Cornelius

  • Alors qu'il n'est encore qu'un jeune garçon plein d'espoir, Adrian Tomine se fait une promesse : il deviendra un jour un grand auteur de bande dessinée, aussi talentueux que John Romita. Mais voilà, comment transforme-t-on un rêve d'enfant en une longue carrière de dessinateur ?
    Avec beaucoup d'humour et d'autodérision, Adrian Tomine revient sur son parcours, un marathon solitaire semé de déceptions, de gaffes et d'humiliations. De la mauvaise critique à la dédicace foireuse, il livre sans fard les moments les plus embarrassants de sa carrière, explorant au passage sa relation conflictuelle avec la bande dessinée et son industrie.
    Pensé comme un carnet de croquis qui prend la forme d'un journal intime, l'ouvrage se fragmente en plusieurs chapitres chronologiques où chaque page utilise le même découpage. Usant d'un dessin épuré et sans couleur, Adrian Tomine bouscule son propre style en supprimant tout enjolivement pour mieux souligner l'honnêteté autobiographique de son propos. Pourtant, on rit volontiers du malaise et de la gêne qui se dégage de chaque situation Cinq ans après la publication de son dernier livre, Les intrus, Adrian Tomine prouve sa capacité à se réinventer en proposant un ouvrage à la première personne, qui témoigne des difficultés et des désillusions rencontrées par les auteurs de bande dessinée. En exposant ainsi sa propre vulnérabilité, il délivre un portrait sincère et parfois douloureux d'une profession en manque de reconnaissance.

  • Snatch comics

    Robert Crumb

    1969, année érotique...
    Aux etats-unis, robert crumb poursuit sa croisade contre le bon goût et la décence en couvrant les pages de snatch comics de lolitas grassouillettes et de fermiers zoophiles. la petite revue underground se réclame des célèbres " tijuana bibles ". surgies en pleine dépression, fabriquées et vendues clandestine ment, ces bédés pornos où le panthéon de la culture populaire, de popeye à garbo, fornique joyeusement tout ce qui bouge, sont les premiers vrais " comic books " pour adultes et annoncent aussi bien mad que zap.
    La pornographie est un art difficile, qui demande tout à la fois honnêteté, brutalité et rire. les vigoureux dessins de crumb insultent donc tous les tabous, de l'inceste à la pédophilie, et bafouent allègrement la dignité humaine (et même animale), sans distinction de sexe, d'âge ou de couleur. les pudibonds et les hypocrites y trouveront aujourd'hui comme hier, de quoi alimenter leur indignation, ô combien vertueuse.
    Les autres se réjouiront de voir crumb ramener la bande dessinée sur le trottoir où elle est née, et retrouver la qualité brute et anarchique des dessinateurs anonymes des " tijuana bibles ".

  • Alors qu'il campe tranquillement en forêt, Fongor Fonzym, spécialiste des morts inexpliquées, est témoin d'un phénomène atmosphérique embarras- sant : un nuage se déplace à une allure anormalement modérée.

    Le cumulus aurait-il un lien avec l'apparition d'étranges raisins poitreux sur les arbres ? La présence fortuite de ces fruits de l'espace serait-elle res- ponsable des nombreux corps tractés et privés de têtes retrouvés dans la nuit ? À qui appartiennent ces cosses de cacahuètes tombées du ciel ? Pour résoudre ces mystères indicibles, Fongor retrouve ces deux acolytes fétiches, les jumeaux gréco-romains mutants Chris et Félicien Thémistecle. Le trio de choc mène l'enquête, bien décidé à trouver la raison de ces décapitations intempestives. Armés de la technique de disproportionnalisation corporelle de Fongor et du pouvoir de voix psychique de Chris, rien ne pourra leur résister !

    Toutes aussi savoureusement absurdes que dans le premier volume, les péripéties de nos trois amis d'aventure nous entraînent dans un délire hila- rant à base de gant de toilette rempli de purée et de pickpocket mental. Un ouvrage qui prouve une fois de plus le génie comique de Pierre La Police !

  • Le lait noir

    Fanny Michaëlis

    Le lait noir explore la trajectoire de Peter, un jeune homme jeté sur la route de l'exode, contraint à la fuite en temps de guerre. Inspiré par l'histoire de son grand-père - né au milieu des années 20 dans une famille juive de Berlin - Fanny Michaëlis trouve dans la bande dessinée un médium pour sonder la construc- tion de son identité. Fortement marquée par les bribes de souvenirs que lui racontent ses proches, l'auteure découvre à travers les anecdotes sur son aïeul, le passé d'un jeune homme de 17 ans contraint à quitter son foyer et son pays, pour échapper au nazisme.
    Pour autant, Le Lait noir ne se contente pas de nous conter un récit fami- lial, Fanny Michaëlis trouve dans la fiction une libération esthétique qui laisse s'exprimer la tension entre cette douceur apparente du dessin au crayon et la représentation continue et exacerbée de la violence.
    Avec subtilité, elle questionne ainsi des problématiques d'actualité tels que la question de la persécution ou de la terreur au pouvoir. Cette interpréta- tion des faits lui permets de renouer avec sa propre histoire tout en livrant une oeuvre puissante, dans un style délicat et implacable dont elle seule a le secret.

  • Des gens bizarres

    Nicolas de Crécy

    Qui sont ces personnages que l'on voit hanter les décors de Nicolas de Crécy ? Que font-ils ? À quoi pensent-ils ? Et qu'est-ce qui les anime ? Qui sont ces personnages que l'on voit hanter les décors de Nicolas de Crécy ? Que font-ils ? À quoi pensent-ils ? Et qu'est-ce qui les anime ? Autant d'histoires et de destinées que ce petit livre déroule sous nos yeux en faisant passer les figurants du second au premier plan. Mêlant le ton de la fable à celui de la comptine, cette galerie de personnages donne à l'humour pincesans- rire de De Crécy toute la place de s'exprimer.Autant d'histoires et de destinées que ce petit livre déroule sous nos yeux en faisant passer les figurants du second au premier plan. Mêlant
    le ton de la fable à celui de la comptine, cette galerie de personnages donne à l'humour pincesans-rire de De Crécy toute la place de s'exprimer.

  • Charles

    Alessandro Tota

    Novateur, décadent et sans concession, et si la pensée de Charles Baudelaire était à l'origine du mouvement punk ?

    À Bari, petite ville du sud de l'Italie, un groupe de jeunes punks tue son ennui dans un parc à coup de Rohypnol et de gin tonic. Au centre de la bande, un curieux personnage semble capter toutes les attentions. Habillé d'une redingote ornée d'un noeud papillon, son style tranche avec les vestes en cuir cloutées et les crêtes colorées. Charles Baudelaire, débarqué tout droit de son 19 e siècle, s'intègre rapidement à la petite troupe jusqu'à en devenir un véritable leader. Son caractère, profondément rebelle et antisocial, trouve une résonance dans l'esprit contestataire des jeunes italiens.
    Ainsi, l'histoire transpose avec humour la figure du poète - telle qu'on se l'imagine à la lecture de ses journaux intimes - dans une société contemporaine en proie au scepticisme et à la désillusion. La fascination troublante du groupe pour ce person- nage anachronique vient souligner les contradictions d'une génération en manque de repères et d'icônes auxquels s'identifier.
    Réalisés sur des carnets de croquis, les dessins à l'aquarelle offrent un rendu lé- ger et voluptueux en parfait accord avec le thème. À sa manière, Alessandro Tota livre un touchant hommage à Baudelaire en montrant que sa pensée est toujours aussi vivante et actuelle 150 ans après sa mort.

  • Du chapeau de Gutenberg au gâteau de foie, sans oublier les attelets au marasquin, Les Demoiselles de Vienne offre au lecteur une farandole de recettes savoureuses. Usant des techniques les plus sophistiquées du dessin et de la photographie, Pierre La Police et Julien Carreyn nous mettent l'eau à la bouche autant qu'ils nous régalent les yeux.
    Dans un pays où mâcher, ingurgiter et digérer la chair d'animaux morts constitue le summum de l'art de vivre, ce livre de cuisine avant-gardiste rappelle à point nommé que l'homme est avant tout boyaux et machine à merde, et la création artistique une forme exaltée du transit intestinal. Placé sous le double patronage de Mathiot (Ginette) et Picasso (Pablo), cet album vient tout naturellement prendre sa place dans le grand mouvement de l'art contemporain, entre le pâté et le fromage.

  • Mon placard

    Stéphane Blanquet

    Dans un placard mortifère, telle la plus atroce des attractions de foire, est enfermé l'enfant.
    Il ne peut pas se voir. est-il un monstre? ou une bête, comme ses compagnons d'infortune, les "petits animaux des cloisons"? sans souvenir de son arrivée dans cet endroit, l'enfant du placard observe depuis des temps incertains le monde extérieur au travers du petit trou qu'on a percé pour lui dans son meuble. chaque jour, il reçoit la visite de ses geôliers qui le bercent d'histoires sordides. la vérité est au bout de son calvaire et, comme dans tous les contes, l'issue promet d'être heureuse.
    Ou effroyable. la mine douce et délicate du crayon de blanquet appuie avec délectation le grotesque de cette fable que l'auteur nous livre avec son habituel sourire en coin. la présente édition reprend, sous une forme entièrement nouvelle, le livre paru en 1997 chez schokoriegel, ce qui ravira les amateurs qui le cherchaient depuis, et obligera les autres à sortir une nouvelle fois leur porte-monnaie.

  • Géante

    Fanny Michaëlis

    L'univers déprimant d'une banlieue ordinaire : des grilles, des barreaux, des dunes de ciment, un Bel Est qui n'est qu'une gare de RER, et pour tout géant, un centre commercial. C'est dans ce décor désolé que des adolescents maladroits, Véra, Agnès et Abel, jouent l'éternel drame du triangle amoureux. Véra voudrait ne plus être une victime. Elle aimerait se raser la tête, exhiber des cicatrices et puis que les gens aient peur d'elle.
    Mais dès qu'elle ouvre la bouche, elle rougit et son désir, refoulé, reste désespérément muet. Sur le chemin du lycée, elle croise un homme à capuche qui brandit un couteau et exhibe un long sexe blafard, des amazones inquiétantes qui dansent parmi les collines de béton... Ces personnages fantasmés la hantent et la tourmentent. La jeune fille avance à tâtons dans un monde où réalité et rêve se superposent et se confondent.
    Son imaginaire transforme le métro en un souterrain fantastique et peuple le paysage de vulves et de pénis. Prenant tour à tour des allures de conte pour enfants pas sages et de cauchemar freudien, le récit déploie des images cruelles et mystérieuses, qui évoquent l'esthétique des miniatures orientales ou l'ambiance hypnotique de La Nuit du chasseur. Poursuivant une oeuvre singulière et sensible, Fanny Michaélis signe avec Géante un nouveau conte fantastique inclassable et foisonnant.

  • Les bébés ne naissent pas dans les choux ; les grands-mères vont les voler dans la forêt.
    Mais pas n'importe laquelle ! Une forêt fertile, où animal et végétal fusionnent en créatures incertaines ; une forêt magique, où les fleuves fécondent les fillettes et où Karl Jung donne sa langue au chat du Cheshire. Nous sommes au pays des fées, avec ses sorcières et ses cabanes mystérieuses, au pays des poupées, avec ses petites maisons et ses homuncules. L'âge, le sexe, rien n'est fixé. Nous sommes dans l'imaginaire d'une enfant qui tente, avec ses livres et ses jouets, de s'expliquer le monde incompréhensible des adultes.
    Libérée des codes de la bande dessinée, Fanny Michaëlis réinvente les images délicieusement inquiétantes de Dulac ou Rackman, qui illustraient jadis les Contes de Perrault ou Les aventures d'Alice au Pays des Merveilles. Son histoire déroule ses épisodes oniriques dans une ambiance feutrée, douce et mystérieuse. Peu de textes, car le dessin dit tout, odeurs, sons et couleurs. Sortis de la forêt, les bébés se reposent un peu, sur un petit lit de fer, dans le confort rassurant du ventre maternel.
    Vient le moment de naître et de perdre sa barbe, de vieillir et de perdre ses cheveux. Le père se métamorphose en son fils. LE fils se métamorphose en son père. Et déjà il faut retourner dans la forêt pour y mourir ou y renaître. Ainsi va la vie, en un cycle sans fin.

  • L'art macaque

    Benoît Preteseille

    Un macaque défoncé aux champis qui barbouille sur des rochers des représentations du grand dieu singe : telle est la genèse de cette histoire de l'Art revisitée façon primate, de ses balbutiements à l'ère préhistorique à ses dérives contemporaines. Une fresque cynique, bourrée de références théoriques et de clins d'oeil picturaux, qui analyse avec lucidité une institutionnalisation de la création artistique marquée par ses liens intrinsèques avec le pouvoir et l'argent, où rien ni personne n'est épargné. Englués dans leur vanité et leur ambition, alléchés par le profit, les macaques se déchirent joyeusement dans une recherche constante de nouveauté qui confine parfois à l'absurde. Scandales et provocations finissent par faire de l'Art un vaste champ de spéculation où le public et l'État se félicitent de consommer du culturel - et peu importe s'ils n'y comprennent rien, car ce qui compte, c'est d'être dans le coup.
    À travers cette relecture iconoclaste autant que décalée, Benoît Preteseille pose la question de la légitimité d'une oeuvre d'Art. Des conventions bourgeoises d'un Art officiel au snobisme d'une élite bien-pensante, l'importance de ceux qui se croient habilités à juger de la valeur artistique d'une oeuvre a pris le dessus sur les qualités esthétiques réelles, vidant de son sens la définition même de l'Art. Et si tout renouveau passe par une rupture, il est peut-être temps de faire du passé table rase, pour redonner enfin à l'Art un nouveau souffle et une vraie liberté.

  • Personnage de fiction créé en 1911 par Pierre Souvestre et Marcel Allain, Fantômas acquiert une notoriété internationale lorsque Louis Feuillade, le maître du cinéma fantastique français, l'adapte au cinéma en 1913. Plus grand criminel de tous les temps, le "génie du crime" n'hésite pas à tuer et à torturer pour arriver à ses fins.
    Surpassant l'original, Benoît Preteseille crée un Fantômas monstrueux à la fois physiquement et psychologiquement. Personnage récurrent dès les première figures antiques, le monstre trouve son pendant vertueux à travers la figure du héros. Le monstre y est fréquemment utilisé pour sa fonction d'opposition face au héros voire réduit à cette unique fonction. Il vient perturber une harmonie préexistante en mettant la société en danger, le héros parvient à la protéger - la plupart du temps en commettant un "monstricide"- et acquiert ainsi son statut.
    Face à une pénurie de héros, le monstre acquiert une dimension supérieure dans l'Art et le sang et s'élève au rang de protagoniste. Ici, les héros - Dupois et Dubois, deux policiers aux accents hergéens - sont peu crédibles dans leurs déguisements de clowns. Ces erzats de policiers symbolisent la loi naïve et grotesque dans son impuissance à contenir cette force débordante et incontrôlable qu'est le monstre.
    À travers le travestissement de ses personnages, l'auteur joue avec l'imagerie du cirque qui lui est chère - il a travaillé sur les décors de spectacles de cirque avant d'entamer sa carrière dans la bande dessinée. Fantômas sublime et fantasme la notion même de travestissement à travers des figures littéraires telles que Dorian Gray (son livre de chevet) ou cinématographiques telles que Elephant Man.
    Sociopathe cauchemardesque et monstre effrayant, le Fantômas de Benoît Preteseille vient s'inscrire dans la lignée des oeuvres néogothiques de Robert Louis Stevenson (L'Étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde), Bram Stoker (Dracula), Mary Shelley (Frankenstein) ou Oscar Wilde (Le portrait de Dorian Gray).

  • Chaperon rouge

    Nadja

    Ce n'est pas parce qu'il a le projet de la croquer depuis la nuit des temps que le loup est condamné à être l'ennemi du petit chaperon rouge.
    Pas plus qu'ils ne sont destinés à rejouer ad vitam aeternam la même sempiternelle conclusion, quand tant d'autres options plus attrayantes s'offrent à eux... amateurs de bibelots exigeants, esthètes pantouflards, ce livre est fait pour vous ! car il se propose de rajeunir vos collections de porcelaines, tout en vous déchargeant de la corvée de poussière et de l'angoisse des maladroits qui rôdent ! mixant deux techniques et deux versants de son inspiration, nadja donne avec ce chaperon rouge (collection privée) une synthèse totalement inattendue de son style, sculpté dans le meilleur humour et décoré des atmosphères les plus fines.

  • "Un père avait deux fils.
    Le premier était réfléchi et intelligent. Le cadet en revanche était sot, incapable de comprendre et d'apprendre". Ainsi débute Histoire de celui qui s'en alla chercher la peur, conte des frères Grimm magistralement réinterprété ici par Giacomo Nanni. C'est en s'engageant sur les chemins de la falaise à la recherche de la peur que l'idiot a rencontré l'amour. Mais en bousculant les conventions, il se heurte aux préjugés des puritains et déclenche la haine d'une communauté prompte à passer de l'enseignement des Évangiles au plaisir du lynchage collectif.
    Malheur à celui par qui le scandale arrive... Revisitant la grande tradition du mélodrame et des amours impossibles, Giacomo Nanni décortique ce drame familial pour en exposer l'implacable mécanique sociale ; il en tire un manifeste esthétique ébouriffant. Ses constructions géométriques, son utilisation de la répétition et le rythme circulaire qu'il donne à l'histoire transforment ses planches en un théâtre où se révèle tout son art de la mise en scène.
    Ses personnages rejouent pour nous l'éternelle défaite du fou, le sacrifice des amoureux et la corruption des autorités morales avec un brio qui rend la conclusion plus déchirante que jamais.

  • Après Le garçon qui cherchait la peur, Giacomo Nanni chronique une histoire de famille, entre inconscient et réalité, bercée par la voix du King.
    16 août 1977 : Elvis Presley est retrouvé mort dans sa somptueuse villa de Graceland.
    Pourtant, un homme lui ressemblant à s'y méprendre a été aperçu le même jour achetant un billet pour Buenos Aires, sous l'un des pseudonymes de la star :
    John Burrows. Trente ans plus tard, au matin de l'anniversaire de la disparition du King, Lara Canepa reçoit un mystérieux paquet contenant un vieux 45 tours : une version italienne de la célèbre chanson That's someone you never forget de l'icône du rock'n roll. Un cadeau qui risque de faire remonter à la surface bien des non-dits, car l'histoire d'Elvis semble intimement liée à des secrets inavoués de la famille.
    Prisonniers d'une vie qui s'enfonce avec lenteur dans la monotonie, les personnages sont incapables de communiquer. Dans leur existence circulaire, comme fermée sur elle-même, ils se heurtent sans cesse aux souvenirs qu'ils ont tenté d'oublier.
    Leur histoire se dévoile alors par petites touches, dans un enchevêtrement lent matérialisé par le dessin même, entre rêve et réalité, à la frontière ténue entre l'inconscient et le conscient. Un récit profondément onirique, aux accents surréalistes, qui aborde avec poésie les relations amoureuses, la quête d'identité et, au-delà, l'impossibilité empirique de raconter une histoire « vraie ».

  • Sacha

    Charles Berberian

    En 1977, la sonde Voyager emporte dans l'espace un enregistrement des bruits de la Terre. On y entend la pluie et les oiseaux, Beethoven et Chuck Berry, mais aussi les battements du coeur d'une jeune femme, Ann Druyan. Sacha rassemble quelques spécimens de notre zoo sublunaire : un matou massacré, un monstre bien vivant, un moineau moraliste, un musicologue misanthrope, une mère et son marmot, un miséreux qui rêve du musée Grévin. Le tourbillon de la vie les entraîne au fond et certains se laissent couler. Mais, il n'est d'existence si médiocre qu'elle ne puisse être rachetée. Il suffit pour cela de savoir écouter le monde. Comme un bruit ou un silence n'existent que si quelqu'un les entend, nos vies n'ont de sens que par et pour les autres. Charles Berberian regarde son époque avec autant d'empathie que de lucidité. S'il décrit un univers d'une noirceur quotidienne, dominé par l'indifférence et la cupidité, la violence et l'égoïsme, il refuse de désespérer de l'homme : d'ici 40.000 ans Ann Druyan sera morte depuis longtemps, mais son coeur n'en continuera pas moins de battre à travers le cosmos.

  • Partout

    Willem

    Partout fait écho à Ailleurs, carnet de voyage paru en 2002 chez Cornélius qui reprenaient des pages parues pendant vingt ans de pérégrinations à travers le monde pour différents magazines. Willem y montrait l'étendue de son talent pour croquer les personnes et les situations. Ici, le texte est absent. Ne subsiste que le plus important, le plus « parlant » : les gens qu'il a croisés à travers le monde, au cours de ses reportages, de Ouaga Dougou à La Haye, en passant par Hanoï, Pekin, Dublin, Belfast, Rome, Madrid, Oslo, Helsinki, Tallinn...
    Un tour du monde en 80 pages.

  • Avignon

    Willem

    Après Partout et Ailleurs (2008 et 2002 chez Cornélius), après un tour du monde de La Haye à Dublin en passant par Hanoï, Oslo, Ouagadougou, Rome, Talli et Pékin, Willem nous invite au coeur du Vaucluse, dans cette charmante cité médiévale qu'est Avignon. Qui l'aime le suive !
    Cela fait une décennie que Willem s'en va chaque printemps, croquer pour Libération des scènes du festival d'Avignon. Recueil de ces dix années de dessins, Avignon abandonne décors et commentaires pour se concentrer sur les acteurs et leur public, sur cette foule qui parcourt les ruelles de la vieille ville le temps d'un festival. Reprenant avec de nouvelles couleurs des pages initialement parues dans Libération, Willem nous invite à partager sa version à la fois acide, drôle et profondément humaine du festival.

  • Des berniques

    Sébastien Lumineau

    Des Berniques est l'histoire d'un couple sur le point de se séparer. Ou pas. Comment le savoir lorsque les mots sont impuissants à décrire ce qu'ils ressentent l'un et l'autre ? Discrètement, on les suit lors d'un week-end au bord de la mer, séjour dont on suppose le caractère décisif. L'air iodé peut-il raviver les sentiments ? La nature peut-elle fournir des sujets de conversation aux amoureux fatigués ? Le ciel est menaçant, la maison trop grande, la langueur omniprésente...

  • Maudit Victor

    Benoît Preteseille

    Persuadé que la prothèse oculaire de son oncle est un objet magique, un gamin crédule se crève un oeil Ainsi débute l'histoire, tragique et dérisoire, de Victor.
    Elle se déroule sur le rythme décousu et fantasque des romans-feuilletons, avec comme décor le bric-à-brac bourgeois de la Belle Epoque : peintres pompiers, coloniaux courageux, mages mystiques, marquises majestueuses. Une femme avec un trou au ventre, qui voit des choses insensées dans les yeux des animaux, éveille chez l'influençable Victor une vocation de peintre. Le malheureux est sans le sou et pour pouvoir installer son atelier, il va devenir assassin et voleur.
    Pauvre Victor ! Le voilà riche mais maudit. Car il ne peut plus peindre désormais que des canassons, ce qui handicape sa carrière d'artiste mondain. Tout cela finira très mal, comme il se doit. Benoît Preteseille a de bien mauvaises fréquentations : Fantômas, Elephant Man, Heurtebise, Arthur Cravan, et autres dynamiteurs du conformisme et de la morale. Ennemi de la logique et de la raison, ce pistolero dada affronte notre société déshumanisée avec pour seules armes la dérision et l'humour.
    Les véritables monstres de Maudit Victor ne sont pas les "freaks", magnifiques et grotesques, mais les braves gens, égoïstes et stupides, rouages ordinaires d'une mécanique sociale implacable où cette fable cruelle a puisé son goût acide et enchanteur.

  • Celles que j'ai pas fumées

    Nadja

    Comment faire pour arrêter de fumer quand on n'en a pas envie ? Se couvrir le corps de patchs, se bouffer les ongles, ou agresser son entourage à la moindre occasion ? Nadja s'attaque à cette question largement débattue, et s'amuse à décomposer sa première journée « sans clopes », au rythme de toutes celles qu'elle arrive à ne pas fumer. Une comédie faite de victoires et de regrets, un best-seller assuré !

    Sur commande
  • « Les livres de gosses, tu me donnes un crayon, je t'en fais autant ! » Adversaire de la mièvrerie et de la bagarre, Nadja refuse de nourrir ce conflit vieux comme le mauvais goût parental et préfère offrir un tour d'horizon exhaustif de ce qu'il est essentiel de connaître avant de se lancer dans une carrière d'auteur à succès. Efficacité garantie ( surtout si l'on est un ours ou une souris ).

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