Honore Champion

  • Cet ouvrage collectif est consacré à la lecture, aux interprétations et aux usages qui furent faits des écrits de Tacite entre le début du XVIe siècle - époque où les premières éditions de ses oeuvres donnèrent naissance à un débat puis à un véritable engouement dans toute l'Europe - et l'extrême fin de l'époque moderne. Les 30 contributions réunies ici s'efforcent d'approfondir les raisons peut-être multiples de l'intérêt ressenti pour Tacite dans les premiers temps de sa redécouverte avant d'examiner la place qu'il occupa dans la réflexion sur l'historiographie et de retracer les différents emplois auxquels se prêtèrent ses écrits au cours du temps. Elles mettent en valeur la variété de ces emplois, qu'ils soient liés à la réflexion sur l'art de gouverner et sur l'éthique individuelle, ou à une production littéraire destinée à un large public, ou encore directement associés à l'action politique elle-même.

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  • À quelles conditions un prédicateur devient-il écrivain ? Dans quelles circonstances des écrits produits en lien avec l'événement liturgique et discursif que constitue la prédication en viennent-ils à constituer des textes, susceptibles d'être pris en charge par les études littéraires ? C'est pour répondre à ces questions, et éclairer ainsi le processus de littérarisation des sermons - et peut-être même, dans certains cas, le mystère de leur canonisation littéraire ultérieure en tant qu'oeuvres oratoires -, que des chercheurs venus de tous horizons se sont retrouvés à Genève, en septembre 2014, à l'occasion d'un colloque international. Les quatorze articles réunis dans le présent volume constituent le résultat de leurs réflexions et de leurs échanges : consacrés à des prédicateurs distants par le temps, le lieu et la langue, ils partagent une attention commune aux circonstances idéologiques, techniques et matérielles de la production des manuscrits ou des imprimés dans lesquels se réalisent leurs sermons. Ce faisant, ils contribuent à donner une assise théorique aux études littéraires sur la prédication, en montrant comment l'écrit se fonde paradoxalement sur l'oralité de l'événement qui a motivé sa rédaction pour se constituer en texte.

    Actes du colloque international de Genève, 11-12 septembre 2014. Sous la direction de Gabriel Aubert, Amy Heneveld et Cinthia Meli.

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  • Le système de Malebranche représente une des plus remarquables « architectures de la raison » que le XVIIe siècle nous ait laissée. Ébauché dans son ensemble dans la Recherche de la vérité, ouvrage qui marque l'exorde littéraire et philosophique de l'auteur, ce système n'a pourtant pas cessé d'évoluer, de se développer et de se perfectionner au fil du temps.

    Issu des travaux présentés dans le cadre d'une journée d'étude sur le malebranchisme, organisée en novembre 2015 par l'Institut d'histoire de la Réformation de l'Université de Genève, cet ouvrage propose une relecture de la philosophie de Malebranche à travers le kaléidoscope des controverses et des réceptions qu'elle a inspirées. Les contributions réunies dans le volume explorent, d'un côté, l'impact que les querelles ont eu sur le développement du malebranchisme, et leur écho chez les prétendus héritiers de cette philosophie ; de l'autre, la réception contemporaine de certains philosophèmes malebranchiens ainsi que, inversement, les modalités d'assimilation par l'auteur de théories incontournables pour la pensée moderne.

    Actes de la journée d'étude organisée à Genève par l'Inst. d'hist. de la Réformation (27/11/2015), édités par Elena Muceni et Maria-Cristina Pitass.

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  • « Passion », « géométrie » : les deux termes ne semblent guère compatibles. D'un côté, la colère et le désir, la terreur et la pitié - fondements du théâtre classique -, le je ne sais quoi dont les effets sont effroyables. De l'autre, la longue et précautionneuse chaîne des raisonnements, les abstractions, les précises définitions de noms. Mais au XVIIe siècle, moralistes, mathématiciens, géomètres, philosophes, théologiens, romanciers, dramaturges, laïcs ou religieux, interrogent avec « passion » la raison, tandis qu'ils cherchent les règles qui gouvernent le coeur.

    Les trente contributions réunies ici en hommage à Dominique Descotes offrent une illustration des préoccupations anthropologiques du Grand Siècle, lesquelles se confondent avec l'oeuvre scientifique et les centres d'intérêt de celui à qui elles sont offertes. Les « passions », ce sont celles du « moi » et de « l'amour-propre », dénoncées avec ardeur par Blaise Pascal, à qui Dominique Descotes a consacré la plupart de ses travaux. Aussi le « génie » clermontois est-il un « centre » de ce volume. Descartes, Mersenne, Fénelon, ou Nicole, pour ne citer que quelques noms, l'accompagnent et enrichissent les réponses aux questions soulevées. Les « passions » sont aussi celles représentées sur la scène théâtrale, source d'exacerbation des « concupiscences » ou au contraire catharsis, autre lieu de réflexions sur cette énigme qu'est l'homme, par l'illusion de la fiction. Enfin, la raison et la passion s'unissent chez l'enquêteur chargé de résoudre une affaire policière et de faire la lumière. C'est sans doute dans cette union des contraires que réside la profonde unité de l'ensemble.

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  • Actes du colloque international de Strasbourg pour le troisième centenaire de la publication du Télémaque et de la condamnation des Maximes des Saints. Publiés par F.-X. Cuche et J. Le Brun. (2004).

    Mars 1699, une date capitale dans la vie et dans l'oeuvre de Fénelon : mettant fin à près de cinq années de vives querelles sur la question de l'amour pur et désintéressé, un bref du pape Innocent XII condamnait 23 propositions de l'Explication des maximes des saints de l'archevêque de Cambrai ; quelques jours plus tard paraissait anonymement à Paris le premier tome des Aventures de Télémaque. Réunis à Strasbourg trois siècles plus tard, en 1999, quelque trente-cinq spécialistes de Fénelon, de la littérature classique et de la pensée religieuse des XVIIe et XVIIIe siècles se sont interrogés sur la signification et les conséquences du double événement de mars 1699. Y avait-il un lien entre la condamnation des Maximes des saints et la publication hâtive du Télémaque ? Quelles conséquences eut la première sur l'évolution de la pensée théologique ? Comment interpréter le foudroyant succès du Télémaque qui deviendra pour plus de deux siècles l'oeuvre la plus souvent rééditée et traduite de la littérature française ? Signification politique d'un livre qui pouvait passer comme un manifeste d'opposition à Louis XIV ? Chef-d'oeuvre littéraire, qui avait su merveilleusement associer la passion pour l'Antiquité, pour Homère et pour Virgile, avec une modernité qui annonçait, tout en les façonnant, le goût et la sensibilité des générations suivantes ? Ainsi comment les contemporains, et les lecteurs des XVIIIe et XIXe siècles, lurent-ils ce roman, que l'on pourrait aussi appeler épopée ou poème en prose ? Autant de questions abordées dans cet ouvrage qui au-delà de la personne de Fénelon éclaire les mutations de la pensée religieuse et de l'art littéraire au temps de la crise de la conscience européenne.

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  • Témoigner est un acte raisonné ou spontané qui donne expression, voix et explicitation à ce que les sens ont appréhendé en des circonstances et des lieux donnés. L'acte et son contenu résultent et s'imprègnent de la conscience et du sentiment humains, de la vérité et de la fausseté. Ils visent l'information et la démonstration. Ils sont essentiels dans la construction et la rétention de la mémoire individuelle et/ou collective. Ils participent à la formation de la trace historique, à la transmission du legs et des lois, de cet héritage ciment des générations entre elles. Ils défient l'oubli. Leurs supports varient selon l'époque, le lieu, l'usage, la tradition et la situation. Leurs empreintes dressent la carte de l'humanité et de sa mémoire pour permettre son avenir. À travers le processus, celui qui témoigne livre aussi sa propre nature et son expérience.

    Les auteurs de cet ouvrage redéfinissent l'acte de témoigner, ses fonctions et objectifs multiples : esthétisé, poétisé, dramatisé ou fictionnalisé, il se fait aussi oeuvre de création, de recréation, voire de récréation.

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  • Honoré d'Urfé, homme d'épée, homme de plume, auteur moraliste, romancier poète et grand lecteur, allie sensibilité et raison, érudition humaniste et modernes audaces. Son oeuvre " rebelle ", toujours à interroger, " dérange " comme " dérange " son auteur, auquel nulle étiquette ne convient parfaitement.
    Le colloque " Audace et Modernité d'Honoré d'Urfé " s'est déroulé au Château de Goutelas en Forez les 10 et 11 juin 2011.Les actes du colloque rassemblent treize communications sur L'Astrée, les Épîtres Morales, la Savoysiade et les échanges d'une table ronde où l'équipe éditoriale ACI Le règne d'Astrée. expose le défi que représente l'édition critique de cette oeuvre complexe.

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  • Les Académies et les sociétés de pensée ont joué un rôle décisif dans l'élaboration et la circulation des savoirs entre la Renaissance et le XVIIIe siècle. Elles sont le lieu d'une " sociabilité savante " à fort potentiel fédérateur dont les contours européens se confondent avec ceux de la République des Lettres et des Sciences. Néanmoins, si elles se ressemblent à bien des égards, elles se construisent sur des situations spécifiques locales. Le colloque dont nous présentons ici les Actes s'est ainsi fixé pour objectif d'éclairer par quelques coups de sonde le double caractère du mouvement académique, son inscription dans un espace de tension entre le national, voire le local, et l'international. C'est également la raison pour laquelle nous nous sommes particulièrement intéressés aux " marges ", qu'il s'agisse de la place des académies face à d'autres institutions savantes comme les universités, les salons, et le mouvement maçonnique, ou encore des marges définies par la périphérie de l'Europe, des Balkans à Saint-Pétersbourg.

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  • Ce volume, fruit de deux journées d'études rassemblant des chercheurs d'horizons disciplinaires différents, propose de revisiter les rapports entre théologie et littérature dans un XVIIe siècle décisif pour l'histoire de ces deux types de production culturelle ainsi que pour leur place dans l'Église et dans la société d'Ancien Régime. Partant de la nécessité de préciser la définition de chacun de ces deux objets, les études rassemblées ici interrogent ces rapports en examinant la théologie comme savoir institué et institutionnellement construit et la littérature comme un discours désinstituant, où s'expérimentent de nouvelles formes de légitimation. Elles explorent tour à tour quels rapports entretient la littérature aux normes du savoir dont elle se saisit et comment cette saisie travaille le champ théologique. Les rapports entre théologie et littérature apparaissent alors au fil des études rassemblées ici comme mouvants, faits de conflits de facultés, de mouvements de légitimation et de dé-légitimations réciproques. L'étude de cette rencontre semble en tous cas être un lieu adéquat de production d'une histoire sociale de la culture confessionnelle qu'est aussi la culture classique.

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  • Parmi toutes les façons d'étudier nos multiples objets, il est une pratique d'enseignement et de recherche absolument fédératrice : l'analyse de texte. En ce sens, notre discipline trouve son identité et sa valeur dans un mythe, au sens le plus noble, à savoir que mieux on lit et plus on lit et que la relecture, tout comme la littérature, est elle aussi une " aventure d'être ".
    Et quelle aventure que celle où nous a entraînés Jean Serroy ! Il n'a eu de cesse de redécouvrir le XVIIe siècle à travers ses textes, des plus parcourus aux moins fréquentés. Aussi bien, les auteurs ici réunis ont rendu hommage à l'acuité et à l'intelligence de sa lecture - ondoyante et multiple comme le siècle qu'elle a renouvelé.
    Et leurs analyses de texte ont alors puisé à toutes les sources qui l'ont inspiré : déployant dans les oeuvres romanesques ou théâtrales le sens des thèmes et l'enjeu des formes ; restituant en contexte la généalogie du libertinage ; reprenant dans une lecture renversée quelques textes canoniques ; récapitulant enfin les images que le XVIIe siècle donne de lui-même - images en mouvement pour un siècle divers.

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  • Ce volume concerne l'évolution des formes de l'éloquence ecclésiastique de la fin du XIVe siècle au XVIIIe siècle et témoigne des modifications qui apparaissent dans l'articulation entre les domaines du sacré et du profane, dans les formes et dans l'exposition des dogmes ou de l'histoire sainte, dans les rapports entre les auteurs et les institutions, entre religion établie et dissidence ou marginalité. Du militantisme de la pré-Réforme, des grands sermons de l'établissement de la Réforme et de la Contre-Réforme jusqu'aux Lumières, la pratique de l'éloquence s'infléchit au gré du contexte, allant du lyrisme et du pathétique à une rhétorique plus froide ou au contraire virulente.

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  • Au tournant du siècle classique et du siècle des Lumières, l'image de Rome vacille : la France revendique pour elle-même le statut de modèle qu'elle reconnaissait à l'Italie. Le colloque tenu à Rome en mars 2012 à l'initiative de l'Université Roma Tre et du Centre d'Étude de la Langue et de la Littérature Françaises des XVIIe et XVIIIe siècles (Université Paris-Sorbonne et CNRS) appréhende cet objet sous une triple polarité, religieuse - Rome capitale de la catholicité -, fictionnelle - Rome comme sujet dramatique et romanesque - et esthétique - Rome capitale des arts et maîtresse de goût. La représentation n'est jamais neutre, qui oscille entre admiration et dénigrement, mais si la satire vise à détruire le paradigme romain, la fascination que son ressentiment trahit contribue encore à la mythification de la Ville.

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  • Si le rôle dévolu à l'histoire est de dire le vrai, qu'en est-il lorsque le véhicule de cette histoire est un récit factuel à la première personne ou un support fictionnel ? Telle semble être la question principale sous laquelle peuvent se ranger les trente-neuf études qui viennent ainsi rendre hommage à Jean Garapon, spécialiste de Mademoiselle de Montpensier et des mémorialistes. Par-delà la diversité des genres étudiés - mémoires, lettres, récits viatiques, essais, traductions, théâtre, roman, nouvelle et poésie - se dessine l'idée d'une porosité des frontières, riche de sens, entre la fiction et l'histoire. La littérarité se met au service d'un discours de vérité, pour lui donner toute son efficacité. Le flou générique qui en résulte dit bien les difficultés d'un moi en quête d'identité et la difficulté des êtres réels ou de fiction à s'insérer dans l'histoire. Qu'il soit prisonnier des événements ou au contraire libéré des contraintes historiques, qu'il cherche l'altérité pour mieux se dire et s'élever vers une image idéale, le sujet tente d'exister et la question se pose de façon encore plus cruciale pour les femmes, largement représentées dans cet ouvrage. On les voit, épouses et mères, reines et princesses, cherchant, dans la vérité de l'écriture factuelle ou dans l'action fictionnelle, un peu du pouvoir que l'histoire leur a ôté.

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