Ecole Hautes Etudes En Sciences Sociales

  • Saintété de cour : les Capétiens et leurs saintes femmes

    Sean L. Field

    • Ecole hautes etudes en sciences sociales
    • 17 March 2022

    Le pouvoir des rois de France s'est accru de façon exponentielle au cours du XIIIe siècle, des croisades de saint Louis jusqu'aux conflits de Philippe le Bel avec l'Église. Sean L. Field réexamine l'âge d'or capétien et soutient que les saintes femmes, mystiques, voyantes ou ascètes, ont joué un rôle crucial, mais négligé, pour légitimer cette montée en puissance. À travers les destins de six de ces femmes, il observe que, pendant la série de scandales qui agitent la fin du XIIIe et le début du XIVe siècle, elles ont joué un rôle non moins important, mais cette fois-ci en tant que boucs émissaires.

  • Aux racines du livre : métamorphoses d'un objet de l'Antiquité au Moyen Age

    Filippo Ronconi

    • Ecole hautes etudes en sciences sociales
    • 6 January 2022

    Cet ouvrage propose une réflexion critique sur l'histoire du livre gréco-latin entre l'Antiquité et le Moyen Âge, à l'aide d'une méthode originale, au croisement entre « sciences du livre » et sciences sociales.
    Filippo Ronconi y analyse les différents types de manuscrits qui ont circulé dans les espaces méditerranéen et européen à ces époques, en en décrivant formes et structures et en situant à chaque fois leur origine et leur diffusion dans le contexte socioéconomique.
    Une attention particulière est consacrée aux milieux de production, aux réseaux de commercialisation et aux différentes utilisations des manuscrits.

  • écrire sa vie, devenir auteur : le témoignage ouvrier depuis 1945

    Eliane Le Port

    • Ecole hautes etudes en sciences sociales
    • 16 September 2021

    Tout au long du XXe siècle, des ouvriers et des ouvrières ont écrit sur leurs univers professionnels, sociaux, politiques et intimes, faisant ainsi perdurer une tradition de l'écriture prolétarienne. Ce livre retrace cette expérience à partir de l'étude d'une centaine d'auteurs dont les témoignages ont été publiés, en France, depuis 1945. À travers un ensemble de récits - individuels et collectifs - et une enquête orale, il s'intéresse aux trajectoires des auteurs, à la place de l'écriture dans une vie ouvrière et à son cadre - militant, professionnel, intime -, aux pratiques littéraires diversifiées, aux lieux et aux moments de prise de plume, aux étapes de la composition d'un récit. L'analyse réserve aussi une place à la publication et à la diffusion des témoignages, ainsi qu'aux rencontres et collaborations qu'elles suscitent entre les éditeurs et les auteurs. Ces écrits ne sont pas seulement des récits de vies ouvrières, ils se font également les traces de pratiques et de choix d'écriture, qui interrogent le rapport des écrivains-ouvriers au témoignage et à la littérature. Dépassant le seul ressort militant de l'écriture ouvrière, Éliane Le Port rend compte des identifications multiples à l'oeuvre dans les récits et des manières différenciées de témoigner pour soi et de soi au nom d'une classe sociale.

  • L'expropriation par le droit : propriété intellectuelle, valeur et travail Nouv.

    L'expropriation par le droit : propriété intellectuelle, valeur et travail

    Christian Bessy

    • Ecole hautes etudes en sciences sociales
    • 19 May 2022

    Cet ouvrage porte sur l'évolution actuelle des droits de propriété intellectuelle (DPI). Au croisement de la sociologie économique et du droit, et de l'économie des conventions, Christian Bessy s'empare de l'extension du droit de la propriété intellectuelle et de sa transformation contemporaine. Il entend montrer comment des choses jugées jusqu'ici comme inappropriables le sont devenues et ont acquis la qualification de « bien », objet d'un droit de propriété, au prix d'une codification juridique rampante. En portant l'attention sur les États, les grandes entreprises et les intermédiaires du droit, ce livre se propose de saisir les évolutions du capitalisme notamment à travers la façon dont les DPI deviennent aussi des marchandises que l'on peut échanger, expropriant les travailleurs.

  • Pour les sciences sociales

    Cyril Lemieux

    • Ecole hautes etudes en sciences sociales
    • 23 November 2017

    Présenter avec brièveté 100 livres qui, année après année, depuis la Seconde Guerre mondiale, ont marqué de leur empreinte la construction des sciences sociales, en France et à travers le monde : tel est le pari que relève avec succès ce livre.

    Les éditeurs de l'ouvrage ont sollicité certains des meilleurs chercheurs actuels, en France et à l'étranger, pour présenter, à l'attention d'un public de non-spécialistes, l'intérêt et l'argument profond de chacun de ces 100 livres et pour dire son héritage et son actualité pour la recherche d'aujourd'hui. Il en résulte un panorama par défi- nition incomplet et néanmoins suggestif. Il offre une vue renouvelée sur des oeuvres majeures du patrimoine des sciences sociales, comme sur d'autres moins connues du grand public. Mais il permet aussi d'apercevoir d'où viennent ces sciences et de quelle manière elles sont en train d'évoluer, en révélant au passage leur profonde unité, au-delà des divisions disciplinaires auxquelles trop souvent le regard s'arrête.

  • Une histoire de la psychiatrie soviétique

    Grégory Dufaud

    • Ecole hautes etudes en sciences sociales
    • 17 June 2021

    La psychiatrie soviétique passe aujourd'hui pour une spécialité médicale dévoyée qui a servi à réprimer les opposants politiques. Si elle n'est pas fausse, cette image s'avère réductrice. Grégory Dufaud propose dans cet essai une autre perspective. Il montre combien le traitement de la folie a pu être un espace d'initiatives et d'innovations, animé par des psychiatres soucieux de la santé mentale de la population et attentifs à ne pas couper leur spécialité de la pratique médicale.
    Explorant la variété des significations et des usages de la psychiatrie en Union soviétique, il éclaire les rapports complexes qu'elle a entretenus avec le pouvoir politique, ainsi que la vision du progrès scientifique et social qui l'a structurée. Cet ouvrage propose ainsi une histoire des savoirs et des pratiques de la médecine tout en mettant au jour les multiples ressorts de la domination sociale et politique en régime autoritaire.

  • La prunelle de ses yeux ; convertis de l'islam sous le règne de Louis IX

    Jordan William

    • Ecole hautes etudes en sciences sociales
    • 8 October 2020
  • Au nord du sud ; espace, valeurs et passion au Sahara atlantique

    Claire Cécile Mitatre

    • Ecole hautes etudes en sciences sociales
    • 28 October 2021
  • Les structures élémentaires de la parenté

    Claude Lévi-Strauss

    • Ecole hautes etudes en sciences sociales
    • 14 September 2017

    Les structures élémentaires de la parenté, thèse d'État soutenue à la Sor- bonne par Lévi-Strauss en 1948 et publiée l'année suivante, renouvelle la perception des systèmes de parenté et d'union, de la place de la famille, de la prohibition de l'inceste et des échanges entre groupes sociaux. Texte majeur, précurseur du structuralisme français et également controversé, cet ouvrage constitue le premier résultat des longues recherches de Lévi- Strauss qui l'ont aussi conduit vers l'analyse des systèmes de classification du langage et de la mythologie.

    L'idée centrale des Structures élémentaires de la parenté tient en quelques phrases.
    L'échange matrimonial, par le lien qu'il instaure et par le renoncement qu'il impose, se trouve au fondement de toute société humaine. Il signale le passage de la nature à la culture ; il est inhérent à l'ordre social. L'ouvrage s'inspire des travaux de l'anthro­ pologie anglo­saxonne et de certains écrits de l'école de L'Année sociologique. Au fil des pages, le lecteur passe des affiliations totémiques des Aborigènes d'Australie à l'étiquette du deuil dans la Chine ancienne, de l'ethnographie des tribus des hautes terres de Birmanie à la féodalité en Europe médiévale ou encore à l'Inde des brahmanes, de la psychologie de l'enfant à la théorie mathématique des groupes.

  • Faire réference : la construction de l'autorité dans le discours des institutions

    Claire Oger

    • Ecole hautes etudes en sciences sociales
    • 3 December 2021

    Si l'autorité a fait l'objet de nombreux travaux en sciences humaines et sociales, peu d'entre eux se sont attachés à sa composante proprement discursive.
    Dans cet ouvrage situé dans une perspective résolument interdisciplinaire, Claire Oger entend éclairer plus particulièrement ce qui relie l'autorité à la crédibilité de l'énonciation, à la force de la parole, à l'efficacité et aux pouvoirs du discours.

  • Au bureau de la revue ; une histoire de la publication scientifique (XIX-XXe siècle)

    Valérie Tesnière

    • Ecole hautes etudes en sciences sociales
    • 8 April 2021

    Entre histoire des sciences et histoire de l'édition, Valérie Tesnière retrace une histoire de la publication scientifique et des ressorts du travail intellectuel, de la fin du XVIIIe siècle aux mutations numériques d'aujourd'hui. "Au bureau de la revue" est une adresse figurant sur les revues savantes au XIXe siècle, qui désigne aussi bien la rédaction scientifique que le lieu de diffusion. Le livre interroge le collectif qui se trouve derrière cette expression, ses aspirations et les tensions qui le traversent.
    La revue suscite un large engouement au lendemain de la Révolution française : la vie scientifique se structure désormais autour de la publication. Elément central de la science en construction, la revue traduit le mouvement de la recherche comme sa dimension collective. Auteurs et éditeurs s'allient pour renforcer la diffusion de ce qui devient le support privilégié des échanges du monde académique, donnant naissance à une nouvelle économie de la connaissance.
    Centré sur l'exemple de la production française éclairé par le contexte international, Au bureau de la revue approfondit les rôles des différents acteurs de la chaîne de publication ainsi que les fonctions et les formes éditoriales des publications, actuellement bousculées par le numérique.

  • L'invention de Troie ; les vies rêvées de Hainrich Schliemann

    Annick Louis

    • Ecole hautes etudes en sciences sociales
    • 20 August 2020

    Ou était la Troie homérique et qu'en reste-t-il?
    Seule cette question anime Heinrich Schliemann dans ses autobiographies successives. Entre 1870 et 1890, l'homme d'affaires et archéologue allemand découvre neuf villes superposées sur le site de la Troie homérique.
    S'appuyant sur l'une des figures scientifiques les plus controversées du XIXe siècle, Annick Louis propose ici une généalogie sociale et culturelle d'un nouveau type de savant qui ne se réclame ni d'une tradition intellectuelle ni d'une théorie, mais qui fouille le sol pour prouver une hypothèse. Schliemann devient alors dans cet ouvrage un acteur sociologique, créateur d'une vaste littérature savante et, surtout, autobiographique.

  • La sociologie des religions ; une communauté de savoir

    Pierre Lassave

    • Ecole hautes etudes en sciences sociales
    • 17 October 2019

    La religion fait partie des objets classiques de la sociologie tout en étant devenue après les années 1950 une spécialité marginale, marquée par ses liens aussi étroits que tendus avec l'histoire des traditions et l'anthropologie culturelle. Comment ce domaine de recherche particulier s'est-il forgé et transformé, des premières découvertes de Durkheim ou de Weber aux enquêtes récentes sur la sécularisation et la globalisation du monde ?



    Cette enquête nous conduit d'abord au coeur des institutions de la recherche, au fil des histoires nationales et de la vie des laboratoires, avant de découvrir les parcours individuels de chercheurs d'hier et d'aujourd'hui. Pierre Lassave explore ensuite les transmissions qui s'opèrent entre eux, à travers les manuels et dictionnaires, et enfin les différends qui parfois les opposent, allant des controverses publiques aux querelles intimes. S'en dégage, entre autres, le paradoxe d'une communauté de savoir qui résiste au temps malgré les obstacles épistémiques, académiques et politiques récurrents. Ce livre constitue ainsi une introduction savante et stimulante aux problèmes religieux contemporains.

  • De Moscou aux terres les plus lointaines ; communications, politique et société en URSS

    Larissa Zakharova

    • Ecole hautes etudes en sciences sociales
    • 8 October 2020

    Comment Staline gouvernait-il l'immense territoire soviétique ? De quelle façon les personnes travaillant sur les grands chantiers industriels conservaient-elles des liens avec leurs proches, parfois situés à des milliers de kilomètres ? A quels moyens l'Etat avait-il recours pour garder ses ordres secrets ?
    Dans un pays qui s'étend sur une dizaine de milliers de kilomètres d'ouest en est et comporte onze fuseaux horaires, Larissa Zakharova nous explique de quelle manière les Soviétiques appréhendaient l'espace dans leurs communications au quotidien durant le XXe siècle soviétique.

  • La colonie philosophique

    Catherine König-Pralong

    • Ecole hautes etudes en sciences sociales
    • 14 March 2019

    À l'étude de l'émergence d'une discipline nouvelle, l'histoire de la philosophie, ce livre propose un voyage dans les sciences de la culture, un monde qui s'est formé au xviii e siècle et s'est stabilisé au siècle suivant. L'auteure met en lumière un aspect souvent négligé par l'histoire des sciences philosophiques : la dimen- sion éminemment politique de l'histoire de la philosophie.

    L'histoire de la philosophie a contribué à la fabrication de l'imaginaire occidental moderne. À partir des Lumières, les historiens de la philosophie ont pensé l'Europe comme le territoire exclusif de la rationalité analytique et réflexive, proposant par là ce que l'auteure appelle une coloniasation du passé. Engendré par les révolutions scientifiques et sociales du xvii e siècle, l'Européen serait le seul homme capable de s'autodéterminer librement au moyen de sa raison, et le premier qui ait su douter de lui-même. À l'âge moderne, ethnologues, linguistes, historiens et surtout historiens de la philosophie identifiaient en effet d'autres « cultures ». Ils les démarquaient de l'Occident pour en faire les terrains d'études empiriques, faisant aussi l'objet d'une colonisation savante. Ce livre propose à la fois une histoire interdisciplinaire de l'his- toire de la philosophie et une enquête sur la construction de l'imaginaire scientifique en Occident. Il contribue aux débats actuels relatifs au cultural turn et aux découpes académiques du monde en aires culturelles.

  • Posséder la science ; la propriété scientifique au temps du capitalisme industriel

    Gabriel Galvez-Behar

    • Ecole hautes etudes en sciences sociales
    • 10 November 2020

    Dès le XIXe siècle, la science est aux prises avec le développement du capitalisme. Alors qu'elle s'institutionnalise avec la mise en place de chaires universitaires puis de laboratoires de recherche, elle devient un enjeu économique où la question de sa valeur et de son partage a une place centrale. Cet ouvrage retrace comment la propriété scientifique émerge, parallèlement aux progrès de la propriété intellectuelle, pour permettre aux savants de contrôler les fruits de leurs découvertes.

  • Le social à l'esprit ; dialogues avec Vincent Descombes

    ,

    • Ecole hautes etudes en sciences sociales
    • 10 November 2020

    Afin de rendre compte de la réalité de leur objet, les sciences sociales ne cessent de poser des questions d'ordre conceptuel. La coopération entre philosophie et sciences sociales suppose ainsi de dégager les problèmes partagés sur l'axe qui relie la théorie à l'expérience. Dans les vingt dernières années, l'oeuvre de Vincent Descombes a joué, en France et à l'étranger, un rôle important dans l'ouverture de cet espace d'échanges. Sociologues, anthropologues, historiens et philosophes s'attachent à montrer dans les textes réunis ici la pertinence de la pensée du philosophe.

  • Lieux communs ; une ethnographie des rassemblements publics

    Isabelle Thireau

    • Ecole hautes etudes en sciences sociales
    • 20 August 2020
  • à la gauche du droit ; mobilisations politiques du droit et de la justice en France (1968-1981)

    Liora Israël

    • Ecole hautes etudes en sciences sociales
    • 8 October 2020

    Cet ouvrage s'intéresse aux conséquences de Mai 68 dans un domaine où elles ont été peu étudiées, le monde du droit et de la justice. Liora Israël émet l'hypothèse que les évènements de Mai ont eu des effets durables sur le développement de mobilisations contestataires fondées sur le droit. Revenir sur cette histoire récente permet de mieux comprendre les dynamiques actuelles liant droit, justice et politique, qu'il s'agisse des usages militants du droit, ou des formes de tension entre autorités judiciaires et pouvoir politique.

  • Les ottomans ; variations sur une société d'Empire

    Gilles Veinstein

    • Ecole hautes etudes en sciences sociales
    • 13 April 2017

    Consacré à l'économie, la société et les mentalités dans l'Empire ottoman du xvi e au xviii e siècle, cet ouvrage montre un empire qui a profondément marqué les territoires qu'il a dominés pendant plusieurs siècles, de l'Algérie à la Crimée, du Danube à la mer Rouge. Les travaux de Gilles Veinstein constituent une remarquable introduction à ce monde encore méconnu dont la construction politique et sociale eut avec l'Europe une longue histoire commune.

    Publiés entre 1978 et 2009, les treize textes rassemblés dans ce recueil sont le pro- duit de la réflexion d'un historien qui a étudié l'Empire ottoman de l'âge classique aux questionnements contemporains. À partir d'interrogations précises et de cas concrets, cet ouvrage nous permet de mieux comprendre sur quoi se fonde l'histoire des Ottomans, comment leur État, leur économie et leur société ont évolué, quels étaient les rapports de pouvoir et les relations entre communautés ; en somme, comment définir le fait ottoman et ses spécificités. Aux mythes qui obscurcissent souvent notre vision, Gilles Veinstein oppose des connaissances bien établies et des conclusions fondées sur une fréquentation intime de la réalité ottomane.

  • à force de signes ; travailler avec Louis Marin

    , ,

    • Ecole hautes etudes en sciences sociales
    • 18 October 2018

    Comment les représentations agissent-elles et quels sont leurs effets ? Quels pouvoirs donnent-elles à ceux qui les produisent comme à ce qu'elles repré- sentent ? Les propositions de Louis Marin sur la force des représentations dans les sociétés modernes, enracinées dans l'anthropologie et la linguistique structurales, ont irrigué tout aussi bien les travaux des philosophes que ceux des spécialistes de l'image et des historiens des textes. À force de signes rend compte de cette influence en réunissant des recherches toujours attachées à la conception du signe dont Marin a fait un outil méthodologique pour scruter le pouvoir et les limites des images qu'une société produit d'elle-même.

    Ce recueil réunit un ensemble d'études qui marquent l'insistance de l'oeuvre de Louis Marin dans ce qu'il appelait les « systèmes de représentation ». Consacrées essentiel- lement à l'époque moderne, ces études se caractérisent par la diversité de leurs objets - récits, discours, oeuvres de peinture et de gravure, architectures, etc. - et n'ont comme point commun que leur fidélité à une méthode de travail. Les auteurs de ces textes, spécialistes de différents domaines, représentent plusieurs générations et des approches variées de l'oeuvre de Louis Marin ; mais tous ces auteurs, face à leurs objets, partagent une même responsabilité : celle de témoigner de leur perception de ces objets, telle qu'elle contribue à les construire eux-mêmes dans ce que Louis Marin nomme des « effets-de-sujet ».

  • Militer au nom de la science ; une socio-histoire des mouvements rationalistes en France (1931-2005)

    Sylvain Laurens

    • Ecole hautes etudes en sciences sociales
    • 14 March 2019

    Certains savants voient la science comme une histoire qui s'arrête aux portes des laboratoires. D'autres passent journées et soirées à promouvoir auprès des citoyens l'« esprit scientifique », considérant que la science n'est pas seulement une profession mais le pilier d'un espace public reposant sur la vérité. Cet ouvrage propose une socio-histoire des organisations rationalistes françaises depuis les années 1930. Il analyse l'engagement en politique de savants ou de citoyens ordinaires au nom de la raison.

    À partir d'archives de l'Union rationaliste, de l'Association française pour l'Information scientifique et de l'analyse de la production des Cercles Zététiques, cet ouvrage entend rendre compte des conditions de possibilité d'un engagement public au nom de la science. Même si les organisations rationalistes décrites dans cet ouvrage semblent rarement dépasser le millier d'adhérents, elles constituent un objet sociologique qui permet de poser des questions inversement plus larges que celles que leur taille ou leur relative confidentialité pourraient laisser supposer. Elles donnent à voir sous quelles conditions et par quels processus la « vérité » ou la « défense de la science » peuvent être durablement érigées en argument politique et mobilisées dans l'espace public par les amateurs de science ou par les savants eux-mêmes.

  • Au coeur de l'archive coloniale

    Ann Laura Stoler

    • Ecole hautes etudes en sciences sociales
    • 28 March 2019

    En naviguant dans les archives coloniales, on découvre ce qui a fait de l'allai- tement un enjeu à certains moments et pas à d'autres, ou des garderies une question raciale sensible, ce qui a érigé certaines choses au rang d'« événe- ment », et tout ce qui a animé le débat public. Ce livre porte sur la force de l'écriture émanant des documents sur la gouvernance et la dimension affective des traces écrites de la vie coloniale. En étudiant les archives coloniales des Pays-Bas des années 1830 aux années 1930, Ann L. Stoler pose la question de ce que l'on peut apprendre de la nature du régime impérial et des dispositions que celui-ci a engendrées à partir des formes d'écriture qui l'organisaient.

    Les administrations coloniales étaient de prolifiques productrices de catégories sociales. Cet ouvrage en dresse la liste, mais s'intéresse moins à la taxinomie qu'au caractère incertain des documents et des sensibilités qu'ils expriment. Les archives coloniales des Pays-Bas sont appréhendées comme des récits de l'histoire coloniale, mais avant tout comme génératrices de leur propre histoire. Ce qui a par exemple été écrit dans les marges des archives, en oblique des prescriptions officielles, a produit un appareil administratif tout en ouvrant sur un espace plus large. Ces archives ne sont pas seulement des récits d'actions ou le relevé de ce que les gens croyaient qu'il se passait. Elles sont l'enregistrement du doute quant à la manière dont les gens imaginaient pouvoir établir une correspondance entre les catégories de la domination et un monde impérial en mutation.

  • Théologie politique et sciences sociales

    ,

    • Ecole hautes etudes en sciences sociales
    • 16 May 2019

    Au-delà des vives discussions sur la « théologie politique » qui caractérisent la conjoncture philosophique et historiographique depuis le début des années 1980, aujourd'hui l'accroissement des traductions françaises de l'oeuvre d'Erik Peterson (1890-1960) rend nécessaire une première présentation d'en- semble dans le monde francophone.

    En présentant un Erik Peterson français, cet ouvrage ne fait pas doublon avec les nom- breuses études qui lui sont consacrées en Allemagne et en Italie. Ainsi, les aspects les plus classiques, comme le célèbre Monothéisme comme problème politique (1935), sont introduits mais également des versants plus inédits, tels que ses cours universitaires ou son importante activité d'exégète. Le lecteur retrouvera aussi le texte intégral de plusieurs contributions importantes d'Erik Peterson, soit jamais traduites jusqu'ici comme c'est le cas de sa correspondance avec Karl Barth, soit dans des versions ayant circulé dans les années 1950 et largement oubliées depuis.
    Ce livre souligne l'importance d'un auteur et les modalités de sa réception extra- germanique, avec ses périodes de succès et d'oubli. Il contribue ainsi au débat sur la construction de l'espace politique, en documentant une lecture majeure de son archéologie ecclésiale.

empty