L'eveilleur Editions

  • Des jeunes désoeuvrés qui matent des revues pornos, un trio de petites frappes qui commettent l'irréparable pendant le braquage d'un camion dont ils tuent le chauffeur, un commanditaire sans scrupule qui se fait confier une gamine tentant d'échapper aux griffes de son beau-père, une inspectrice de police lâchée au milieu de ce microcosme adipeux où règne la loi du plus fort ou du plus crapuleux : telles sont les figures de ce roman qui navigue dans les eaux troubles d'un quartier à l'abandon en bord de Garonne, à l'ombre d'un immense immeuble voué à la démolition. Violent et réaliste, sans concession ni pathos, Hervé Le Corre déploie dans l'un de ses premiers romans, enfin réédité, sa vision d'une société corrompue où peut sourdre une lumière pas toujours si inquiétante qu'on le craindrait.

  • L'Élève Gilles (1912) est un roman de ce qu'on le nommait pas encore l'adolescence, de la solitude et de la souffrance, de l'angoisse des nuits d'internat, de la découverte de la nature, de la dureté des rapports entre gamins, des premières amitiés exaltées, des premières trahisons, des premières lâchetés...
    Et puis, il y a ces parents trop lointains, ce père musicien dont on ne sait trop de quel mal il souffre et que Gilles cherche à contenter de mille manières sans jamais y parvenir, cette mère aimante mais qui se consacre tout entière aux caprices de son mari - jusqu'au drame final.
    L'écriture, qui n'a pas pris une ride, est superbe. On pense à Musil et aux Désarrois de l'élève Törless, à L'Institut Benjamenta de Robert Walser. L'Élève Gilles, pépite oubliée, soutient la comparaison.

  • Connaissez-vous le système de la tontine ? Un groupe de personnes cotise à part égale, et le dernier survivant rafle la mise totale. La mort vous va si bien est l'histoire de deux frères, derniers prétendants d'une tontine, Joseph et Masterman Finsbury. Quand Jacques Finsbury, leur frère cadet décède, Joseph se retrouve tuteur des deux enfants de Jacques. Mais il gère bien mal les biens de ses neveux, et une fois à l'âge adulte, l'un d'eux, Maurice, va contraindre son oncle à le désigner bénéficiaire de la tontine. Maurice devient très intéressé à la bonne santé de son oncle. Un accident de train va bouleverser tous ses plans...Ce roman d'humour noir est la première de trois oeuvres coécrites par R.-L. Stevenson et son beau-fils, Lloyd Osbourne.

  • Avec Curwood, ami des grands espaces et des aventures extrêmes dans une nature sauvage, le coeur des hommes a une grande importance. Dans ce roman, l'amour de Carla Haldan, institutrice, pour Paul Kirke, fils d'un riche homme d'affaires, est partagé, mais inavoué. Elle lui offre des fleurs, et leurs coeurs sont émus. Mais Paul est marié... même si sa jeune épouse Claire, allergique au Canada, voyage et rentre peu.
    Soudain, elle revient : serait-elle retombée amoureuse ? Lors d'un pique-nique au bord d'une gorge, Paul chute accidentellement dans l'abîme et semble voué à la mort. Quitte à le perdre, Carla s'y jette à sa suite. Elle restera infirme, mais ce geste fou dénouera leur amour impossible. Lyrique, émouvant, Curwood chante l'amour des hommes et de la nature.

  • « La femme doit-elle écrire dans les journaux? ».
    C'est le titre d'un article paru en 1922 dans le quotidien Paris-Midi. Dès la naissance de la Presse, les femmes ont du se battre pour écrire dans les journaux et se sont engagées avec courage dans la guerre des sexes.
    Cette anthologie sur les premières femmes journalistes françaises de la Belle Epoque à la Seconde Guerre mondiale propose une galerie de portraits d'une vingtaine de femmes journalistes, de Séverine à Violette Leduc en passant par Colette, complétée par un choix d'articles emblématiques. Ces pionnières du journalisme au féminin, avides de liberté, auront tout vu, tout bousculé, tout expérimenté, tout compris. Leurs paroles semblent résonner plus que jamais.

  • Au XIXe les tatouages concernent surtout les prostituées, les voyous et les aventuriers, une population qui affirme ainsi un peu plus sa marginalité. Ernest Berchon, médecin de marine militaire qui a sillonné les mers du Sud a rapporté de ses périples la première enquête sur cette pratique que l'on trouve dès les origines de la civilisation méditerranéenne : historique et scientifique, elle s'intéresse à la pratique coutumière.
    Une manière passionnante d'envisager ce qui est désormais plus et mieux qu'une vogue..

  • William Seabrook est un des très rares étrangers à avoir pu pénétrer les mystères du vaudou en gagnant l'amitié d'une communauté haïtienne qui lui permit de s'initier comme personne avant lui. Il assiste au culte où sorcellerie, sexualité et mort se confondent. Il visite les caches secrètes et va jusqu'à recevoir le baptême du sang des mains de son initiatrice, ce qui lui permet de rencontrer un véritable zombi rappelé à la vie.
    Un livre qui se lit comme un roman ethnographique, mélange de témoignages et de scènes vécues, passionnant. Ce livre, considéré comme un classique, plusieurs fois réédité en France, a été traduit d'horrible façon : chapitres réorganisés, style modifié, longs passages supprimés. Avec notre édition, il s'agira de la première intégrale.

  • C'est un jeune homme inquiet qui demande au spécialiste de lui supprimer son âme abimée avant d'en réclamer une délaissée par un autre. Il hérite de celle d'un soldat mort à la guerre et découvre que cette cohabitation va être compliquée, le mettant dans l'obligation d'enquêter sur un passé dont il ignore tout.
    La Confession d'une âme fausse témoigne du conflit intérieur qui consume tous ceux qui ne peuvent se résoudre à voir l'humanité s'autodétruire sans pouvoir rien y faire. Ce récit de transformation, quasi-kafkaïen, imprégné d'une poésie déchirante, est aussi celui de la perte de repères, de sens, de l'identité qui taraude nos sociétés contemporaines. Écrit par Ilarie Voronca en 1943, il témoigne de son génie de conteur ironique et malicieux, mais aussi un rien désespéré...

  • En 1902, Frédéric Boutet (1870-1941) achève sa période "décadente" qui lui a permis d'éditer des recueils de contes fantastiques dont l'ironie et le grotesque semblent annoncer le surréalisme, avec deux courts romans : Julius Pingouin et L'Homme sauvage. Il enchainera avec une multitude de nouvelles et quelques romans raffinés, plus réalistes, où sa finesse psychologique fait mouche. Dans ce bref texte il s'en donne à coeur joie avec une insolence vivifiante en mettant en scène la figure d'un sauvage en plein de coeur de Paris qui va bouleverser une nation bourgeoise et endormie. Anticipant sur Raymond Roussel, il invente une jungle au coeur d'un appartement et les moeurs étranges des habitants qui y séjournent de gré ou de force. Avec une figure de contestataire absolu impayable !

  • Publié en 1937, rédigé pendant son séjour en Sicile de 1895 (peut-être après), ce livre appartient à une intense période créatrice chez Suarès. Dans les 17 proses lyriques qui constituent cet ouvrage, Suarès mêle les descriptions de temples et de paysages, les méditations sur l'art et sur la politique, les effusions lyriques et les souvenirs. Amoureux d'une Grèce qu'il n'a jamais vue, il magnifie les sites hellènes siciliens, dont il cherche à définir la beauté, et célèbre la colonne frémissante de vie et élevant dans l'air un cantique de pierre. Il loue la campagne qui entretient avec les ruines sublimes de mystérieux échanges, s'interrogeant sur la condition humaine qui passe en laissant ces traces dressées vers le ciel. Mais c'est avant tout un extraordinaire poème à la lumière !

  • Des pionniers du Grand Nord canadien arrêtent un soir leur route sur une rive inhabitée du lac Supérieur, en un point où les eaux dessinent cinq doigts harmonieux. L'une des femmes du groupe dira, face à ce paysage enchanteur : « On dirait cinq doigts d'eau descendus vers la terre. » Et le nom de Cinq-Doigts restera à ce coin de terre, au coeur du Wilderness, ces vastes territoires de la forêt primitive, domaine des animaux sauvages et de ceux qui les chassent. À peine plus au nord, ce sont des immensités où règnent le froid, les aurores boréales, les tempêtes aux cris de légende, les bêtes et les outlaws. T out un peuple bruit et se bat, se cache et s'entre-dévore sous l'ardente poussée des feuillages, entre les rochers nus ou dans les clairières printanières.

  • En 1912, À la recherche du temps perdu est écrit, Proust a déjà la matière d'environ trois gros volumes et se prépare à publier Du côté de chez Swann.
    Il s'agit pour lui de trouver un éditeur et il demande conseil à un autre écrivain, Louis de Robert. Quoique très mondain, il ne parvient pas à trouver d'éditeur, victime de sa réputation (cf Gide...). On connaît la suite : refusé partout, Proust se décide à financer lui-même l'édition et Du côté de chez Swann paraît chez Grasset dans le dernier trimestre de 1913, à compte d'auteur. « Le premier ami de Swann », comme disait Proust, a réuni une première fois en 1925, dans Comment débuta Marcel Proust, les lettres de Proust cherchant désespérément un éditeur. Il s'agit d'un document exceptionnel sur la genèse d'un chef d'oeuvre absolu.

  • Le Cabinet du docteur Blanche est une anthologie tirée des mémoires (1949) du fameux portraitiste parus chez Flammarion après sa mort. Issu d'un milieu qui révérait les Arts et les Lettres, Blanche y découvrit sa vocation de portraitiste doublé d'un don pour l'écriture. Doué de la même perspicacité psychologique que son père dans ses portraits, peints ou écrits, véritables comptes rendus sur les élites intellectuelles du début du siècle dernier, il consacre à son enfance et à sa prime adolescence dans « la maison des fous » des pages assez sidérantes, proche qu'il était de ces aliénés souvent artistes et écrivains qui pour certains déjeunaient en famille, libres et discrètement surveillés, convalescents dans cet univers protégé. Une délectable balade dans un étrange ailleurs.

  • Le flâneur n'est pas un badaud, ni un musard, il ne traîne pas, non : il flâne. Et M.Huard, publiciste spécialisé dans les physiologies, a pris le parti de le décrire dans le détail, concluant que ce spécialiste, est un connaisseur, curieux de tout qui mérite qu'on analyse son milieu, ses comportements et ses moeurs.
    Car si, à ses débuts, la marche du quidam s'apparente à la flânerie comme au hasard, libératrice, visant tout entière à maîtriser l'espace, celle du vrai flâneur fait de son oisiveté un travail intense, passionné sinon acharne´.
    Avec cet amusant livre riche en dessins de grands illustrateurs (Daumier et Gavarni entre autres), Huart nous ramène à cette époque où étudier les différents personnages (Balzac le fit volontiers) permettait de singuliers exercices littéraires.

  • Dans une grande ville de province des années 50, des fillettes à peine nubiles disparaissent. Quatre adolescents, dont une fille, vont s'approcher au plus près du mystère, découvrant le monde des adultes et ses secrets.En pénétrant à leurs risques et périls dans la chambre du mystère, ils deviennent en réalité captifs à leur tour des petits arrangements avec le quotidien, de la médiocrité qui régit les relations sociales, du vide derrière les belles façades. Cette métamorphose, le « grand mal », est un mouvement puissant auquel nul ne peut échapper et dont les enfants, à l'âge crucial, sont autant les victimes que les complices. La haine, l'impuissance, la lâcheté, la violence, les bas instincts, et la cruauté les guettent, ce grand mal qui, tôt ou tard, consiste à devenir adulte.

  • Captivante est l'aventure de Kazan, ce chien d'attelage dans lequel il y a moitié du chien et moitié du loup, qui abandonne son traîneau pour la vie sauvage dans les Barrens, à l'ouest de la baie d'Hudson. Successivement, il connaît les pires ennemies :
    L'incendie, la tempête polaire, la peste, l'homme lui-même auquel, malgré tout, à cause d'anciennes influences, il reste fidèle. Son bon génie et ce prodigieux « instinct du Wild » le rendent victorieux, et aussi cette louve aveugle qu'il a prise pour compagne, capable « d'entendre à un demi-mille une truite sautant dans une rivière ».

  • A l'instar de Magris, Kauffmann ou Rumiz, Serge Airoldi fait parler un fleuve silenceux. 335 km de ses origines pyrénéennes jusqu'à l'océan Atlantique après une grande boucle à travers les Hautes-Pyrénées, le Gers, les Landes et aux limites du Pays basque : tel est l'Adour, fleuve aux multiples géographies, riche de territoires et de personnages singuliers. Nourri par la sensibilité géopoétique, il déroule un récit très personnel de ce long ruban d'eau, depuis les sources jusqu'à l'embouchure devant Bayonne et Anglet. Par-delà les paysages des eaux changeantes, des berges et des mondes riverains, se sont établies des manières d'être dont le décor des siècles a élaboré la chronique sans fin de la beauté et des drames, de la guerre et des joies, des désastres et du recommencement.

  • Rose, issue d'une famille aisée, doit affronter la dure réalité après des malheurs familiaux. Malgré son érudition, elle doit se contenter d'un emploi de femme de ménage dans une école maternelle. Confiant à son journal intime le détail de ses découvertes, elle raconte un monde inconnu qu'elle apprivoise peu à peu.
    La Maternelle, au titre sobre, tient une place unique, discrète et remarquable dans notre littérature. Deuxième prix Goncourt à l'époque où celui-ci n'est décerné qu'à d'incontestables chefs-d'oeuvre, il est qualifié par Huysmans de "maître livre" qui ajoute "ça pue la crasse des gosses... c'est nerveux, pris sur le vif.". Adapté au cinéma plusieurs fois, ce roman est devenu un classique, du genre qui ne manque pas de surprendre ceux qui croient n'y trouver qu'un livre mièvre.

  • Spécialiste des grandes enquêtes sociales sur les déclassés, Louis Roubaud, publie avec sa longue série sur La Prostitution, troublante énigme un texte sans préjugés, cherchant avant tout à comprendre. Mais le résultat de son exploration des bas-fonds de la société, de Djibouti à Paris, en passant par Marseille et la Côte d'Azur, sonne comme une dénonciation terrible de l'exploitation du corps des femmes en un temps - les Années Folles - où la prostitution ne fait pourtant pas débat, sinon pour la forme. Tout en écoutant les «abolitionnistes» et «réglementaristes», ce sont les acteurs qui l'intéressent.
    Mise au ban de la société, hors la loi, la fille publique, à la fois désirée et méprisée, illustre les contradictions d'une société hypocritement écartelée entre le vice et la vertu.

  • Le Plancher, c'est l'histoire d'une famille qui bascule dans la folie. 1930, Joséphine et Alexandre quittent le nord de la France pour s'installer dans une ferme des Pyrénées. Joséphine : deux frères à l'asile, ne s'entend avec personne, ne s'entend pas. Quatre enfants viennent au monde : Paule, Simone, Mortné et Jean. Jean sera toujours Jeannot, l'enfant tourmenté, le fragile, le sensible. Il s'engage en Algérie pour ne pas travailler là, dans la ferme familiale, avec le père. Puis il reviendra, comme il pourra, sans plus être tout à fait le même ni un autre. Il retrouve le huis-clos familial, s'y engouffre pour ne plus jamais le quitter. « Les années avancent et avec elles les coups de hache, les éraflures, les entailles, les éviscérations. Les années avancent et elles essaient, les filles, de courir insouciantes, d'étudier bienveillantes, de grandir, turbulentes. Les années passent et Jeannot tente de comprendre et d'apprendre, d'aimer et de parler. Les années passent et les parents poursuivent l'oeuvre de destruction, souterrainement aidés par les Deux-cents qui n'en finissent pas de maudire, de cracher, d'envier. » Jeannot assistera, participera à tout. Les morts, les crimes, les enterrements. Jusqu'au bout, jusqu'à la fin, il gravera à la gouge et au marteau sur le plancher de sa chambre l'histoire du délire familial. Il est là pour ça. Comprenne qui pourra. Le « plancher de Jeannot », exposé sur un mur d'enceinte de l'hôpital Sainte-Anne à Paris, est aujourd'hui visible par tous. Car ceci est une histoire vraie, fouillée de l'intérieur par la langue dont use Perrine Le Querrec pour formuler l'indicible, l'innommable.

  • Les oeuvres fantastiques de Montague Rhodes James constitue un corpus peu important : à peine quatre cents pages dans lesquelles il concentre un art assez unique du récit de terreur. Ses «Ghost stories» devenues des références du genre chez les Anglo-saxons, restent mystérieusement méconnues du public franc¸ais malgré les pages très élogieuses de Lovecraft qui voyait en lui un maître du genre. Un premier tome de l'intégralité des nouvelles souvent brèves est proposé, qui mettent en scène des créatures fantomatiques et peu conciliantes qu'on ne dérange jamais sans risque. Avec lui, on se réjouit de cette manière anglaise de raconter l'horrifique et de cet art d'en dire peu pour laisser faire l'imagination.

  • Il y a des détails qui évoquent un Jack l'Éventreur ou un sadique comme le criminel de Düsseldorf. Il n'est pas défendu d'imaginer plusieurs monstres humains qui auraient saisi l'occasion de passer leurs férocités au compte d'un animal. Le mystère n'était pas tellement dans le fait qu'on n'a pas trouvé la Bête, mais dans la nature de la Bête. Et cette bête fut apocalyptique.
    Afin de pouvoir narrer les méfaits de cette Bête de légende, et les conjectures criminelles et politiques, Abel Chevalley imagine un témoin oculaire qui aurait écrit les mémoires de sa jeunesse troublée par les atrocités de la Bête, sorte de loup mâtiné de hyène qui égorgea sous Louis XV et plutôt des femmes et des fillettes.. : faux roman, ce livre singulier est une enquête documentée baignée d'un souffle romanesque.

  • Les malles font partie de l'imaginaire policier, au même titre que les consignes. Celle de Roubaud contient un mort, déshabillé, et différentes couches de mystères et d'interrogations... Retrouvé à Nantes, expédié de Paris, le succombé a été empoisonné, ce qui attriste fortement son grand ami banquier, compagnon d'aventures indochinoises passées. Le narrateur est journaliste et ne lâche pas la police qui va lui permettre de suivre pas à pas la résolution de ce « crime des quatre jeudis » : en effet, au coeur de l'intrigue il y a cette malle qu'à quatre reprises on a envoyé chercher sans que les commissionnaires se décident à la convoyer. Peu à peu, et au gré des hypothèses balayées une à une se dessine une explication stupéfiante comme les aurait aimées Gaston Leroux. Un livre joliment emballé ! L'auteur : l'avant-guerre permit à une génération de grands reporters de déployer leurs talents : à côté d'Albert Londres ou Joseph Kessel s'imposa la voix de Louis Roubaud, Marseillais né en 1887, qui fit grand bruit avec ses reportages sur l'Indochine, les maisons de correction ou les bas-fonds de Paris. Engagé contre le fascisme, il entreprit un voyage en Allemagne dont il rapporta La Croisade gammée, interdit dès 1940. Sa mort l'année suivante de retour d'une mission en Espagne reste inexpliquée.

  • Pipe chien

    Francis Jammes

    Étonnante aventure que nous conte là Francis Jammes ! Celle d'un chien de cirque surnommé Pipe, lequel décide, soudainement fatigué des traitements capricieux de son dompteur, de prendre la poudre d'escampette pour voir ailleurs si l'herbe y est plus verte. Au hasard de ses pérégrinations canines (c'est-à-dire, avouons-le, quelque peu désordonnées) qui le mèneront, depuis les rives de l'Adour, jusqu'à Bayonne ou Biarritz, Pipe, bon chien, va rencontrer et parfois s'attacher à des personnages comme lui solitaires (un jeune poitrinaire, un voyageur mélomane, un riche excentrique, une pauvre mégère.) qui, trouveront, l'espace de quelques instants ou de quelques jours, un compagnon au grand coeur (et au grand appétit) avec qui échanger. Car Pipe, malin comme un singe, détient plus d'un tour dans son sac pour émerveiller son auditoire.

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