Editions Materiologiques

  • Le physicien et philosophe Mario Bunge a attendu 2015 et sa 96e année pour rédiger ses mémoires. C'est dire si la fresque qu'il nous propose ici est riche en idées, en événements (emprisonnement, exil, échecs et succès, honneurs et adversité), en prises de position, en troubles de l'Histoire, en jaillissements de savoirs, en ferments pour un matérialisme du XXIe?siècle. L'" entre deux mondes " que le titre évoque se comprend de multiples façons.
    Bien sûr, d'abord par la position singulière de Mario Bunge, aussi scientifique que philosophe, véritablement à l'interface de ces deux mondes savants. Savoirs scientifiques et culture humaniste sont liés et Bunge voyage d'un monde à l'autre, sans se soucier d'une dichotomie courante qui contribue à un inutile conflit des savoirs. C'est aussi un entre-deux-mondes géographique et social : une première vie en Amérique du Sud, puis le départ définitif pour l'Amérique du Nord.
    Une telle autobiographie se doit de revenir sur les aspérités de la vie comme sur ses bonheurs, tout comme elle doit tracer les trajectoires des rencontres avec des centaines d'éminents savants, amis ou adversaires. Avec une franchise inhabituelle dans ces milieux feutrés, au détour des pages fusent les concepts, les théories, les leçons pour les temps présents, les appels à la raison, les mises en garde contre les obscurantismes et les vaines promesses.
    Encore des entre-deux-mondes... L'auteur nous convie à l'exposé d'une vie de travaux incessants dans presque tous les grands domaines savants, permettant ainsi aux lecteurs francophones d'aborder les rives d'un vaste continent de connaissances, alors qu'il existe très peu de livres de Bunge en français, moins encore de biographie... Et si l'on adhère à ses idées, à sa démarche, à sa méthode, à son humour parfois cinglant, c'est avec un plaisir rare que l'on peut se sentir appartenir à une sorte de confrérie, celle des amoureux de la pensée rationaliste et humaniste, et de son partage.

  • Dans ce dictionnaire hors normes, conçu dans une perspective humaniste et scientifique, ontologie, épistémologie, méthodologie sont les domaines privilégiés par Mario Bunge. Si des entrées proposent un jubilatoire tir aux pigeons conceptuel(s) - loin de l'austérité érigée en canon du savoir -, d'autres exposent certaines des idées les plus constantes et fructueuses que l'auteur a développées durant des décennies, au point qu'il n'est pas exagéré de voir cet ouvrage comme un pan majeur de l'édifice bungéen, à savoir le matérialisme émergentiste qu'il a systématisé dans les huit volumes de son Treatise on Basic Philosophy (1974-1989). Ce dictionnaire, souvent insolent et subversif, n'est donc pas un banal exercice standardisé de compilation de définitions usuelles et consensuelles? mais un exercice de référence plutôt que de déférence. La pléthorique philosophie que Bunge désigne par le terme d'«?industrie de la philosophie?» est ici bousculée avec un allant qui nous fait sortir de la torpeur du conformisme de ce magasin de porcelaine, où les concepts déposés sur des étagères sont délicatement époussetés depuis des lustres par des coupeurs de cheveux philosophiques en quatre. Alors quand un éléphant - dont on sait qu'il est doué d'une intelligence et d'une mémoire peu communes - pénètre ce cocon, les bris de mots sont à redouter si l'on est à la recherche d'un énième manuel de bachotage, au contraire à espérer si l'on demande à la philosophie d'autres fruits que ceux de la ratiocination stérile ou du psittacisme de concours. Dès lors, lectrices, lecteurs, ce dictionnaire roboratif est pour vous. Comment mieux résumer en si peu de place la perspective de Bunge ici, sinon en reprenant une partie de sa définition de la passion?: «?Le complément de la raison. Ce qui alimente la raison ou ce qui la fait vaciller. Il n'y a pas de grande entreprise sans la passion et rien de bien ne se fait avec la passion seule.?»

  • Théories, expériences, modélisations et controverses sont constitutives du développement des sciences de la nature, telles que la physique, la chimie, la biologie, ou la géologie. Cet ouvrage de philosophie défend le point de vue selon lequel l'étude de l'histoire des sciences est nécessaire pour les comprendre et pour reconnaître que les théories scientifiques sont à la fois toujours plus puissantes, mais aussi presque toutes éphémères. L'auteur soutient que des connaissances scientifiques nombreuses et de grande portée résultent de tels allers-retours, ce qui justifie pleinement la thèse du progrès scientifique.

    Une partie du livre est consacrée aux relations existantes entre les sciences de la nature et les mathématiques - celles-ci sont d'une autre essence que les premières?: leurs objets sont immatériels et intemporels. Pour cette raison, l'étroite association entre la physique et les mathématiques, mais aussi désormais entre la biologie et les mathématiques ne peut pas annihiler la distinction de nature entre elles. Le monde des mathématiques et celui des sciences naturelles demeurent à jamais distincts.

    Une idée centrale ici défendue est la suivante?: s'il y a bien progrès des connaissances scientifiques, il y a aussi et surtout accroissement de ce que les humains ignorent au sujet de la nature, de l'Univers et de la vie. Chaque découverte apporte plus de questions nouvelles que de réponses. En revanche l'intensité de notre dialogue avec la nature s'accroît spectaculairement grâce à l'activité scientifique.

    L'auteur présente enfin des arguments pour soutenir que les sciences et les techniques sont deux réalités et deux genres d'activités fondamentalement distinctes?; Albert Einstein n'est pas plus responsable de la bombe à hydrogène, que Galilée de l'artillerie, ou Darwin de l'eugénisme.

  • Épistémologie française, cela peut signifier deux choses. C'est d'une part une entité géographique (l'ensemble des épistémologues de langue et de culture française), d'autre part le nom d'une forme de pensée spécifique, qui affirme la solidarité de problèmes (allant de la théorie des fondements de la connaissance à la philosophie des sciences) que d'autres traditions tendent à dissocier.
    Les études rassemblées ici ont un double objectif. Le premier est d'identifier les écoles de pensée et les institutions. L'attitude adoptée par des penseurs français tels que Pierre Duhem, Henri Poincaré, Louis Rougier relativement au positivisme est étudiée, mais aussi l'influence d'auteurs tels que ce même Duhem et Emile Meyerson sur la philosophie américaine des sciences (Quine, Kuhn). Sont aussi examinés les auteurs qui ont établi un dialogue entre épistémologie et histoire des sciences, et les institutions qui ont favorisé ce dialogue.
    Le second objectif a trait aux grandes figures de la philosophie des sciences en France. On examine d'abord les auteurs qui ont présenté des vues générales sur la science, avant et après l'apparition du mot « ?épistémologie » : Auguste Comte, Antoine-Augustin Cournot, Claude Bernard, Gaston Bachelard. Puis sont considérées les contributions à la philosophie des sciences spéciales? : logique et mathématiques (Jacques Herbrand, Jean Nicod, Jean Cavaillès), sciences physiques et chimiques (Henri Poincaré, Emile Meyerson, Alexandre Kojève, Jean-Louis Destouches), biologie et médecine (Félix Ravaisson, Georges Canguilhem), enfin le droit (Charles Eisenman).

  • Au début des années 2000, la conception des génomes comme des machines à produire des protéines a été rendue caduque par la découverte inattendue dans les cellules d'une myriade d'ARN non traduits en protéines : les ARN non codants. Les recherches sur ces ARN, qui assurent des fonctions régulatrices majeures au sein des cellules, ont profondément modifié la représentation que les biologistes se font des propriétés de l'ADN et des processus cellulaires.
    Cet ouvrage se propose de retracer l'histoire, tant fascinante que complexe, des travaux qui ont mis en lumière le rôle régulateur des ARN. Au-delà de cette perspective historique, l'auteur poursuit un projet plus ambitieux : celui de montrer que l'étude des ARN non codants accompagne, voire catalyse, certaines transformations théoriques, conceptuelles et épistémologiques majeures affectant la biologie moléculaire contemporaine.
    Outre qu'elle a conduit à réviser et étendre les fondements théoriques sous-tendant de nombreux champs disciplinaires, l'existence de ces ARN invite à repenser la pertinence et l'importance du concept de gène, ainsi que celui d'information, dans les théories biologiques. Les recherches sur les ARN non codants apportent par ailleurs un éclairage original sur l'évolution des démarches d'investigation et des pratiques explicatives mises en oeuvre dans la biologie post-génomique.
    Autant de questions abordées qui intéresseront tout lecteur désireux de porter un regard novateur sur la biologie moléculaire contemporaine.

  • Dans cet ouvrage, Franck Varenne pose la question du réalisme scientifique, essentiellement dans sa forme contemporaine, et ce jusqu'aux années 1980. Il s'est donné pour cela la contrainte de focaliser l'attention sur ce que devenaient sa formulation et les réponses diverses qu'on a pu lui apporter en réaction spécifique à l'évolution parallèle qu'ont subie les notions de théories et surtout de modèles dans les sciences, à la même époque. Même si, bien sûr, on ne peut pas attribuer le considérable essor des modèles au XXe ?siècle au projet qu'auraient eu les scientifiques de régler cette question, en grande partie philosophique, du réalisme - car les modèles scientifiques ont bien d'autres fonctions et ils proviennent de bien d'autres demandes techniques, cognitives et sociales -, son choix épistémologique a consisté à suivre la littérature contemporaine désormais classique, tant scientifique que philosophique, sur les théories puis sur les modèles afin d'une part, d'en rapporter l'évolution générale, mais, d'autre part aussi, afin de l'interroger de proche en proche, et systématiquement, sur ce qu'elle entend à chaque fois réévaluer ou remettre en débat au moyen de cette question persistante du réalisme et de la réalité en science. Au-delà de l'enquête historique, cette étude se révèle donc également comparative. Elle présente l'intérêt de mettre en évidence des similitudes de forme remarquables (identités, symétries, inversions, déplacements) entre des séquences argumentatives produites par des auteurs différents, dans des contextes distincts, au sujet de cette capacité qu'aurait - ou non - la science à rendre véritablement compte de la réalité.

    Ainsi, via l'analyse épistémologique historique et comparative qu'en propose Franck Varenne, la question cruciale de la médiation du réel par nos outils conceptuels ou expérientiels reçoit dans ce livre l'éclairage d'auteurs dont les conceptions sont, pour certaines encore, méconnues du lecteur non anglophone : Peter Achinstein, Max Black, Ludwig Boltzmann, Nancy Cartwright, Pierre Duhem, Ian Hacking, Mary Hesse, Evelyn Fox Keller, Imre Lakatos, Ernst Mach, Ernest Nagel, Henri Poincaré, Willard V.O. Quine, Bas van Fraassen, etc.

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  • Le biologiste britannique John Burdon Sanderson Haldane (1892-1964) est un personnage fascinant. Durant sa vie, il a notamment participé au développement de la biochimie, contribué de manière décisive à la fondation de la génétique des populations, pris position dans les débats sur l'eugénisme et dans l'affaire Lyssenko, été l'un des pionniers de la popularisation des sciences, écrit des centaines d'articles et tenu des dizaines de conférences pour le grand public, rédigé des textes d'anticipation qui ont contribué à la fondation du genre littéraire de la science-fiction, inventé les termes d'ectogénèse et de clonage, créé plusieurs scandales dans le milieu universitaire, participé aux deux guerres mondiales - dont directement à la première comme combattant - ainsi qu'à la guerre civile espagnole, milité dans le Parti communiste de Grande-Bretagne, fondé un institut de recherche en génétique en Inde. Et cet inventaire n'est pas exhaustif, au point qu'il est parfois difficile de croire que l'ensemble des activités qui lui sont attribuées ont bel et bien été effectuées par le même homme.

    Dans cet enchevêtrement d'activités et de préoccupations, la biographie de Haldane fait apparaître une période particulière, entre la fin des années 1930 et le tout début des années 1950, durant laquelle il s'affirme marxiste, s'engage politiquement aux côtés du Parti communiste et affirme appliquer les idées marxistes aux sciences. La présente étude porte sur cette « période marxiste » de la vie de Haldane, où se croisent et se joignent sous la forme d'une vision du monde spécifique, science, philosophie et politique. Elle examine le parcours et les motivations intellectuelles qui mènent Haldane à adopter ces idées marxistes, discute et évalue la manière dont il prétend les appliquer utilement à la compréhension et à la production des sciences, et se penche finalement sur les conditions sociales et historiques qui déterminent l'émergence des conceptions marxistes de Haldane.

    Ouvrage publié avec l'aide du Laboratoire de recherche S2HEP (Sciences, Societés, Historicité, Education et Pratiques) Université Lyon 1.

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  • En 1881, le grand embryologiste allemand Wilhelm Roux publie cet essai dont la densité et l'originalité ne cessent, encore aujourd'hui, d'étonner.

    Inspiré par les idées de Charles Darwin, il cherche à en prolonger la portée en imaginant l'organisme comme un territoire où des formes variables de sélection naturelle opèrent sur toutes les entités, de la cellule à l'organe. Comment ces dynamiques opèreraient-elles ? Seraient-elles de même nature ? Pourraient-elles interagir ? Bien plus qu'un jeu de l'esprit, c'est à une exploration subtile que le lecteur est convié, dans les méandres d'une pensée foisonnante, qui se déploie dans une filiation parfois rebelle vis à vis de l'auteur de l'Origine des espèces. Ce dernier n'en déclara pas moins que c'était « un des livres les plus importants [...] sur l'évolution » qu'il lui avait été donné de lire.

    Bien que méconnu, cet ouvrage marqua néanmoins profondément ses lecteurs les plus illustres. Nietzsche, notamment, y puisa la source de son engouement pour la biologie, et les fondements de certains de ses concepts majeurs : Wilhelm Roux se trouve ainsi être le passeur entre deux des plus grands penseurs de l'ère moderne. Et par une pirouette de l'Histoire, certaines hypothèses de ce livre, longtemps tenues pour obsolètes, se révèlent au contraire visionnaires, au regard de travaux récents qui réévaluent considérablement la place du hasard dans le fonctionnement des cellules et des organismes.

    Première traduction en français de cette échappée solitaire de la pensée biologique, ce texte est précédé d'une préface qui développe de manière critique cette postérité inattendue.

    Traduction : Laure Cohort, Sonia Danizet-Bechet, Anne-Laure Pasco-Saligny et Cyrille Thébault.

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  • Ce recueil vise à donner au lecteur francophone un accès à une partie de la réflexion du biologiste britannique John Burdon Sanderson Haldane (1892-1964) sur les sciences et leur rapport à la philosophie et à la politique. Haldane est surtout connu comme l'un des fondateurs (aux côtés de Ronald Fisher et Sewall Wright), au tournant des années 1930, de la théorie de la génétique des populations, un moment important de la synthèse néodarwinienne conciliant les résultats de la génétique de Mendel et le cadre de la théorie de l'évolution de Darwin. Mais il reste également comme un formidable vulgarisateur des sciences de son temps, un contributeur important à la réflexion philosophique sur les sciences, et un savant engagé politiquement. Adhérant philosophiquement au marxisme dans les années 1930, il est jusqu'en 1950 une figure du Parti communiste de Grande-Bretagne (PCGB).
    Les six textes regroupés ici, et traduits par Simon Gouz, concernent précisément la période de l'engagement marxiste de Haldane et permettent d'éclairer le sens et les conditions de cet engagement. Durant cette période, la plus grande partie des écrits populaires de Haldane est constituée d'articles courts publiés en tribune dans le Daily Worker (quotidien du PCGB). Ces articles sont pour la plupart centrés sur un aspect particulier des sciences, le plus souvent en biologie, et visent à la fois à fournir au lecteur une information sur l'état des sciences et à introduire une réflexion sur les conséquences sociales de leurs applications. Les textes traduits et reproduits dans le présent recueil sont plus longs et affirment une portée plus générale. Il s'agit des réflexions menées par Haldane directement du point de vue d'une philosophie marxiste des sciences. Chacun d'eux est précédé d'une introduction fournissant une présentation détaillée.
    Feu Simon Gouz était docteur en histoire et philosophie des sciences, et chercheur associé au laboratoire S2HEP de l'université Claude Bernard-Lyon 1.

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  • De nombreuses disciplines s'intéressent à l'individu sans que l'individualité fasse l'objet d'une science dédiée. Et pour cause : le défi de connaître les réalités individuelles se pose à chaque fois de façon spécifique au biologiste, au sociologue, au philosophe, au praticien. Comment rendre compte dans son propre cadre disciplinaire de ce qui se joue à l'échelle et à la temporalité individuelles, sans pour autant réduire la singularité et le devenir des êtres auxquels on a affaire à une essence anhistorique, un système de dispositions, un concours de circonstances ou un programme génétique ? Si la variété de ces problématiques exclut une approche transversale, elle en appelle d'autant plus une démarche comparative : comment nos différentes disciplines font-elles pour dépasser un point de vue fixiste et réducteur niant la réalité des trajectoires de vie singulières? ? Entre historicité, émergence, trajectoires et rencontres, nos pratiques de recherche développent des modes d'explicitation permettant de sortir de l'opposition binaire entre déterminisme et hasard où l'individualité est la première perdue.

    Cet ouvrage interdisciplinaire est une invitation à croiser les perspectives sur la notion d'individu, les difficultés qu'elle pose et l'inventivité méthodologique dont elle est l'occasion. Il vise à esquisser une définition de l'individu au prisme de ses trajectoires (biologiques, existentielles, sociales, éthiques) déterminées par des rencontres qui sont toujours en partie imprévisibles.

    Ouvrage issu des activités du laboratoire junior « ?Enquête sur l'homme vivant? : philosophie, biomédecine, pratiques artistiques (EHVI)? » (ENS de Lyon) et publié avec le soutien de la Région Rhône-Alpes et du projet ANR Anthropos (ENS de Lyon, CERPHI-UMR 5037).

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  • Qu'est-ce que la sexualité? ? Quand et comment est-elle apparue ? Quels sont les principaux traits de son évolution ? Fort de sa compétence en génétique et en biologie évolutive, Jean Génermont propose des réponses et des pistes de réflexion issues de ses propres travaux, tout en s'appuyant sur de nombreux exemples pris aussi bien chez les animaux que chez les plantes terrestres.

    Jean Génermont effectue ici une étude comparative des caractéristiques de la sexualité chez les représentants actuels de diverses lignées eucaryotes. Il en ressort que la fonction ancestrale de la sexualité est d'apporter par la fécondation un accroissement de robustesse vis-à-vis des variations du milieu, dont découle la fonction de brassage génétique. À ces deux fonctions universelles s'ajoute, uniquement chez les pluricellulaires, la fonction reproductrice.

    À partir de ces conclusions, Jean Génermont élabore des scénarios sur la naissance de la sexualité, initialement sans sexes? ; sur sa structuration par émergence et diversification des incompatibilités sexuelles et de la différenciation sexuelle ; sur l'acquisition de sa fonction reproductrice lors de chaque transition de l'unicellularité vers la pluricellularité.

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  • Est-il vrai que la science et la technologie forment un tout ? Qu'elles sont unies par des liens constants et nécessaires ? Est-il vrai que le raisonnement technologique prend toujours place dans un contexte industriel ? Que les bio- et nanotechnologies forment la part essentielle des technologies contemporaines ? Que l'application définit adéquatement la relation entre la science et la technologie ? Dans ce livre, Dominique Raynaud examine les limites de chacune de ces idées.
    Il dresse un panorama complet des problèmes que pose la technologie au moyen d'une étude détaillée des aspects cognitifs, ergologiques, professionnels et juridiques de la relation entre la science et la technologie et met à nu la fiction utilitariste de la prétendue " technoscience ". Tout aussi éloigné de l'apologie que de la critique radicale, ce livre défend une perspective empirique et analytique dans l'étude de la technologie.
    " Le livre que vous avez dans les mains est la première étude de toutes les facettes de la technologie, depuis la conception des artefacts technologiques jusqu'aux problèmes philosophiques et juridiques que soulèvent le savoir et le savoir-faire technologiques. [...] Cependant, Raynaud n'hésite pas à qualifier de toxique pour la technologie elle-même la politique des utilitaristes qui font primer le "développement" sur la recherche fondamentale, car toutes les innovations technologiques sont issues de connaissances fondamentales.
    [...] Comme le disait Guido Beck, mon professeur de physique, ils n'ont pas compris qu'il ne peut pas y avoir de lait de vache sans vache ", Mario Bunge (extrait de la préface).

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  • La notion de cellule souche est en plein bou­le­ver­sement. La vision issue des études pionnières et des premières études moléculaires des années?1960 et?1970 est battue en brèche par de nouveaux éléments expérimentaux obtenus depuis moins d'une décennie. Ces résultats, rendus possibles par certaines avancées technologiques, sont venus questionner la définition même des cellules souches en termes moléculaires précis.
    Loin d'être des entités à l'identité bien définie, elles sont en réalité intrinsèquement instables et variables, ce qui a des conséquences fortes en termes de conception de la différenciation cellulaire, du développement des organismes et du développement cancéreux. Après avoir décrit l'histoire et l'actualité de la notion de cellule souche, cet ouvrage propose des alternatives aux modèles de développement classiques basés sur le déterminisme génétique, de manière à mieux intégrer les données accumulées sur le comportement aléatoire des cellules souches.
    Il aborde ensuite la question très actuelle de la " reprogrammation " cellulaire qui vise no­tamment à obtenir des cellules souches à partir de cellules plus différenciées. La manière dont les différentes voies de " reprogrammation " doivent être reconsidérées vis-à-vis de la révolution conceptuelle dont il est question auparavant permet d'introduire une nouvelle perspective sur la médecine régénérative, l'une des principales motivations de l'étude des cellules souches.
    Cet aspect biomédical et l'aspect plus " fondamental " constituent le double intérêt de ce livre qui contribue à établir une biologie vraiment contemporaine intégrant pleinement le rôle du hasard dans le comportement cellulaire

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