Fayard

  • L'opéra, art totalisant, le genre privilégié de la rencontre entre les expressions artistiques : poésie, théâtre, musique, costumes et décors, chant et parfois danse. L'opéra français, créé sur décision royale, est également fortement marqué par ses implications politiques.
    Menée par Hervé Lacombe, une équipe pluridisciplinaire passe en revue tous les aspects de l'opéra français au XIXe siècle, époque de son triomphe et de son rayonnement esthétique et social.
    L'opéra français est déterminé par son caractère d'institution d'État, depuis sa création par Louis XIV, qui consacra le genre de la tragédie en musique, jusqu'à l'inauguration en 1989 de l'Opéra Bastille, voulu par François Mitterrand, à l'occasion des festivités du bicentenaire de la Révolution.
    Le XIXe siècle est en France l'ère du piano, des virtuoses, des concerts symphoniques, de la presse musicale, de la mélodie et des salons, mais, plus que tout, il est le temps de l'opéra. À Paris, en province et dans les colonies, sous sa forme spectaculaire ou par ses innombrables arrangements, ce genre déjà plus que séculaire demeure l'objet d'attentions particulières des pouvoirs qui se succèdent, du Consulat aux débuts de la IIIe république. Il continue à se ramifier, avec l'opérette et l'opéra de salon, s'enrichit d'apports étrangers, de Rossini à Wagner, devient le centre de toute l'activité musicale et infiltre les diverses couches de la société. L'opéra est donc tout autant un phénomène culturel d'une ampleur considérable qu'un objet artistique, le résultat d'une industrie que le fruit d'une esthétique. Sollicitant les yeux, les oreilles et les émotions, manipulant les idées comme les imaginaires, il reflète et concentre son époque.
    Outre quelques titres mondialement connus -- Carmen et Faust, Manon et Orphée aux enfers... --, ce sont des centaines d'oeuvres que ce siècle a créées. Ce continent lyrique restait à explorer dans la diversité de ses aspects. Une histoire s'imposait donc, pour en faire le récit et en décrire les mécanismes, pour en reconstituer les valeurs et les tendances, pour suivre ses acteurs et découvrir ses institutions, ses salles, ses pratiques, ses thèmes, ses productions...

    Entreprise sans précédent par ses dimensions et par sa conception, cette Histoire de l'opéra français en trois volumes réunit une équipe internationale de plus de cent cinquante auteurs - musicologues, littéraires et philosophes, historiens et spécialistes du théâtre, de la danse et des arts. Elle est placée sous la direction d'Hervé Lacombe, professeur de musicologie à l'université Rennes 2.

  • Une biographie rigoureuse d'un des compositeurs français les plus remarquables du XXe siècle, qui a marqué aussi bien le langage musical que la pensée et a créé des institutions de diffusion et de création qui lui survivent.
    Adulé ou détesté, Pierre Boulez a passé sa vie à diviser les esprits en deux camps irréconciliables. Visionnaire et fer de lance de la modernité pour les uns, dictateur ayant imposé une esthétique unique en régnant par la terreur pour les autres, peu d'artistes auront ainsi polarisé, voire hystérisé la vie musicale française. Et ce dès l'immédiat après-guerre où il se donna pour mission de mettre à l'heure de l'avant-garde une France jugée rétrograde et sclérosée. Il fut un musicien hors norme, tout à la fois créateur, interprète, intellectuel et homme d'action, au point de donner parfois l'impression de mener plusieurs vies en une.
    Trois ans après sa mort, il était temps de revenir sereinement sur les neuf décennies de cette existence multiple : le compositeur, le chef d'orchestre, le penseur, le fondateur d'institutions sont passés au crible dans cette biographie pour laquelle ont été exploitées des archives souvent inédites. On y pénètre les coulisses de ses combats (le Domaine musical, l'IRCAM, l'Ensemble Intercontemporain, l'Opéra Bastille, la Cité de la musique, la Philharmonie de Paris). On le voit renouveler la technique et la fonction du chef d'orchestre tout en étendant son influence sur la politique culturelle. On le suit sur tous les continents, dans les plus grandes salles et les festivals les plus prestigieux. On tente aussi de donner des clés d'accès à sa musique, qui ne se livre pas en une seule écoute. Mais surtout, cet ouvrage s'est fixé pour but de mieux comprendre la personnalité complexe et secrète de celui qui s'est ingénié à brouiller les pistes, en maintenant résolument un décalage rare entre son image publique de sectaire cérébral et l'homme privé, généreux, affectif et hypersensible.

  • Pianiste virtuose, chef d'orchestre, chambriste, pédagogue aux méthodes et aux conceptions innovantes, musicographe, collectionneur, administrateur d'institutions, Alfred Cortot (1877-1962) brille aujourd'hui à travers ses enregistrements, ses écrits et ses «  Éditions de travail  », mais également par le biais de l'École normale de musique, qu'il a fondée en 1919. Interprète par excellence de Chopin, vaillant beethovénien, schumannien exalté, grand lisztien, wagnérien militant, cet héritier de l'âge romantique fut aussi le défenseur et le propagateur  de la musique française  de son temps à travers le monde.
    Pendant l'Occupation, il a exercé des fonctions administratives et politiques. Motivée par sa germanophilie culturelle, son adhésion à l'idéologie vichyste ne fait pas de doute, pas plus que son ambition politique de réformer les conditions de la vie musicale française. Persistant dans ses convictions collaborationnistes jusqu'en 1944, il se voit violemment reprocher son attitude à la Libération. Il s'éloigne de la France et continue sa carrière de pianiste, donnant encore quelque cent à cent cinquante concerts par an et parcourant inlassablement le monde.
    Portrait d'artiste scrutant avec finesse ce qui caractérise le jeu et l'héritage de Cortot dans son immense répertoire, cet ouvrage n'est ni un réquisitoire ni une tentative de réhabilitation. Adossée à d'incontestables documents, au carrefour de l'histoire culturelle et de la musicologie, cette nouvelle biographie entend dépasser les ambiguïtés de la mémoire d'Alfred Cortot. Elle présente sans concessions et dans tous ses aspects le génie protéiforme de l'un des plus  illustres musiciens français de la première moitié du XXe siècle.
      François Anselmini est agrégé d'histoire. Il a participé à l'ouvrage La Musique à Paris sous l'Occupation dirigé par Myriam Chimènes et Yannick Simon (Fayard, 2013).
    Rémi Jacobs, diplômé du CNSMDP, doctorant en musicologie, a été directeur de collections chez EMI Classics. Il est l'auteur d'une biographie d'Heitor Villa-Lobos (Bleu Nuit éditeur, 2010).
    Ils sont tous les deux les auteurs d'une biographie du Trio Cortot-Thibaud-Casals (Actes Sud, 2014).
     

  • " La musique est infiniment plus grande et plus riche que ce que notre société veut qu'elle soit : elle n'est pas seulement belle, émouvante, envoûtante, réconfortante ou passionnée, même si, à l'occasion, elle peut être tout cela. La musique est une partie essentielle de la dimension physique de l'esprit humain. " C'est de ce constat que part Daniel Barenboim pour développer sa pensée sur ses engagements, esthétiques et éthiques. Ses diverses interventions publiques (l'attribution du prix Willy Brandt, un hommage à Dietrich Fischer-Dieskau, des présentations d'opéras qu'il dirige à la Scala de Milan) lui sont l'occasion d'affirmer ses convictions, à la fois sur le respect de la musique et sur son action au Moyen-Orient : avec le West-Eastern Divan Orchestra, il contribue à une compréhension mutuelle qui peut apaiser cette région. Guidé par la même exigence dans son métier de chef et de pianiste (" interpréter des chefs-d'oeuvre est la tâche de toute une vie, et cela implique la responsabilité d'un dévouement complet à l'oeuvre ") et dans son engagement politique, il se révèle ici, plus encore qu'un interprète inspiré, un musicien qui écoute et contribue à transformer le monde.

  • Avec ce livre sur Brahms (1833-1897), Brigitte François-Sappey creuse plus profond le sillon de la musique allemande romantique, qu'elle a tracé dans de nombreux écrits.
    En s'engageant avec chaleur en faveur du compositeur exigeant du Requiem allemand, parfois mal compris, elle éclaire le parcours d'un jeune musicien irrésistible et surdoué, qui, né à Hambourg, a trouvé dans «  la ville sainte de la musique  », Vienne, le lieu propice à sa création.
    Sa rencontre décisive avec Schumann le marque d'un sceau indélébile. Toute son existence, il entretiendra une relation privilégiée, musicale et affective, avec Clara Schumann, et sera lié, de façon décisive pour son oeuvre, avec les grands interprètes de son temps, au premier rang desquels Joseph Joachim. En dépit de controverses esthétiques l'opposant à Liszt et à Wagner, ses aînés, il est reconnu comme un maître, couvert d'honneurs, et sera révéré par ses successeurs, ceux de l'école de Vienne entre autres.
    Cet ouvrage de référence «  actuel  », pour paraphraser le «  Brahms Aktuell  » d'Adorno , attendu par de nombreux mélomanes, entrelace une biographie vivante, intégrant toutes les oeuvres, un essai très personnel au plus près de l'espace mental complexe de Brahms et un vaste panorama de sa réception, particulièrement en France.
      Docteur ès lettres, professeur honoraire au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, Brigitte François-Sappey est l'auteur de nombreux ouvrages, en particulier chez Fayard  : Robert Schumann (2000), Felix Mendelssohn (2008), La Musique dans l'Allemagne romantique (2009), De Brahms à Mahler et Strauss, le postromantisme allemand (2010), La Musique en France depuis 1870 (2013), La Musique au tournant des siècles, 89-14 (2015).
         

  • Figure majeure de la musique française, Jean-Philippe Rameau (1683-1764) laisse une oeuvre considérable (clavier, musique de chambre, musique vocale religieuse et surtout opéras). Il fut également un théoricien de la forme musicale et un philosophe, participant aux débats esthétiques de l'époque des Lumières. Le 250e anniversaire de sa mort est l'occasion, après les célébrations de 1983 de faire le point sur les travaux engagés depuis trente ans. De nombreuses recherches, l'édition scientifique monumentale de son oeuvre ont enrichi la connaissance de l'homme, du compositeur et du théoricien. Sylvie Bouissou, rédactrice en chef de cette édition, propose ici une synthèse remarquablement documentée qui constitue la monographie de référence.

  • Plus que tout autre cadre, c'est le salon qui a constitué pour Chopin la situation idéale d'épanouissement de son art. C'est cet univers que se propose d'éclairer Jean-Jacques Eigeldinger, en évoquant le monde de Chopin au travers des salons parisiens qu'il a fréquentés (ceux de l'aristocratie, de la finance, des ambassades, des écrivains ou des artistes).
    L'ouvrage donne accès à une documentation nouvelle, partiellement inédite (correspondances, journaux intimes, mémoires), accompagnée de réflexions et commentaires, concernant le rôle des salons parisiens dans le développement de la carrière de Chopin et dans la réception par ses contemporains de l'image du pianiste, du compositeur et de l'improvisateur.
    Le recueil de documents présenté au centre de l'ouvrage transmet au lecteur un reflet du monde de Chopin, de son jeu, de sa présence, de son être. La réception de l'image du musicien, défini par des termes récurrents chez tous ses contemporains cités (poète, ange, sylphe...), est ainsi illustrée et développée, et a été résumée dans la formule de Balzac : « Ce beau génie est moins un musicien qu'une âme qui se rend sensible. »

  • Compositeur fondamental de la première moitié du XXe siècle, aux côtés de Debussy, Schönberg ou Stravinsky, Bartók ne disposait pas en français de l´ouvrage de référence qui lui rende justice. Fruit d´un travail de dix ans, la monographie de Claire Delamarche vient combler ce manque. Elle ambitionne de présenter dans toute sa richesse cette oeuvre passionnante et d´une rare diversité, mais également de briser l´image austère et glacée que l´on attache souvent au personnage pour dessiner une personnalité attachante et complexe. Ancrée dans la musique populaire d´Europe centrale (qu´il a collectée et étudiée en une démarche ethnographique), son oeuvre touche à l´universel par la grande variété des genres qu´il a abordés (l´opéra avec Le Château de Barbe-Bleue ; la mélodie et la musique chorale ; la musique de chambre, avec six quatuors qui constituent le sommet de ce répertoire au XXe siècle ; le piano, l´orchestre et la musique concertante...).
    Cette étude s´appuie sur de nombreux documents qui permettent de replacer Bartók dans le contexte historique, artistique et culturel bouillonnant de la Hongrie d´avant-guerre et offre aux lecteurs francophones une quantité importante d´écrits, lettres et témoignages jusque-là indisponibles dans notre langue.

  • Alain Pacquier est parti voici vingt-cinq ans à la découverte des très riches patrimoines musicaux oubliés ou menacés de disparition, qui gisaient dans toute l'Amérique Latine. Il raconte ici avec Bernard Mérigaud les phases du sauvetage de ce patrimoine rendu à sa splendeur originelle à l'issue d'un programme de coopération culturelle sans doute sans égal dans les relations Nord-Sud.
    Ce qui n'aurait pu être ici qu'un simple carnet de voyages prend une tout autre dimension, évoquant également les dessous diplomatiques et politiques, les personnages (Octavio Paz, Claudio Abbado, le cinéaste Alain Corneau voire François Mitterrand.) qui croisèrent cette aventure, tandis que certains épisodes évoquent irrésistiblement les épisodes de certains feuilletons.

  • Dans la série des Indispensables, ce guide fait suite à celui consacré à la musique du Moyen Âge. Pays par pays, il traite les oeuvres, les compositeurs, les écrivains, qui ont donné à la Renaissance un éclat musical incomparable.

  • Si l'image de Chopin a fait l'objet de travestissements et détournements nombreux, la richesse de la broderie est sans doute en proportion de l'attachement qu'il suscite, au-delà des cercles de mélomanes.

    Le barde de la Pologne opprimée, le frêle compagnon de la scandaleuse George Sand, le phtisique fiévreux, l'exilé souffrant ou le sylphe immatériel, angélique incarnation d'une âme qui joue du piano - toutes ces images qui font « rêver un soir les cervelles humaines » maintiennent dans le public la ferveur que lui vaut sa musique.

    C'est à présenter les différents visages du musicien que s'attache Jean-Jacques Eigeldinger : le pianiste qui s'est si peu produit en public, l'improvisateur de génie qui oubliait ses auditeurs, le créateur minutieux qui revenait sans cesse sur ses compositions. En commentant les oeuvres avec finesse, en convoquant de nombreux témoignages de contemporains, l'auteur de cet ouvrage nous permet de cerner au plus près la figure d'un artiste qui, dégagé des séductions mièvres auxquelles on l'a longtemps cantonné, est aujourd'hui tout autant aimé - et mieux connu.

  • Une voix

    Fleming-R

    Les souvenirs et les réflexions d'une cantatrice au sommet de son talent et de sa renommée.

  • Alors que Francis Poulenc (1899-1963)s´est amplement confié dans des nombreux ouvrages, entretiens, émissions de radio, une monographie fouillée restait à écrire. Après celle d´Henri Hell, parue en 1978, qui se ressent de l´amitié qui unissait le biographe et le musicien, Hervé Lacombe donne la version de référence.
    À partir de documents étudiés de première main, il offre une image renouvelée d´un compositeur qui, né au XIXe siècle, s´est toujours inscrit dans son temps, ouvert à tous les courants et curieux de toutes les musiques, même s´il a choisi résolument de ne pas s´écarter de certains cadres formels.
    Son oeuvre, qui embrasse tous les genres et excelle particulièrement dans le domaine vocal (ses mélodies sont au répertoire de nombreux chanteurs, son opéra Les Dialogues des Carmélites est joué dans le monde entier, sa musique religieuse est interprétée par de nombreux choeurs), est ici commentée dans son rapport au langage de son époque, de manière à pénétrer la séduction qui, d´une légèreté charmeuse et assumée à une gravité profonde, attire à elle les amateurs et retient les connaisseurs.
    À l´occasion du cinquantième anniversaire de sa mort, cet ouvrage complète la connaissance d´un musicien dont on a découvert la plume élégante à travers sa Correspondance (Fayard, 1994) et le recueil de textes J´écris ce qui me chante (Fayard, 2011).

  • Chemins de traverse

    Glenn Gould

    Bruno Monsaingeon, qui a constitué plusieurs volumes d´écrits de Glenn Gould (né il y a 80 ans et mort il y a 30 ans), propose ici une sélection de ces textes. Les connaisseurs et amateurs de longue date y retrouveront, sous une forme concentrée, les tours et détours d´une expression parfois paradoxale et toujours stimulante, et un humour imperturbable.
    Ceux qui souhaitent découvrir ce pianiste qui a marqué l´interprétation par ses choix radicaux seront introduits par un chemin aisé vers les différents aspects de sa personne et de sa pensée .
    Ses goûts, ses aversions, ses choix qui lui ont imposé de renoncer à se produire en concert pour se concentrer sur l´enregistrement, ses admirations aussi (quelques portraits de ses contemporains en témoignent) s´expriment ici avec la finesse et souvent la drôlerie qui sont la marque de l´auteur.
    Pour faciliter l´accès à la pensée de ce musicien hors normes, Bruno Monsaingeon a sélectionné quelques textes assez étendus pour permettre le développement des idées et les a émaillés de mentions brèves, sortes d´aphorismes formant contrepoint.

  • « Je ne considère pas le titre d'Amériques comme purement géographique, mais comme symbole de découvertes - de nouveaux mondes sur terre, dans le ciel, ou dans l'esprit des hommes », écrivait Edgard Varèse. Le rôle qu'ont joué les États-Unis dans la constitution d'une nouveauté en musique est l'objet de cet ouvrage. On y voit que le Nouveau Monde, en se fondant sur sa culture populaire, a maintenu des liens plus ou moins étroits avec l'ancien. L'émancipation progressive se réalise dans l'oeuvre de compositeurs fondateurs (Charles Ives, George Gershwin notamment) ainsi que dans la création d'un genre spécifique, la comédie musicale, qui se développe jusqu'à Hollywood et rayonne dans le monde entier. À la suite de Gershwin et Copland, Leonard Bernstein réalise l'idéal d'une synthèse entre genre populaire (jazz, musical) et musique savante. Les échanges sont incessants : terre d'immigration, les États-Unis accueillent de nombreux musiciens (interprètes ou compositeurs) victimes des totalitarismes; des Américains viennent se former en Europe ; des Fondations commandent des oeuvres qui enrichissent le répertoire. La modernité du langage s'exprime également sous diverses formes, d'Elliott Carter à John Cage, jusqu'aux plus récents John Adams, Philip Glass ou Steve Reich. Nicolas Southon est docteur en musicologie et ancien élève du Conservatoire de Paris. Ses travaux portent sur la musique en France aux XIXe et XXe siècles, en particulier sur Poulenc, dont il a publié les écrits, et Fauré.

  • Oeuvre majeure dans la production wagnérienne, mais aussi centrale dans toute la création musicale occidentale du XIXe siècle, Tristan et Isolde de Richard Wagner s'impose comme une oeuvre référence à laquelle il faut revenir constamment pour confronter ses idées et analyser les solutions apportées par le compositeur au débat sur la place respective de la musique et de la poésie dans l'oeuvre lyrique. Cet opéra pose les jalons d'une évolution dans la conception et la réalisation de l'oeuvre d'art musicale, que Serge Gut présente ici avec une érudition dans laquelle se synthétise toute son expérience d'analyste du langage musical. Il envisage les données historiques de la composition, les aspects autobiographiques que Wagner a projetés dans l'oeuvre, et surtout, en se fondant sur une analyse musicale rigoureuse, il met au jour la valeur de cet opéra, et contribue ainsi à expliquer pourquoi sa thématique à connotation universelle nous impressionne toujours autant. Au-delà de la musique même, les perspectives émotionnelles, philosophiques et culturelles se révèlent dans une démonstration où les précisions techniques sont toujours emportées par le lyrisme inhérent à l'oeuvre.

  • Figure majeure dans l'histoire de la musique française au tournant des XIXe et XXe siècles, Claude Debussy (1862-1918), compositeur reconnu de son vivant et jouissant d'une notoriété internationale, a été considéré après la Seconde Guerre mondiale comme un initiateur de l'avant-garde. « Je travaille à des choses qui ne seront comprises que par les petits-enfants du XXe siècle » écrivait-il en 1895 : la prophétie de ce musicien novateur se trouve ainsi réalisée. En 2012, pour le 150e anniversaire de sa naissance, un colloque international a rassemblé une quarantaine de spécialistes. Du chercheur reconnu au doctorant, les contributeurs au présent ouvrage approfondissent la réflexion sur des sujets variés et, forts de problématiques inédites, apportent des éclairages neufs sur le créateur et sur son oeuvre, la pluridisciplinarité procurant un enrichissement considérable. De l'étude de la figure du personnage, dans ses dimensions politique, sociale et littéraire, à celle de la réception, de la postérité et de l'influence de sa musique, en passant par l'examen de ses procédés de composition, l'analyse spécifique de certaines de ses oeuvres et l'écoute de ses propres enregistrements, il résulte un corpus de textes constituant un éventail significatif de l'état actuel de la recherche debussyste et ouvrant de nouvelles perspectives.

    Ont collaboré à cet ouvrage : François Anselmini, Yves Balmer, Anne-Sylvie Barthel-Calvet, Annette Becker, Mauro Fosco Bertola, Gianmario Borio, Matthew Brown, Adrien Bruschini, Malika Combes, Justine Comtois, Paolo Dal Molin, Mylène Dubiau-Feuillerac, Julien Dubruque, Marie Duchêne-Thégarid, Jonathan Dunsby, Diane Fanjul, Michael Fend, Laurent Feneyrou, Élizabeth Giuliani, David Grayson, Philippe Gumplowicz, Roy Howat, Sylvia Kahan, Barbara L. Kelly, Richard Langham Smith, Christopher Brent Murray, Michela Niccolai, Pascal Ory, Timothée Picard, Christophe Prochasson, Michel Rapoport, Marie Rolf, Nicolas Southon, Renata Suchowiejko, Jean-Yves Tadié, Jean-Claire Vançon, Gianfranco Vinay, Marianne Wheeldon.

  • L'exposition « Le Troisième Reich et la musique » donne la mesure de l'importance qu'a revêtue la question musicale au sein des conflits idéologiques et esthétiques alimentés par la dictature nazie.

    Des années folles de l'expérimentation à celles de l'enfermement concentrationnaire, de l'expressionnisme d'Emil Nolde, d'Arnold Schönberg et de Paul Hindemith aux productions restauratrices de Richard Strauss, Werner Egk ou Cari Orff, elle confronte officiels et diffamés, figures historiques et acteurs de la modernité, partisans de la réaction et tenants de l'avant-garde. Elle analyse l'instrumentalisation systématique tentée par le pouvoir national-socialiste et pose la question de l'indépendance de la création artistique face au pouvoir politique.

  • Témoin et acteur essentiel de la musique au XXe siècle, Jean Wiéner a écrit à la fin de sa vie des mémoires fort éclairants sur l´époque qu´il a traversée et qu´il a contribué à façonner. Pianiste de formation classique, ouvert au jazz, il anime le Boeuf sur le toit, où se rencontre le Tout-Paris des années 1920. Aux Concerts-salade qu´il invente, on entend Cole Porter, Ravel et Gershwin, Stravinsky et Falla et, pour la première fois en France, le Pierrot lunaire de Schoenberg. En duo avec le pianiste Clément Doucet, il parcourt le monde et laisse des enregistrements mémorables. Son oeuvre de compositeur s´étend d´un Concerto franco-américain ou de sonates pour piano à de la musique de film qui lui vaut une immense notoriété (l´air d´harmonica deTouchez pas au grisbi est dans toutes les mémoires). Son ouverture d´esprit, sa générosité qui lui ont fait franchir les cloisonnements se retrouvent dans cet Allegro appassionato , où l´on entend la voix d´un musicien et d´un homme fraternel.

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  • Après avoir donné une somme sur le quatuor en quatre volumes, Bernard Fournier en propose ici une synthèse destinée à faire découvrir ce genre à un large public. Ce livre parcourt l'histoire du quatuor depuis ses origines, au milieu du XVIIIe siècle, jusqu'à nos jours. Il insiste particulièrement sur les périodes charnières de son évolution, scandées en grands moments (la naissance du genre à l'âge classique, son apogée avec Beethoven, son renouveau au début du XXe siècle, sa mutation à partir des années 1950) et met en valeur les principaux chefs-d'oeuvre du répertoire. Ainsi, au fil de l'histoire, en plus des quatuors cités ou rapidement caractérisés, un grand nombre d'entre eux sont commentés de manière plus substantielle : l'objectif est de fournir au lecteur-auditeur des clefs d'écoute, de suggérer le contenu expressif des oeuvres, tout en mettant en évidence certains de leurs aspects formels et esthétiques. Si toutes les oeuvres mentionnées sont définies en relation avec les styles et les courants musicaux, elles sont situées également en rapport avec les mouvements des idées de la période qui les a vus naître. Histoire du quatuor, ce livre est également une traversée de l'histoire de la musique occidentale, vue sous l'angle d'un genre exigeant, continûment pratiqué et prisé.

    Ingénieur de formation, violoniste-quartettiste, Bernard Fournier est l'auteur de L'Esthétique du quatuor à cordes et de trois volumes d'Histoire du quatuor à cordes (Fayard, 1999, 2000, 2004, 2010).

  • Disparu le 22 juillet 2004, Serge Reggiani a marqué différentes générations et le simple énoncé de son nom suscite une réaction quasi unanime : « J'adore ! ». À la veille de Mai 1968, à 45 ans, le partenaire de Simone Signoret dans Casque d'or crée l'événement sur la scène de Bobino. À travers les titres phares de son deuxième album (Le Petit Garçon, Les Loups sont entrés dans Paris, Ma liberté, Sarah...) il se révèle un interprète exceptionnel de la chanson.

    Né en Italie, arrivé en France à l'âge de 8 ans, il a débuté au théâtre, avant d'aborder le cinéma et d'y tourner plus de 75 films. Devenu un comédien qui chante grâce à Barbara et à des amis auteurs et compositeurs nommés Georges Moustaki, Jean-Loup Dabadie ou Michel Legrand, il s'est constitué l'un des plus beaux répertoires du genre, conjuguant nostalgie, humour et engagement citoyen d'une voix identifiable entre mille.

    Forte de quelque trente-cinq témoignages inédits de personnalités et de proches, cette biographie très fouillée de Serge Reggiani (que l'auteur a interviewé à plusieurs reprises) est centrée sur sa carrière de chanteur, mais elle aborde évidemment l'ensemble de son parcours d'artiste et d'homme. En particulier, elle montre comment de festivals en Olympias et autres Palais des Congrès, Serge Reggiani aura bouleversé jusqu'au bout le public francophone.

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  • Une étude très généreusement illustrée sur le rapport que Debussy entretint toute sa vie avec les arts plastiques.

  • L'opéra, fait de civilisation majeur dans nos sociétés, est étudié à travers le prisme de ce que Walter Benjamin a appelé l'« un des grands romans sur le xixe siècle » : Le Fantôme de l'Opéra de Gaston Leroux. De multiples adaptations cinématographiques mêlent grandioses réalisations de studios (Universal, Hammer) et films d'auteur cultes (Brian de Palma, Dario Argento), au risque du kitsch. La comédie musicale d'Andrew Lloyd Webber pulvérise tous les records d'audience et de longévité, parachevant un mythe.


    Quelles conceptions de l'opéra se fait-on et quelles représentations en donne-t-on quand on passe du roman à son illustration, du cinéma à la comédie musicale et du ballet à la fan fiction ? Mais aussi du grand répertoire lyrique au rock ou au heavy metal, de la féerie à l'horreur, des adultes aux adolescents, des hommes aux femmes, d'un siècle à l'autre ? Ou encore de la France aux États-Unis et à la Chine, et de la Grande-Bretagne à l'Italie et à l'Amérique du Sud ? Cet essai interroge le devenir du divertissement en Occident, de l'essor du spectaculaire romantique au triomphe de l'industrie culturelle mondialisée. Il montre que si l'opéra comme genre et pratique semble s'effacer peu à peu, son esprit perdure sous d'autres formes et par d'autres moyens : l'opéra et ses succédanés prennent en charge des aspirations dont l'homme ne peut se passer et dont eux seuls ont la clef.


    Plus largement, cet ouvrage s'attache à ce que Nietzsche a nommé la « civilisation de l'opéra » et dont le Palais Garnier, quintessence de « Paris, capitale du xixe siècle » et de la culture bourgeoise à son âge d'or, apparaît comme la figure de proue. S'appuyant sur les sources les plus diverses, il parcourt tout l'édifice de son imaginaire pour identifier dans le couple formé par l'Opéra fabuleux et son Fantôme monstrueux l'allégorie d'une modernité équivoque. Il traite enfin de notre rapport à cette civilisation, fantôme étonnamment vivace des cultures et sociétés contemporaines.

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