haute définition a été réalisée grâce à un système d'éclairage Broncolor. Les images des trois concours d'orchestre ont été produites grâce à un boîtier photographique numérique et à une optique Canon.

    Portraits (avec entretien) de :
    Jesús López Cobos (chef d'orchestre) ; Maya Kadosh (violon) ; Tedi Papavrami (violon) ; Yves Brustaux (timbale) ; Alberto Bocini (contrebasse) ; Jeanne Sifferlé (basson) ; Clément Charpentier-Leroy (cor) ; Bruno Schneider (cor) ; Peter Riegelbauer - (contrebasse) ; Laurent Gay (chef d'orchestre) ; François Sochard (violon) ; Astrid Arbouch (cor) ; Vincent Godel (basson) ; Roland Perrenoud (hautbois) ; Benoît Braescu (directeur exécutif de l'OCL) ; Pierre-François Bruchez (régisseur administratif de l'OCL) ; Ivy Wong (contrebasse) ; Emmanuel Pahud (flûte) ; François Sochard (violon) ; Claire Dassesse (violon) ; Madoka Sakitsu (violon) ; Guillaume Jehl (trompette) ; Isabelle Bourgeois (cor) ; Katrin Herda (basson) ; Madeleine Carruzzo (violon) ; Aline Champion (violon) ; Linda Bärlund (violon) ; Marie Sirot (violon) ; Kurt Sturzenegger (trombone) ; Chouchane Siranossian (violon) ; Thierry Fischer - (chef d'orchestre) ; François Guye - (violoncelle) ; Emmanuel Krivine - (chef d'orchestre) ; Didier Schnorhk - (secrétaire général du Concours de Genève) ; Floriane Cottet - (directrice de l'Orchestre Dijon Bourgogne) ; David Lachat - (avocat, président du Conseil de fondation de la Haute École de Musique) ; Philippe Dinkel - (directeur de la Haute École de Musique).

  • Le festival concordan(s)e fait chaque année le pari de provoquer une rencontre inédite entre des écrivains et des chorégraphes.
    Selon le principe établi, les deux artistes, qui ne se sont au préalable jamais rencontrés, s'observent, s'interrogent sur ce qui attise leur désir de créer. De cette plongée dans leur intimité créative, une création commune et inédite est présentée où l'écrivain et le chorégraphe dévoilent ce qu'ils ont surpris, compris de ce cheminement, comme un prolongement original à leur propre univers.
    Le public devient alors témoin de cet acte artistique commun qui illustre à chaque fois la complicité qui s'est établie et la place que chacun propose à l'autre. Dans ce nouvel ouvrage, vous pourrez découvrir le récit des auteurs qui ont participé aux éditions 2010 et 2011 du festival concordan(s)e :
    Clara Cornil & Mylène Lauzon, Annie Vigier & Franck Apertet, Sylvain Groud & Maylis de Kerangal, Sylvain Prunenec & Mathieu Riboulet, Daniel Dobbels & Nicole Caligaris, Laura de Nercy & Emmanuelle Pagano, Maria Donata d'Urso & Sophie Loizeau, Radhouane El Meddeb & Philippe Adam, Olivia Grandville & Anne Kawala, Jérôme Ferron & Emmanuelle Pireyre, Lionel Hoche & Emmanuel Rabu.

  • DEPUIS SA PREMIERE EDITION EN 2007, LE FESTIVAL CONCORDAN(S)E FAIT CHAQUE ANNÉE LE PARI DE PROVOQUER UNE RENCONTRE INEDITE ENTRE DES ECRIVAINS ET DES CHOREGRAPHES. SELON LE PRINCIPE ETABLI, UN CHOREGRAPHE SE POSITIONNE FACE A SON OEUVRE, ESSAIE DE DEFINIR CE QUI GENERE CHEZ LUI CE BESOIN DE CONCEVOIR UNE CREATION. POUR L'AIDER A S'INTERROGER SUR SA DEMARCHE DE CREATEUR, IL EST ACCOMPAGNE PAR UN ECRIVAIN, AIFN DE MENER UNE REFLEXION CONJOINTE SUR CES QUESTIONNEMENTS. DE CETTE PLONGEE DANS L'INTIMITE CREATIVE DE CHOREGRAPHE, L'ECRIVAIN DEVOILE CE QU'IL A SURPRIS, COMPRIS DE CE CHEMINEMENT COMME UN PROLONGEMENT ORIGINAL A SA PROPRE CREATION. DE LA RENCONTRE DE CES BINOMES, NAISSENT DES FOREMS DIVERSES, AUSSI HYBRIDES LES UNES QUE LES AUTRES, QUE LE PUBLIC EST CONVIE A DECOUVRIR EN DIRECT.
    DANS CE PREMIER OUVRAGE, VOUS POURREZ DECOUVRIR LE RECIT DES AUTEURS QUI ONT PARTICIPE AUX TROIS PREMIERES EDITIONS DU FESTIVAL CONCORDAN(S)E : CECILE LOYER, NICOLAS FRETEL, ROSALIND CRISP, ISABELLE GINOT, CHRISTIAN BOURIGAULT, GILLES SAMPIERI, VALERIA APICELLA, CHRISTOPHE MARTIN, FRANCOIS LAROCHE-VALIERE, EVELYNE SALANDRE, YVANN ALEXANDRE, EMMANUEL ADELY, ZAZA DISDIER, YAN ALLEGRET, XAVIER LOT, RONAN CHENEAU, GUILLAUME BERTRAND, ANNE LUTHAUD, MARION LEVY, FABRICE MELQUIOT, CHRISTIAN UBL, FRANCOIS TESSIER, CARLOTTA SAGNA, OLIVIA ROSENTHAL, PIERRE JOHANN SUC, PIERRE CHARRAS, NATHALIE PERNETTE, GWENAELLE STUBBE, PHILIPPE COMBES, ARNAUD CATHRINE, OSMAN KHELILI, PASCAL MORIN, GENEVIEVE SORIN, LULLA CHOURLIN, SUSANNE JOUBERT.

  • Véritable musée imaginaire du spectacle vivant, cet ouvrage réunit le plus grand ensemble de documents jusqu'ici collectés sur tous les aspects de la scène lyrique autour de 1900, alors même que celle-ci connaissait son apogée. Ce nouveau regard porté sur l'opéra ne néglige aucune des formes de la fabrique du spectacle, qu'il s'agisse des enjeux artistiques, pratiques, économiques et humains d'une production - allant des dessous jusqu'aux cintres en passant par les coulisses et les ateliers de construction des décors. La Scène lyrique aborde également le travail scénique du chanteur : celui-ci est aussi acteur et profère sa partie comme un véritable discours. Or, la permanence des règles de la rhétorique et de la civilité au théâtre est frappante jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale. Se tenir debout, s'asseoir, tomber à terre sont des actions régies par des convenances sociales et dramatiques. En revanche, le chanteur avait l'initiative de son jeu. Une grande part du métier d'artiste lyrique consistait, avec l'aide du costume et du maquillage, à composer un ensemble de gestes et d'expressions physionomiques empruntés à de vieilles traditions toujours vivantes. À partir de la réunion et de l'analyse de plusieurs centaines de gravures et de photographies, les auteurs ont recomposé les infinies combinaisons de gestes expressifs qui caractérisaient l'art du chanteur d'opéra. Sur la scène, de la même manière qu'un peintre compose une toile selon des lignes de force, le régisseur dispose les acteurs afin de former de véritables tableaux vivants. Ces moments d'immobilisation constituent le paroxysme expressif des opéras, autour de 1900, où tous les éléments constitutifs du genre se combinent harmonieusement.
    La Scène lyrique autour de 1900 contient plus de 560 illustrations (gravures, photographies, reproductions de documents d'archives, etc.) ainsi que deux CD incluant l'enregistrement intégral et inédit du premier tableau du troisième acte des Maîtres chanteurs de Nuremberg, de Richard Wagner (1944), et une anthologie d'airs et de pages symphoniques tirés des Maîtres chanteurs de Nuremberg, de Richard Wagner, par Georges Imbart de La Tour, Paul Franz, Marcel Journet, Georges Thill, Gabriel Pierné, etc. (1908 à 1935).

  • La ville suburbaine est l'utopie réalisée de la prospérité. Elle est l'expansion sans fin du confort à la campagne qui a transformé la planète en réseau de parcs. C'est la ville vernaculaire du XXe siècle.
    Pour comprendre la fabrication de cette grande installation planétaire, Émeric Lambert dresse un portrait chinois du projet suburbain. Il reconstruit une histoire décentrée de la ville. En suivant l'épopée de la constitution de la ville de Sénart, il montre comment l'urbanisme planifié hérité de la modernité a cédé la place à l'opportunisme opérationnel. Il construit ainsi la théorie informulée du suburbanisme qui a oeuvré au développement d'une ville informe et pourtant très efficace.
    Plus qu'une vision d'urbaniste, c'est un phénomène culturel, dont les ramifications s'étendent à la technologique, à l'art et à la politique, qui est exposé ici avec pragmatisme. Cette enquête suburbaine s'adresse à tous ceux qui s'intéressent à la fabrication de notre environnement et aux controverses démocratiques qu'elle soulève.

  • La modélisation urbaine ou la tentation de l'impossible. Essayez de représenter le fonctionnement de tout ou partie d'une ville sousune forme stylisée : vous êtes sans conteste un réductionniste enragé. Qui plus est, vous avez recours au langage mathématique et au calcul numérique : vous êtes décidément un dangereux totalitariste. Pourtant personne ne renonce à la tentation de simuler le fonctionnement de nos cités et de ceux qui les habitent. Pour instruire ce procès imaginaire, les auteurs de l'ouvrage ont composé un dictionnaire passionnel qui nous plonge dans les petits et grands secrets de la fabrique des modèles urbains.
    Un dictionnaire qui interroge. Parce que les auteurs partagent la conviction qu'un modèle se définit avant tout par son usage : parfois une simple assistance automatisée à la gestion d'une infrastructure urbaine, parfois un espace intellectuel pour l'expérience et la validation de théories sur le « réel ».
    Un dictionnaire illustrant et illustré. Parce que, de la conception du modèle à l'exploitation de ses résultats, les pratiques sont diverses. Sansparler de la variété des situations d'expertise dans lesquelles on « fait parler » le modèle. Parce que, pour mieux saisir toute cette diversité, tous les fantasmes et mythologies associés aux modèles, les auteurs pensent qu'il vaut mieux en rire avec des dessins.
    Un dictionnaire passionnel. Parce que ceux qui ont contribué à cet ouvrage développent des modèles, les utilisent, étudient ceux qui les conçoivent et les utilisent. Parce qu'ils y consacrent le plus clair de leur temps et de leur énergie et que le devenir de leur créature est à l'image de toute relation de couple : un futur incertain.

  • Le débat sur le sexe des marionnettes se pose avec autant d'acuité qu'hier celui sur le sexe des anges. Mais qu'attendre de l'honnête Marie (racine du terme « marionnette » en français) poussée par les fils de la Vierge ? Ou des marottes un peu simplettes ? A-t-on jamais prêté une sexualité à Guignol et à son comparse Gnafron ? Les propositions théâtrales visant à débaucher la marionnette se singularisent par leur humour, leur appétit, mais s'interdisent les écarts de conduite. Le chantier de la libido des puppets reste ouvert. Ailleurs, hors l'Occident, Thanatos règne en maître sur l'univers des pantins. Aussi sera-t-on tenté de vider le sac de cette Faucheuse, avec quelques incursions du côté du cinéma d'animation tchèque, avant d'enfourcher ce qui menace de devenir un dada : la question du genre chez les pantins. Il sera bien temps, après, de faire intervenir la folie venant frapper à la porte des ateliers, et de s'interroger sur la fonction de double ou d'épouvantail, apte encore à faire fuir une partie du public, intrigué autant qu'effrayé par la mise en branle des objets.

  • Concordan(s)e est une aventure singulière entre un chorégraphe et un écrivain, entre le geste et le mot. Selon le principe établi, une commande est passée à un chorégraphe et un écrivain, qui ne se sont au préalable jamais rencontrés, pour une création commune et inédite qu'ils vont ensuite interpréter eux-mêmes.
    L'objectif de ces rencontres est de susciter la curiosité, le regard critique, la découverte de nouveaux champs d'explorations. Les binômes dévoilent à chaque fois des formes inattendues, des créations surprenantes pour offrir à cette expérience originale toute sa richesse et son caractère singulier.
    Dans cet ouvrage illustré de dix-sept photographies, vous pourrez découvrir le récit croisé des auteurs et des chorégraphes qui ont participé aux éditions 2012 et 2013 du festival concordan(s)e, et surtout la création littéraire qui en résulte.

    Emmanuelle Vo-Dinh et Jérôme Mauche, Daniel Larrieu et Arno Bertina, Jean-Baptiste André et Fabrice Melquiot, Perrine Valli et Carla Demierre, Louise Desbrusses autour de l'écriture chorégraphique de Deborah Hay, Lionel Hoche et Emmanuel Rabu (reprise), Mickaël Phelippeau et Célia Houdart, Fabrice Ramalingom et Emmanuelle Bayamack-Tam, Béatrice Massin et Fabienne Yvert, Andrea Sitter et Frédéric Forte.

  • ENTRE GESTES ET MOTS. Le festival concordan(s)e passe une commande à un chorégraphe et un écrivain qui ne se connaissent pas au préalable. Ils vont découvrir leurs expériences respectives, cheminer ensemble pour nous dévoiler le fruit de leurs échanges. Le chorégraphe et l'écrivain interprètent ensuite face au public une création danse/texte inédite.

    Ces rencontres offrent à chaque fois des formes inattendues qui donnent à cette expérience toute sa richesse, son originalité. L'intention de ce projet est de découvrir, sur un même espace, le chorégraphe et l'écrivain dans cet acte artistique commun.
    Dans cet ouvrage, vous pourrez découvrir le texte inédit des écrivains et l'impression de ce face-à-face vécue par les chorégraphes et les écrivains qui ont participé aux éditions 2014 et 2015 du festival concordan(s)e :

    Cécile Loyer & Violaine Schwartz.
    Myriam Gourfink & Éric Suchère.
    Fanny de Chaillé & Pierre Alferi.
    Hélène Iratchet & Pauline Klein.
    Julie Desprairies & Thomas Clerc.
    Fabrice Lambert & Gaëlle Obiegly.
    Jonah Bokaer & Antoine Dufeu.
    Yann Lheureux & François Beaune.
    Anne-Mareike Hess & Nathalie Ronvaux.

  • Fondé en 1795, le Conservatoire de Paris a traversé jusqu'à aujourd'hui les vicissitudes politiques, les révolutions pédagogiques et esthétiques et, bien sûr, les transformations du métier d'artiste. Une telle longévité fait évidemment question surtout à l'heure où la notion même d'institution est remise en cause.

    Pour aborder la longue histoire du Conservatoire de Paris, ce livre propose une formule originale. Un bref essai historique analyse d'abord les piliers sur lesquels a reposé pendant près de deux siècles l'une des principales écoles de musique européenne. Puis 16 entretiens avec des personnes formées ou ayant travaillé dans l'établissement reviennent sur ses fondements et éclairent son histoire durant les cinquante dernières années.

    Les entretiens ont été menés avec Jane Berbié, Gilbert Amy, Alain Meunier, Jacqueline Billy-Hérody, Alain Louvier, Catherine Robin, Alain Poirier, Marc-Olivier Dupin, Philippe Dinkel, Claude Delangle, Géry Moutier, Frédéric de Roos, Coralie Fayolle, Bruno Messina, Bruno Mantovani et Alexis Kossenko.

  • ENTRE GESTES ET MOTS. Le festival concordan(s)e passe une commande à un chorégraphe et un écrivain qui ne se connaissent pas au préalable. Ils vont découvrir leurs expériences respectives, cheminer ensemble pour nous dévoiler le fruit de leurs échanges.

    Le chorégraphe et l'écrivain interprètent ensuite face au public une création danse/texte inédite. Ces rencontres offrent à chaque fois des formes inattendues qui donnent à cette expérience toute sa richesse, son originalité. L'intention de ce projet est de découvrir, sur un même espace, le chorégraphe et l'écrivain dans cet acte artistique commun.

    Dans cet ouvrage illustré de photographies des performances, vous pourrez découvrir, pour chacune d'elle, le texte inédit et les impression(s) des chorégraphes et des écrivains qui ont participé aux éditions 2016 et 2017 du festival concordan(s)e :

    Edmond Russo et Shlomi Tuizer & Bertrand Schefer.
    Gilles Verièpe & Ingrid Thobois.
    Raphaëlle Delaunay & Sylvain Prudhomme.
    DD Dorvillier & Catherine Meurisse.
    Frank Micheletti & Charles Robinson.
    Maud Le Pladec & Pierre Ducrozet.
    Mylène Benoit & Frank Smith.

    + un livret spécial pour les 10 ans ! du festival.

  • Si la redécouverte de l'opéra de Camille Saint-Saëns, Ascanio, créé en 1890, tombé dans l'oubli depuis 1921, puis exhumé grâce à une coproduction entre la Haute école de musique de Genève et le Grand Théâtre de Genève, sous la direction de Guillaume Tourniaire, se trouve au coeur de cette aventure, elle a aussi permis, en laissant le photographe Éric Bouvet assister à ce travail, la création d'un livre aux images rares. Les photographies d'Éric Bouvet invitent le lecteur à circuler entre les différents pupitres, à se faufiler parmi les étuis des instruments, les pieds de micro, etc. Jamais de telles photographies n'avaient été réalisées, qui nous placent tantôt sur l'estrade du chef d'orchestre, tantôt au coeur même de la phalange, du côté des percussions, des vents, des cordes ou du choeur. En focalisant son attention sur le travail des musicien·ne·s, depuis les premières lectures de la partition jusqu'à l'issue du concert, Éric Bouvet investit un espace d'ordinaire peu accessible au public et offre un regard inédit sur le fonctionnement d'un orchestre. Grâce à la photographie, il révèle toute la complexité des coulisses de l'art lyrique. Sous la baguette de Guillaume Tourniaire, des étudiant·e·s de la Haute école de musique de Genève et de la Zürcher Hochschule der Künste. Pour bon nombre de ces jeunes musicien·ne·s, l'aventure a marqué leur première confrontation avec le monde de l'opéra.

    La Haute école de musique de Genève et l'éditeur remercient chaleureusement une fondation privée genevoise, un mécène privé, ainsi que la Fondation Otto & Régine Heim pour leur soutien.

  • Sidi Larbi Cherkaoui, danseur et chorégraphe, a créé, avec Nienke Reehorst, Ook, un spectacle interprété par des acteurs handicapés psychiques rencontrés au Theater Stap de Belgique. La venue de l'un d'entre eux, Marc Wagemans, dans le spectacle Foi, a permis à Sidi Larbi Cherkaoui de poursuivre, avec les Ballets C. de la B., ce travail d'ouverture sur la pluralité des individus. Joël Kerouanton, éducateur spécialisé, a voulu interroger Sidi Larbi Cherkaoui sur l'élaboration de ces spectacles, sa pratique de la danse, sa capacité à conduire ses danseurs à sublimer leurs handicaps : le chorégraphe a alors proposé à l'éducateur de le croiser régulièrement, une année durant...

    Fruit d'un dialogue continu entre le chorégraphe et Joël Kerouanton, Sidi Larbi Cherkaoui, rencontres s'offre comme une écriture-promenade au côté d'un metteur en scène et de ses interprètes.

  • Duo de « théâtre dansé », Rosaura (2002) marque un aboutissement dans l'élaboration du langage scénique de Brigitte Seth et Roser Montlló Guberna. Un tissage de genres et de styles qui fait intervenir sans hiérarchie théâtre, image, musique et mouvement dansé et se prolonge dans le multilinguisme qui les caractérise : le passage, sans transition et sur une même portée musicale, du castillan au français ou au catalan. D'où leur désir d'en faire un livre, c'est-à-dire d'y revenir tout en explorant un médium différent. Aborder Rosaura dans cette perspective, c'est donner la priorité aux écritures. En effet, au texte de la pièce, s'ajoutent des fragments de la chorégraphie. La partition réalisée pour cette publication en notation Benesh par Natalia Naidich apporte des indications sur la physicalité du mouvement et la tension entre les corps, le texte, l'espace. Les photographies de Brigitte Eymann font valoir la qualité picturale et plastique du spectacle. Enfin, dans un entretien, les deux artistes reviennent sur le processus de travail et la dramaturgie. Pensé comme un « objet de transmission », ce livre amorce d'autres pistes de lecture et d'interprétation, y compris pour la scène.

  • Antonia Baehr est artiste protéiforme et poursuit un travail non-disciplinaire, en adoptant le principe d'alternance des rôles avec ses partenaires artistiques, chacun étant tour à tour, interprète, auteur et concepteur, hôte de son propre projet ou invité pour le projet de l'autre. L'ouvrage RIRE / LAUGH / LACHEN est à la fois une archive, retraçant l'évolution du projet RIRE de sa préparation à sa publication et un livre de méthode, pour un usage pratique du rire. Dans le cadre de sa résidence aux Laboratoires d'Aubervilliers, Antonia Baehr a développé depuis juin 2007 un projet de recherche autour du rire en plusieurs étapes : avec des Ateliers de rire ouverts aux habitants d'Aubervilliers mis en place avec Valérie Castan, qui lui ont permis d'expérimenter différentes techniques de rire et, en guise de cadeau d'anniversaire, des « Partitions de rire » qui lui ont été offertes par plusieurs personnes de son entourage, suite à sa demande. Ces différentes phases de la mise en oeuvre du projet ont constitué le matériau à partir duquel s'est élaboré le spectacle RIRE et forment la trame du livre.

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