Honore Champion

  • En Biondetta, il ne reste rien de la monstrueuse apparition qui répond à la conjuration d'Alvaro dans les ruines de Portici et qui lui dit en italien : Che vuoi ? Le masque est le visage ; la satanique séductrice est la femme séduite et elle continuera de l'être, tourmentée et plaintive, tout au long de la fable.
    Jorge Luis Borges

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  • Le douzième tome de l'Histoire naturelle, générale et particulière, daté de 1764, traite à nouveau d'une série de quadrupèdes exotiques divers, du zèbre au porc-épic, en passant par toutes les sortes de gazelles et d'autres espèces moins connues du public, voire totalement nouvelles, tels l'« urson » ou le « tendrac ». Comme dans les tomes précédents, Buffon expose l'« histoire » de chaque animal, se livrant à l'occasion à des réflexions générales, tandis que Daubenton se charge de la description anatomique et du catalogue des objets correspondants conservés au Cabinet royal. Le volume s'ouvre sur la « Première Vue de la Nature », texte curieux, morceau de bravoure littéraire, peut-être destiné à satisfaire un public non savant un peu lassé des monographies zoologiques. Buffon y déploie son style le plus brillant pour brosser un tableau général de l'univers, laissant le lecteur libre d'interpréter sa pensée dans un sens providentialiste, tout en réaffirmant sans concession ses principales idées sur la nature et sur la science.

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  • Le dernier volume des oeuvres complètes d'Helvétius propose pour la première fois une édition sûre, enrichie d'inédits, des Épîtres et du Bonheur, du Recueil de notes appelé Notes de la main d'Helvétius par A. Keim et de la Correspondance. L'édition des Épîtres et des Fragments en propose les différentes versions, dont une inédite, avant leur intégration partielle dans le poème philosophique Le Bonheur, édité pour la première fois depuis 1772 sans les corrections de Lefebvre de La Roche. Le Recueil de notes, composé vers 1737-1738, révèle le jeune Helvétius se préparant assidûment à se lancer dans une carrière dans les lettres : à côté des préoccupations philosophiques qui agitent le futur auteur de L'Esprit et de L'Homme, les notes font état de ses préoccupations littéraires. Un examen attentif du manuscrit a montré qu'il ne fut pas rédigé au fil de la plume, une note après l'autre, mais qu'Helvétius les a rangées sous des mots-clés à la manière d'un dictionnaire. Des cinq volumes de la Correspondance générale (Toronto et Oxford, 1981-2004) nous n'avons retenu que les lettres écrites par Helvétius et une partie de l'annotation, complétée et corrigée le cas échéant ; nous y avons joint une vingtaine de lettres inédites ainsi que les versions complètes de quelques lettres qui n'y figurent que sous forme de fragments. Une chronologie détaillée de la vie d'Helvétius clôt le volume.

    Textes édités, présentés et annotés par Gerhadt Stenger, David Smith et Jonas Steffen. Avec l'assistance de Tomy Dupieux.

  • Ouvrage considéré comme capital pour la connaissance des Lumières, et dans lequel puisent tous les historiens, les Mémoires secrets, faussement attribués à Bachaumont, n'ont bénéficié d'aucune édition critique depuis leur publication entre 1777 et 1789 malgré un succès européen immédiat. Au centre des débats les plus brûlants pendant le quart de siècle précédant la Révolution - lutte contre les jésuites, opposition parlementaire, procès retentissants comme celui du collier de la reine -, attentifs à l'émergence de nouvelles esthétiques - drame bourgeois, opéra gluckiste, théâtre de Shakespeare -, ils rendent compte, presque au jour le jour, des mouvements éphémères ou profonds d'une opinion publique en train de se constituer. Une édition critique des 36 volumes, fondée sur un texte fiable, vu les nombreuses contrefaçons, s'imposait ; elle s'imposait aussi en raison de la connaissance de plus en plus précise, grâce aux spécialistes de la presse en particulier, de la complexité des réseaux de l'information sous l'Ancien Régime : il était devenu nécessaire de replacer la célèbre chronique à l'intérieur du vaste ensemble constitué de nouvelles manuscrites, de périodiques, d'imprimés visant à informer. La taille de l'ouvrage, l'extrême variété des contenus, nécessitaient la réunion d'une équipe à la fois nombreuse et aux spécialités diverses à l'intérieur du XVIIIe siècle. Elle a été constituée par l'UMR LIRE (CNRS 5611) de l'Université Stendhal-Grenoble 3, sous la direction de Christophe Cave. Ces volumes de la collection " Les dix-huitièmes siècles " proposent l'année 1775 (tomes 7 et 8) des Mémoires secrets.

    Éditeurs scientifiques du volume V : pour le tome 7, Thomas Vernet (EPHE, CMBV); pour le tome 8, Sarah Benharrech (University of Maryland).
    Préparation du volume : Yvette Ehrler-Chiffre, assistante-ingénieure de recherche de l'UMR ; mise au point des index : Anne Saada (CNRS), Marianne Dubacq, assistante-ingénieure de l'UMR.

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  • Exposé général des intentions et des objectifs d'un auteur, le texte « programmatique » (qu'il s'agisse de préface, de postface, d'avertissement au lecteur, prolégomène, etc.) peut être considéré comme un seuil de l'oeuvre, à savoir le lieu où l'écrivain va découvrir ses intentions, sa manière de voir le monde, voire son ambition de le transformer. C'est aussi le lieu qui va permettre de prévenir les objections ou d'anticiper des critiques qui ne sauraient tarder à se manifester. Tout au long du XVIIIe siècle italien, quelques-uns des auteurs parmi les plus marquants exposent leurs objectifs dans ces « antichambres » de la réflexion du siècle des Lumières. L'adresse « au lecteur » étant en quelque sorte la « salsa del libro » (la sauce du livre, selon l'expression de Gregorio Leti), ces textes « programmatiques » révèlent du coup en grande partie non seulement la stylistique et la rhétorique de leurs auteurs mais aussi quelque chose de leur psychologie. On obtient ainsi une « carte » plus précise et plus fidèle des opinions portées par le tissu intellectuel du XVIIIe siècle, véritable baromètre de la pensée à travers le positionnement des auteurs et des oeuvres qu'ils entendent promouvoir.

    Édités par Evelyne Donnarel et Jean Nimis avec la collaboration de Francesca Pistre.

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  • Le dixième tome de l'Histoire naturelle, générale et particulière, daté de 1763, est consacré à la suite des quadrupèdes exotiques. Sont ainsi traitées ici diverses espèces d'Amérique, d'Asie et d'Afrique : l'ondatra, le desman, le pécari, des chauves-souris, les écureuils volants et d'autres écureuils non européens, les fourmiliers, les pangolins, les tatous, le paca, l'opossum et quelques autres marsupiaux. Pour chaque animal, comme toujours, Buffon rédige une « histoire » générale, suivie d'une description anatomique par Daubenton, lequel poursuit également le catalogue complet des objets correspondants conservés au Cabinet du Roi.

    Moins attrayant en apparence que les volumes 9 et 11, riches en espèces connues du public et propres à des développements littéraires (le lion, l'éléphant...), dépourvu par ailleurs de tout chapitre général dans lequel Buffon pourrait exposer ses grandes vues théoriques, ce volume peut sembler quelque peu sec. Pour autant, le travail zoologique accompli ici est considérable, et tandis que Daubenton continue de produire des données anatomiques qui feront autorité jusqu'au XIXe siècle, Buffon, mêlant observation directe, érudition et application des principes généraux établis depuis 1749 (comme la théorie des climats), contribue à mettre de l'ordre dans des groupes à la systématique encore très embrouillée. Une abondante iconographie (57 planches gravées hors-texte) vient enrichir scientifiquement et agrémenter esthétiquement l'ouvrage.

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  • Cette première édition moderne des Contemporaines de Rétif de la Bretonne, recueil de nouvelles publié de 1780 à 1785, donne à lire dans sa totalité les 42 volumes de l'édition originale, soit « 272 nouvelles en 444 histoires ». Cette oeuvre, dont n'a été rééditée qu'une infime partie, offre le panorama complet de l'univers rétivien. Rétif a mis dans ce monument narratif ses idées, ses obsessions, ses fantasmes, son panthéon féminin ; il y a mis aussi des contes, des chansons, des saynètes, le langage du monde et celui du peuple, toutes les formes d'expression qui lui étaient chères.

    Depuis 1760, la mode était aux recueils de récits courts, adaptés au goût d'un public élargi qui tendait à préférer la lecture aisée d'anecdotes, d'historiettes, de faits divers à celle des romans nécessitant un effort d'attention soutenu. Mais le recueil des Contemporaines est d'une ampleur et d'une ambition sans précédent. Rétif le présente comme « l'histoire complète des moeurs du XVIIIe siècle ». Au-delà de l'objectif moral affiché (proposer des leçons de bonheur conjugal), s'impose l'intérêt documentaire. De même que Rétif sera, quelques années plus tard, « le spectateur nocturne » des Nuits de Paris, il est ici le spectateur diurne du monde qui l'entoure. Tandis que les autres écrivains, dit-il, ont « travaillé d'imagination », lui a « négligé tous les ornements de la fiction ». Le titre du recueil est déjà une promesse de vérité: en étant des contemporaines, les héroïnes appartiennent au monde du lecteur, et c'est l'image de cette société de la deuxième moitié du XVIIIe siècle que nous restituent les nouvelles. Une image fondée sur des choses vues et entendues. Mais sur ce terreau, le romanesque se déploie librement, jusqu'à l'extravagance. Le succès de l'ouvrage en son temps (la deuxième grande réussite de Rétif, après la publication du Paysan perverti en 1775) montre que cette formule correspondait bien à l'attente des lecteurs.

    L'originalité de Rétif est aussi d'avoir voulu dépasser la simple addition de récits en tissant des liens entre les nouvelles, guidé par le souci de donner à l'ensemble la cohésion d'une totalité narrative. Il a ébauché ce que Balzac systématisera quelques décennies plus tard: la récurrence des personnages, la connexion entre des histoires. Mais il ne faut pas pour autant lire et juger Les Contemporaines à la lumière des nouvelles du siècle suivant. Rétif, quelle que soit son aspiration à la différence, son mépris proclamé des codes stylistiques de l'époque, appartient à la littérature et à la société de son temps. De l'une et de l'autre, il a été le témoin privilégié.

    Enfin, on ne saurait donner aujourd'hui une édition des Contemporaines sans les estampes qui accompagnaient chaque nouvelle, tant ces illustrations ont une fonction narrative et contribuent au charme des volumes.

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  • Cette première édition moderne des Contemporaines de Rétif de la Bretonne, recueil de nouvelles publié de 1780 à 1785, donne à lire dans sa totalité les 42 volumes de l'édition originale, soit « 272 nouvelles en 444 histoires ». Cette oeuvre, dont n'a été rééditée qu'une infime partie, offre le panorama complet de l'univers rétivien. Rétif a mis dans ce monument narratif ses idées, ses obsessions, ses fantasmes, son panthéon féminin ; il y a mis aussi des contes, des chansons, des saynètes, le langage du monde et celui du peuple, toutes les formes d'expression qui lui étaient chères.

    Depuis 1760, la mode était aux recueils de récits courts, adaptés au goût d'un public élargi qui tendait à préférer la lecture aisée d'anecdotes, d'historiettes, de faits divers à celle des romans nécessitant un effort d'attention soutenu. Mais le recueil des Contemporaines est d'une ampleur et d'une ambition sans précédent. Rétif le présente comme « l'histoire complète des moeurs du XVIIIe siècle ». Au-delà de l'objectif moral affiché (proposer des leçons de bonheur conjugal), s'impose l'intérêt documentaire. De même que Rétif sera, quelques années plus tard, « le spectateur nocturne » des Nuits de Paris, il est ici le spectateur diurne du monde qui l'entoure. Tandis que les autres écrivains, dit-il, ont « travaillé d'imagination », lui a « négligé tous les ornements de la fiction ». Le titre du recueil est déjà une promesse de vérité: en étant des contemporaines, les héroïnes appartiennent au monde du lecteur, et c'est l'image de cette société de la deuxième moitié du XVIIIe siècle que nous restituent les nouvelles. Une image fondée sur des choses vues et entendues. Mais sur ce terreau, le romanesque se déploie librement, jusqu'à l'extravagance. Le succès de l'ouvrage en son temps (la deuxième grande réussite de Rétif, après la publication du Paysan perverti en 1775) montre que cette formule correspondait bien à l'attente des lecteurs.

    L'originalité de Rétif est aussi d'avoir voulu dépasser la simple addition de récits en tissant des liens entre les nouvelles, guidé par le souci de donner à l'ensemble la cohésion d'une totalité narrative. Il a ébauché ce que Balzac systématisera quelques décennies plus tard: la récurrence des personnages, la connexion entre des histoires. Mais il ne faut pas pour autant lire et juger Les Contemporaines à la lumière des nouvelles du siècle suivant. Rétif, quelle que soit son aspiration à la différence, son mépris proclamé des codes stylistiques de l'époque, appartient à la littérature et à la société de son temps. De l'une et de l'autre, il a été le témoin privilégié.

    Enfin, on ne saurait donner aujourd'hui une édition des Contemporaines sans les estampes qui accompagnaient chaque nouvelle, tant ces illustrations ont une fonction narrative et contribuent au charme des volumes.

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  • De l'Allemagne procède de deux voyages successifs que Mme de Staël a accomplis outre-Rhin entre 1803 et 1808. Vaste panorama embrassant quantité de réalités géographiques, anthropologiques, culturelles et religieuses de ce pays. Par ailleurs, l'ouvrage est aussi, et peut-être avant tout, un réquisitoire contre la France impériale, sans que le nom de Napoléon apparaisse à aucun moment. L'ouvrage est un traité culturel qui ne cache pas les divers antagonismes existants entre l'Allemagne et la France. De plus, la fameuse distinction entre poésie classique et poésie romantique qu'on lui doit en fait le point de départ de la « bataille romantique ». Initialement document littéraire et culturel, il devient, à partir des années 30 du XIXe siècle, le foyer des controverses politiques qui gagnent les relations franco-allemandes au fil des vicissitudes de leur histoire conflictuelle. Ainsi a pris naissance le mythe des « deux Allemagnes », qui a perduré jusqu'à la Seconde Guerre mondiale pour prendre par la suite un sens différent rendant compte de la réalité de deux États allemands. Rendre justice à l'ouvrage en lui restituant sa complexité, c'est ce que cette nouvelle édition se propose de faire.

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  • Dans le onzième tome de l'Histoire naturelle, générale et particulière, paru en 1764, Buffon et Daubenton poursuivent leur passage en revue des quadrupèdes exotiques et traitent notamment de plusieurs espèces particulièrement remarquables par leur morphologie, leur comportement et leur rapport avec l'homme : l'éléphant, le rhinocéros, le chameau, le dromadaire et le buffle. Ces animaux offrent à Buffon de nombreuses occasions de montrer son génie littéraire, par exemple dans sa pittoresque évocation des déserts d'Arabie. Mais il n'en renonce pas pour autant à son objectif scientifique et philosophique, et aux innombrables données de détail, se mêlent de nouvelles réflexions générales sur la nature de l'intelligence animale ou la possibilité de variation des espèces vivantes.

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  • Priestley fut un acteur célébré des Lumières. Pasteur et théologien, expérimentateur et philosophe, intellectuel engagé en faveur de la Révolution française, auteur de plus de cent cinquante ouvrages, celui que ses contemporains qualifient de « furieux libre penseur » est également celui en qui Kant reconnaît une incarnation rare de la vertu philosophique cardinale : la conséquence.

    Les Recherches sur la Matière et l'Esprit (1777) constituent son ouvrage métaphysique fondamental. Il y défend un matérialisme dynamique dont il assume les implications mortalistes et nécessitaristes radicales. Son discours s'alimente à l'histoire - de la philosophie et des sciences - et appelle une herméneutique des textes religieux soutenue. Ce texte esquisse l'un des possibles saisissants de cette métaphysique post-newtonienne qui constituait, pour beaucoup, le destin de la philosophie au XVIIIe siècle.

    Cette traduction, réalisée et annotée par Antoine Grandjean et précédée d'une présentation de Pascal Taranto, offre la première édition critique de ce texte.

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  • Le treizième tome de l'Histoire naturelle, générale et particulière, le dixième de la série consacrée aux quadrupèdes, paraît en 1765. Comme le précédent, il s'ouvre par un remarquable texte de synthèse, la seconde « Vue de la Nature », dans laquelle Buffon récapitule dans un style brillant quelques-unes de ses principales idées scientifiques, notamment sur les notions d'espèce et d'équilibre de la nature, tout en introduisant quelques innovations audacieuses, par exemple au sujet de l'origine des affinités chimiques.

    Le reste du volume, abondamment illustré, traite d'espèces animales diverses, principalement exotiques, souvent mal connues au XVIIIe siècle (girafe, lama), voire totalement nouvelles, au point que Buffon se voit contraint d'introduire plusieurs néologismes pour les nommer, comme le « tarsier », le « coquallin » ou l'« ocelot ». Le tome se termine par un long chapitre sur des animaux aquatiques (phoques, lamantins...), qui forment selon Buffon une sorte de lien entre les quadrupèdes et les cétacés, démentant les classifications arbitraires des systématiciens.

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  • Cette édition donne pour la première fois l'intégralité des Nuits de Paris, avec une ponctuation modernisée et une annotation éclairant l'arrière-plan littéraire, historique et social de l'oeuvre.
    Rétif en a commencé la rédaction en décembre 1786, l'a achevée en octobre 1788, pour les XIV premières Parties. Elle est conçue comme une histoire, celle de la relation entre une marquise apparue un soir à son balcon, la « vaporeuse », et un promeneur, le Hibou, spectateur et acteur de scènes nocturnes de la rue parisienne, philosophe également, car l'oiseau nyctalope est l'oiseau de Minerve, et à ce titre témoin critique de la société de l'Ancien Régime à la veille de la Révolution. Un an plus tard, en 1789, Rétif ajoute une XVe Partie, La Semaine nocturne, puis une XVIe, Vingt Nuits de Paris, en 1793, sous la Terreur. L'Histoire a fait irruption et se mêle au romanesque. Les Nuits sont devenues, plus qu'un témoignage historique, un témoignage politique sur les rapports entre littérature et Révolution.
    À tous égards, les Nuits sont l'oeuvre la plus originale de Rétif, la manifestation la plus évidente de sa liberté et de sa modernité.

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  • En 1766, paraît le quatorzième tome de l'Histoire naturelle, générale et particulière, le onzième et avant-dernier de la série consacrée aux quadrupèdes. Buffon et Daubenton y traitent des singes de l'Ancien Monde, dont ils proposent une nouvelle classification et dont ils décrivent plusieurs espèces inédites ou encore mal connues, comme le « douc » ou le « talapoin ». L'ensemble est, comme toujours, richement illustré.

    Mais ce volume contient aussi deux chapitres généraux qui comptent parmi les plus importants de l'Histoire naturelle : la « Nomenclature des singes » et « De la dégénération des animaux ». Buffon y approfondit plusieurs des thèmes capitaux qu'il développe depuis 1749, notamment la question de la différence entre l'homme et l'animal, la définition de l'espèce, l'ordre du vivant et l'aptitude de l'esprit humain à le connaître. Sans renier ses premières idées, il tend à reconnaître aux êtres vivants une plus grande capacité à se transformer au fil des générations et ouvre la voie à une vision historique de la nature.

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  • En 1758, la publication de L'Esprit d'Helvétius fut à l'origine du plus grand scandale de librairie du XVIIIe siècle. Son matérialisme radical qui prônait une philosophie utilitariste ainsi que la toute-puissance de l'éducation - c'est-à-dire des déterminations extérieures - sur l'évolution de la personnalité humaine souleva contre lui les autorités religieuses et politiques d'Ancien Régime et contribua à intensifier la persécution des philosophes.

    La nouveauté de cette première édition critique de L'Esprit est double. D'abord, elle présente le texte de la première émission de l'édition originale, avant la censure de l'abbé Barthélemy et les nombreuses interventions de Lefebvre de La Roche dans son édition de 1781, qui a longtemps fait autorité. Elle est ensuite la plus complète à ce jour: on y trouve les annotations de Voltaire, de Diderot et de Rousseau en marge de leur exemplaire, les rétractations de l'auteur et ses « Éclaircissements » ; enfin, l'appareil critique comporte les variantes et des notes explicatives aussi complètes que possible.

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  • Le Compère Mathieu est un roman emblématique de l'époque des Lumières. Un groupe de cinq personnages parcourt le monde et se heurte aux préjugés, à l'intolérance, aux fanatismes. Au voyage géographique se superpose une exploration critique des " bigarrures de l'esprit humain " qui conduit à une écriture polyphonique nourrie de littérature clandestine. La présente édition souligne à quel point ce roman entre en résonance avec la littérature de son temps dont il constitue une pièce maîtresse. Constamment réédité de 1766 à 1851 cet étonnant ouvrage disparaît de la République des Lettres, suite à une condamnation de justice qui le voue à l'oubli : il est urgent de redécouvrir Le Compère Mathieu.

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  • Intelligent et ambitieux, André Morellet (1727-1819) sut se frayer un chemin dans la république des lettres de l'Ancien régime, comme auteur prolifique dans plusieurs genres mais surtout dans l'économie politique et comme habitué de plusieurs cercles intellectuels. Parmi ses relations figurent Turgot, Diderot, Rousseau, Voltaire, Lord Landsdowne, Benjamin Franklin, pour ne relever que quelques-uns des grands noms. Morellet les présente avec une foule d'autres à travers un récit semé d'anecdotes mémorables et de fines analyses de leur milieu. Cet observateur perspicace a d'ailleurs pu témoigner d'une période exceptionnellement longue, allant de 1750 environ jusqu'à l'ère napoléonienne. Non seulement un document précieux, les Mémoires ont aussi un but plus sérieux: ces pages captivantes constituent l'une des plus éloquentes défenses du mouvement philosophique.

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  • Le présent volume, le huitième et dernier des écrits majeurs du prince Charles Joseph de Ligne (1735-1814), réunit cinq chapitres consacrés successivement à ses écrits sur la religion, sur l'histoire, sur l'éducation, sur le théâtre et sur les minorités. Loin de constituer un fourretout, ce recueil révèle que dans l'esprit de l'auteur, ses propos sur les sujets abordés se rejoignent et rappellent les points de vue de ses autres ouvrages. Penseur, écrivain, Ligne s'intéressait à tous les aspects de la vie en société et partout le lecteur retrouve ses propos profondément marqués par sa personnalité peu commune : sincérité souvent hardie, rectitude, souci de son bien-être et de celui des autres, fortunés ou non, disponibilité, et plus d'une fois des teintes humoristiques. De nombreux textes réunis dans ce volume n'ont plus été réédités depuis deux siècles, d'autres sont complètement inédits. Pour introduire et annoter ces textes le coordonnateur, outre sa contribution personnelle, a fait appel au concours de sept spécialistes, tous dix-huitiémistes confirmés.
    Un index très détaillé complète les textes qui reflètent au mieux la pensée peu commune du prince de Ligne. Le coordonnateur, Jeroom Vercruysse, professeur émérite de la Vrije Universiteit de Bruxelles, est un dix-huitiémiste connu. Depuis 1986 il dirige les Nouvelles Annales prince de Ligne et a assuré la direction de l'édition des huit volumes d'oeuvres majeures du prince de Ligne (Paris, Honoré Champion).

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  • Le cinquième tome de l'Histoire naturelle, générale et particulière est consacré à la suite des animaux domestiques. Quatre nouvelles espèces y sont traitées : la brebis, la chèvre, le cochon et le chien. À nouveau Buffon y déploie tout son génie littéraire, brossant un portrait de chaque animal digne des Fables La Fontaine. Mais au delà de ces morceaux de bravoures, il approfondit sa réflexion sur des questions scientifiques et philosophiques fondamentales, comme la place de l'homme dans la nature, les insuffisances des classifications des naturalistes ou la légitimité du recours aux causes finales. Daubenton, quant à lui, poursuit infatigablement son travail de description.

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  • On connaissait le cosmopolitisme du prince Charles Joseph de Ligne (1735-1814), ses voyages, notamment en Russie. Mais aujourd'hui, grâce à la découverte de nombreux textes inédits, l'étendue insoupçonnée de ses correspondances russes voit enfin le jour. Les éditeurs ont réuni 60 chapitres couvrant plusieurs décennies et qui mettent une fois de plus en pleine lumière ses goûts pour les amours, l'amitié, les armes et la plume. Un véritable monde nouveau est désormais accessible au lecteur, celui des intrigues diplomatiques secrètes, des aventures galantes, des exploits militaires et des échanges littéraires.
    Catherine II, Paul Ier, Alexandre Ier, Potemkine, Souvorov, Roumiantsev, la princesse Dolgoroukaïa, Ouvarov, Belosselski, etc. apprécient ses lettres et sa compagnie. Certes, quelques lettres avaient été publiées au cours des années, mais la présente publication offre, pour la première fois, l'ensemble complet et authentique de correspondances souvent inattendues, porteuses d'une " russophilie " dans la foulée de Voltaire, assez rare à son époque. Plusieurs lettres, retravaillées par le prince pour leur édition, ont retrouvé leur forme originale.
    Le contenu du présent volume a incité les éditeurs à en entreprendre un second essentiellement centré sur la guerre de Crimée. L'édition critique des Lettres à la marquise de Coigny sera englobée dans un vaste contexte historique incluant de nouvelles découvertes de taille.
    Un double index détaillé, nominal et géographique complète ce volume dont le résultat s'impose de lui-même : le prince de Ligne est un épistolier " incontournable ".

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  • Le septième tome de l'Histoire naturelle, générale et particulière (1758), poursuit la description des animaux sauvages de France, et conformément au plan annoncé, Buffon et Daubenton s'intéressent ici à des espèces qui ont de moins en moins d'intérêt pour l'homme. Une grande partie du volume est ainsi consacrée à la série des " animaux carnassiers ", dont une dizaine d'espèces sont traitées (notamment le loup et le renard). Le plan de l'ouvrage devient ensuite plus difficile à cerner, et à la fin de ce tome, comme dans le suivant, Buffon va aborder des espèces sans ordre particulier, en commençant par divers rongeurs (l'écureuil, le rat, etc.).
    Comme les volumes précédents, celui-ci vise à la fois à la précision des données, à la qualité du style et à la recherche des vues générales. À cet égard, le texte introductif, " Les animaux carnassiers ", offre à Buffon l'occasion de revenir sur d'importantes questions scientifiques et philosophiques, comme celle des fonctions cérébrales, et de poursuivre son dialogue avec Rousseau sur le rapport entre la nature humaine et la société.

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