Eres

  • Violences en cours

    Jean-Jacques Moscovitz

    • Eres
    • 7 December 2017

    L'art fait ici lien entre deux pratiques de discours, l'une psychanalytique par l'expérience de la parole de sujet, et l'autre par les images qui bougent et parlent, pour interpeler une troisième pratique, celle du politique pour faire face au vacarme du monde.

    En se posant comme critiques freudiens de cinéma, les auteurs ouvrent sur l'approche de la violence intime propre à chacun, au rapport de chacun à ses propres pulsions. Ils montrent comment chacun court le risque d'avoir à se situer face aux turbulences de notre monde. Le cinéma, en questionnant la destructivité suractivée depuis les génocides du XX e siècle, peut-il prémunir les adolescents de la dérive auto-destructrice et meurtrière actuelle ?

    Entre art et psychanalyse, surgit l'e?et de scandale propre au sujet de l'inconscient contre le danger d'a?adissement de ces discours eux-mêmes. L'art supplée aux défaillances d'énonciation, de prise sur le réel. Dès lors, par sa puissance de faire énigme, il devient index de ce réel où surgit le semblant de sens toujours sans limite et l'illusion que le cinéaste nous montre en nous créant spectateur. Le discours analytique y trouve sa part d'énigme à résoudre.
    L'artiste en e?et sait surpasser le refoulement pour faire des allers-retours, non sans angoisse, entre les registres du conscient et de l'inconscient, qui chez lui sont le lieu d'un refoulement mou, contrairement au névrosé qui a besoin de l'artiste pour y parvenir.
    Ainsi cinéma, art et psychanalyse s'allient pour qu'intime et désir de l'humain donnent toute leur mesure dans notre vie quotidienne. Le désarroi dans la civilisation leur fait obstacle par des e?ets sur notre subjectivité et des silences au niveau collectif, dans des guerres exterminatrices au Moyen-Orient et leurs conséquences de violence en France et dans le monde.
    Cet ouvrage tente d'expliquer comment la violence modifie la pratique de la psychanalyse et appelle à en préciser les limites voire l'(in)e?icacité. La violence se transforme-t-elle en discours en libérant notre Moi, ou au contraire, reste-t-elle dans des stagnations de jouissances destructrices actives qui, demeurant souterraines, non dévoilées, ont des conséquences cachées et portent gravement atteinte à la civilisation et aussi bien qu'à la vie psychique au jour le jour.

  • L'image de la féminité, qui trouve une expression particulièrement saisissante dans le cinéma, se construit à partir de représentations évoluant au cours de l'histoire, et se modifie au fil du temps et des époques. Mais la permanence et la multiplicité des représentations de cette figure du féminin avec ses interrogations, voire ses débordements quand il s'agit de la folie, n'est peut-être pas qu'un simple produit de l'histoire, ou du contexte social et culturel du moment. Derrière les évolutions et les mutations qui semblent contraindre les corps à se plier à des contingences sociales ou artistiques, il subsiste des permanences qui échappent à la mode et à ses processus, comme elles échappent également à ses supports ou à ses destinataires.

  • Art du cinéma et psychanalyse se regardent et s'écoutent, nouant l'intime, le social et le politique.
    Images de cinéma et paroles en séances gardent leur part de mystère grâce à la surprise et à la beauté des mots et des images, quelle que soit la génération à laquelle on appartient. Art du cinéma et intelligence de l'approche psychanalytique enrichissent notre regard et notre écoute et laissent espérer quelque apaisement relatif à notre histoire intime, familiale et/ou collective en lien avec la grande Histoire. Psychanalyse et cinéma font oeuvre émancipatrice pour le sujet et la société.
    Docteur en médecine, de formation psychiatrique, formé comme psychanalyste à la Société psychanalytique de Paris, puis membre de l'ex-École freudienne de Paris, Jean-Jacques Moscovitz est membre d'Espace analytique et membre fondateur de « Psychanalyse actuelle » (1986) et de l'association « Le regard qui bat ».
    Il est également directeur de la collection Le regard qui bat aux éditions érès.

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