Langue française

  • Biere et alchimie Nouv.

    Biere et alchimie

    Bertrand Hell

    Fruit d´une étude ethnologique, cet ouvrage croise les enquêtes de terrains et des données historiques pour retracer l´histoire de la bière, la plus ancienne des boissons. Évoquant ses modes de production à travers les âges, son folklore, ses chansons, ses fêtes et ses légendes, Bertrand Hell nous dévoile les liens existants entre les confréries des brasseurs et celles des alchimistes. En effet, invoquant la combinaison des forces symbolisées par le double triangle entrelacé de l´étoile des brasseurs (qui n´est autre que le sceau de Salomon ), « l´art » brassicole permet de transmuer une matière imparfaite car putrescible en un breuvage doté de la force de vie de l´alcool. C´est à l´aune de cette pensée symbolique que doivent se comprendre à la fois l´importance historique de la bière comme boisson rituelle et ses modes contemporains de sociabilité qui la distingue du vin.

  • Retour(s) sur Palermo Palermo, une pièce de Pina Bausch : détourner le folklore, construire le présent Nouv.

    Créée en 1990, la pièce de Pina Bausch Palermo Palermo conserve toute sa singularité, à la fois du point de vue des conditions de sa production et du contexte de sa création. En effet, mobilisée par un grand soulèvement citoyen contre la mafia et les instances gangrenées par elle, Palerme traverse alors une période qui a été définie comme le « Printemps palermitain » (1985-1990). Palermo Palermo est aussi la seule pièce de Pina Bausch qui revendique de manière frontale, jusque dans son titre même, le dialogue avec un territoire donné, son passé et, donc, son actualité. Entre ruines, tarentelle et puppi, on voit surgir dans Palermo Palermo les figures d´une Sicile mythique, originaire, sauvage, traditionnelle, rurale, mais détournées et dilatées dans le présent par la danse.

  • Revenir à l´oeuvre même d´André Breton pour l´appréhender en termes d´idées, de travail de la pensée et du regard, en évaluer la portée dans l´espace et dans le temps, l´ouvrir au dialogue et l´exposer à la confrontation, tels sont les enjeux de cet ouvrage qui réunit des auteurs reconnus dans des disciplines variées - philosophie, histoire de l´art, des sciences et de la culture, littérature, psychanalyse. Déployé sur trois axes - l´art, la magie, l´écriture - qui parfois convergent et se nouent, La pensée-Breton s´interroge successivement sur les manières de penser propres à André Breton , sur les processus de sa création, ses modalités d´écriture (fabriquer pour comprendre) , sur son esthétique, de l´art à l´état sauvage à l´art magique , sur quelques interlocuteurs avec et contre lesquels Breton a élaboré sa pensée , et sur certaines « influences », prémisses, résonances ou échos lointains, qu´a exercées son oeuvre ou qui se sont exercées sur elle. »

    awaiting publication
  • «Puisse ce récit, sincère et véridique, dégoûter à jamais mes semblables de s'en aller à travers champs, à la suite d'un chien, le carnier sur le dos, la cartouchière a la ceinture, le fusil sous le bras !».
    Dix heures en chasse, nouvelle autobiographique publiée par Jules Verne en 1881, est le récit cocasse des déconvenues d'un chasseur débutant. Ce texte nous dévoile un Jules Verne méconnu, débordant d'autodérision. Obligé par les chasseurs à admettre qu'il est à l'origine de tous les ratés de cette expédition, le narrateur ne sait même plus, de sa maladresse ou de leur vanité, laquelle est la plus risible...

    Ce roman est accompagné de gravures de Sarah d'Haeyer.

  • Il est en miettes, en morceaux ottants, en fragments brisés. Il est en éclats qui se forment et se déforment comme au gré des vents, une fumée qu'un moindre sou e assemble et défait. Sa charpente elle-même est déconstruite. Il est comme un char à deux roues dont les roues s'écartent et divergent, roulant chacune pour son propre compte, disloquant le char à chacun de leurs mouvements. Il est plusieurs matières qui s'a rontent, s'écrasent, s'entre pénètrent. Il est pris dans l'écrasement, dans une lutte de roches qui s'abrasent en se rencontrant, qui se dégradent en se frottant et sa boîte crânienne est au coeur de ce chaos et tous les éléments de son corps sont au coeur de ces diverses pressions, pressions qui se rejoignent et se repoussent, qui s'annulent et se renforcent par ces luttes qu'elles mènent les unes contre les autres. Et il n'y a aucune accalmie dans cet affrontement, aucune paix dans cette confrontation, pas la moindre relâche, pas le moindre temps mort. Il n'y a pas de repos pour lui, jamais, sauf en trichant avec les forces qui l'oppressent, en s'escamotant, en faisant semblant de disparaître, de n'être plus, de ne plus vivre, de ne plus agir et en perdant peu à peu toute énergie, choisissant la fatigue pour amie et la paresse comme alliée. Il ne sait pas qui il est, jamais, il ne peut se nommer, il ne peut se dé nir, il est toujours autre, jamais soi.

    « Je voulais depuis longtemps parler du regard des normaux sur les anormaux, utiliser le théâtre comme chambre d'écho à cette relégation des fous, des "dingues", hors des frontières de la bienséance conventionnelle. Je voulais ainsi mettre en lumière une question réservée trop souvent aux amphithéâtres des facultés et à l'intimité des chambres. Celle de la folie. Ce faisant, il me semblait qu'il ne s'agissait ni plus ni moins que d'envisager ce qu'il reste en nous d'accueillant pour le différent. » Hélène Mathon

  • Tarantella ?! peut être lu comme le récit d'un voyage où les paysages évoqués sont avant tout sonores. L'auteur s'efforce d'y restituer l'intensité d'un langage dramatique, celui que les indigènes du Sud de l'Italie se sont créés depuis les temps antiques jusqu'à nos jours. De la danse des tarantate à la danse des couteaux, des chants de travail aux chants de prison, ces sons et ces gestes dessinaient le contour d'un monde qui continue de nous hanter, entre marginalité sociale et récupération spectaculaire. Travaillant tant sur la puissance des cultures subalternes, que sur une critique de la civilisation occidentale, s'interrogeant sur l'articulation de la politique et du langage, ce livre échappe au final à toute discipline?: il invoque tour à tour l'ethnomusicologie, la philosophie, l'histoire sociale et politique ou encore l'anthropologie...

  • Chasseur à l'automne, ou encore de l'homme des bois, du loup-garou, de l'enragé, du possédé. Il préside aussi à la poursuite céleste des pléiades par Orion. Analysant la pratique de la chasse, en France et en Europe, Bertrand Hell retrace, à travers le motif central du sang noir, les multiples aspects du mythe de l'homme sauvage, dont il est la métaphore dans notre culture.
    S'adonner à la chasse, c'est s'abandonner au flux sauvage, risquer de passer sous son empire ; il y faut donc des règles précises. mais la passion peut devenir fureur, et fièvre dangereuse. De la Méditerranée à la Sibérie, mythes et mythologies illustrent ces débordements ; le thème touche à la cosmologie, à la théologie, à la médecine, il organise en profondeur l'imaginaire de notre culture, et l'on verra que saint Hubert s'inscrit dans la filiation d'Artémis, la divine chasseresse.

  • « Après les organes étalés dans des vides grenier, après confection lente d'un squelette, je suis prêt à rentrer dans une peau molle qui devient ferme et élastique, et de contempler, avec délice, mes avants bras, fier comme un soldat de plomb, je vous attends bras croisés au bout de l'impasse. » Histoire intime d'Elephant man est, selon Pierre Notte, « un chant syncopé au rythme des battements du coeur. Performeur, conteur et musicien, il improvise, les mots tournoient. Il cherche la vérité, il construit une expression spontanée, cocasse et drôle. Il livre son intimité en une fête monstre, jouissive. Il crée une litanie absurde, charnelle, essentielle. » Vous trouverez dans cet opuscule différentes techniques manifestes dont : Face à l'effondrement du corps par la fragmentation, tentative de démontage des acquis injectés dès l'enfance - Pour un corps complet - Démantèlement des envahissements successifs - Assouplissement des encombrements - Aération méticuleuse des parties hantées - Confection lente d'un squelette - Techniques de base pour se voir revenir.

    Histoire intime d'Elephant Man a été produit et créé en avril 2016 au théâtre L'Aire Libre dans le cadre du festival Mythos organisé par le CPPC (Centre de Production des Paroles Contemporaines, Saint-Jacques-de-la-Lande). STOP. Une première version a été créée à Lons-le-Saunier et jouée au Théâtre de la Cité internatio­nale, en juin 2012. STOP. Puis au Festival 360 - La Passerelle, Scène nationale de Saint-Brieuc, à l'Atelier du Plateau, Paris, à l'Espace Khiasma centre d'art, les Lilas. STOP.
    Production La Triperie Coproduction Théâtre de la Cité internationale Résidences Théâtre de la Cité internationale, Paris, Trianon Transatlantique de Sotteville-lès-Rouen, L'Amuserie - Théâtre Group' à Lons-le-Saunier. STOP. Écrit, conçu et interprété par Fantazio. STOP. Collaboration artistique Patrice Jouffroy, Pierre Meunier et Nicolas Flesch Mise en lumière Hervé Frichet Rapport sonore Émile Martin Production et produc­tion déléguée CPPC - Centre de Production des Paroles Contemporaines. STOP.

  • Au premier trimestre 2007, Muriel Mayette, nouvellement nommée à la direction de la Comédie- Française, y met en scène Le Retour au désert de Bernard-Marie Koltès. À l'issue de la série de représentations prévue, l'ayant droit de l'auteur dramatique refuse de renouveler le contrat d'exploitation de la pièce en raison d'un désaccord de fond sur la distribution, plus précisément sur le choix d'un comédien et de son origine ethnique. À la manière d'un enquêteur, Cyril Desclés revient dans L'Affaire Koltès sur la polémique suscitée par cette décision et la manière dont celle-ci a été relayée dans les médias. Et, par-delà le rappel et l'analyse des faits, en connaisseur éclairé de l'oeuvre et de la pensée de Bernard-Marie Koltès, il engage une réflexion sur ce que signifie, en général et en particulier, l'acte de mettre en scène, sur la responsabilité qu'implique un tel acte, ainsi que sur les droits et devoirs des héritiers d'une oeuvre.

  • C'est au début du XIXe siècle, sur les champs de bataille napoléoniens que la tradition d'une escrime à la baïonnette française trouve naissance, avec les expérimentations de la famille Pinette : le père enseigne aux gens du rang, le fils compile une première méthode, de laquelle découlera nombre de traités. La proposition originelle introduit un siècle et demi de pratique, tant sur les champs de bataille que dans les gymnases. Une escrime au corpus abondant, riche en enseignements tant sur la conception du combat au corps à corps que sur ses représentations dans la société.
    L'auteur étudie les évolutions de la pratique martiale et la manière dont elle a été utilisée par la propagande nationaliste et belliciste du début du xxe siècle, la fabrication de simulateurs et les développements actuels de ces techniques dans une perspective mondiale. La Baïonnette, histoire d'une escrime de guerre est une réflexion autant théorique que pratique.
    Enfin, La Baïonnette, histoire d'une escrime de guerre réunit quatre textes importants : outre le manuel de Joseph Pinette présenté dans sa version la plus étoffée de 1848, sont ici édités La Méthode des chasseurs d'Orléans de 1845 ; La Circulaire du ministère de la Guerre de 28 octobre 1911 (...) et l'Extrait du Règlement des manoeuvres de l'infanterie du 20 avril 1914.

  • La création artistique de Josef Nadj s'organise autour d'un ensemble de motifs qui reviennent constamment et qui, pour la plupart, s'enracinent dans son enfance. Au jeu des questions, Josef Nadj répond par des histoires. Allégories ou métaphores ouvertes, suspendues. Ce texte de Myriam Bloedé, accompagné de 75 photographies et dessins de Josef Nadj, restitue ici quelques-unes de ces histoires, évite la chronologie et l'analyse systématique des pièces pour faire apparaître la cohérence de l'oeuvre scénique et plastique. Inviter à une traversée de son univers, en suivant le fil des motifs et surtout de ces figures qui le « hantent positivement ».

  • Que faisait donc la danse aux Expositions universelles et internationales de Paris, ces sites légendaires autant qu'éphémères, entre foires et musées, dont la finalité, de la Troisième République au Front populaire, était de rassembler les réalisations exemplaires des avancées de la technologie et des arts ? Sa présence - dont témoignent de nombreux comptes rendus - répondait-elle à un projet politique ou reflétait-elle la « dansomanie » de l'époque, l'irruption de la danse dans l'industrie du divertissement ? Comment expliquer son impact sur la culture de l'époque ? Et surtout, pour paraphraser Walter Benjamin, le geste dansant incarnait-il le visage « utopique » de l'Exposition, la place de l'homme dans un Cosmos à qui le progrès donnerait bonheur et harmonie, ou bien « son aspect cynique » dans le Chaos de la marchandisation sauvage des loisirs et des attractions ?
    En supposant une singularité de l'expérience vécue par le spectateur dans le contexte spécifique des Expositions, ce livre fait le pari, plutôt que de recenser les formes chorégraphiques présentées, d'en étudier la réception, la production de discours ou d'images qu'elles ont suscités, ces traces de la perception des corps en mouvement et de l'expérience de ceux qui y assistèrent.


  • cette autobiographie, écrite en 1908, se construit en une succession de tableaux intimistes, mondains ou comiques, qui relatent le surprenant parcours et les nombreuses rencontres de l'une des reines de la belle epoque, loïe fuller.
    créatrice de la danse serpentine, par ses gestes hypnotiques, ses jeux de voiles et de lumières, loïe fuller fascina toulouse-lautrec, nadar, méliès, rodin, les frères lumière ou mallarmé et devint l'égérie des symbolistes. cette " aladine " occidentale, adulée aux quatre coins du monde, fut aussi une féministe avant l'heure. me afficha son homosexualité et revendiqua pleinement son rôle d'artiste. dirigeant son propre théâtre, productrice, imprésario, elle fit venir en france là premières troupes d'acteurs japonais, écrivît des ballets et des tragédies puis s'essaya, comme réalisatrice, au cinématographe.
    mais, surtout, sa danse serpentine en puant sur la lumière, la couleur, la forme abstrait et le merveilleux est à l'origine de tout un plan de la danse contemporaine.

  • Le 10 mars 1906 se produit dans l'un des puits de la Compagnie des mines de Courrières une violente explosion, déclenchant un « coup de poussières » qui se propage en quelques secondes à travers cent-dix kilomètres de galeries. La plupart des ouvriers sont immédiatement brûlés ou asphyxiés par les nuées toxiques qui succèdent à la flamme : 1 697 mineurs venaient de descendre au fond, moins de 600 remontèrent à la surface. Mais le 30 mars, après avoir errés vingt jours à travers les galeries éboulées, treize mineurs surgissent à l'air libre. Quatre jours plus tard apparaît un quatorzième rescapé. Ce sont leurs témoignages que nous publions ici, complétés par les rapports de deux survivants du premier jour. Ce livre reprend donc les récits de : Auguste Berthon, Léon Boursier, Louis Castel, Honoré Couplet, César Danglot, Albert Dubois, Élie Joseph Lefebvre, Victor Emile, Joseph Martin, Henri Nény, Romain Noiret, Anselme Pruvost, Charles Pruvost, Léon Vanhoudenhove, Henri Wattier & François Colomer, Fernand Grard

  • Il n'y a pas de bout du monde, puisque la terre est ronde. Mais il y a des lieux d'infinie solitude, balayés par la force cosmique des vents et des bourrasques, qui sont les lieux de la naissance du monde. Restés en l'état de gestation, ils craquent, bouillonnent, transpirent ou gèlent et se fendent encore, tandis que la Terre est déjà en train de mourir.
    C'est un de ces endroits où surgissent d'énormes masses de roche verticale qui montent dans le ciel pour le percer et saisir l'immensité. Les tempêtes du Nord ont depuis longtemps couché les aroles rabougris et épars, comme si ces centenaires avaient compris le sens de la vie : leurs racines tordues aux multiples bosses sont des pieds de géants qui enserrent la planète dans leurs doigts, la maintiennent en équilibre et l'empêchent de rouler vers le vide quand soufflent les vents.
    (...) Dans ce lieu vivent des bestiaux.
    À` travers ces sept nouvelles, François Koltès nous conte des histoires de persévérance, d'entêtement, de lutte au plus intime de l'être. Au milieu de paysages immenses se dévoilent le tâtonnement des âmes et des corps, ballet étrange, séculaire, d'une humanité en quête de paix.

  • Formée notamment à l'école Mudra de Bruxelles, Catherine Diverrès pratique les techniques de José Limón, de Merce Cunningham et d'Alwin Nikolais avant de rejoindre Dominique Bagouet à Montpellier. Sa rencontre avec Kazuo Ohno, grande figure du butô japonais, amorce sa démarche choré- graphique : avec Bernardo Montet, Catherine Diverrès obtient une résidence d'étude au Japon où ils inventent leur propre langage et créent, en 1983, leur premier duo, Instance. À leur retour, ils fondent le Studio DM et codirigent à partir de 1994 le Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne, dont Catherine Diverrès assure seule la direction de 1998 à juin 2008. Depuis, elle a créé une nouvelle compagnie, l'Association D'Octobre, avec laquelle elle poursuit son travail de création, de diffusion et de transmission.

    Ce livre rend compte de son cheminement au gré des pièces et du temps. Photographies, écrits et entretiens menés avec la chorégraphe ou avec ses collaborateurs musiciens et danseurs accompagnent l'analyse d'Irène Filiberti. Sélectionnés dans les archives de Catherine Diverrès, ces documents situent les oeuvres et les projets dans leur contexte. Un abécédaire rassemble notamment des notes, des propos et des textes de la chorégraphe. Enfin, le projet chorégraphique Cantieri, développé en Sicile, est retracé par Claudia Palazzolo. Analyse sensible d'une oeuvre, ce livre témoigne de l'éphémère de la scène et des mémoires passantes que les gestes artistiques déposent en chacun.

  • Conversation avec Annie Suquet et Jean Pomarès Figure artistique majeure de la seconde moitié du XXe siècle, le danseur et chorégraphe américain Merce Cunningham (1919-2009) s'intéressa aussi, tout au long de sa vie, aux progrès de la technologie - de l'audiovisuel à la modélisation en 3D et au multimédia - comme moyens d'enrichir sa création chorégraphique.
    Avec Westbeth et Blue Studio, les premiers films qu'il réalise avec Charles Atlas au milieu des années 1970, Merce Cunningham est considéré comme l'inve teur de la "vidéo-danse ". C'est dire le prix de ses réflexions sur les singularités de la danse filmée, qu'il s'agisse d'adapter des oeuvres créées pour la scène ou de chorégraphier directement pour la caméra.
    Le 17 novembre 1996, il était justement l'invité d'une rencontre publique au Centre Pompidou, organisée dans le cadre de la manifestation Vidéodanse, films de danse, sur le thème " Chorégraphier pour la caméra ". Cet ouvrage reprend l'intégralité des propos tenus par Merce Cunningham à cette occasion et les prolonge par des textes de ses interlocuteurs d'alors, Annie Suquet et Jean Pomarès, qui reviennent, chacun à sa manière, sur l'oeuvre filmée de cet immense artiste.
    Présenté par Myriam Bloedé, l'ensemble est illustré par des images de films réalisés par Cunningham avec Charles Atlas ou Elliot Caplan.

  • Le petit commerce est souvent abordé sous l'angle de son déclin ou de sa disparition. En réunissant à la fois des géographes, des urbanistes, des sociologues et des politistes, cet ouvrage invite à changer de regard sur cet élément essentiel du paysage urbain encore insuffisamment étudié par les sciences sociales. Sans nier les effets de la concurrence des grandes surfaces ou du e-commerce, il s'agit de considérer le petit commerce comme un lieu d'innovation et de ressources sociales, de reconnaître la capacité de renouvellement des commerçants.
    La métropole parisienne et les grandes villes françaises offrent un terrain d'observation particulièrement riche pour saisir les métamorphoses du petit commerce. Trois entrées sont mobilisées : l'altérité et la diversité, les quartiers populaires, et enfin les facteurs exogènes auxquels doivent faire face les commerçants. À partir d'analyses finement contextualisées, l'ouvrage dessine les contours d'une scène marchande diversifiée et mouvante.

  • Le sujet central de l'oeuvre de Genet, ce n'est ni le mal, ni la sainteté, la politique ou l'homosexualité mais la mort.
    Être mort, parler par-delà le monde des morts, donner la parole aux morts. Genet est un janséniste qui se place du côté de ceux à qui la grâce fut refusée dès la naissance. Sans salut dans l'au-delà, ces hommes sont dès le premier jour de leur vie des cadavres errants et abjects, des non-êtres sans avenir. Genet est scandaleusement métaphysique par cette première affirmation - être impardonnable, c'est être mort - puis par sa volonté d'accorder sa grâce à ces bannis. Pour cela, il crée une langue qui tresse le champ lexical de la poésie à ceux catholicisme et de l'interlope : elle mêle la rose et la Vierge au meurtre et à la merde. Ce jeu formel, où le bien et le mal s'équivalent, répond à une nécessité, hyperboles et métaphores s'efforçant de faire sens afin d'offrir un verbe qui réaffirme à le droit à la parole, le pouvoir du locuteur, mais aussi de l'interlocuteur : être entendu est un préalable à toute grâce. Cette langue est donc opératoire : sa force poétique permet de nommer les morts, de les inscrire dans une famille et à nous, lecteur, de porter leur deuil.

  • Parler de l'est de Paris comme de l'ouest parisien ou de la banlieue nord a-t-il un sens ? Dans cet ouvrage, des géographes et des historiens étudient un transect allant des arrondissements de l'est de Paris aux limites de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée. Sans préjuger de processus propres à la ville-centre, la banlieue ou la couronne périurbaine, ils?elles analysent l'histoire du peuplement dans cet espace, les inégalités sociales et les mobilités quotidiennes et résidentielles. Cette perspective, inscrite dans l'histoire et la géographie sociales, mobilise des sources historiques originales, l'exploitation des recensements de la population et d'une enquête portant sur seize quartiers de l'Est de la métropole parisienne.
    Deux axes structurent l'ouvrage, l'un portant sur les temporalités des dynamiques sociales, l'autre sur l'espace vécu. En analysant les formes d'appropriation ancienne des bords de Marne, la politique des villes nouvelles et les mobilités résidentielles actuelles, l'ouvrage montre les continuités qui structurent cet espace de la métropole, à cheval sur le Grand Paris et sa périphérie. Il met en lumière les recompositions socio-spatiales et les changements d'échelle de la division sociale de l'espace dans un contexte général d'embourgeoisement de l'Île-de-France au détriment des classes populaires. Il permet de saisir la géographie vernaculaire de l'espace vécu et les rapports sociaux à l'oeuvre dans différents types d'appropriation de l'espace à l'est de Paris.

  • La Haute école de musique de Genève a choisi de s'intéresser aux enjeux du métier de musicien d'orchestre, au moment où celui-ci connaît d'importantes transformations ; ainsi qu'à la manière de le transmettre aux futures générations de musiciens. À travers cet ouvrage, Patrick Lehmann et Aurélien Poidevin ont donné la parole à différents acteurs de la vie musicale afin d'engager une réflexion inédite qui s'articule autour des moments clefs d'une carrière : la formation, le concours et la vie quotidienne du musicien d'orchestre. Dans cette perspective, une attention toute particulière a été portée aux modalités de recrutement des musiciens d'orchestre, avec une immersion dans les coulisses de ces épreuves atypiques, documentée par un reportage photographique inédit. Musiciens d'orchestre présente un choix de textes et d'entretiens illustrés par des portraits réalisés par Denis Félix avec des étudiants et des professeurs de la Haute école de musique de Genève, ainsi que des musiciens, des chefs d'orchestre et de grands acteurs de la vie musicale en Suisse, en France et en Allemagne, membres entre autres de l'Orchestre de la Suisse romande, de l'Orchestre de chambre de Lausanne et du Berliner Philharmoniker.

    La totalité des portraits figurant dans les pages qui suivent ont été réalisés grâce un système de photographie moyen format Hasselblad H5. La mise dans la lumière de ces photographies numériques de très haute définition a été réalisée grâce à un système d'éclairage Broncolor. Les images des trois concours d'orchestre ont été produites grâce à un boîtier photographique numérique et à une optique Canon.

    Portraits (avec entretien) de :
    Jesús López Cobos (chef d'orchestre) ; Maya Kadosh (violon) ; Tedi Papavrami (violon) ; Yves Brustaux (timbale) ; Alberto Bocini (contrebasse) ; Jeanne Sifferlé (basson) ; Clément Charpentier-Leroy (cor) ; Bruno Schneider (cor) ; Peter Riegelbauer - (contrebasse) ; Laurent Gay (chef d'orchestre) ; François Sochard (violon) ; Astrid Arbouch (cor) ; Vincent Godel (basson) ; Roland Perrenoud (hautbois) ; Benoît Braescu (directeur exécutif de l'OCL) ; Pierre-François Bruchez (régisseur administratif de l'OCL) ; Ivy Wong (contrebasse) ; Emmanuel Pahud (flûte) ; François Sochard (violon) ; Claire Dassesse (violon) ; Madoka Sakitsu (violon) ; Guillaume Jehl (trompette) ; Isabelle Bourgeois (cor) ; Katrin Herda (basson) ; Madeleine Carruzzo (violon) ; Aline Champion (violon) ; Linda Bärlund (violon) ; Marie Sirot (violon) ; Kurt Sturzenegger (trombone) ; Chouchane Siranossian (violon) ; Thierry Fischer - (chef d'orchestre) ; François Guye - (violoncelle) ; Emmanuel Krivine - (chef d'orchestre) ; Didier Schnorhk - (secrétaire général du Concours de Genève) ; Floriane Cottet - (directrice de l'Orchestre Dijon Bourgogne) ; David Lachat - (avocat, président du Conseil de fondation de la Haute École de Musique) ; Philippe Dinkel - (directeur de la Haute École de Musique).

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